L'arabe du futur t.1

SATTOUF, RIAD

livre l'arabe du futur t.1
EDITEUR : ALLARY
DATE DE PARUTION : 07/05/14
LES NOTES :

à partir de
20,90 €

SYNOPSIS :

Né en 1978 d'un père syrien et d'une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d'abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d'être nommé professeur. Issu d'un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile. En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau
des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n'aide pas...), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n'a qu'une idée en tête : que son fils Riad aille à l'école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur. L'Arabe du futur sera publié en trois volumes. Ce premier tome couvre la période 1978-1984.
16 personnes en parlent

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman graphique. Dans L'arabe du futur, Riad Sattouf narre sa petite enfance entre deux pays du Moyen-Orient : la Libye de Khadafi et la Syrie d'Hafez-el Assad. Né d'un couple mixte (père universitaire d'origine libyenne, mère bretonne), il est très vite remarqué par sa blondeur suspecte (maternelle) mais reconnu par les siens grâce à ses orteils de pieds si génétiquement caractéristiques (ouf, l'honneur est sauf).Aussi différents soient ces deux pays, ils décrivent le même culte de la personnalité (omniprésence de Khadafi à la télévision, celle d'El Assad sur les affiches). Ce matraquage des consciences s'instaure aussi dans les journaux (presse muselée, censure des articles soit par arrachage de feuilles, soit par stabilo !), dans les contrôles des aéroports (où le bakchich est monnaie courante : c'est le cas de le dire). Ces régimes totalitaires montrent le délabrement dans lequel vit la population : saturation du fait religieux, peu de temps/d'espace à l'instruction (les écoliers se relaient matin et après-midi pour apprendre), conditionnement des femmes au foyer. Les enfants ont peu pour jouer : le manque de culture et de recul intellectuel entraîne une forme de bestialité (l'anecdote du chien demeure édifiante). On constate avec effarement que la haine des Juifs s'entretient très jeune et que la communication verbale grossière favorise là encore, la violence physique et le passage à l'acte. Tout est dur dans ce que raconte Riad Sattouf et c'est une des grandes réussites de cette BD auréolée de succès au festival d'Angoulême 2015 : celle de nous faire sentir la tension palpable sur chaque individu. Oui, il est difficile de vivre dans ces dictatures, où tout est contrôlé, surveillé, où la moindre denrée alimentaire s'acquiert au coude-à-coude et sous les invectives. Même les logements libyens ne se quittent pas le temps d'une promenade (Kadhafi avait rendu les serrures illégales) sous peine de retrouver ses valises sur le pas de la porte ! Pénurie de viandes, de boulot, de liberté.À chacun sa douleur/sa couleur : jaune pour le séjour libyen, bleu pour le breton, rose pour le syrien. Riad Sattouf n'épargne pas non plus sa famille (son oncle paternel en particulier qui a manqué de loyauté vis-à-vis de son père). Ce dernier pourtant athée se remet à lire le Coran et à le faire apprendre à son fils aîné. On entend là les difficultés d'un couple mixte amplifier dans des situations de vie extrêmes. Je ne remets pas en cause les dires de Riad Sattouf mais je me suis régulièrement posé la question suivante : comment a-t-il pu autant se remémorer ? Certes, il semble précoce (ses dessins pompidouesques l'attestent) mais là, franchement, la précision des scènes racontées me bluffe assez (moi qui a contrario ai très peu de mémoire vive sur ma petite enfance). Je comprends donc la contestation parentale lors de la parution de L'arabe du futur, expliquant que l'auteur avait un peu travesti/détourné la réalité des choses (surtout qu'observées par des yeux d'enfant, certaines scènes peuvent prêter à confusion ou à interprétation erronée).Conclusion : une lecture très instructive, passionnante, à découvrir vraiment et maintenant, si ce n'est déjà fait !

Cave
05/02/15
 

Très intéressant (ça me fait penser à Persépolis ou Chroniques de Jérusalem) le graphisme est dépouillé; il est a service d'une réflexion sur les dictatures, l'antisémitisme (qui semble commencer très tôt: ce sont des enfants qui traitent Riad de sale juif) sur le sort des populations démunies et la cruauté ("jeu" avec le chien...) sur les couples mixtes, le choc des cultures. Très riche et mérite bien son succès. berthe

