L'arriere-saison

BESSON, PHILIPPE

EDITEUR : JULLIARD
DATE DE PARUTION : 18/06/02
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

" au commencement, il y a cette peinture d'edward hopper qu'on peut voir à chicago. J'ai dû l'apercevoir à plusieurs reprises avant de m'en procurer une reproduction, un dimanche d'ennui. quand je l'ai installée dans mon appartement, elle m'a semblé curieusement familière. du coup, je ne lui ai pas vraiment prêté attention. elle a traîné, pendant plusieurs jours, dans son cadre posé contre un mur, à même le parquet (du reste, elle y est encore). Un soir, sans intention particulière,
j'ai observé la femme en robe rouge de la peinture, assise au comptoir d'un café nommé phillies, entourée de trois hommes. Je me suis souvenu aussi de la passion de hopper pour les paysages de la nouvelle-angleterre. alors, ça s'est imposé à moi, sans que j'aie rien cherché. j'ai eu l'envie impérieuse de raconter l'histoire de la femme à la robe rouge, et des trois hommes autour d'elle, et d'un café à cape cod. Oui, cela a été clair en un instant. " philippe besson.
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« Donc, au début, elle sourit.C'est un sourire discret, presque imperceptible, de ceux qui se forment sur le visage parfois, sans qu'on le décide, qui surgissent sans qu'on le commande, qui ne semblent reliés à rien en particulier, qu'on ne saurait pas forcément expliquer.Voilà : c'est un sourire de presque rien, qui pourrait être le signal du bonheur. »Donc, au début, elle sourit Louise. En robe rouge, belle, sûre d'elle, elle attend Norman, son amant, dans un café où elle a ses habitudes. Elle attend en échangeant quelques mots avec Ben, l'ami barman. Mais quand la clochette de la porte grelotte, ce n'est pas Norman qui entre, mais Stephen, l'homme qui l'a quitté pour une autre voici 5 ans de cela... Retrouvailles non préméditées bien délicates...Philippe Besson a pris pour point de départ à son histoire un tableau d'Edward Hopper, Nighthawks (Les Rôdeurs de la nuit, 1942). Sur la toile : un bar, un barman en tenue, une femme en robe rouge accoudée au comptoir, l'air pensive, le regard dans le vide, un homme a ses côtés. Plus loin, dans l'ombre, un autre client. Temps suspendu.De ce tableau, Philippe Besson a extrait le décor et les personnages de son roman. À chacun il a donné un nom, un caractère, une histoire. Il a imaginé ce qu'ils pensent et se disent. Il a brodé sur leurs amours et leurs souffrances. La narration passe d'un personnage à l'autre. Méfiance, espoir, crainte, maladresse, fébrilité, pudeur, doute, amertume, confidences : à mesure que la nuit tombe, les mots se font plus denses. Philippe Besson rend palpable le poids de l'incertitude et des malentendus, le poids de ces silences dont sont tissées nos vies. Il sait dire ce temps où l'amour de l'un n'est plus celui de l'autre, où les cœurs sont désaccordés : « Il leur faudra du temps pour se réapprivoiser, pour se reconquérir peut-être, ou pour décider que leur histoire commune est bien révolue. »L'exercice de style était périlleux, Philippe Besson l'a réussi avec subtilité. Car si le sujet peut paraître ordinaire, le traitement est remarquable. Le style et l'écriture de Philippe Besson subliment cette thématique a priori banale, ce huis-clos un soir d'orage, en arrière-saison. Son écriture si évocatrice nous donne à voir (à vivre) la scène, littéralement. Il se dégage de son récit, tout en retenu et profondeur, une mélancolie douce et captivante, un certain désenchantement, une amertume presque sereine, presque tendre. Cette histoire n'est qu'un instant, un fragment de temps arrêté, dans lequel se dévoilent des sentiments pudiques.« Stephen extrait d'une de ses poches les clés de sa voiture. Il tend son bras gauche pour indiquer à Louise que le passage est ouvert devant elle. Ben les observe : il leur trouve l'assurance des couples les plus établis en même temps que la nervosité des débutants. C’est quelque chose de presque imperceptible, comme un tremblement, un frisson à la surface de la peau, une timidité autour des yeux, une très légère hésitation à l'instant d'emboîter le pas de l'autre. Ben les observe et il a le cœur serré. »

