Aveuglement (l')

SARAMAGO, JOSE

livre aveuglement (l')
EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 23/01/97
LES NOTES :

à partir de
21,40 €

SYNOPSIS :

Un homme devient soudainement aveugle. C'est le début d'une épidémie qui se propage à une vitesse fulgurante à travers tout le pays. Mises en quarantaine, privées de tout repère, les hordes d'aveugles tentent de survivre
à n'importe quel prix. Seule une femme n'a pas été frappée par la «blancheur lumineuse ». Saura-t-elle les guider hors de ces ténèbres désertées par l'humanité ? ces ténèbres désertées par l'humanité ?
12 personnes en parlent

Un livre stupéfiant où les humains perdent subitement la vue, sauf une femme qui tentera de guider son mari et ses compagnons d'infortune dans un univers de ténèbres. Un livre violent, dérangeant, émouvant écrit dans un style magistral. Un vrai plaisir littéraire.

un flyer
27/04/10

Un jour, un homme au volant de sa voiture devient aveugle de manière inexpliquée. Ainsi va se répandre une épidémie qui va rendre aveugle l'ensemble de la population. Le gouvernement pour empêcher une propagation vont mettre en quarantaine les aveugles. Un groupe d'aveugles, avec l'aide d'une femme qui n'a pas été touchée par l'épidémie, tente de survivre en quarantaine puis dans la ville dévastée. Saramago livre un roman dense, il n'y a pas de paragraphes, pas de dialogues matérialisés, ceux-ci débutent par une virgule puis une majuscule, les propos du personnage suivant sont introduits par une virgule et ainsi de suite. Il est déroutant de voir que Saramago ne donne pas de noms à ses personnages. Il les désigne par ce qui les caractérise dans leur vie : le médecin, la femme du médecin, la fille aux lunettes teintées... Mais cela est fait pour montrer qu'il suffit de pas grand chose pour que l'humain devienne rapidement un anonyme quelconque voire un animal. Mais l'animalité n'émane pas seulement des aveugles, elle provient aussi des autorités qui n'hésitent pas à enfermer des gens dans des conditions déplorables, conditions qui rappellent les camps de concentration. Car la perte d'un sens transforme rapidement l'homme en animal. Celui-ci n'est plus capable de se débrouiller pour ses besoins les plus simples. Ou bien adopte des comportements abjects comme subordonner l'octroi de nourriture à des viols collectifs des femmes lors de la quarantaine. La présence de la femme du médecin qui voit encore permet au groupe de garder une certaine dignité, elle est celle qui permet à l'humain de garder une part d'humanité et de ne pas tomber dans l'animalité. L'aveuglement est un roman dur et sombre, servant d'allégorie à notre société aveugle aux valeurs humaines.

Chiwi
04/01/13
 

Au prime abord, le style est déroutant: très dense, ponctuation réduite au minimum, passage du style indirect au style direct simplement signifié par une virgule....mais bizarrement, le lecteur s'adapte vite. On se rend compte que ce style est au service du contenu: intense. Dans cette histoire, l'aveuglement de la population est à la fois un châtiment , mais aussi une rédemption. Un peu comme dans "la route" de Mac Carthy, on se rend vite compte que l'Humanité perd ses marques lorsqu'elle est confrontée à l'instinct de survie. Mais finalement, ce livre pose la question essentielle: ne faut-il pas mieux être aveugle dans un monde devenu fou, plutôt que voir l'indécible? Bref, un très beau livre. vivi

vivicroqueusedelivres
24/02/12
 

Ce livre m'avait été chaudement conseillé, la personne l'ayant lu ayant ressenti une forte impression.J'ai donc décidé de découvrir cet auteur et là, quel choc !La première chose qui interpelle dans ce livre c'est le style de l'auteur : des paragraphes très serrés, denses, sans aucun point. On est submergé par le flot, porté de l'avant par cette rivière de mots.Le deuxième choc, c'est le sujet en lui-même et toute la noirceur qui en ressort. Pour ma part, ce livre a eu un effet anxiogène sur moi, je ressentais physiquement un grand malaise face à cette descente aux enfers, face à cette humanité confrontée à une pandémie.Un livre étonnant, qui m'a beaucoup dérangée.