afbf
08/02/15
 

Aujourd’hui, ce n’est pas une BD mais 2 que je vous propose de découvrir ! Et bien oui, le soleil brille, les vacances sont proches (presque!) et la journée a été belle alors je suis d’humeur généreuse.Surtout qu’avec ces deux lectures, vous ne serez pas déçus ! Riad Sattouf et Laurent Galandon ont bien travaillé. Assez pour que ces deux BD entrent dans votre bibliothèque ou au moins dans votre été par la grande porte. Deux sujets très différents pourtant mais une société dépeinte avec sobriété et engagement.Commençons par l’Arabe du futur qui nous fait entrer dans l’enfance de Riad Sattouf.Riad Sattouf, c’est des BD pour enfants et ados décalées, drôles, légères mais qui cachent derrière leur humour de réels messages, c’est Les beaux gosses, ce long-métrage dont il était question d’ado boutonneux en mal de reconnaissance, bref c’est un peu de cynique pour beaucoup de simplicité.Alors quand on a vu L’Arabe du futur débarquer sur les tables des libraires, on a été assez étonné. Cet auteur-illustrateur talentueux va nous ouvrir les portes de son intimité. Chapeau bas pour cet album qui retrace avec humilité son parcours mais surtout celui de ses parents et de ses pays dans lequel il a grandi en partie, la Lybie et la Syrie.La mentalité de son père Lybien, celle de sa mère Bretonne et les rites, us et coutumes de ce mélange extra-ordinaire.De la société arabe aux traditions françaises, en passant par les enjeux politiques et économiques incarnés dans la personne du paternel, de nombreuses idées sont soulevées avec finesse et humour et dans les yeux de ce petit garçon qui ne comprenait pas tout mais subissait comme l’enfance l’y obligeait.L'Arabe du futur, Riad Sattouf, Allary, 2014L’Arabe du futur, Riad Sattouf, Allary, 2014Une BD petit format qui se lit avec curiosité. On découvre de nombreux faits qu’on croyait connaître mais qu’on comprenait finalement mal. On cerne mieux le contexte des dernières décennies dans les pays arabes et les enjeux globaux. Du noir, du blanc réhaussés de rose qui donne un graphisme à la Riad Sattouf, réaliste et sans fioritures qui laisse la place belle à l’histoire avec un petit et un grand H.Changement de lieu pour la seconde BD mais qui n’a rien à envier à l’engagement et au parti pris de la première BD !LIP est une BD qui se présente aussi sous forme de petit format. Un roman graphique qui se lit comme un livre d’histoire, un témoignage et un reportage hors du commun. Pourtant LIP, on connait, on en a entendu parler par nos parents, nos collègues ou nos livres d’histoire. Cette entreprise qui, au bord de la faillite, fait lever ses salariés contre le licenciement qui prennent en otage les montres LIP pour continuer à travailler tous ensemble. On y sent le vent de révolte qui a soufflé sur cette usine et qui a réveillé les consciences des salariés en danger mais aussi celle de l’entourage des familles et de tous les autres qui ont vu l’injustice poindre le bout de son nez.Solange nous raconte.Et ses à travers ses yeux qu’on comprend les tenants et les aboutissants de cette révolution salariale qui a bousculé la France en 1973. Et grâce à elle, c’est au-delà que notre réflexion est poussée. La place des femmes dans la société des années 70 y est soulevée, l’égalité homme-femme et les sentiments amoureux également.Là encore, le graphisme est réaliste, chiadé, pas de superflu pourtant, l’authentique prime pour ne pas distraire le lecteur qui en apprendra beaucoup sur cette événement important des usines françaises. Un très bon moment donc !N’hésitez pas, l’embarras du choix avec ces deux titres qui vous donneront un nouvel éclairage sur deux sujets intéressants à souhait.

deedoux
28/07/14
 

une autobiographie à ne pas rater Riad Sattouf nous fait partager son enfance entre la Syrie, la Lybie et la bretagne dans les années 80. Un récit plein d'humour et d'ironie sur les différences culturelles et la politique dictatoriale à travers les yeux d'un enfant. On attend la suite avec impatience!

