Attente du soir (l')

ARFEL, TATIANA

livre attente du soir (l')
EDITEUR : CORTI
DATE DE PARUTION : 08/01/09
LES NOTES :

à partir de
19,00 €

SYNOPSIS :

Ils sont trois à parler à tour de rôle, trois marginaux en bord de monde. Il y a d'abord giacomo, vieux clown blanc, dresseur de caniches rusés et compositeur de symphonies parfumées. il court, aussi vite qu'il le peut, sur ses jambes usées pour échapper à son grand diable noir, le sort, fauteur de troubles, de morts et de mélancolie. il y a la femme grise sans nom, de celles qu'on ne remarque jamais, remisée dans son appartement vide. elle parle en lignes et en carrés, et récite des tables de multiplication en comptant les fissures au plafond pour éloigner l'angoisse. Et puis il y a le môme, l'enfant sauvage qui s'élève seul, sur un coin de terrain vague abandonné aux ordures. le môme lutte et survit. il reste debout. il apprendra les couleurs et la peinture avant les mots, pour dire ce qu'il voit du monde. seuls, ces
trois-lâ n'avancent plus. ils tournent en rond dans leur souffrance, clos à eux-mêmes. comment vivre ? en poussant les parois de notre cachot, en créant, en peignant, en écrivant, en élargissant chaque jour notre chemin intérieur, en le semant d'odeurs, de formes, de mots. Et, finalement, en acceptant la rencontre nécessaire avec l'autre, celui qui est de ma famille, celui qui, embarqué avec moi sur l'esquif balloté par les vents, est mon frère. on ne cueille pas les coquelicots, si on veut les garder vivants. on les regarde frémir avec ces vents, dispenser leur rouge de velours, s'ouvrir et se fermer comme des coeurs de soie. giacomo, la femme grise, le môme, que d'autres ont voulu arracher à eux-mêmes, trouveront chacun dans les deux autres la terre riche, solide et lumineuse, qui leur donnera la force de continuer.
11 personnes en parlent

Une véritable pépite que ce roman!!Avec une écriture sensible et très touchante, Tatiana Arfel nous raconte le parcours de ces trois personnages très attachants qui vivent chacun à leur manière dans leur monde, à l'écart des autres.Le thème de l'identité est très présent dans ce roman, entre Giacomo qui n'existe qu'en tant que clown, Melle B qui n'existe pour personne, et le môme qui vit seul à la façon d'un animal.Le regard a beaucoup d'importance, car c'est justement celui des autres qui les fait exister de cette manière.Les trois personnages se retrouveront pour un "tableau" final émouvant.Un très beau roman, rempli de sentiments, de sensibilité et de couleurs! Agathe

Agathe10000
06/06/11
 

l'attente du soir Trois voix solitaires se succèdent dans chacune des trois parties du livre. Celle de Giacomo, clown usé de vieillesse qui ne s'est pas remis de son enfance choyée, celle de Melle B. grandie dans le rejet de sa mère et devenue très vite invisible aux autres, et celle du môme, l'enfant sauvage qui vit près d'une décharge. Une écriture simple et imagée, aux multiples couleurs et sensations, donne une fine approche sensitive de ces trois êtres en marge, si attachants.