Kara
14/01/09
 

Au commencement, une peinture d’Edward Hopper, parmi les plus connues, et un besoin (nous apprend Besson sur la 4ème de couv.) de raconter l’histoire des personnages représentés.“L’arrière-saison” Philippe Bessonjuillet 19, 2009 par leslivresdegeorgesandetmoi | ModifierBessonAu commencement, une peinture d’Edward Hopper, parmi les plus connues, et un besoin (nous apprend Besson sur la 4ème de couv.) de raconter l’histoire des personnages représentés:hopperL’idée de départ était donc séduisante, et l’envie de lire cet auteur était une raison supplémentaire. Je connaissais donc Philippe Besson, l’homme, et le chroniqueur de cette émission de télé que je regarde avec plaisir chaque samedi : “ça balance à Paris”, mais j’avais été aussi charmée lors d’une de ses interventions à “La grande librairie”. L’homme est sympathique, drôle, intéressant… tout était donc rassemblait, pensais-je, pour que ce roman me plaise!Et pourtant….Une femme, des hommes… et Besson nous raconte une histoire de séparation et de retrouvailles. Ce n’est pas tant l’histoire, le sujet de ce livre qui m’a déplu, que la façon dont elle est racontée et pire encore le style, voire l’absence de style.J’ai tout d’abord été plusieurs fois stoppée net par l’emploi d’expressions populaires mal venues compte-tenu du contexte :“Non, pour sûr, elle ne s’était pas préparée à ça” / “Chez Phillies, il ne viendra plus de client, pour sûr” : expression populaire, qui ne convient pas dans la bouche d’une femme raffinée et dramaturge.“répéter par devers lui” : expression que l’on emploie généralement en droit, ou du moins dans un contexte professionnel.“il se dirige présentement“: adverbe régional ou vieux qui semble déplacé dans la pensée d’un acteur de 36 ans.“Tout de même, il devine…” : exclamation dite familière employée ici sans point d’exclamation et dans la bouche d’un acteur raffiné qui n’aime pas les diminutifs (prend soin d’appeler le barman Benjamin et non Ben), qui s’habille de façon chic !Ce qui m’a frappée, et sans faire la pédante ou autre, c’est bien le décalage entre l’expression utilisée et le contexte! Est-ce un snobisme d’écrivain ou pire des maladresses grammaticales ?…. d’autant que mes yeux se sont brouillés à la lecture de ce pléonasme grammatical contre lequel je me suis battu durant mes années d’enseignement : le fameux “Car, en effet” (p.53 et p.168). Rappelons donc que “Car” et “En effet” signifiant la même chose soit “effectivement”, mises côte à côte, ces deux conjonctions de coordination sont donc redondantes !Outre ces erreurs (parfois grossières pour certaines), l’accumulation de clichés sur le couple inséparable, sur la douleur de la séparation rend toute émotion impossible. Il manque un élément essentiel : la sincérité, l’éclat !Vous voulez quelques exemples ? voici donc ce que l’on peut lire :- “Ben constate que si la beauté peut passer ou lasser, si elle peut s’estomper ou finir par ennuyer, le charme, en revanche, ça ne part jamais, c’est là, pour toujours , ça reste, intact” (p.80)- “Stephen tient en horreur le temps qui passe, et qui reprend ce qu’il avait octroyé” (p.125)- “si ce Norman ne “viendra pas”, c’est sans aucun doute qu’il devait venir” (p.143) certes !- “selon elle on ne refait pas sa vie, on la continue…” (p.182) voilà une pensée nouvelle !J’ai conscience d’être particulièrement acerbe dans cette critique, mais tous ces lieux communs (et quelques autres choses encore, les accumulations, les rythmes ternaires à la chaîne etc.) m’ont considérablement éloignée de l’intrigue, rendant ces personnages figés, lointains, sans consistance ! (tiens! moi aussi je tombe dans le rythme ternaire!) me rendant ce roman ennuyeux, poussif.Pardon donc pour cette critique, mais voilà deux livres qui me laissent sur le bord de la route (zut encore un cliché) et la colère est mauvais conseillère, même si la nuit porte conseil…. oups attention je fais du Besson !Ce roman fait partie de la sélection du Prix Littéraire des Blogueurs, selon la règle établie je ne peux vous faire part de ma note, mais je pense que vous aurez compris qu’elle ne sera pas très bonne !