Argantel
05/03/11
 

Au royaume des aveugles Ce roman est avant tout une fable : celle d’une cité - au sens philosophique du terme - avec un gouvernement et un peuple à gouverner, sans localisation géographique et sans voisinage apparent, dont tous les membres deviennent progressivement aveugles. Tout commence par un homme qui devient subitement aveugle alors qu’il attend, assis au volant de sa voiture, qu’un feu passe au vert. Toutes les personnes qu’il rencontre ce jour-là le deviennent à leur tour et l’on comprend vite que la contamination du « mal blanc » (comme on disait le « haut-mal ») se suffit d’un seul regard. Les hommes se trouvent alors brusquement confrontés à un néant, symbolique autant que concret. Placés en quarantaine par un gouvernement encore actif, les premiers aveugles tentent d’organiser leur vie de reclus dans un ancien asile où tout manque et où ils doivent faire face à une violence quasi concentrationnaire. Les implications éthiques et politiques de l’aveuglement, paradoxalement bien visibles, la critique qui est faite d’une société d’indifférence et de haine, d’ignorance et de mépris, sont parfois un peu insistants et la promesse d’apocalypse un peu trop évidente. En revanche, la description de ce monde où l’on ne voit plus saisit le lecteur. Certaines scènes sont ainsi l’occasion de descriptions remarquables où la violence de l’évocation est soutenue par la crudité de vocabulaire et l’objectivité absolument neutre du récit. Eminemment politique et totalement glaçant.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Et si tout à coup, nous devenions tous aveugles ? Dans L’Aveuglement, une épidémie de cécité paralyse le pays entier en seulement quelques jours. Les premiers aveugles seront mis en quarantaine, mais bientôt des hordes d’aveugles se retrouvent livrées à elles-mêmes. Plus de gouvernement, plus de transports, plus d’eau ni d’électricité, le pays est plongé dans une blancheur aveuglante.[...]Bien que L’Aveuglement soit une histoire allégorique à la portée incroyable, c’est aussi un livre d’horreur avec des scènes difficiles à lire, à la limite de l’insoutenable. Mais ce qu’on qualifie d’horrible, c’est seulement ce qui nous ramène à ce que nous sommes ; nous sommes l’horreur. Saramago met tout autant en scène les conséquences de la cécité qu’un microcosme composé de quelques personnages dans un monde apocalyptique.La violence, l’intensité, l’intimité que dégage ce texte sont saisissants. L’écriture, qui supprime totalement la ponctuation du dialogue, libère un flot dense, rempli de digressions, qui empêche de reprendre son souffle et de détourner le regard. On est happé, emprisonnés, par ces blocs de textes juxtaposés qui dépeignent une humanité détruite. Pourquoi sont-ils aveugles ? Que refusons-nous de voir chaque jour qui passe ? Y a-t-il une espèce animale qui s’est autant auto-détruite que la nôtre ?L'article entier sur mon blog :http://www.bibliolingus.fr/l-aveuglement-jose-saramago-a107308010