C'est un formidable voyage que nous offre Riad Sattouf ici : un voyage dans le temps de son enfance, les années 80, mais surtout, un voyage dans le cœur de la vie de 2 dictatures : la Libye et la Syrie de ces années-là. Il y raconte sa prime enfance, après la jeunesse de ses parents, avec toute l'innocence de cet âge. Il ne porte pas vraiment de jugement ni sur cette drôle d'expérience, ni sur l'enthousiasme démesuré, le désir utopique de son père d'en faire un "arabe du futur". Dans cette période où l'on est "Dieu" sur terre, où tous vous admire, il découvre la dureté, la cruauté, l'injustice, la misère...Un personnage me semble devoir être développé dans les volumes futurs : la mère, bretonne blonde, incroyablement patiente et tolérante. Les errements du père ne sont jamais moqués, il est plutôt présenté comme un héros rempli d'idéal. C'est drôle, très drôle mais aussi terriblement grinçant. J’attends avec beaucoup d'impatience la suite. laurence

laurence
21/08/14
 

Beaucoup de détails issus du regard insouciant et innocent de notre chère petite tête blonde rendent ce témoignage drôle quand bien même le ton donné par le contexte politique et social en Syrie ou en Libye n'est pas toujours à la légèreté.J'ai adoré, mais je suis avide d'avoir le point de vue de la mère, d'abord sur les comportements parfois irritants du père, ensuite sur la façon dont elle ressent le déracinement qu'elle subit encore plus fortement que le reste de sa famille.Cela me tient tellement à cœur que j'ai rêvé que le tome 2 était narré par elle ... c'est dire si l'immersion a réussi !

L'auteur, Riad Sattouf, nous raconte, avec beaucoup d'humour et de satire, sa petite enfance en Lybie et en Syrie.Né de père syrien et de mère bretonne le destin du petit Riad est pour le moins rocambolesque ! Il nous fait voyager au proche orient dans les années 80 et nous fait découvrir de l'intérieur la vie des habitant sous le joug des dictateurs tels que Kadhafi et Al-Assad.C'est passionnant, même si parfois le comportement du père me met mal à l'aise...

saomalgar
24/01/16
 

À travers cette bande dessinée autobiographique, Riad Sattouf va nous présenter son enfance, entre la France, la Libye et la Syrie. Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad est un petit garçon aux cheveux blonds qui provoque l’admiration de ceux qu’il croise, tant il est mignon. Après avoir décroché un doctorat en histoire, son père obtient un poste de maître de conférences à Tripoli et y part avec son épouse et son fils. Avec ses yeux enfant, Riad va nous faire part de sa perception de la vie au Moyen-Orient, avec ses us et coutumes bien différents de la vie européenne. On y verra aussi une profonde admiration pour son père, qui est adepte du panarabisme, mais dont les propos sont également pleins de contradictions.Je ressors de cette lecture – dont j’attendais beaucoup tant j’avais pu prendre connaissance de chroniques élogieuses – avec un avis en demi-teinte. Il y a des points qui m’ont particulièrement plu dans cette bande dessinée, mais d’autres qui m’ont moins séduite. Telle une voix off, Riad adulte accompagne le récit de sa jeunesse, nous donnant des clefs pour comprendre et s’imprégner du monde qu’il nous présente. Deux points de vue se confrontent ainsi : celui d’un Riad mature, avec son expérience de vie, et celui du narrateur enfant, qui découvre tout de ses yeux neufs. J’ai trouvé ce procédé très intéressant, apportant un réel plus à L’Arabe du futur. Visuellement, les graphismes sont très simples. La technique employée est celle de la bichromie, et le choix des couleurs dépend de l’endroit où prend place l’histoire racontée : par exemple, lorsqu’ils sont en Libye, les teintes sont dans les jaunes, alors que Riad a opté pour le rose en Syrie ou le bleu en France. J’aurais sans doute préféré des dessins plus travaillés, qui sont ici parfois proches des planches que l’on peut retrouver dans la presse. Le comportement du père de Riad a rendu ce personnage particulièrement antipathique. Tout d’abord, il m’a paru très égoïste, puisqu’il prend la décision de quitter la France sans aucune concertation avec son épouse : il lui impose de déménager pour un pays dans lequel les conditions de vie sont moins aisées qu’en France, d’autant plus que la mère de Riad ne parle pas un mot d’arabe. De plus, il est très critique envers la France, qu’il qualifie de pays de racistes, mais aussi envers la société arabe, dont il déplore le manque d’éducation. Cependant, il n’hésite pas à défendre des idées telles que la dictature, et vente la beauté de la Syrie, alors que c’est un lieu dans lequel règnent la violence et la misère.Dans cet ouvrage, de nombreux thèmes sont abordés : l’éducation d’un enfant tiraillé entre deux cultures, la question de l’admiration du père, la vie au Moyen-Orient, la place de la religion, le racisme, l’antisémitisme… Je ne nie pas que ce soit un bon livre, qui développe des sujets de façon très intéressante, mais je m’attendais à mieux.