beraud@archimed.fr
13/12/15
 

Ils sont trois personnages qui vivent à l’écart du monde volontairement ou non. Il y a d’abord Giacomo dresseur de caniches et compositeur de symphonies parfumées. Le cirque est toute sa vie. Son père avant lui était clown comme lui. La mort accidentelle de sa mère trapéziste parvenue alors qu’elle était jeune a plongé son père dans une tristesse qui l’a éloigné du monde du cirque. Giacomo a pris la relève directeur de ce monde ambulant qui s’arrête dans les villes et villages pour offrir un peu de bonheur aux gens. Agé de plus de cinquante ans, il cache ses blessures. Sa vraie et belle humanité dissimule son côté fataliste sur le malheur et la mort. Melle B. a vécu une enfance aseptisée sans amour et sans que ses parents la regardent dans les yeux. Elle a grandi invisible aux yeux des autres avec un grand vide à l’intérieur d’elle. Sans avoir eu accès au mode d’emploi de la vie, la fadeur et la routine sont son quotidien. Une femme devenue crayeuse, grise que l’on ne remarque pas. Seules les tables de multiplication qu’elle se récite parviennent à chasser son angoisse. Et puis il y a le môme qui a vécu sur un terrain vague, enfant abandonné sans personne pour s’occuper de lui. A la mort du petit chien qui lui tenait compagnie, affamé, il est obligé de s’aventurer dans la ville. Il ne sait pas parler sauf aboyer, les gens pour lui sont des ombres et il ne sait rien du monde. Mais les couleurs remplacent les mots qu’il n’a pas, il pense et se définit à travers les teintes et ses peintures sont le reflet de ses émotions. Les chemins de ces trois personnages qui chacun portent leur lot de souffrances vont se rencontrer. L’auteur offre tour à tour à chacun la parole pour se raconter et nous raconter ce qui va se tisser. Malgré la solitude, la souffrance, la noirceur et la folie menaçante, la beauté existe et s’offre à nous. Une lecture avec sa part de magie douce comme celle qui faisait briller nos yeux d’enfants et où les couleurs s’invitent tout naturellement. Tatiana Arfel avec une écriture délicate, poétique et sensible qui fait mouche m’a touchée-coulée. Un premier roman dont on sort le coeur vrillé d’émotions mais avec un sentiment d’apaisement et de beauté lumineuse. http://claraetlesmots.blogspot.com/

clarac
11/11/15
 

L'attente du soir...Quel beau livre! On aurait presque peur de l'écorner en ne trouvant pas les bons mots pour en parler.Une histoire où trois voix s'expriment tour à tour. Une dans la lumière et les couleurs, le clown.Deux dans l'ombre et le sombre: Mademoiselle B et le môme.Le premier existe sous le regard des autres, par procuration en quelque sorte et les couleurs qui l'illuminent sont presque trop "poussées", artificielles.Les deux autres n'existent pas puisqu'ils ne sont pas regardés....N’existe-t-on qu’à travers le regard des autres? Et sous quelle forme? Le clown existe-t-il ou est-ce son image qui le fait vivre?“Le cirque circonscrivait la vie extérieure à une place éloignée et inoffensive, et permettait aux égratignés de trouver un lieu où s’épanouir sans trop de casse supplémentaire.”Trois personnages, trois solitudes (car même au milieu des autres, on peut être seul, désespérément seul...) qui ne savent pas exprimer leurs sentiments ou alors qui en ont peur, comme on a peur de quelque chose que l’on n’a jamais connu... (le clown se dévoile plus mais cela reste parfois en retrait...)Trois existences qui sont là, entraînées par la spirale de la vie, n’ayant pas le choix de se dire “Est-ce que c’est cela que je veux vivre?” Jouent-ils un rôle parce qu’ils ne savent pas être eux?Présence des couleurs, des odeurs, de la lumière, des lumières, exacerbation des sens.....Communication entre les êtres par la couleur (le clown qui va “apprivoiser” le môme par cet intermédiaire.), le môme qui donne vie à “l’âme” de ceux qu’il peint..... Les voyages, l’un le fait sur la route, l’autre dans sa tête, la dernière....L’errance? Au départ séparés puis au fil des (trois) parties se rapprochant:Un plus un plus unAvant de devenirTroisCes être sont-ils en chemin vers eux-mêmes, ou vers les autres? La vie est-elle pour eux, ce cheminement jusqu’à être soi, jusqu’à être trois? Les uns sans nom, ne pouvant pas dire “je”, puis....petit à petit, au contact des autres, s’éveillant, se réveillant .... se regardant prendre vie, prendre couleur, passant de l’ombre à la lumière, du gris à la couleur.....C’est d’une écriture poétique, très forte et profonde où chaque mot à une place que Tatiana Arfel nous emmène dans ce “conte”... de la Collection “Merveilleux”...Il faut se laisser happer par le style, posé, incisif, qui parle au coeur et à la tête....En effet, sous des aspects de fable, la réflexion est juste, affinée, décortiquée...La souffrance des êtres (et page 305, une très belle analyse: protéger nos enfants de la souffrance, est-ce une bonne chose? ”Et quand on ne sera plus là alors, comment se défendront-ils contre cette souffrance monstrueuse: votre absence?”, la place de la parole (le môme qui ne parle pas, mademoiselle B qui ne parle que pour ce qui est nécessaire, le clown qui parle pour faire rire..., l’oral peut-il être une thérapie?), la solitude, le rapport à l’autre, la place de l’art dans la communication entre les personnes...L’art comme la parole pour avancer vers un mieux à défaut de guérir de ses blessures....“Je pense que tant qu’on souffre, il y a encore quelque chose à faire.”De nombreux thèmes abordés avec une délicatesse qui en dit long sur la sensibilité de l’auteur....Une magnifique et envoutante histoire.... à fleur de peau, à fleur de mots....

