EDITEUR : BUCHET CHASTEL
DATE DE PARUTION : 03/09/09
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SYNOPSIS :

Paul a quarante-six ans. Paysan, à Fridières, Cantal. Cinquante trois hectares, en pays perdu, au bout de rien. Il n'a pas tout à fait choisi d'être là, mais sa vie s'est faite comme ça. Paul n'a qu'une rage : il ne veut pas finir seul, sans femme. Annette a trente-sept ans. Elle est la mère d'Eric, bientôt onze ans. Elle n'a jamais eu de vrai métier. Elle vient du Nord, de Bailleul. Annette a aimé le père d'Eric, mais ça n'a servi à rien, ni à le sauver du vertige de l'alcool, ni
à faire la vie meilleure. Alors elle décide d'échapper, de recommencer ailleurs, loin. D'où l'annonce. Paul l'a passée. Annette y a répondu. Sauf qu'il y a les autres. Le fils silencieux, et la mère d'Annette. Et les autres de Paul, ceux qui vivent avec lui à Fridières. Les oncles, propriétaires des terres. Et la soeur, Nicole, dix-huit mois de moins que Paul, qui n'a pas de mari pas d'enfant. L'Annonce, nouveau roman de Marie-Hélène Lafon, raconte cette histoire d'amour.
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Paul, agriculteur de 47 ans, est bien décidé à ne pas rester vieux garçon : refusant de devenir comme ses deux oncles, irréductibles célibataires désormais blanchis et nourris par sa sœur Nicole, l'aide à domicile la plus réputée des environs, il décide de passer une petite annonce dans le journal Le Chasseur français, fleuron de la littérature paysanne. C'est ainsi que débarquent un jour dans la propriété familiale deux étrangers, Annette et son fils de onze ans, Eric. Annette est une rescapée, échappée d'une relation destructrice avec son ex-compagnon, elle décide de refaire sa vie, après l'avoir longtemps laissé détruire. « Elle avait cru, elle avait supporté attendu fait confiance supplié pleuré, rendu des coups, bu des bières, ou du blanc, seule dans la cuisine, et fumé des cigarettes âcres qu'elle allumait l'une à l'autre, et récupéré Didier au café dans le silence gras des autres hommes qui la touchaient de leurs yeux perdus... » (pp. 28-29) L'irruption de ces deux citadins vient bouleverser la petite routine du village et animer un peu la vie des vieux du coin. Ensemble, Paul et Annette vont tenter de réaliser « cette périlleuse acrobatie du coupe rassemblé, pièces et morceaux » (p. 31). Marie-Hélène Lafon excelle dans la description de ces petites gens et leur quotidien, c'est à la fois émouvant et drôle, comme lorsqu'elle aborde les nombreuses manies et lubies des deux oncles, personnages fantasques figés dans leur habitudes et leurs certitudes. Ils s'amusent ainsi, en fiers gaulois, de la cuisine à l'américaine construite par le neveu, et ne manquent jamais, chaque dimanche, la rituelle ballade en BX : « Nicole avait la sienne et les oncles bichonnaient la leur, une commune et vénérable Citroën qu'ils n'exhumaient plus qu'à titre exceptionnel, pour descendre au bourg à un enterrement, par exemple, si toutefois ils jugeait opportun d'honorer le défunt ou la défunte par leur double et autonome présence. Dans le cas contraire un seul oncle suffisait qui serait alors véhiculé par la diligente Nicole, laquelle assisterait éventuellement à la messe, ou attendait dans sa Panda en écoutant radio Monte-Carlo, ou remonterait à Fridières dont elle redescendrait à l'heure adéquate pour récupérer l'oncle aîné, debout, campé, à l'entrée du cimetière ou devant l'église, les mains nouées sur sa casquette d'apparat. » (p. 57)Le passage consacré à cette figure attachante du village, la Mimi Caté, vieille femme farouchement autonome, indépendante même dans les tâches les plus ardues, qui savait faire « à la fois l'homme et la femme » à la maison. Une histoire pleine d'espoir, qui met en scène une jeune femme débarquée dans ce « pays perdu », hostile et froid, mais qui peut devenir, pour celle qui s'accroche, véritable terre des possibles. Un monde dans lequel l'avenir se résume à l'usine, les nourritures spirituelles à la lecture du journal La Montagne ou aux mots croisés, le rêve s'inscrit dans les pages des magazines, s'accroche sur les vies fantasmées des membres de la famille royale anglaise. Pages après pages Marie-Hélène Lafon nous livre le quotidien, les doutes de ces personnages si proches de nous et déjà si éloignés du monde contemporain. Les lapins qu'il faut tuer, les tartines de tout et de n'importe quoi, le chien qui attend les restes du repas, les champignons sujets de discordes... on se sent en famille. Un roman qui évoque avec tendresse ce « pays perdu », dont parle aussi Pierre Jourde. Marie-Hélène Lafon prouve ici encore son talent d'écriture, l'ouvrage est remarquablement bien écrit, la langue, affûtée, adhère aux personnages et aux situations.

