L'art modeste (note sur la croute)

SEVESTRE, ALAIN

livre l'art modeste (note sur la croute)
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 03/03/95
LES NOTES :

à partir de
13,95 €
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L'auteur nous parle ici d'une forme pauvre, qu'il appelle l'art modeste et dont il fait la définition : « Existe une forme pauvre, une forme qui succombe à tout commentaire, une forme qui est une déconfiture totale de son projet, une faillite bouleversante de la peinture, une déchéance de la matière, un ratage complet de la trace, une forme qui peine à être une forme. » (p. 11)Gavées de références littéraires mais sans réflexion, superficielles, empruntées et maniérées, élaborées dans le cadre familial, telles sont les croûtes de ceux qui se rêvent peintres. Ceux-ci créent des images, produisent de l'esthétisme au premier degré, à partir d'un sujet rabattu ou d'une histoire affligeante. Ils produisent sans réelle démarche ni théorie, sans nuances, et sortent à chaque fois la grosse artillerie, « les poncifs et lieux communs de la thématique universelle » (p. 82). Ces œuvres semblent souvent inachevées, mais elles sont signées et encadrées, preuve qu'elles sont de la peinture.Alain Sevestre nous guide dans ce musée entre réel et imaginaire. Les œuvres décrites font partie de sa collection personnelle, il indique à chaque fois l'époque et le lieu de la découverte du tableau, ainsi que les conditions de l'achat ou de la trouvaille.Le premier texte est appelé « Les Sardines » et évoque l'univers du poète du Parti pris des choses, Francis Ponge.Le critique s'intéresse aux ombres portées, son sérieux apparent vis à vis de ces œuvres sans beauté donne un effet grotesque au commentaire. Le peintre du dimanche, qu'Alain Sevestre choisit d'appeler « le représentant » : « S'il se laisse pousser la barbe , il vient tout de même manger quand on l'appelle pour venir manger. » (p. 108) « Et puis, l'art modeste ne dit rien. C'est le manifeste de ceux qui ont tort, le savent mais n'empêche. C'est bien sûr lui prêter beaucoup, faire prendre l'air à de bien grands mots pour pas grand chose. Il ne s'agit en définitive que de croûtes sans technique, sans matière, sans métier, sans vernis... » (p. 13)Défilent devant les yeux de l'esprit les grands thèmes et poncifs de l'art modeste, portraits, paysages, natures mortes, ce « petit musée des horreurs »  : Le Russe, la maison de campagne, l'institutrice, la bergère, le garçon au gilet de sauvetage, le lièvre, la nature morte à la lettre, la jeune femme accoudée, le torero, la dame au caniche, le corsaire, la piscine, les légumes (« Tout ça va certainement se finir en ratatouille », p. 92), la vierge sans enfants, les sapins, le saint-bernard, Chez Francis, Paul et Virginie, la borne. Succession de clichés exécutés sans technique, cette forme d’œuvre s'approche plus de l'artisanat et du loisir créatif que de l'art. Entre chaque description est inséré un chapitre consacré à un aspect de cet art : Les regrets, la comparaison, le style, l'école, le laid, la famille, le nom, le représentant, le fond, le plaisir, la vie, l'abstrait, le corps, les autres, les motifs, les lieux, la technique, le gris, l'argent, le musée, l'autocritique, la copie.L'auteur alterne ainsi les œuvres, les motifs et les moyens, en passant par la sociologie, l'anthropologie, la dermatologie, la tératologie. Extraits : « Un large repentir bleuit le fond au-dessus de son épaule droite. Ébauché costaud, il a été achevé mince. Le fond a gagné sur lui. » (p. 25) « L'art modeste fait aussi bien que Picasso. Ce qu'il se dit. » (p. 84) « Le portrait en croûte est un ami qui reste à la maison. » (p. 94)

sovane
10/01/12
 
  • Auteur : SEVESTRE, ALAIN
  • Collection : BLANCHE
  • Éditeur : GALLIMARD
  • ISBN : 9782070741670
  • Date de parution : 03/03/95

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.18 kg

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