Autre comme moi (l')

SARAMAGO, JOSE

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 07/01/05
LES NOTES :

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7,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Avec ce onzième roman, José Saramago s'introduit purement et simplement dans une thématique qui traverse la littérature de tous les temps, celle du double. Ce thème a toujours fasciné, inquiété, parce que le double c'est l'ennemi, l'autre, le diable intérieur. Les reflets trompeurs du double conduisent à réfléchir sur ce que veut dire le moi, sur ce qui fait de chaque individu un être unique. En reprenant ce thème sur le mode réaliste, avec une intrigue qui ressemble à une traque policière, Saramago semble dédaigner pour une fois les voies de la fable et de l'allégorie sociale pour s'en tenir au problème de la conscience et du moi. Tertuliano Maximo, le personnage du roman, en découvrant qu'il a un double, se sent littéralement dépossédé de son identité par ce miroir à la fois
fidèle et déformant qu'est Antonio Claro. Bien sur, comme le veut la tradition du mythe, l'original ne peut se libérer qu'en tuant son double et c'est Antonio qui fera ici les frais de ce drame. Mais ce serait bien mal connaître l'oeuvre de Saramago pour croire que derrière cette crise du sujet, celle de Tertuliano Maximo, ne se cache pas une allégorie sur notre monde contemporain, sur la crise de notre société qui ne sait plus où elle en est et se voit diluée dans un monde uniforme où chacun ressemble à chacun et est réduit à l'identique. L'Autre comme moi est un Saramago surprenant, plus léger, qui cherche la complicité du lecteur en utilisant une intrigue confinant au thriller, débarrassé de la pesanteur de la fable mais fidèle au style si singulier du prix Nobel de littérature.
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Sur le principe, ce livre est brillant (comme tout Saramago qui se respecte). Cependant, l'intrigue ne se développe que très lentement à un point que s'en est frustrant. Saramago est un maître dans l'art de la digression mais, généralement, il s'en tient à des parenthèses plaisantes savamment dosées. Il m'a semblé que dans L'autre comme moi, ces détours relevaient plutôt du parasitage, d'une volonté de faire traîner inutilement une intrigue. Certes le potentiel du sujet, les questions qu'il soulève nécessitait de ne pas aller trop vite en besogne et d'examiner ces problèmes sous divers angles avant de laisser la boîte de Pandore s'ouvrir car, il ne fait aucun doute dès le départ que cela ne peut que mal finir. Comment deux êtres parfaitement identiques pourraient-ils co-exister sereinement ? Dès que l'on explore les questions que cela implique, on comprend immédiatement l'ampleur du problème.Toutefois, trop de tergiversations finissent par tuer l'intrigue. Puisque l'on sait que les deux hommes vont se rencontrer, arrive un moment où l'on veut simplement en finir. En outre, c'est justement dans le dernier tiers du livre que mon intérêt s'est réveillé. La machine peut alors s'emballer et prendre un tournant dramatique et surprenant. J'en aurais voulu encore parce que c'est comme si l'histoire débutait enfin. Si je comprends la stratégie adoptée par Saramago, il me semble qu'il l'a poussée un peu trop loin et que quelques épisodes auraient pu être supprimés sans mal. Le finale bien qu'un peu frustrant quand on commence enfin à entrer dans le bain est néanmoins tout à fait réussi et l'auteur a su s'arrêter à temps, laissant ses personnages et le lecteur se débrouiller avec un avenir des plus incertains. J'aurais aimé retrouver certains personnages dans un autre livre comme Saramago l'avait fait avec L'aveuglement et La lucidité car il me semble qu'une histoire supplémentaire aurait pu être bâtie sur ce qu'il restait de celle-ci. En résumé, si l'auteur n'avait pas tant tourné autour du pot j'aurais pu considérer ce roman comme étant excellent aussi bien dans les faits que seulement dans son principe.

