L'echappee

GOBY, VALENTINE

livre l'echappee
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 25/08/08
LES NOTES :

à partir de
7,20 €

SYNOPSIS :

" nous marchons, suivies par la foule, têtes rasées parmi les décombres de l'avenue janvier, de la rue saint-hélier dévastée, criblée de béances et d'immeubles en ruine, pendant des semaines c'étaient des gravats enchevêtrés de poutres, de meubles brisés, chambres, cuisines, salles à manger réduites
en poussière, éclats de verre, j'imagine que c'était comme ça, tout est déblayé et vide maintenant, je trébuche sur des souvenirs que je n'ai pas, les bombardements ont eu lieu sans moi, j'étais terrée dans un couvent mais je sais tout, ils m'ont lait ce que la guerre leur a fait. ".
9 personnes en parlent

Madeleine, jeune paysanne rennaise, participe à l'entretien d'un hôtel : nettoyage des chambres, service à table etc. L'auberge est réquisitionnée pour les Allemands. Temps de guerre mondiale (la seconde), période de rationnement (tickets à ne pas perdre), ère de suspicion et de délation. Dans son village, tous se taisent, à commencer par sa mère. Alors Madeleine trouve une échappatoire en sa copine Jeanne et sa patronne Elena, puis en un pianiste, Joseph Schimmer, un habitué élégant et même charmant, qui a le malheur de porter la nationalité interdite pour des amours avec une Française. Un livre de Valentine Goby se mérite, il faut juste le savoir : pendant les cent cinquante premières pages, j'ai eu un mal fou à intégrer l'univers, à respirer les personnages que je trouvais ternes et insipides, à savourer un style haché qui me semblait fouetter à l'air libre. Et puis, il a fallu une scène, trois pages pour m'engloutir définitivement et laisser l'intrigue m'absorber. Miserere, la tonte des femmes tatouées à vie d'un signe infâme, photographiées et en page de une du quotidien local le lendemain, par les résistants du FFI, ceux qui ont souffert des trahisons multiples ou tortures diverses, des pas rigolos en quelque sorte, d'anciennes victimes qui deviennent à leur tour bourreaux. L'échappée ou celle d'une femme qui fuit sans cesse de peur d'être reconnue, qui ne peut se dévêtir à la piscine sans attirer les regards et les désapprobations ; celle d'une petite fille, Anna, qui affiche son identité et sa souffrance en public, afin de renvoyer à chacun sa propre lâcheté, d'aider sa mère à l'acceptation de soi et de ses origines ; celle d'un couple féminin en perpétuelle recherche qui se construit au gré des voyages et des révélations. L'échappée, un livre magistral par les thèmes qu'il aborde avec retenue, nourri de bibliographie intense ; une lecture âpre et intelligente ; un texte important malgré un début balbutiant.

Cave
06/01/13
 

Il a fallu que je passe plus du tiers du livre avant d'être happée par l'atmosphère de ce roman qui pose avec beaucoup d'acuité encore la question des femmes qui "ont fauté" en ayant aimé un allemand et plus grave encore en ayant un enfant de cette relation . L'auteur nous narre cela du point de vue de l'enfant qui porte tout le poids de la culpabilité de cette histoire interdite et refoulée.Au final, j'ai beaucoup aimé les thèmes développés mais moins l'écriture.

dvan
03/02/13
 

Me voilà encore emballée par un texte de cet auteur.Cette fois ci, elle nous fait le portrait d’une femme qui a vécu sa jeunesse pendant la guerre mondiale. Elle est femme de ménage dans un hôtel car elle a quitté la ferme familiale. Elle va rencontrer et avoir une histoire avec un officier allemand. Celui-ci est dans l’armée mais est surtout pianiste et va lui faire découvrir l’univers de la musique. A la fin de la guerre, elle va être tondue pour avoir « collaborée », elle va se réfugier alors dans un couvent où elle va donner naissance à une petite fille.Nous allons alors les retrouver toutes les deux pendant leur errance. La mère va décider de ne jamais s’installer définitivement dans une ville, car elle garde la cicatrice de son amour. Sa fille représente cette faute aux yeux de la société de l’après guerre.Elles vont alors que sa fille est devenue une belle adolescente, travailler sur un paquebot qui fait la liaison entre Le Havre et New York.Ce roman récit est le portrait de femmes qui essaient de trouver leur place dans la vie et dans le monde. Ce roman raconte aussi l’Histoire à travers la vie quotidienne de femmes. Le texte est a à la fois réaliste et poétique. De belles pages sur la découverte de l’univers de la musique, à travers la rencontre avec cet officier allemand.Valentine Goby utilise une langue qui secoue et dont on ne lâche pas la lecture.Arrive t’on vraiment à s’échapper de son destin, de ses histoires, de ses rencontres.