Cassiopea
01/09/12
 

Ce n'est pas un roman dénué de qualités mais il contient quand même un certain nombre de défauts qui ont considérablement ralenti ma lecture, et je dois bien avouer que j'ai frôlé l'abandon à deux reprises. J'ai trouvé l'intrigue sans grande consistance : il ne se passe pas grand chose et on comprend tout de suite ce qui va lier cet improbable trio et j'ai trouvé d'ailleurs que les liens qui les unissent étaient trop lourdement appuyés (les ressemblances entre Giacomo et le môme puis entre le môme et Mlle B., qu'elles soient physiques ou morales sont assenées sans finesse et de manière répétitive). Le style n'est pas inintéressant (il a été ma bouée de secours à chaque fois que je sentais poindre l'ennui) mais il est hélas très répétitif et non dénué de facilités (le côté métaphorique m'a rapidement lassée) et l'alternance des trois voix ne se justifie pas toujours et alourdit la narration. Vu les avis proprement dithyrambiques de ceux qui l'ont déjà lu, j'ai l'impression d'être passée à côté de ce roman qui au final n'est pas déplaisant mais clairement trop long et un peu artificiel dans la forme.

fashiongeronimo
11/08/12
 

Grand coup de coeur pour ce roman, qui m'a mouillé les yeux plus d'une fois (qui m'a mise en état transparent :)).Trois personnages qui prennent la parole tour à tour, trois êtres abîmés mais qu'on sait sortis d'affaire, puisqu'ils se racontent à postériori.Giacomo est un nomade, un vrai, de ceux qui ont l'appel de la route et du cirque chevillé à l'âme. La femme grise est une autiste par carence, c'est-à-dire que ses parents ne l'ont jamais regardée; elle ne se considère donc pas comme regardable. Et le môme, enfin, est à l'état brut, entièrement livré à lui-même et totalement sauvage. Tour à tour (et parfois en décalage), chacun nous raconte un petit morceau de sa vie, chronologiquement.J'ai été bouleversée par ce roman, parce qu'il représente tout ce qui m'a fortement marquée durant l'enfance, et à ce titre, je l'ai lu sans défenses, entièrement ouverte et offerte. Quand on parle de cirque, c'est celui de Sous le plus grand chapiteau du monde; le môme est comme un Johnny Weissmuller dans Tarzan le mardi soir. Et la femme grise, enfin, cristallise le renoncement ultime à l'espoir, le détachement suprême que l'on recherche parfois, sans savoir (et en le constatant, là) comme c'est un état non enviable, comme il est précieux de ressentir, ne serait-ce que de la souffrance. Il y a de plus tout au long cette notion du mythe de Sisyphe, ce côté travail incessant et inlassable qui a lui aussi son aspect fascinant. Et puis de la poésie, et puis des couleurs...A mon sens la dernière partie n'apporte rien, sinon de mettre en mots ce qu'on avait déjà largement lu entre les lignes dans les deux premières.Mais quand même, une réelle magie se dégage de ces histoires croisées, un sens délicat et feutré, une grande douceur, des univers riches et plein de sens, une émotion profonde qui court, se pose, se repose, reprend, chemine... Collection Merveilleux ? Le bon endroit. Sylvie Sagnes