Lybertaire
28/03/14
 

José Saramago, auteur portugais, prix Nobel de littérature en 1998, déjà ça impressionne. Mais ce qui impressionne encore plus avec ce roman, c’est quand on ouvre le livre : le lecteur se trouve face à 300 pages sans aération, sans sauts de ligne (ou alors un toutes les trois pages). Même les dialogues ne permettent pas de donner de la légèreté à la présentation, car ils sont intégrés au récit, avec une présentation originale : l’intervention d’un personnage est introduite par une virgule suivie d’un majuscule, majuscule réapparaissant dès qu’il y a un changement de locuteur.Bon, voilà donc un ouvrage grand format de 300 pages, très peu aéré. Mais j’ai entendu tellement de bien de Saramago qu’il faut bien que je me lance.Et c’est ce que j’ai fait. L’intrigue est très simple : un pays entier est frappé d’une épidémie de cécité. Le premier individu atteint perd la vue alors qu’il attend au feu rouge dans sa voiture. Puis le mal se répand, de manière contagieuse : tous les personnages que croisent l’aveugle le deviennent à leur tour, et cette réaction en chaîne fait qu’un nombre de plus important de citoyens deviennent aveugles. Le gouvernement décide dans un premier temps d’enfermer les aveugles dans un ancien hôpital psychiatrique, pour protéger les individus sains. On suit donc les tribulations de ces nouveaux aveugles, sans repères, dans un univers hostile, où les instincts les plus vils vont resurgir…A partir de ce point de départ (l’aveuglement des citoyens d’un pays), Saramago parvient à traiter une multitude d’aspects liés à cette cécité, et à déborder ce simple problème de vision. La lâcheté des gouvernants est la première attitude qui saute aux yeux : on préfère sacrifier quelques aveugles et protéger la masse, plutôt qu’essayer de soigner les malades. Les aveugles eux-mêmes, qui ont tous un statut de victime, reproduisent le schéma qu’ils ont connu à l’extérieur : des meneurs, des dociles,… Un racket se met en place au sein de l’asile, qui ira jusqu’à des paiements en nature (ce qui donne lieu à des descriptions terribles). On ressent également la vulnérabilité de l’être humain vis-à-vis de son environnement : abandonné en pleine nature, comment peut-il faire pour trouver à manger, boire ou se laver ?Toutes les scènes sont rapportées par la femme d’un ophtalmologiste, qui a la chance de ne pas perdre la vue quand tous les autres tombent malades. Et avec elle, on suit l’évolution de la maladie, tout en partageant sa crainte de devenir elle-même aveugle. Cette femme incarne à elle seule la volonté de ne pas se laisser dépasser par la situation : de peur d’être exploitée par les aveugles, elle garde pour elle (et son mari) le fait qu’elle voit. Elle fait tout ce qu’elle peut pour aider la communauté, mais est contrainte de se replier sur elle-même pour ne pas être submergée par les demandes des aveugles.Ce livre est tout à fait palpitant, très bien écrit et confronte le lecteur à une situation totalement inédite. Il m’a questionné sur mon rapport au monde, et sur les capacités qu’a l’être humain à réagir à des situations imprévues. Car c’est l’une des forces de cet ouvrage : à partir d’un événement anormal, parvenir à présenter tous les aboutissants de cette nouvelle situation, sans laisser échapper le moindre détail. Par exemple, le narrateur présente à plusieurs reprises les difficultés des aveugles, difficultés auxquelles je n’avais souvent pas pensé, notamment celles liées à l’hygiène.Au fait, je pense que je n’ai besoin de vous préciser que la mise en page n’est finalement pas du tout gênante, tant le roman est passionnant de bout en bout…

Yohan59
27/01/13
 

Explosion du modèle social C'est un roman très surprenant qui va au coeur même de la noirceur. Le but ultime est de survivre, tous les bas instincts sont réactivés, et le noyau même de l'imagination humaine est titillé. On se retrouve tous un peu dans ces histoires labyrinthiques, où dans des conditions extrêmes on cherche à s'en sortir au mieux. Mais même en dehors de l'histoire, à forts éléments de science-fiction, le style de José Saramago ajoute à cette sensation oppressive. Pas d'aération, encore et encore et encore des phrases à la suite les unes des autres avec action et réflexion intimement mêlées : personnellement ça m'a plongée fortement dans ce livre, j'ai été même comme happée dans un univers tourbillonnant. Je suis ravie d'avoir pu éprouver ça avec un prix Nobel de littérature, et étonnée de lire qu'il n'est venu à l'écriture qu'à 58 ans... Sylvie Sagnes