catherine
28/01/13
 

Musique et amour interdit en France occupée, en 1941, pour modeler l'ensemble de deux vies.Publié en 2007 chez Gallimard, le quatrième roman de Valentine Goby confirmait, après "La note sensible" en 2002, le pouvoir de la musique sur les vies, et développait avec force une capacité rare à mettre en scène des personnages aux prises avec le malheur que leur impose l'Histoire avec un grand H ou un monde qui les englobe et les dépasse, mais qu'il faudra bien élucider.Paysanne bretonne de quinze ans en 1940, Madeleine fait chaque semaine le trajet en vélo entre sa campagne et Rennes, où elle travaille comme femme de chambre dans le grand hôtel élu comme demeure par les officiers allemands occupants. Elle va vivre une intense histoire d'amour avec l'un d'eux, pianiste virtuose quarantenaire qui lui révèle la puissance de la musique, avant que l'arthrose ne le prive de ses mains géniales et ne l'envoie, désespéré, se faire exécuter par ses compatriotes sur le front de l'Est après un geste final de bravade pacifiste. Enceinte et bientôt mère d'une petite Anna, Madeleine devra affronter à la Libération la vengeance, l'humiliation, la tonte, le tatouage indélébile d'une croix gammée sur le sein, et entamer une fuite perpétuelle, de poste en poste dans toute la France - pourvu que ce soit loin de sa Bretagne natale où les fantômes et l'opprobre sont plus forts pour elle -, tentant de préserver sa fille du mieux qu'elle peut, jusqu'à une éventuelle renaissance, forgée dans le service inlassable à bord d'un paquebot transatlantique, renaissance que Valentine Goby nous trace soigneusement sous forme d'options finales, spéculant sur l'issue de cette vie tôt déchirée.Sujet poignant, qui s'exposerait à la fois au risque de mièvrerie et à celui de mélodramatisation, s'il n'était ici servi par une écriture nerveuse, dure, coupant dans le malheur avec férocité, exerçant un regard clinique sur les accidents de cette vie, chassant d'abord toute tendresse pour la laisser ré-émerger très patiemment, et tardivement, après avoir saisi et malmené les corps en jeu.Un roman très attachant qui annonce déjà par bien des aspects la maîtrise et la force décuplée des suivants.

Charybde2
28/01/14
 

J’ai découvert une écriture, un style particulier. Valentine Goby écrit de courtes phrases suivies de phrases plus longues qui forment comme un collier de perles. Elle utilise souvent les énumérations, tel une accumulation de mots, un inventaire, une énumération qui donne un certain poids à ce qui est dit.Ce roman est un roman de femme, et je ne parle pas de l’auteure, ce sont des histoires de femmes. L’histoire commence en 1941, la vie n’était facile pour personne, mais encore moins pour une jeune fille de la campagne.Madeleine a 16 ans, elle travaille dans un hôtel de Rennes où vivent les allemands, et elle rentre tous les week-ends dans son village. Chez elle, on masque sa féminité alors qu’en ville elle va rencontrer quelqu’un qui va lui révéler cette part d’elle. De là suivrons les moments de bonheurs les plus intenses et les malheurs les plus grands. Parce que c’était lui, parce que c’était elle, un pianiste allemand et une soubrette française vont aller au-delà des apparence, derrière l’ennemi il y avait un homme a qui ont a pas laissé le choix. Il est l’occupant, elle n’aurait pas dû rêver.[...] http://ramettes.canalblog