sovane
22/08/12
 

Le sujet est plutôt à la mode à l'heure actuelle : la vie amoureuse des agriculteurs est souvent décryptée grâce à des émissions télévisées ; quant à Marie-Hélène Lafon elle le fait par l'intermédiaire de ce récit romanesque un tantinet gentillet, narrant la rencontre, par le biais d'une petite annonce, d'un agriculteur du Cantal, Paul, et d'une mère célibataire, Annette. Le lecteur suit ainsi ce couple improbable depuis leur rencontre jusqu'à leur vie quotidienne à la ferme : installation, présentation à la famille et aux amis, acclimatation parfois difficile... Le ton est tantôt doux, tantôt sombre, l'écriture est vive avec des effets de style bien trempés mais parfois répétitifs, la trame narrative explore surtout l'histoire personnelle d'Annette plutôt que celle de Paul ; le tout donne un roman social pétri de bonnes intentions mais qui n'évite pas certains clichés. Une lecture idéale lors d'un séjour à la campagne !

SophieC
25/10/11
 

L'annonce ou la fuite face à la solitude...Dès le début de ma lecture je me suis laissée séduire par la musicalité de l' écriture de Marie-Hélène Lafon, extrêmement travaillé son style distille dans des phrases toutes en retenues les émotions de ses personnages. C'est un livre de portrait, portrait de deux solitudes, portrait d'une relation naissante, portrait de gens de rien. Il y a Paul et Annette, les personnages principaux et puis il y a Éric, l'enfant et c'est lorsqu' elle parle de lui que la plume deMarie-Hélène Lafon se fait la plus sensible, ce furent pour moi les passages les plus touchant, ceux dont je garderai un souvenir ému.Les émotions imprègnent les pages, elle nous plonge dans une sorte d'état second, une sorte de mélancolie béate pas désagréable, un rêve éveillé. Elle a su insuffler à son texte un souffle sous nos mains le roman s'anime et prend vit. Est-ce dû à la forme même du texte, absence de dialogue et jeux sur les ponctuation ? Ou est-ce plus subtil, une drôle d'alchimie où chaque mot aurait sa propreplace inchangeable ?Mais au delà de ce style suranné, il y a l'intrigue qui est hélas bien bien maigre comme effacée par le travail même de l'écriture. Les événements sont aplatis, elle parle d'une rencontre comme elle parle d'une ballade dans la campagne, comme elle parle de l'absence de la grand-mère et du manque que ressent Éric...etcMalgré ce bémol, c'est donc un très beau roman, émouvant et touchant. Chose curieuse en lisant L'annonce j'ai pensé aux romans de Sylvie Germain. J'en ressort dans le même état à la dernière page le rêve éveillé prend fin et l' on revient petit à petit à la réalité...