mycupoftea
29/12/14

Il faut reconnaître que le sujet de ce roman ne manque pas d'intérêt, qu'en plus de cela l'auteur possède un certain humour et une bonne dose d'ironie.A cela il faut ajouter un style très particulier - digne d'un prix Nobel - et que l'on se doit de saluer l'écriture et l'emploi de mots fins et érudits.Pour les dialogues, J.Saramago n'emploie pas de tirets, il les écrit à la suite, séparant par de simples virgules et majuscules le changement d'interlocuteur. Il faut par conséquent donner à cette lecture dense du temps et une attention assidue, mais le jeu en vaut la chandelle." Il se passera pour vous la même chose que pour moi, chaque fois que vous vous regarderez dans une glace vous ne serezjamais sûr que ce que vous voyez est votre image virtuelle ou mon image réelle, Je commence à croire que je parle à un fou, Rappelez-vous la cicatrice, si je suis fou, le plus probable c'est que nous le syons tous les deux, J'appelerai la police, Je doute que la question puisse intéresser les forces de l'ordre, je me suis borné à faire deux appels téléphoniques en demandant à parler à l'acteur Daniel Santa-Clara que je n'ai ni menacé ni insulté et à qui je n'ai causé aucun tort, où est mon crime, Vous nous avez dérangés, ma femme et moi, arrêtons donc là, je vais raccrocher, Etes-vous sûr que vous ne voulez pas que nous nous rencontrions, ne ressentez-vous pas la moindre curiosité, Je ne ressens aucune curiosité et je n'ai nulle envie de vous rencontrer, Est-ce votre dernier mot, Le premier et le dernier, S'il en est ainsi, je vous prie de m'excuser, je n'avais pas de mauvaises intentions, Promettez-moi de ne plus téléphoner, Je le promets, ......"(et la conversation se poursuit ainsi encore une demi-page).Tertuliano est très perturbé dans sa petite vie toute simple par l'existence de son double et il va déployer des trésors d'ingéniosité pour en savoir plus et pour savoir qui il est. Que cela ne lui suffise pas, le lecteur s'en doute. Que cela provoque chez son double une perturbation égale semble inévitable.Bien sûr il va y avoir rencontre entre les deux protagonistes et oui, ils se ressemblent exactement en tout point.Leur étrange ressemblance va les entraîner dans des situations cocasses, des imbroglios, quiproquos de toute nature, ou plutôt le lecteur verra vite qu'ils se mettent eux-mêmes dans ces situations."...comme si la ressemblance choquante de l'un avait soustrait quelque chose à l'identité de l'autre." Il faut également essayer de maintenir l'esprit en alerte car les nombreuses digressions de l'auteur - toutes intelligentes - sont aussi nombreuses que variées. En effet il pense en lieu et place du lecteur, de l'intériorité de son personnage ainsi que du "bon sens" que lui-même nomme ainsi, en leur donnant la parole. Cela donne à la lecture un rythme précis, hypnotique qui empêche presque de respirer et de réfléchir car tout est dit, tout est imaginé et il n'y a comme plus de place à la pensée libre."C'est ainsi que nous affirmons et nous nions, c'est ainsi que nous convainquons et que nous sommes convaincus, c'est ainsi que nous argumentons, déduisons et concluons, discourant imperturbablement en nous tenant à la surface de concepts sur lesquels nous n'avons que des idées très floues, et malgré la fausse assurance que nous feignons d'avoir en avançant à tâtons au milieu du brouillard verbal, nous finissons tout de même par nous comprendre tant bien que mal et parfois même par nous rencontrer."L'auteur arrive même parfois à anticiper l'action future par un mot, une phrase avant de revenir au fil du récit.La fin est d'une ironie macabre, un brin machiavélique.Je reconnais avoir fait des pauses, entrecoupant cette lecture avec d'autres, mais je ne regrette en aucun cas car ce fut une découverte riche et prenante. Plume/Plumisa

Plumisa
24/05/12
 

Format

  • Hauteur : 22.00 cm
  • Largeur : 14.50 cm
  • Poids : 0.34 kg
  • Langage original : PORTUGAIS
  • Traducteur : GENEVIEVE LEIBRICH

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