ramettes
30/10/13
 

Rennes, un soir d'hiver, Madeleine, 16 ans, manque d'être arrêtée par des officiers allemands ; grâce à l'intervention d'un inconnu elle parvient à rentrer à l’hôtel où l'attend sa sœur ainée, Jeanne. Les deux jeunes filles y travaillent toute la semaine, au service des occupants en pension. Très vite l'inconnu, un pianiste renommé, réapparait : Joseph Schimmer engage la jeune fille comme tourneuse de pages, bien qu'elle ne sache pas lire la musique. Deux heures par jour elle le rejoint au théâtre pour les répétitions, deux heures arrachées au labeur, au froid, à l'ennui, deux heures qui suscitent jalousies et médisances. "Comment savoir ? Les débuts tombent tout de suite dans l'oubli. C'est dommage. Parce que cette douleur aiguë dans le petit doigt de Joseph Schimmer, c'est le commencement du malheur. A partir d'elle tout s'enchaîne, la rage, le désir vain, ses conséquences définitives." (p. 102)Chaque samedi la jeune fille rejoint sa famille, un père absent, une mère dévouée au frère ainé resté vieux garçon forment son terne horizon. Une vieille à chats sourde et muette, Bérénice, forge de petites statuettes, dont l'une d'elle va faire voler en éclat le secret qui pèse sur cette famille. Madeleine va payer cher cette liaison, d'autant qu'une fillette aux cheveux trop blonds viendra sans cesse lui rappeler sa faute. De l'occupation à la chute du mur de Berlin nous suivons le destin de cette femme et de sa fille, de traversée en traversée...Extraits :"La boite à coupure vient à bout de tout ce qui pointe, gonfle, ondule, frémit sur le corps de Madeleine. La mère lisse, rabote, nivelle les vêtements de sa fille comme elle se fraie un passage dans la maison, à travers les rues du village ou au marché, à travers l'existence : d'un mouvement tranchant, définitif. Après, la boite à suture assemble les pièces de tissu. Les referme sur le corps." (pp. 18-19)"La femme cherche, retourne ses poches. La mère a baissé ses lunettes sur le bout de son nez. Le père attend, le crayon en suspens, de savoir s'il vaut la peine de noter les nom et prénoms de Georgette Lebel et de ses enfants. Ils se connaissent depuis quarante ans mais à cette seconde, Georgette Lebel n'est personne. Elle est cette femme qui cherche des piécettes, des morceaux de papier introuvables, les yeux embués de larmes. La mère attend, sourcils froncés. Le père attend." (p. 76)

sovane
07/07/12
 

Madeleine est une jeune fille qui travaille dans un hôtel restaurant à Rennes.C'est dans ce lieux fréquenté par les Allemands qu'elle va rencontrer Joseph Schimmer, pianiste de talent.Il la choisit pour tourner les pages de ses partitions pendant qu'il joue.Avec lui elle apprendra à aimer la musique et découvrira la sensualité.De cet amour défendu naîtra Anna. A travers elle, Madeleine éprouvera la tristesse d'un amour à jamais perdu, et la honte d'avoir aimé l'ennemi. L'échappée est un roman très fort, sur l'amour d'une femme, d'une mère, et sur les sentiments que peut éprouver une enfant de la honte.C'est un roman bouleversant si l'on sait aller plus loin que les premières pages, car l'écriture est assez particulière. Agathe

Agathe10000
27/06/12
 

L'auteur s'attaque à un sujet sensible de l'après deuxième guerre mondiale: "les enfants maudits" et le traitement infligé à leurs mères. Pour avoir aimé un pianiste allemand et mis au monde une petite fille, Madeleine se retrouve tondue et humiliée. Mourir, oui, elle y a pensé, mais finalement elle décide de vivre pour sa fille et de s'isoler d'un monde qu'elle ne reconnait plus. Au fil des déménagements, d'emplois en emplois, Anna grandit et revendique sa filiation.... Beaucoup ont critiqué ce style chirurgical, qui ne dit pas tout, qui prend de la distance. Au lecteur de forger sa propre opinion sur cette histoire qui aurait passé inaperçu en d'autres temps. L'effusion des sentiments, les verbes chauds n'y ont pas leur place....Simplement l'histoire est intéressante et montre que malgré l'humiliation il y a une vie après une mort "sociale". Ce n'est pas un sujet facile à traiter, mais Valentine Goby a trouvé le ton juste et les mots qu'il faut pour ne pas en faire un roman larmoyant. vivi