Lacazavent
09/08/11
 

C'est un très beau texte, avec une langue sèche, sans superflu. C'est un texte lucide sur la douleur, sur la solitude. Marie-Hélène Lafon sait trouver les mots justes, les situations qui font mouche, pour décrire cet exil, cette découverte de ce qu'est la campagne, les bêtes, les gens, les us, cette juxtaposition de personnages attachants qui essaie de faire une famille... sans pathos, ni mélo. Une déception tout de même : il n'y a pas de fin, pas de chute, j'aurais aimé un peu plus d'espoir tout de même. Mais lisez ce livre, ne serait-ce que pour l'écriture magnifique. laurence

laurence
19/04/11
 

Mon avis sera peut-être controversé car je sais que beaucoup de lecteurs ont aimé ce livre. En ce qui me concerne, je n'ai pas apprécié le style trop "pompeux" ou "vieillot" quoique je lui reconnaisse une grande valeur littéraire. On y perçoit le professeur de lettres classiques.L'histoire intéressante m'a paru décousue. On revient sans cesse sur les mêmes choses (caractère de la belle-soeur, arrivée en juillet, rencontre à Nevers). On progresse dans l'histoire puis on fait marche arrière.Ainsi le livre se termine bizarrement, j'ai été très déçue par cette fin.J'aurais aimé que l'auteur analyse davantage les émotions de ces personnages aux passés difficiles.Toutefois, on découvre des mondes souvent peu mis en valeur (Nord de la France, le monde agricole).

jostein
07/03/11
 

Paul, célibataire, , quarante-six ans, est agriculteur dans le Cantal. Annette, trente-sept ans habite dans le Nord à de la France à Bailleul avec son fils Eric. Elle veut démarrer une nouvelle vie. Ils vont se rencontrer grâce à l’annonce que Paul a passée. Annette et son fils déménagent pour s’installer à la ferme. Dès les premières pages, j’ai été happée …Il y a quelque chose de magnétique qui se dégage de ce livre. Annette en quittant Bailleul veut clore le passé et tirer un trait sur Didier, le père d’Eric. Annette fuit l’alcool accompagné de la main lourde de Didier. Une fuite et un refuge auprès de Paul. A la ferme, Paul habite avec sa sœur Nicole et ses deux oncles de plus de 80 ans. Un lieu où Nicole et les deux oncles ont des habitudes bien ancrées. Il faut leur faire accepter la venue d’Annette qui a un fils. Paul ne cèdera pas dans cet affrontement de silence et d’attitudes. Pour Annette, c’est une nouvelle vie dans un nouveau lieu. Elle et Eric découvrent la ferme mais sans jamais s’aventurer sur le terrain bien gardé de Nicole. Paul et Annette « s’apprennent », s'acceptent tels qu’ils sont. J’ai lu ce livre en apnée totale ! Moi qui aime les phrases courtes, concises, et bien, j’ai été plus que séduite par l’écriture de Marie-Hélène Lafon. Une écriture qui se joue des codes et de la ponctuation. Une écriture qui décrit les silences, les tabous, la ferme et la dureté d'un milieu. Avec ce roman, l'auteur a su recréer l’ambiance d’une France rurale pas si lointaine où l’on parlait peu. Et elle nous parle de plusieurs amours : celui d'un métier et de celui qui naît entre un homme et une femme...Une magnifique découverte ! http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
07/01/11
 

Présenté au club-lecture d la médiathèque de Bourges Un récit qui fait mouche. Les mots de Marie-Hélène Lafon pour décrire cette vie sonnent juste : un milieu frustre , avec l'accent mis sur l'aspect banal et répétitif du quotidien. Pas de fioritures, pas de dialogues, pas d'effusion sentimentale. Nous sommes loin de la caricature et du folklore. Un style en conformité avec l'univers âpre et fermé qui entoure les personnages. Cet équilibre apporte dès lors une fluidité au récit. Un récit empreint d'une humanité toute en finesse et en pudeur qui a touché de nombreux lecteurs.

