L'archer du pont de l'alma

ALGALARRONDO, HERVE

EDITEUR : GRASSET ET FASQUELLE
DATE DE PARUTION : 14/05/08
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SYNOPSIS :

Un homme quitte sa femme, son fils, son travail, Paris... Pourquoi ? Il ne le sait pas lui-même, il suit son corps, saisi par des pulsions buissonnières, vagabondes. Commence une drôle de cavale qu'il n'a pas programmée et qui va l'entraîner sur les routes du Sud, jusqu'à Gibraltar, avant qu'il revienne à Paris pour devenir " l'archer du pont de l'Alma " : le héros d'un fait divers à peine croyable qui va bouleverser tout un pays. Que lui est-il arrivé ? Comment en est-il arrivé à ne plus maîtriser sa vie, son destin ? Comment a-t-il pu se retrouver ainsi propulsé à la une des journaux ? L'homme enquête sur sa propre histoire, sur les motivations de son corps, sur les raisons profondes de son comportement, sur son goût très inattendu pour le tir à l'arc - où il excelle soudain. Mais sait-on jamais ce qui vous porte ? L'homme veut le savoir à tout prix, pour se réconcilier avec lui-même. Pour cela, il n'hésite pas à s'appuyer sur l'enquête de la police, se lançant dans un étonnant pas de deux avec le commissaire
chargé de le confondre... L'archer du Pont de l'Alma, second roman d'Hervé Algalarrondo, fait entrer le lecteur dans un univers décalé. On songe au Camus, de L'Etranger, au Kafka de La Métamorphose, au Pérec de L'homme qui dort : à chaque page, l'anormal grignote la norme, l'atypique chasse le stéréotype, le fantastique se mêle au quotidien. Est-ce un rêve que fait le héros, ou est-il plongé dans une mécanique implaquable, qui le révélera à lui-même ? Il y a au moins deux lectures à ce roman : l'une policière, qui s'attache strictement aux pas du héros, lancé dans une course effrénée, dont il ne perçoit pas l'issue ; l'autre onirique, qui fait apparaître le héros comme un somnambule, jouet de ses névroses : son corps se venge, parce qu'il a trop longtemps été bridé, son corps vit sa vie, parce qu'il a trop longtemps été placé sous l'éteignoir. La scène finale - que l'on ne dévoilera pas - ne tranche pas sur la nature du récit : il apparaît simplement que le corps est un compagnon indocile...
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Voilà que j'ai mis en pratique le beau précepte que j'ai énoncé il y a quelques jours: lire les sorties du printemps avant qu'elles ne sombrent dans l'oubli des vacances et de la rentrée. Cela m'a conduit à ouvrir "L'archer du pont de l'Alma", roman de Hervé Algalarrondo - journaliste au Nouvel Observateur en plus d'être un romancier doté d'une plume classique, mais efficace et accrocheuse.Qu'est-ce que l'auteur offre là? A 35 ans, son personnage principal se retrouve dans une situation peu confortable: son corps ne lui obéit plus. Et ce, dès les premières lignes du roman: pas de psychanalyse gommeuse du bonhomme, ou d'explications interminables sur son enfance comme je le craignais. Lâchons le morceau: pour commencer, notre gaillard se surprend à sucer son pouce, sans qu'il l'ait jamais voulu. Son fils s'en moque, son épouse ne veut pas de ça chez elle...35 ans: on dirait que l'auteur veut mettre en scène la renaissance, voire la naissance tout court, du corps de son personnage principal et narrateur. Sucer son pouce, c'est un geste de bébé; plus loin (chapitre 2), on passe à une sorte d'adolescence où le personnage principal connaît des pulsions sexuelles non maîtrisées qui le poussent dans des situations peu agréables (draguer un motard, par exemple, ou tromper sa femme). Là-derrière, cependant, se dessine une mission, ou ce qui semble en être une: tuer l'homme de main de la Juventus, venu débaucher à Paris l'avant-centre du PSG. Une histoire de foot, tiens!Mais personne ne joue au foot dans cette histoire, ou si peu: c'est à Gibraltar que le narrateur acquiert le niveau nécessaire pour tuer sa cible au tir à l'arc. Une victime choisie au hasard, une sorte de crime parfait donc. Ce qui rend cela possible, c'est l'évolution toute naturelle du narrateur face au changement: d'abord, il le refuse, combattant sa première manie en portant une écharpe autour de sa main; puis il l'accepte, rompant avec sa famille et son travail pour suivre son corps. Enfin, il s'en fait le promoteur enthousiaste, s'investissant dans son homicide dans l'espoir que son corps s'assagira.Le meurtre a lieu en milieu de roman (chapitre 9, intitulé très psychologiquement "passage à l'acte"), créant une coupure. Après cela, le narrateur va toujours douter de son corps: est-il redevenu obéissant, ou est-il toujours rétif? Le fait est qu'à partir de là, il vit en harmonie avec son corps, s'adonnant même au tir à l'arc avec le commissaire qui mène l'enquête sur son meurtre - sans jamais atteindre le niveau nécessaire pour tuer, ce qui l'éloigne de tout soupçon.Qu'est-ce que l'auteur propose donc là? "Vous resterez dans l'Histoire comme un précurseur: les corps s'émancipent.", dit la dernière phrase du roman. Au-delà d'une histoire de meurtre et de pathologie particulière, sans doute l'auteur veut-il rappeler qu'être bien dans son corps, c'est être mieux dans sa vie. Au début, le narrateur est présenté comme un homme maigrichon qui n'a jamais brillé par son attrait pour l'activité sportive; tout au plus suit-il les matches du PSG avec son fils Jérôme. Sa vie de famille est tranquille, ce qui fait qu'une absence prolongée (il part pour faire le point, jusqu'à Gibraltar, après un crochet par Le Vigan) peut être recevable et crédible. A son retour, le voilà bronzé, en bonne condition physique, faisant même l'amour autrement qu'avant avec son épouse, qui finira par quitter son amant. Sans doute a-t-il fallu cette catharsis, cette révolte (c'est un peu comme cela que l'action du corps du narrateur est présentée) pour faire du narrateur un homme véritablement accompli.Coûteux, mais nécessaire...

Fattorius
02/12/08
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 13.00 cm
  • Poids : 0.22 kg