SagnesSy
21/07/12
 

Alors qu’il est au volant de sa voiture, un homme devient soudainement aveugle. L’épidémie a commencé et c’est peu à peu tout le pays qui va devenir aveugle. Les premiers contaminés sont mis en quarantaine et vont tenter de survivre dans le chaos qui est le leur. Seule une femme a conservé sa vue, mais peut-elle, seule, réussir à faire vivre une flamme d’humanité parmi des hommes qui sont réduits à l’état de bêtes ? Je continue donc ma découverte de Saramago. Tout comme je vous le disais pour Les intermittences de la mort, il faut d’abord se faire au style de l’écrivain, très dense et compact. Une fois que l’on s’y est habitué, ce n’est que du bonheur !Autant vous prévenir, l’histoire est assez glauque. Dans cette situation d’aveuglement total, Saramago imagine comment évoluent les relations entre les hommes et ce n’est pas toujours joli à voir. Pour autant, son analyse des comportements humains me semble remarquable et, malheureusement, assez réaliste.Le roman est très bien conçu. Jamais nous ne connaîtrons les noms des personnages. Il y a « le premier aveugle », « la femme du médecin » ou encore le « vieillard au bandeau noir », mais aucun prénom. Je ne sais pas si l’écrivain a fait ce choix pour enlever encore un peu plus d’humanité à ces hommes ou s’il a souhaité nous faire jouer un rôle d’observateur qui soit le plus objectif possible… toujours est-il que dans les deux cas, c’est très réussi !Par ailleurs, à partir du moment où l’épidémie est répandue, tout ce que l’on apprend provient des yeux de la seule femme qui a gardé la vue. On ne saura rien de ce qui se passe en dehors de ce qu’elle arrive à voir. La ruse est fine puisque nous restons ainsi proches des personnages principaux, comme si nous étions plongés, nous aussi, dans leur obscurité.J’ai cependant été un peu déçu par la fin…ATTENTION SPOILER ! :Pendant 350 pages, on se demande quel est ce mal qui rend tout le monde aveugle et qui préserve une femme seulement de cette malédiction. Bien évidemment, on espère que les dernières pages nous apporteront une réponse ! Mais… non… finalement, tous les aveugles retrouvent la vue aussi soudainement et inexplicablement qu’ils l’ont perdue. Une fin à la deus ex machina qui laisse un peu perplexe… Culturez-vous

Artsouilleurs
19/04/12
 

Allégorie d'un monde dominé par la bêtise humaine, l'Histoire n'est pas oublié et sous le déguisement de l'épidémie, Saramago revisite les passages récents les plus noir. Ce livre fut pour moi une véritable découverte, au-délà de l'histoire, il y a ce style si particulier les phrases se succèdent parfois longue, parfois courte, mais toutes regroupés, condensés sans pose dans de très long paragraphes. Le texte acquière par se biais une consistance, il gagne en profondeur, malgré quelques répétitions.Cela faisait un moment que je n'avais pas été happé de la sorte ; oh certes, il m'a fallu un peu de temps pour apprécier quelques dizaine de pages, une habitude à prendre, le besoin de se placer dans le rythme du texte ; certes, je ne l'ai pas lu en une seul fois mais quel plaisir de lire un texte complet, vous avez là une perle pas forcément parfaite mais cette perle là, elle a une forme, un teinte, une couleur bien à elle.Une chose est sur après une telle surprise, je relirais sans hésiter d'autres livres de cet auteur. Je laisserai seulement passé un peu de temps, simplement par peur d'être déçu...

Lacazavent
13/10/11
 

Au royaume des aveugles Ce roman est avant tout une fable : celle d’une cité - au sens philosophique du terme - avec un gouvernement et un peuple à gouverner, sans localisation géographique et sans voisinage apparent, dont tous les membres deviennent progressivement aveugles. Tout commence par un homme qui devient subitement aveugle alors qu’il attend, assis au volant de sa voiture, qu’un feu passe au vert. Toutes les personnes qu’il rencontre ce jour-là le deviennent à leur tour et l’on comprend vite que la contamination du « mal blanc » (comme on disait le « haut-mal ») se suffit d’un seul regard. Les hommes se trouvent alors brusquement confrontés à un néant, symbolique autant que concret. Placés en quarantaine par un gouvernement encore actif, les premiers aveugles tentent d’organiser leur vie de reclus dans un ancien asile où tout manque et où ils doivent faire face à une violence quasi concentrationnaire. Les implications éthiques et politiques de l’aveuglement, paradoxalement bien visibles, la critique qui est faite d’une société d’indifférence et de haine, d’ignorance et de mépris, sont parfois un peu insistants et la promesse d’apocalypse un peu trop évidente. En revanche, la description de ce monde où l’on ne voit plus saisit le lecteur. Certaines scènes sont ainsi l’occasion de descriptions remarquables où la violence de l’évocation est soutenue par la crudité de vocabulaire et l’objectivité absolument neutre du récit. Eminemment politique et totalement glaçant.

Le chaos vu par Sarramago! çà fait froid dans le dos...en est-on si éloigné....pas sûr!

springfield
17/11/09
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.20 cm
  • Poids : 0.32 kg
  • Langage original : PORTUGAIS
  • Traducteur : GENEVIEVE LEIBRICH

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