beraud@archimed.fr
13/12/15
 

C'est l'histoire d'un homme, agriculteur dans le Cantal qui partage la ferme avec sa soeur et leur deux oncles.C'est l'histoire d'une femme et de son fils qui vivent à Bailleul et sortent d'une histoire malheureuse.L'annonce, c'est par là que tout commence. Paul ne veut pas finir seul, Annette veut tout recommencer. Ils se rencontrent une première fois, à mi-chemin. Après quelques autres rendez vous ils décident qu'Annette emménagera à Fridières.Ce roman c'est leur histoire d'amour, particulière soit-elle, cela reste une histoire d'amour.  C'est l'histoire de leur débuts, ou chacun peine à trouver sa place.Marie Hélène Lafon à su nous montrer les personnages. Comme si elle avait ouvert une porte dans leurs vies, une porte dans leurs coeurs et nous avait laisser les regarder se débattre, les regarder se mêler et s'emmêler.C'est doux, mais pas mielleux.C'est triste, mais sans larme.C'est lent...mais c'est tellement bien qu'on ne s'en rend même pas compte. Ayla

ayla44
16/04/13
 

Paul est agriculteur dans le Cantal. Célibataire, il vit avec sa sœur chez deux de ses oncles, chez qui ils sont arrivés tous jeunes. Mais à 46 ans, il ne souhaite pas vieillir seul, comme les autres membres de la famille. Il passe donc une annonce pour faire une rencontre féminine, et ainsi avoir quelqu'un avec qui vivre.A Bailleul, dans le Nord, Annette lit cette annonce. Après une première rencontre avec Paul à Nevers, elle décide de franchir le pas et de quitter la ville où elle a connu son premier mari, Didier, et où sa mère vit encore. Avec son fils Eric, elle s'installe à Fridières, où elle doit trouver sa place autour des différents habitants du lieu.L'annonce est un roman surprenant, qui ne dépeint pas une classique histoire d'amour, avec les modalités de la rencontre ou les doutes des amants, mais plutôt des personnages blessés, qui tentent de réduire et de combler leurs fêlures. Pour Annette, il s'agit de laisser derrière elle un premier mariage qui a viré à l'échec, sous les effets de l'alcool et de l'environnement néfaste de sa belle-famille. Quant à Paul, il ne souhaite pas finir sa vie comme ses oncles, toujours à deux et aux habitudes bien ancrées, ou comme Nicole, sa sœur, dont il ressent un aigrissement progressif. Sa vie est devenue une suite de conventions, comme celle du circuit de lecture de la Montagne, imperturbable dans la famille.L'arrivée d'Annette lui permet de prendre sa part d'émancipation, de se libérer du carcan dans lequel le tiennent sa famille et le village. En habitant dans un logement situé dans la ferme mais avec une entrée privative, il indique à sa famille qu'Annette et Eric deviennent plus importants à ses yeux. C'est la construction de ce nouvel équilibre qui est le véritable cœur du roman de Marie-Hélène Lafon. L'intégration qui passera par des épisodes plus ou moins importants, et dans laquelle le chien Lola ne sera pas complètement pour rien.Mon entrée dans le roman fut assez laborieuse, gênée par une tendance systématique de l'auteur à instaurer un rythme ternaire qui consiste en la juxtaposition d'adjectifs ou de noms. Cette artificialité m'a sauté aux yeux, et j'ai du mal à m'en détacher et à l'oublier. Heureusement cette recherche stylistique se fait de plus en plus rare au fil du roman, ce qui m'a permis d'entrer pleinement dans cette histoire. La fin du roman est donc l'aspect le plus intéressant et le plus émouvant de cette histoire qui, si elle n'est pas bouleversante, dépeint une réalité, celle de la solitude et des habitudes, malheureusement assez triste.

