L'ensorcelee

BARBEY D'AUREVILLY,

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 21/01/77
LES NOTES :

à partir de
6,50 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Les lendemains de la chouannerie. Dans une atmosphère de campagne barbare où interviennent des pâtres jeteurs de sorts et des vieilles femmes hantées par le souvenir de leurs débauches, jeanne le hardouey, une aristocrate claudélienne mésalliée d'âme et de corps à un acquéreur de biens nationaux, est " ensorcelée " par un prêtre, l'abbé de la croix-jugan qui a tenté de se suicider par désespoir de la cause
perdue et dont le visage monstrueux porte la trace des tortures que lui ont fait subir les bleus. " j'ai tâché, disait barbey, de faire du shakespeare dans un fossé du cotentin. " on trouvera jeanne noyée dans un lavoir et jéhoël de la croix-jugan sera tué d'une balle inconnue au moment où, relevé d'interdit, il célèbre sa première messe dans l'église de blanchelande. au lecteur de découvrir le meurtrier.
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Barbey d'Aurevilly est un formidable évocateur, qui se fait sorcier pour l'occasion et parvient à retranscrire toute l'atmosphère mystérieuse et comme sortie d'un rêve de la lande normande.On y suit les apparitions et les intrigues qui vont lier l'abbé de la Croix-Jugan, prêtre qui s'est engagé auprès des Chouans mais a tenté de se suicider au soir de la débâcle, se relevant défiguré de son coup de feu en plein visage, et Jeanne Le Hardouey, noble, épouse d'un bourgeois, et hantée par la silhouette quasi spectrale de l'abbé.Le roman de Barbey d'Aurevilly marque par cette présence d'un fantastique tout en finesse car on ne sait jamais si les événements relèvent effectivement du surnaturel ou sont le fait d'un imaginaire débridé par un environnement évocateur et chargé de légende.L'histoire se mêle aux croyances et autres superstitions de la campagne normande, et bergers sorciers, amours impossibles, climat diabolique... se trouvent évoquer dans ce roman où violence et sacré se retrouvent irrémédiablement liés.Maltese

Maltese
09/10/09
 

Lorsque le récit commence, un voyageur à cheval arrive à l’auberge du taureau rouge, à l’orée de la lande de Lessay, dans le Cotentin. Il y rencontre un fermier, maître Tainnebouy, qui accepte de le guider à travers la lande. Au cours de leur périple, le fermier se met à raconter à son compagnon l’histoire de l’abbé de la Croix-Jugan. Cet abbé fut naguère un chouan qui, suite à une défaite face aux républicains près de St Lô, décida de se suicider. Recueilli et soigné par une vieille femme, il survécut mais les républicains le retrouvèrent et le défigurèrent de façon abominable. Après-guerre, on le vit réapparaître aux vêpres de l’église de Blanchelande, enveloppé dans un capuchon noir. Le chouan, devenu prêtre, fascina la belle Jeanne de Feuardent, femme d’un riche propriétaire terrien. Succombant à un attrait incontrôlable pour cet homme à l’horrible figure, Jeanne devint l’ensorcelée, celle dont la mort engendra les pires tragédies... La découverte de l’univers de Barbey d’Aurevilly fut un vrai choc. Étrange, inquiétant, sauvage, son récit sans concession exacerbe la violence des passions amoureuses. A l’évidence, le bonhomme entretenait une fascination pour le sacrilège, l’horrible (le visage du prêtre) et les forces occultes (les bergers errant sur la lande aux pouvoirs de sorciers). La lisière du fantastique est aussi par moment allègrement franchie, notamment lors de l’épisode du miroir. L’écriture est à la fois précise, expressive et tout en tension. Il y a bien quelques longueurs mais les événements marquants sont si nombreux qu’à chaque fois que le propos semble s’enliser, l’intérêt du lecteur est relancé par un coup de théâtre. La violence est omniprésente et s’accompagne d’un refus de toute morale. Une forme d’outrance et d’insolence propre au dandysme qui sonne comme un défi adressé au bon goût. Et que dire des personnages : point de tiédeur ou de demi-mesure. Du prêtre à Jeanne en passant par le mari trompé, les bergers-sorciers et même la Clotte, vieille femme paralytique qui sera lynchée sur la place publique, tous sont animés d’une force de conviction absolument remarquable et représentent des figures marquantes qu’il est difficile d’oublier. Je suis sacrément content d’avoir plongé sans retenu dans ce bouillonnement des passions saupoudré d’un zeste de surnaturel où la morale n’a pas sa place. La violence de l’écriture de Barbey, surprenante et sulfureuse, m’a, je dois l’avouer, ensorcelé au point que j’ai hâte de poursuivre la découverte de son œuvre avec le recueil de nouvelles Les diaboliques (tout un programme !).