SagnesSy
06/07/12
 

Le désarroi d'un clown blanc qui tire le diable noir par la queue, la désespérance d'une femme, ombre d'elle-même et la fureur de vivre d'un enfant grandi à l'école de la vie : tel est le triptyque lumineux proposé par Tatiana Arfel. Une relecture très contemporaine d'En attendant Godot.

avesnolitt
03/09/11
 

En feuilletant ce livre je n'étais que moyennement tentée car l'écriture est assez serrée et dense.Mais rapidement je me suis attachée à ces 3 personnages qui n'ont pas eu la vie facile.Giacomo le clown vieillissant qui n'a pas eu d'enfant à son grand regret, la femme grise qui a grandi avec la présence mais sans le regard de ses parents et le môme ce petit bout d'enfant qui vit seul dans un terrain vague, on se demande d'ailleurs comment cela est possible. Mon coeur de maman a été très sensible à ce petit homme.3 parties composent ce livre : Un plus un plus un, puis Deux plus un, puis TroisOn voit où l'auteur veut arriver, et elle prend le temps pour nous faire découvrir pas à pas ces 3 personnages avec beaucoup de descriptions très bien écrites pour une lectrice comme moi qui n'en raffole pas. Sandrine(SD49)

SD49
28/12/09
 

Un énorme coup de cœur pour ce premier roman lumineux qui vient de paraître dans la collection Merveilleux chez José Corti. Au fil de chapitres entrelacés, nous suivons le destin de trois personnages, ou plutôt de trois solitudes : Giacomo, le vieux clown blanc, dresseurs de chiens, qui invente des symphonies parfumées dans son petit cirque ambulant ; Mlle B. transparente aux yeux du monde faute d’avoir croisé le regard de ses parents et le môme, sorte d’enfant sauvage qui réinvente les couleurs pour exprimer sa vie. Malgré ces thèmes peu faciles, la jeune romancière (29 ans !) nous offre un livre emprunt d’humanité, de poésie, et d’une construction parfaite, à savourer sans tarder. Consultez la critique sur le site Lectrices.fr

Lectrices
06/11/09

l'attente du soir Trois voix solitaires se succèdent dans chacune des trois parties du livre. Celle de Giacomo, clown usé de vieillesse qui ne s'est pas remis de son enfance choyée, celle de Melle B. grandie dans le rejet de sa mère et devenue très vite invisible aux autres, et celle du môme, l'enfant sauvage qui vit près d'une décharge. Une écriture simple et imagée, aux multiples couleurs et sensations, donne une fine approche sensitive de ces trois êtres en marge, si attachants.

Je ne sais pas comment un auteur écrit. Comment, enfermé dans son propre univers, il parvient, mot à mot, à tendre vers son lecteur des passerelles qui jamais ne sont retirées par la suite. Un cheminement en clair obscur, mystérieux et enraciné au plus intime.Tatiana Arfel signe là son premier roman. Et je reste longtemps, le livre refermé, avec sous les paupières un kaléidoscope de couleurs et d'émotions. Et puis ce gris aussi, envahissant.L’histoire est sombre, mais au plus loin de la folie ou de l’extrême solitude des personnages brillent les lumières du cirque. La piste est ronde et douce comme un ventre maternel qui va bientôt nourrir en son sein un enfant privé d'enfance, une mère privée de regard et un vieux clown en mal de paternité. Quelque chose qui ressemble à… une famille où le sang n’a pas grand-chose à voir, mais où le cœur reconnait les siens pour peu que le regard se pose.Trois personnages sauvés de s’être rencontrés. Sauvés lentement, patiemment, à grand renfort de couleurs, de bataille contre l’égarement gris ou le grand blanc brillant. Ces nouveaux liens tissés sont empreints d'un indicible que seul peut-être un tableau du "môme" pourra exprimer. Pas de promesses, simplement du vrai, donné sans attente de contre partie… un cadeau. Jaune-espoir. Consultez le commentaire complet sur mes carnets.http://www.mondalire.comhttp://www.mondalire.com/bloghttp://www.mondalire.com/mots_d_ellehttp://www.mondalire.com/inspirations.htm

un flyer
15/05/09

Format

  • Hauteur : 21.50 cm
  • Largeur : 13.70 cm
  • Poids : 0.42 kg

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