Yohan59
17/11/12
 

Paul, un agriculteur vivant avec sa soeur et ses deux oncles décide à l'aube de ses 50 ans souhaite trouver une femme et passe une annonce. Arrive du nord, Annette, divorcée d'un alcoolique, avec son fils Eric, Annette qui rêve d'une vie meilleure pour elle est son fils.Il vont apprendre à se connaître, à vivre ensemble avec les deux vieils oncles et la soeur de Paul qui se sent menacée par cette étrangère.J'avoue m'être un peu ennuyée en lisant ce roman, je n'ai pas accroché au style et l'histoire ne m'a pas aidée à apprécier ce roman à sa juste valeur. Sandrine

Sandrinelou
23/07/12
 

Paul , quarante-six ans , paysan en Auvergne. Il vit depuis toujours ou presque en compagnie de sa sœur et de deux grands-oncles en quasi autarcie. Il ne veut pas finir sa vie seul.Annette, trente -sept ans, a connu une histoire d'amour pleine de cris et d'alcool avec Didier. Sans métier, elle est prête à quitter Bailleul dans le Nord en compagnie de son fils, Éric, pour redonner un sens à sa vie.Faisant la jonction entre les deux, une petite annonce.Le roman de Marie-Hélène Lafon commence par un magnifique description de la nuit dans le Cantal et d'emblée le lecteur sait qu'il est captif. Cet homme qui veut "faire maison", cette femme qui sait qu'elle devra faire face à une quasi guerre de tranchées mais qui va petit à petit s'ajuster autant au paysage qu'au corps de cet homme, à sa vie même, nous ne pouvons plus les lâcher des yeux. Ils sont là devant nous et ce récit qui malmène la chronologie sans que pour autant nous perdions le fil, nous mène, tout en délicatesse à ce qui va devenir sans que jamais le mot soit prononcé une histoire d'amour.Tous les personnages, y compris la gourmande et futée chienne Lola, prennent une densité intense quand l'auteure nous les montre dans leur quotidien. Ah la lecture du journal"La Montagne" par la soeur Nicole, Nicole farouchement décidée à conserver ses prérogatives, fût ce dans les détails les plus anodins...Ah la quasi vénération du magazine Thalassa "auquel les oncles convertis par elle vouaient une sorte de culte confinant à l'idolâtrie, pratique d'autant plus incongrue que Nicole, pas plus que les oncles , n'avait jamais vu la mer et n'en manifestait ni le désir ni le regret." La maison, théâtre de luttes sourdes mais jamais sordides, elle même devient un personnage.Rien de superflu dans ce texte qui s'élance en amples envolées, supprimant au passage quelques virgule superfétatoires, pour mieux rendre compte de la vie, tenace, qui se donne à voir à l’œuvre.C'est l'amour d'un pays et de ses habitants qui donne toute sa saveur à ce roman qui nous prend par la main et ne nous lâche plus. cathulu

cathulu
12/07/12
 

Le papier est bon âne. Ce qu'on lui met sur le dos, il le porte." Je me suis plongée dans ce roman de Marie-Hélène Lafon, comme emportée par l'histoire qui unit Paul et Annette. Tous deux sont à la recherche de l'autre: celui qui fera oublier un passé douloureux à Bailleul dans le Nord et celle qui acceptera la rudesse d'un foyer à Fridrières dans le Cantal.Une annonce publiée dans le journal va permettre à Annette et Paul de se rencontrer et de composer avec leur famille: Eric, le fils d'Annette et Nicole, la soeur de Paul et ses deux frères. Une famille qui partage la même maison, la même rusticité des hivers à la campagne, les mêmes accomodements raisonnables.La syntaxe est troublante, Marie-Hélène Lafon fait l'économie des mots, pourtant elle nous entraîne dans de jolies descriptions. Le couple "taiseux" va se dessiner avec très peu de mots, Eric va apprendre à "faire heureux" dans cette nouvelle famille.Un très bon roman, pas seulement un roman du terroir mais un éloge de la maison chargée d'un passé et ouverte sur l'avenir du couple qui se dessine au fil des pages. La plume est très précise pour décire le poids du temps, des traditions, de la lecture du journal sur la "toile cirée marquetée de fleurettes mauves", d'un quotidien simple mais si beau.