George72
05/12/09
 

Une lecture qui ne devait pas être faite pour moi, certes c'est beau l' écriture est travaillée tout en douceur et en non dit. Presque 200 pages sur le même ton, un rythme calme, très calme maintenu avec un rigueur implacable tout au long du texte pour une histoire que j' ai trouvé d' un ennui incroyable. Deux petites heures de lecture qui aurait pu être bien mieux employé.

Lacazavent
26/04/14
 

Le temps est comme figé autour de ce bar, de ces trois personnages. Philippe Besson ébauche une histoire en filigrane : la femme en rouge attend un homme, retenu auprès d'une autre femme et elle espère être à l'orée d'une nouvelle vie, plus lumineuse, plus franche. Puis l'homme au chapeau pénètre dans le bar et réinvestit la vie de cette belle femme. Ce n'est pas lui qu'elle attendait, mais il va pourtant trouver sa place dans le tableau. Le serveur est le complice muet de leurs retrouvailles, le troisième homme un client de passage.Les descriptions parlent directement aux sens : le lecteur est comme transporté dans cette scène, le style pictural de l'auteur fait mouche : « Le crépuscule de Cape Cod tombe sur les vérandas des villas avoisinantes, où de jeunes femmes aux épaules découvertes ont profité jusqu’au dernier moment des rayons du soleil. Des chaises à bascule grincent avec le vent léger qui se lève, qui arrive maintenant de l’océan. Une balançoire bouge sans que nul ne l’actionne. Un frisson parcourt les dunes et agite les fils électriques pendus aux poteaux qui longent la route de la côte. Un drapeau américain claque dans l’indifférence. Ici, on ferme une fenêtre ; là, on allume une lumière. Un peu plus loin, sous un ciel orangé, les barques tanguent comme des ombres et des mâts font entendre leurs grelots. C’est un instant de Chatham, Massachusetts. » (p. 153) La scène est comme un cocon dans lequel les personnages évoluent, éprouvent des sentiments, pour s’évanouir ensuite aux portes du tableau et des pages. Le grand talent de l’auteur est d’avoir réussi à donner vie à ces marionnettes inanimées.« En fin de compte, les souffrances font partie de l’existence, elles valent cent fois mieux que des moments insipides, elles sont le prix à payer pour affirmer ce qu’on est et accomplir ce qu’on a décidé. C’est son rêve américain à elle. L’or qu’elle cherche à conquérir, à la manière des pionniers, les ambitions qu’elle nourrit ou les chimères après lesquelles elle court, elle les traque en elle-même. » (p. 182) Un très beau texte simple et lumineux… Lecturissime

Lecturissime
29/05/13
 

En s'inspirant du tableau d'Edward Hopper Nighthawks, Philippe Besson retrace le parcours de trois êtres solitaires.Nous sommes à Cap Code au sud de Boston et plus exactement chez Phillies un bar déserté en ce dimanche soir.Sous le regard de Ben le barman, la sublime Louise attend Norman -son amant depuis peu- tout en sirotant son martini. Lui comme nous, lecteurs, savons d'ors et déjà que Norman n'abandonnera pas sa femme pour elle. Surgit alors celui qui fut son grand amour Stephen. Celui qui l'a tant fait souffrir. "La seule chose que Stephen lui ait léguée en partant, c'est le temps. Ce sont les années interminables à ressasser leur rupture, l'enchaînement des événements, la séquence de leur perdition (...) Le corps de Stephen lui a manqué horriblement: ce manque là englobait tous les autres, il l'a amenée aux portes de la démence."Cela fait trop longtemps -5 ans- qu'ils ne se sont ni vus ni parlés. La tentative pour renouer les liens perdus s'avère alors difficile. "Lorsqu'une histoire est terminée, elle est effectivement terminée, sans espoir de retour de flamme, sans possibilité de recommencement (...). (Louise) a préféré une souffrance éclatante à une interminable agonie." Jamais elle n'avait imaginé un éventuel retour de Stephen ni les nouvelles souffrances que cela lui procurerait.La beauté de ce récit tient essentiellement à la manière délicate dont l'auteur a fait preuve pour rendre la fragilité de ses personnages, l'incommunicabilité de leur souffrances et le néant qu'il tentent vainement de combler. emerance (lili M)

