L'arbre du voyageur

TSUJI, HITONARI

livre l'arbre du voyageur
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 01/12/05
LES NOTES :

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7,20 €

SYNOPSIS :

" peu après son entrée en primaire, il avait tranquillement quitté la maison. "l'école, ça ne lui a jamais beaucoup plu", disait ma mère avec un sourire fataliste. mon frère était donc parti sur un coup de tête, sans que rien laissât deviner cette intention. ces escapades se renouvelèrent. parfois il ne rentrait pas de toute une journée, voire deux. " mais, devenu adulte, yûji finit par disparaître pour de bon, sans plus jamais donner de nouvelles. dix ans plus tard,
son jeune frère décide de partir à sa recherche. Au cours de ce qui va vite faire figure de quête initiatique à travers les lieux cultes d'un tokyo ultra-branché, il va découvrir tous les dangers qui guettent le " voyageur " égaré dans le monde moderne : la violence, la drogue, les sectes... L'étrange personnalité de yûji, qui inspire à la fois répulsion et bizarre sympathie, se révèle peu à peu, pour se dérober ensuite - jusqu'au coup de théâtre final.
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Après l'excellent La lumière du détroit, je replonge avec plaisir dans l'oeuvre d'Hitonari Tsuji. Avec l'arbre du voyageur, l'auteur continue à explorer la nature humaine. On y suit le parcours d'un jeune homme qui, à la mort de ses parents, part à la recherche de son grand frère Yûji. Il n'a plus de nouvelles depuis 10 ans de ce frère à la personnalité étrange et fascinante qu'il a tant admiré lors de son enfance. Celui-ci n'est pas venu à l'enterrement de ses parents, son téléphone n'est plus en service, son appartement à Tokyo est vide.Notre jeune héros va alors se rendre dans cette grande ville afin de mener son enquête à la recherche de son frère et de lui même.Comme dans La lumière du détroit, l'auteur utilise la première personne pour nous plonger dans la vie de ce jeune frère. On ne connait pas son nom, celui-ci n'a pas d'importance. Il a perdu son individualité dans sa fascination et son admiration sans borne pour son aîné qui l'a pourtant perpétuellement rejeté. Le personnage principal est donc incontestablement Yûji, le grand frère terrible. Il est absent, mais on observe au fil des pages l’influence qu'il a pu avoir sur les différentes personnes qu'il a croisées.La progression de l'enquête ressemble à un plongeon dans un gouffre de désespoir pour ce jeune frère. Il perd peu à peu ses derniers repères, peinant à réagir. « Des vieillards assis au bord de l'étang nourrissaient les carpes ; des étudiants dessinaient les cerisiers en fleur dans leurs carnets de croquis ; sur les bancs, des couples déjeunaient d'un repas froid préparé à la maison ; des époux en jogging faisant leur parcours au pas de course ; des dames ramassaient les crottes de chien, des familles entières se promenaient. Toutes ces petites scènes entraient dans notre champ de vision, composant un tableau plein de béatitude. On aurait dit des figures de cire exposées dans un pavillon intitulé précisément Maison du bonheur.Cependant, étrangement, plus ce qui nous entourait semblait représenter une image fidèle du bonheur, plus je sentais monter en moi une tristesse sans raison qui menaçait de me faire perdre l'équilibre, comme si j'avais à porter non seulement mon propre malheur, mais aussi celui des autres.»On ne peut s’empêcher de remarquer l'absurdité du comportement de ce jeune frère qui s'obstine à mimer son aîné. Celui-ci est fascinant, on ne peut pas le nier, mais il dégage une noirceur profonde. Les personnages sont très poignants, et l'auteur réussit parfaitement à nous transmettre leurs sentiments. Ils nous apparaissent tous brisés par le passage de Yûji. Le charisme de ce dernier apparaît comme irrésistible et destructeur.«Était-ce parce que nous ne faisions rien d'autre que chercher la trace d'un disparu, elle en moi et moi en elle ? En nous dénudant tout les deux, nous cherchions à nous laver de l'empreinte laissée par Yûji. En nous enlaçant, nous cherchions à nous délivrer de son absence.»Hitonari Tsuji exprime magnifiquement ce désespoir ambiant d'une plume douce et poétique. Encore une fois, j'ai été complètement séduit par cet auteur. C'est intense, c'est beau !«Je me sentais comme un papillon sorti de sa chrysalide, déployant ses ailes dans le ciel, mon corps était bien plus léger qu'une semaine plus tôt. Riant sous cape sans même savoir pourquoi à l'évocation de mes souvenirs, j'allai me promener dans les allées du parc situé juste à coté de l'appartement de mon frère. Les branches tordues des cerisiers dissimulaient le ciel. A leur extrémité, des boutons prêts à s'épanouir se tendaient comme des seins de jeune femme enceinte. J'attrapai une branche à ma hauteur et en cassai sans raison un morceau d'une trentaine de centimètres. Dans un craquement, le coeur tendre et rosé apparut sous l'écorce brune. Un tressaillement me parcourut, comme si j'avais blessé un être vivant. Je léchai l'intérieur de la branche, cela me laissa un goût amer sur le bout de la langue.»L'arbre du voyageur est un livre poignant et poétique. Un roman à ne rater sous aucun prétexte !Note : 8/10 Les Mondes Imaginaires

mondesimaginaires
09/03/13
 

A dix-neuf ans, Takaku, le narrateur, a décidé de se mettre à la recherche de son frère ainé Yûji, longtemps considéré comme son "point de repère et son idéal depuis l'âge tendre".Yuji a disparu depuis plus de dix ans, mettant fin ainsi à une habitude quasi religieuse de la fugue depuis son enfance. Ce n'est pas qu'il était en conflit avec ses parents, seulement, "il méprisait ce regroupement disparate que l'on a coutume d'appeler foyer". La vraie vie est ailleurs. Passionné de métempsychose, Yûji se persuadait que l'âme était supérieure au corps, enveloppe physique considérée comme une gêne, un scaphandre, "une demeure d'emprunt". Dans le Tokyo envahi par la foule Takaku retrace le quotidien de son frère, rencontre ses collègues de travail et ses maîtresses, et tente de comprendre sa personnalité. Le simple fait de penser à lui semble le rendre à l'existence, à repousser cette échéance d'accepter une mort (volontaire) probable. Or, le jeune homme va de surprise en surprise... Ce roman japonais a le don de vous dépayser non seulement par la qualité des descriptions du Tokyo moderne que par les touches culturelles et sociales nippones. Tsuji ne s'embarrasse pas d'une prose alambiquée...On le lit comme si on suivait un bon film à la télévision, facilement subjugué par le récit. La personnalité du disparu inspire et intrigue, tandis que le comportement et les visions du narrateur questionnent le lecteur jusqu'à une fin inventive et déroutante. Le titre, quant à lui, s'inspire d'une variété d'arbre tropical, dont la particularité est d'emmagasiner de l'eau dans ses tiges. Ainsi, le voyageur assoiffé trouvera en lui la fin de son calvaire. Belle métaphore pour un très bon roman. Bonne lecture! vivi

vivicroqueusedelivres
11/02/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.13 kg

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