Mirontaine
24/04/12
 

Annette, femme du nord mariée à un homme alcoolique et violent, part vivre avec son fils chez Paul, un agriculteur du Cantal calme et doux rencontré par petite annonce. Commence une intégration difficile dans ce village et dans cette famille d’adoption pour lesquels ils restent des étrangers. La sœur hostile et les oncles défenseurs de leur territoire mènent la vie dure au couple encore fragile et au jeune garçon timide. Marie-Hélène Lafon nous livre un récit tout en retenue et en nuances, pour décrire des personnages fragilisés par la vie et qui se battent en silence pour un nouveau bonheur à trois.

Marie Hélène Lafon, dans son roman, " L'Annonce " publié chez BUCHET/CHASTEL, nous fait pénétrer dans le huis clos d'une ferme du Cantal. Paul est un brave type, rude paysan, de quarante six ans qui vit avec sa sœur, vieille fille, et deux vieux oncles, pour ne pas finir sa vie seul, il fait paraître une petite annonce, à laquelle, Annette, une fille du Nord, qui a un fils, de son premier mariage avec un ivrogne, répond. Annette et son fils Eric viennent s'installer à Fridières, commence alors une longue période d'observation qui aboutira à leur intégration, dont on doute tout au long du roman. En mettant l'accent sur des événements mineurs de la vie courante, avec une écriture très subtile, Marie Hélène LAFON nous montre bien le climat lourd qui règne à la ferme, et réussit à faire de cette histoire d'amour, un très beau roman, et qui a bien mérité les prix qu'il a reçus.

JoelC17
02/12/11
 

Un sujet très intéressant (et plutôt tendance) : une rencontre par petite annonce, une citadine qui vient vivre auprès d'un agriculteur de montagne qui vit avec sa sœur et ses vieux oncles, une femme qui a quitté son mari et tente de refaire sa vie avec son fils auprès d'un autre.Un sujet très bien traité sur la forme : pas de roman à l'eau de rose, pas de mélodrame, des personnages, un décor et une ambiance bien saisis et décrits. Un style simple, sobre et direct.Malheureusement, toutes ces qualités donnent beaucoup de plaisir mais aussi d'envie et après lecture de ces 195 petites pages écrites en gros caractères, on a la nette sensation de ne pas avoir eu son compte, d'avoir manqué une partie de l'histoire ; il aurait fallut développer davantage. Maylany

Maylany
25/09/11
 

C'est un roman tranquille, où il ne se passe rien.....et pourtant on est emporté dans cette lecture. L'écriture de l'auteur est joliment construite; à la manière d'autrefois, si j'ose dire. Les personnages sont attachants.

mimipinson
07/06/11
 

C'est l'histoire simple et rude des gens de la terre, terriblement vraie et juste, sans jugement, sans apitoiement, mais comme une évidence criante de vérité. Ils vivent en quasi autarcie, Paul et sa sœur Nicole, en compagnie de leurs deux vieux oncles, faisant marcher la ferme et l'élevage de vaches Salers. Nicole règne en maîtresse femme, seule présence féminine légitimée dans cette histoire familiale. Alors quand Paul passe une petite annonce pour trouver une compagne, et que celle-ci arrive de la ville, du plat pays du Nord, avec son histoire cabossée aussi et son fils Éric sous le bras, quid de ce bel équilibre ? Mais contre toute attente chacun va trouver sa place, dans l'effacement et le respect de l'autre, dans la ténacité de croire pour chacun en une vie meilleure ici, dans ces terres du Cantal. Le jeune Éric fait preuve d'une lucidité étonnante et vite adopté par la chienne Lola qui ne le quitte plus, il se fera souvent l'entremetteur discret de cette nouvelle famille. Sa mère Annette saura se faire sa place également. De la petite annonce initiale écrite par Paul on ne saura jamais rien, sinon quelques exemples proches dénichés par Éric dans une vieille pile du Chasseur français, et les premières rencontres timides à Nevers. Un très très beau roman, à l'écriture somptueuse, qui pénètre avec douceur l'apparence des cœurs bourrus. Laure