vivicroqueusedelivres
19/02/12
 

Comment ne pas avoir été bouleversée par le roman dont la première partie se passe chez moi, dans ma ville, à Rennes, cette ville que Valentine Goby décrit si bien. On y est. L'avenue Janvier, détruite par les bombardements, qui est aujourd'hui bordée d'immeubles datant de la reconstruction. La rue St Hélier, si proche, lieu de défilement des "pécheresses", lieu de rendez-vous des filles de joie aujourd'hui. L'opéra, avec son majestueux escalier, ses dorures et ses sculptures, si bien décrites par l'auteur. Les quais, la Vilaine et le soleil qui s'y reflette, immuablement, d'hier à aujourd'hui, éblouissant les passants qui la longent. Saint Malo aussi, et la plage du Sillon, avec ses grands troncs brise-lame, décrite dans le livre avec des barbelés et tout ce qu'il faut pour empêcher un débarquement allié. Et puis la gare de Rennes, une gare aujourd'hui détruite et reconstruite, moderne, en verre et en acier, mais une gare que j'ai connu, avec ses murs de brique et ses arcades, lorsque j'étais gamine et que j'y retrouvait mon père le vendredi pour à nouveau le quitter le dimanche. Pour ça, déjà, j'étais amoureuse du livre.Certes, le village de Moermel, malgré les quelques recherches que j'ai effectué, me reste inconnu. Ceci dit, c'est la seule référence peut-être imaginée que j'ai trouvé... Et encore... Etant donné qu'à l'époque, Valentine Goby explique que la Plaine de Baud est au-delà des faubourgs de Rennes, Moermel est peut-être aujourd'hui l'un de ses hameaux qui bordent encore la ville, à moins que ce village n'ait été englouti par la métropole... Mais qu'importe... Car le travail de recherche historique est là. Et la retranscription de la vie quotidienne à l'époque aussi.Un quotidien prévisible. Que Madeleine imagine sur son vélo en rentrant à Moermel le samedi, avant d'arriver à l'épicerie familiale, avant de revoir ses parents un peu âgés qui ne lui témoignent que trop peu d'affection, avant de retrouver son frère un peu simple qui ne semble intéressé que par les vaches... Jusqu'à ce jour de révélation pour Madeleine. Un quotidien rompu par le travail à Rennes, qui lui-même devient à quotidien, à nouveau rompu, par l'arrivée de Joseph dans la vie de Madeleine.Des ruptures, voilà de quoi est faite finalement la vie de Madeleine. Rupture avec sa mère. Rupture avec Moermel. Rupture avec Rennes. Rupture avec l'Allemand. Rupture de ses racines. Rupture dès que l'on connaît trop de choses sur elle. Des ruptures témoignées par le rythme des phrases, courtes, incisives. Tandis que le quotiden est traduit par des énumérations d'actes, de choses, immuables, toujours dans le même ordre.Et tout au fil du livre, l'importance des sensations. La vue, le regard, par lequel Madeleine et Joseph se découvrent. L'ouïe, avec la musique qu'il lui joue et les notes qui resteront imprimées dans son esprit, mais aussi le silence du couvent qui va l'abriter, et les insultes qui raisonneront à jamais dans son esprit. Le toucher, avec les mains sur le piano, avec les mains sur le corps de son amant, avec la lame de rasoir sur son crane dénudé. Et enfin le goût et l'odeur du sud, des champs de fleurs et de ses racines.L'échappée, échappée belle, échappée d'amour, échappée de tendresse, pour échapper au passé et au malheur, pour trouver son histoire, construire ses racines, construire les racines d'Anne, à travers des mots, sur un nulle-part, entre ici et là-bas. Un livre bouleversant... Miss Alfie, croqueuse de livres

MissAlfie
22/02/11
 

Format

  • Hauteur : 17.70 cm
  • Largeur : 10.70 cm
  • Poids : 0.16 kg

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