AnneSophieMLPAP
03/01/16
 

Qu'est-ce qui n'a pas été dit sur cet album génial de Riad Sattouf, ce dessinateur mi-breton, mi-syrien qui a passé son enfance dans la Lybie de Khadafi et la Syrie d'Hafez Al-Assad ? Peu de chose assurément mais ce qui m'a particulièrement séduite c'est que l'auteur ait su retrouver le ton de l'enfance pour restituer ce que peut-être la vie dans ces deux pays durant les années 80.Tour à tour drôle, émouvant, inquiétant, avec une fausse naïveté, cet album se lit autant comme une autobiographie drôle et touchante que comme le témoignage d'une époque et de pays dont on a beaucoup entendu parler, mais dont on ne sait presque rien.

isabelleisapure
06/12/15
 

Dans ce roman graphique très riche et bourré d'humour Riad Sattouf revient sur sa toute petite enfance . Enfant blond, né d'une mère bretonne et d'un père syrien qui préfère aller enseigner en Lybie plutôt qu'à Oxford en raison d'une faute d'orthographe à son nom....Riad Sattouf nous narre à hauteur d'enfant les caractéristiques de ces sociétés déjà aux prises avec la religion . Très belle découverte, merci à Philisine d'avoir fait voyager son exemplaire.

dvan
14/06/15
 

Chef d'oeuvre A la fois très instructif et hilarant. Riad Sattouf redonne de l'âme à son pays d'origine en nous rappelant ce qu'il était il y a à peine 30 ans... Avec l'humour qui caractérise l'auteur.

beraud@archimed.fr
10/06/15
 

Un roman graphique dans lequel Riad Sattouf raconte sa jeunesse (avec un regard d’enfant), entre la Lybie, la Bretagne et la Syrie. Sensible et truffé d’anecdotes, c’est un beau coup de cœur unanime.

La 4ème de couverture est un résumé concis et précis de ce roman graphique.Clémentine, bretonne et Abdel Razak libyen se sont connus à la Sorbonne. Riad nait de cet amour avec la chevelure blonde de sa mère. Son doctorat d’économie en poche, le père obtient un poste de professeur à l’université de Tripoli et toute la petite famille s’embarque pour la Libye.Les petits-enfants ne se cachent pas derrière les mots, Riad, même très intelligent (épisode du portrait de Pompidou), raconte tout sans fausse pudeur. Cela donne des scènes cocasses comme tous ces gens qui lui caressent les cheveux. Pour lui, dieu, c’est Brassens (suite à une parole de sa mère : « Il est très célèbre, c’est un dieu en France ») et, à chaque fois que quelqu’un cite dieu, on voit la bouille à Brassens ! Je souriais immanquablement. « Le Guide adore les bananes, ma Sœur, il dit que c’est le fruit du peuple », alors, le peuple affamé passe au régime bananes obligatoire ! En Syrie, lorsqu’il joue à la guerre avec les autres enfants, il est obligatoirement le juif. « Bon ben toi, t’as qu’à prendre les juifs ». « Les soldats syriens étaient en plastique vert, le même plastique que les chaussures de mes cousins. Ils avaient des postures de guerriers valeureux. Les soldats israéliens étaient en plastique bleu. Ils avaient des poses fourbes et des attitudes de traîtres. ». Riad montre les travers de la Libye et de la Syrie. Les travers de son père pétri de contradictions, de mauvaise foi. Pas facile de revenir à la réalité de son pays natal alors qu’il l’a idéalisé pendant ses études françaises. Par contre, je trouve Clémentine trop muette et effacée.En prenant le parti pris des souvenirs d’un très jeune enfant, l’auteur veut éviter l’écueil du dramatique tout en étant sérieux. Ce livre a le rythme de la BD où tout est circoncis en quelques plans. Le ton est décalé, faussement naïf, quelque fois ironique, mais tout est dit entre les mots et les dessins. L’anecdotique se révèle profond. Clémentine ne comprend rien, ni la langue ni les mœurs et je pense que Abdel est également décontenancé car les choses n’ont pas changé en mieux. J’ai été déroutée par la lecture de ce « livre d’images ». Je crois que j’aurais préféré un « vrai » livre ; On ne se refait pas ! puis j’ai accepté le rythme et j’ai apprécié ma lecture. J’ai aimé le choc des mots et des images. Le retour du père en son pays n’est pas ce qu’il souhaitait, même s’il ne le dit pas. Le retour au pays c’est de la réalité, le souhait d’y retourner un doux rêve. Je pense que les prochains tomes seront du même tonneau, je les attends ; envie de connaître la suite.Merci Phil pour ce livre voyageur