jerome60
31/03/13

L'ensorcelée de Barbey d'Aurevilly mêle l'histoire et la fantastique. Le récit se situe en Normandie au milieu du XIX e siècle et se base sur la légende de l'abbé de la Croix-Jugan et des sorcelleries des pâtres de la lande.L'abbé, à la fois prêtre et chouan, tente de se suicider à la fin de la guerre entre les royalistes et les bleus. Sauvée par une vieille femme, il en reste complètement défiguré et banni de l'Eglise.Jeanne-Madeleine de Feuardent, de lignée noble fut contrainte d'épouser un paysan, Le Hardouey avec lequel elle vit heureuse à Blanchelande.Sa rencontre avec l'abbé défiguré va bouleverser sa vie." Qu'est-ce que l'amour ? Et comment et pourquoi naît-il dans les âmes ?"Est-ce le sort jeté par un berger au retour de l'église? Ou une façon de renouer avec son rang, alors que son amie, la vieille Clotte lui reproche sans cesse sa mésalliance ? Est-ce la troublante beauté défigurée de l'abbé ?Toujours est-il que Jeanne est ensorcelée." C'était magnifique et c'était affreux." " Ce chêne humain, dévasté par les balles à la cime, avait toujours la forte beauté de son tronc."Malheureusement, encore meurtri par la guerre des chouans, le village se déchaîne rapidement après la mort de Jeanne. Rancunes et légendes sèment le trouble dans l'esprit des foules. L'auteur nous laisse toutefois dans l'incertitude en fin de roman. Suicide ou meurtre, personne ne le saura mais la légende de l'abbé perdurera.Comme toute œuvre classique, la lecture est difficile (en tout cas, pour moi). D'une part parce que tout est basé sur l'oralité. Le livre commence par la rencontre du narrateur avec un herbager, Maître Tainnebouy. Parcourant la lande en pleine nuit, ils doivent s'arrêter car le cheval de l'herbager commence à boiter. Lorsque résonne la cloche de Blanchelande, Tainnebouy, déjà inquiété par le sort des pâtres, ne peut que raconter l'histoire de Jeanne et de l'abbé. À l'intérieur de ce récit, s'insèrent aussi les "dieries" des paysans.Vous l'avez compris, la seconde difficulté vient de l'utilisation du patois normand. Heureusement, il y a des notes explicatives en fin de livre.Je lis très rarement des classiques et j'ai beaucoup aimé retrouver ce style très descriptif. L'auteur décrit les personnages sur plusieurs pages avec force de détails dans l'aspect et le caractère. Les personnages de l'abbé, de Jeanne ou de la Clotte sont sont très évocateurs. Les rencontres, notamment celle de Jeanne à l'église ou celle de La Clotte avec les villageois sont d'une grande force.J'ai apprécié aussi cette ambiance fantastique où les êtres ne semblent plus maîtres de leurs pensées ou leurs actions, ce mystère qui demeure au-delà du dénouement.

jostein
12/12/12
 

Voici un roman que j’ai lu il y a quelques années, et dans lequel je me suis replongé avec plaisir. J’en avais gardé le souvenir de cette lande inhospitalière, brumeuse, où se mêle les combats religieux et le fantastique dans ce personnage de l’abbé de la Croix-Jugan. J’y ai retrouvé tous ces aspects, et mon esprit, plus que par l’intrigue en elle-même, a été attiré par tous les aspects un peu secondaires au récit.On retrouve ainsi dans ce roman un élément qui me parait assez caractéristique des romans du XIXe Siècle, la prise de position de l’auteur par l’intermédiaire de son narrateur. Ainsi, en plusieurs épisodes du récit, le narrateur nous fait part de son aversion pour le monde moderne, pour les machines, pour le progrès, opinions qui sont très proches de celles de l’auteur. De même, la narration prend clairement la défense de Chouans, ces paysans de l’Ouest qui se sont révoltés pour défendre la religion catholique. A travers ces différents aspects, on plonge dans un roman qui nous montre les débats qui avaient lieu au milieu du XIXe dans le milieu intellectuel français.Si je ne partage pas les opinions politiques du conservateur Barbey d’Aurevilly (qui avait des positions très différentes en matière de littérature, puisqu’il a notamment défendu Flaubert ou Baudelaire), la lecture de l’Ensorcelée m’a une nouvelle plû par ce mélange de réalité historique et de fantastique, instillé de manière assez subtile dans le roman. C’est un joli roman à découvrir, avec un style parfois un peu daté, mais qui se lit avec un grand plaisir.

Yohan59
25/09/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.16 kg

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