Jdhelene
25/04/11
 

Je ne suis pas une habituée des romans dits "du terroir" mais j'avais lu de belles critiques sur les livres précédents de cette auteur et j'ai eu envie de la découvrir.L'annonce est un livre qui plonge immédiatement dans une atmosphère, faite de campagne, de labeur et de beaucoup de silence.Les descriptions sont magnifiques et rendent vivants un lieu et des coutumes.Ce livre voit s'affronter des cultures et nous montre des êtres qui cherchent à faire de leur mieux, malgré les convenances, malgré les autres, malgré la peur.Le style est extraordinaire, je n'ai pas d'autre mot tellement je l'ai trouvé doux, vivant, descriptif !L'utilisation d'une accumulation d'adjectifs sans virgule est saisissant et, loin de choquer, permet au lecteur d'imaginer parfaitement ce dont on lui parle.Une très belle découverte et surtout ne vous arrêtez pas à l'étiquette "roman du terroir", c'est vraiment beaucoup plus que cela.

Argantel
02/04/11
 

Marie-Hélène Lafon est l’auteur d’une dizaine de romans et nouvelles du monde paysan qui n’en finit pas de disparaître. Ses héros sont reclus dans le silence et n’existent que par le geste, le corps.Paul, a 46ans, il est agriculteur, il vit avec sa sœur célibataire et ses deux oncles aujourd'hui âgés. Il ne veut pas passer sa vie sans une compagne prés de lui alors il passe une annonce.Annette a 37ans, un enfant, un passé auprès du père de son fils avec au quotidien l'alcool, la misère dans le nord de la France. Elle répond à l'annonce, ils se rencontrent, Annette quitte sa région pour le rejoindre dans le centre. Elle doit se faire accepter par cette soeur et ces oncles qui ont vécus en vase clos, elle est l'étrangère. Une nouvelle vie commence pour elle pour son fils auprès de Paul, une histoire d'amour. Nena

nena1
27/03/11
 

Présenté au club-lecture d la médiathèque de Bourges Un récit qui fait mouche. Les mots de Marie-Hélène Lafon pour décrire cette vie sonnent juste : un milieu frustre , avec l'accent mis sur l'aspect banal et répétitif du quotidien. Pas de fioritures, pas de dialogues, pas d'effusion sentimentale. Nous sommes loin de la caricature et du folklore. Un style en conformité avec l'univers âpre et fermé qui entoure les personnages. Cet équilibre apporte dès lors une fluidité au récit. Un récit empreint d'une humanité toute en finesse et en pudeur qui a touché de nombreux lecteurs.

Douleur et solitude C'est un très beau texte, avec une langue sèche, sans superflu. C'est un texte lucide sur la douleur, sur la solitude. Marie-Hélène Lafon sait trouver les mots justes, les situations qui font mouche, pour décrire cet exil, cette découverte de ce qu'est la campagne, les bêtes, les gens, les us, cette juxtaposition de personnages attachants qui essaie de faire une famille... sans pathos, ni mélo. Une déception tout de même : il n'y a pas de fin, pas de chute, j'aurais aimé un peu plus d'espoir tout de même. Mais lisez ce livre, ne serait-ce que pour l'écriture magnifique.

Un roman tendre et émouvantUne femme, un enfant cabossés par la vie. Un agriculteur célibataire mais nanti d'une "famille", oncles et soeur cadette. Histoire d'un exil des terres du Nord vers le Cantal. Choc de civilisation. Comment apprivoiser la terre, la maison, les gens, les bêtes... pour réussir à "faire maison" ? Et le regard posé d'un enfant qui va transcender les peurs : peur de parler, peur de mal faire, peur de l'autre. Marie-Hélène LAFON nous décrit tout en 1/2 teinte, sans mélo, la quête d'un accommodement raisonnable d'une femme et d'un homme, funambules en équilibre sur le fil de leurs vies. Qu'est ce que l'amour ? Un très beau texte, maîtrisé et sonnant juste pour nous faire partager une tranche de vie.

Iana
05/11/09
 

Format

  • Hauteur : 19.00 cm
  • Largeur : 11.50 cm
  • Poids : 0.20 kg

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