zazy
10/05/15
 

Cette BD qui se présente sous forme de 4 chapitres relate l'enfance du petit Riad (l'auteur, on suppose), fils d'un Syrien sunnite non pratiquant et d'une Française, Bretonne apparemment, dont la mamn vit près du cap Fréhel. Nous suivons l'itinéraire de ce père non-pratiquant mais imprégné de culture musulmane, d'abord en Lybie où la loi socialiste de Khadafi s'exerce, puis en Syrie ù il rejoint une famille pas revue depuis 17 ans. Avec des intermèdes en France où l'enfant se sent mieux puisqu'il ne parle pas l'arabe.Selon le lieu, le dessin est de couleur bleue pour la France, jaune en Libye, rose en Syrie (un hasard?), verte à Jersey où sont placés les traitements du père, docteur et professeur, en billets verts évidemment.Le gamin évolue de deux à quatre ans, suscitant toujours des réactions avec ses cheveux d'un blond angélique, attendrissement des dames, moqueries des garçons arabes. Il découvre une certaine méchanceté chez ces derniers qui « jouent » à se battre, armés de pistolets factices mais n'hésitent pas à se faire mal ; d'une cruauté effarante avec un chiot qu'ils utilisent comme ballon de foot avant de l'embrocher comme une merguez ! Au passage, on apprend que le chien est « impur » pour les musulmans. Le propos du père évolue de chapitre en chapitre, un peu plus macho, un peu plus religieux, un peu plus violent. Tout cela est très attendu, un peu conventionnel et on craint que la radicalisation du père ne s'accentue dans les volumes suivants. Un drame de la séparation avec enfant pour enjeu n'est pas exclu.Il n'en reste pas moins qu'on apprend un certain nombre de choses sur la vie quotidienne dans la Libye socialiste de Khadafi (pas de propriétaire de maison, on rentre et on s'installe si c'est libre, l'école accueille les enfants par roulement, trop petite pour tous ces gamins) ; mais pas grand-chose sur la Syrie d'Assad où l'on pend les opposants pour l'exemple.Le ton est plaisant, avec un certain sens de l'humour mais aussi une acuité intéressante.Je ne sais pas si la suite est déjà éditée mais je ne crois pas que je vais la lire. Hebelín

hebelin
17/03/15
 

Riad Sattouf se souvient...Seul rejeton d'un père Syrien et d'une mère Bretonne, le petit Riad détonne de par son épaisse chevelure blonde.Contraints, pour des raisons économiques, de s'exiler en Lybie, les Sattouf n'imaginaient pas le choc de culture et de civilisation qui leur était désormais promis.Puis viendront les années Bretonnes auxquelles succèderont les souvenirs Lybiens, autant de périples, autant d'images encore bien présentes dans un album de famille truffé d'anecdotes et digne de celui des Harlem Globetrotters...Pudique, tendre, drôle et évocateur d'un contexte économique et social excessivement délicat ( notamment en terre Syrienne et Lybienne, merci aux humanistes reconnus qu'étaient Kadhadi et Al-Hassad ) , ces déracinés chroniques se dévoilent au gré des expéditions successives, offrant au lecteur des tranches de vie particulièrement touchantes et riches d'enseignement.Le ton, a contrario des situations traversées, est léger et évocateur d'un passé familial aimant et soudé et ce, malgré l'âpreté des environnements rencontrés.Le trait est simple, les couleurs pastels, et les personnages bavards sans jamais être ennuyeux.L'arabe du futur de Riad Sattouf : au poil !Désolé...

TurnThePage
17/11/14
 

C'est l'histoire d'un enfant au physique parfait, dont chaque mouvement provoque l'admiration générale. Le jeune Riad, né d'un père Syrien et d'une mère Bretonne, est un petit arabe aux cheveux blonds dont l'existence - et l’œuvre - sera marquée par ce métissage originel... Son père, une fois son doctorat passé, accepte un poste en Libye, ce sera un premier choc des cultures pour le jeune garçon, qui pense que Dieu est à l'image de Georges Brassens et qui dessine des Pompidou de noël depuis la maternelle. Après un bref retour en France son père parvient à décrocher un poste en Syrie, mais le retour au pays, sous le régime d'Hafez Al-Assad, s'avère plus compliqué que prévu pour le petit comme pour ses parents...

sovane
01/10/14
 

Format

  • Hauteur : 24.00 cm
  • Largeur : 17.30 cm
  • Poids : 0.54 kg