emerance
20/05/13
 

J'ai tout aimé dans ce livre ! Philippe Besson créé une ambiance intime, un cocon de bien-être qui englobe le lecteur et ses trois principaux personnages. L'alternance dialogues / pensées des protagonistes est intéressante car elle permet de mieux saisir les personnages, très attachants dans leur gaucherie. Et puis il y a le temps qui passe, un temps d'arrière-saison.Besson nous fait entrer dans le tableau, dans ce lieu intime où il fait bon venir quand il n’y a pas trop de monde, entre chien et loup, toujours le même jour. Besson parle d’un lieu qui est à la fois un « repaire » et un « repère » et je suis très sensible à cette double fonction.C’est un livre qui vous habite longtemps après l’avoir fini. Une partie de moi est restée chez Phillies...

mycupoftea
11/01/13
 

L’idée de ce roman est originale : alors que certains racontent la création d’un tableau, Philippe Besson est ici parti d’un tableau existant, et il a voulu parler des personnages qui le composent. Ce tableau, c’est Nighthawks, de Edward Hopper. On suit donc l’histoire de ce barman et des trois personnages présents.Il y a tout d’abord un élément qui m’a gêné : la temporalité. Hopper a peint son tableau en 1942, ce qui est visible par les vêtements, la décoration du bar. Besson décide de transposer l’action aujourd’hui, avec utilisation des téléphones portables, qui joueront d’ailleurs un rôle déterminant dans l’intrigue. De plus, il installe le café en bord de mer, ce qui ne me saute pas aux yeux quand je vois cette œuvre. Ces réserves sont malheureusement inhérentes à l’idée de départ, chaque lecteur arrivant avec sa vision de la situation, et le romancier avec la sienne. Un peu comme pour l’adaptation d’un livre au cinéma.Le problème, c’est que Philippe Besson n’a pas réussi à me faire perdre ma vision pour adopter la sienne. Si la lecture est agréable, elle est sans vraie surprise.

Yohan59
05/10/12
 

Le lieu de l'action est unique: un café au bord de la mer. Dans cet endroit déserté par les touristes, Louise attend son amant Norman . Cela fait neuf ans qu'elle se rend quotidiennement dans ce bar où le serveur Ben l'admire discrètement. Louise a toujours refusé le conformisme, c'est pour cela qu'elle aime Norman, un acteur qui "ignore la tiédeur". "Il n'est jamais fatigué, mais épuisé, jamais joyeux mais extraordinairement comblé, jamais mélancolique, mais affreusement triste." Cette attente va vite être perturbée par l'arrivée d'un nouveau client: Stephen, l'ex de Louise, qu'elle n'a pas vu depuis qu'il l'a quittée pour une femme "plus conventionnelle". On ne peut pas parler de trio amoureux car l'amant n'intervient qu'au téléphone, mais on peut parler de roman analytique où les sentiments amoureux et les réactions des uns et des autres sont mis à nu et interprétés. Louise reproche la lâcheté des hommes qui se raccrochent aux bons souvenirs et occultent leurs faiblesses: "il a choisi de se rappeler les jours de bonheur plutôt que ceux de la souffrance, la ferveur des commencements plutôt que la petitesse des fins". Indépendante, elle accepte la lâcheté de son amant actuel avec placidité. Cette scène est d'ailleurs la plus belle du livre. Chaque phrase émise au téléphone par Norman est analysée par Louise....Ainsi le lecteur s'aperçoit que tous les hommes on finalement le même discours lorsqu'il s'agit de prendre une décision qui bouleversera leur train train quotidien. Sa couardise est transcendée par la placidité d'une Louise qui finalement reste une naufragée de l'amour. Le lecteur assiste impuissant au revirement de Louise: d'une femme forte et lucide du début, elle devient, au contact de Stephen, une femme de plus en plus fragile qui ne demanda qu'à être aimée. C'est aussi le roman sur la vacuité de l'existence et le temps qui passe. C'est aussi le roman sur "les regards qui disent tout" et l'arrière saison des sentiments. Enfin et surtout c'est un roman très bien écrit et souvent juste. vivi

vivicroqueusedelivres
15/02/12
 

Format

  • Hauteur : 20.60 cm
  • Largeur : 13.10 cm
  • Poids : 0.25 kg