L'ensorceleuse

HAND, ELIZABETH

livre l'ensorceleuse
EDITEUR : DENOEL
DATE DE PARUTION : 05/04/07
LES NOTES :

à partir de
22,00 €

SYNOPSIS :

Fable gothique mettant en scène, à des époques différentes, du XIXe siècle à nos jours, des femmes à la beauté confondante séduisant des
artistes jusqu'à la folie. Reprenant à son compte le thème de l'amour et du désir éternels, l'auteur questionne les affres de la création.
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L’Ensorceleuse, voilà un roman dont je n’avais absolument jamais entendu parler avant de tomber dessus, par hasard, lors d’une visite en librairie. Dès la découverte de l’illustration de couverture et la mention des préraphaélites en quatrième de couverture, j’ai su que ce roman devait absolument entrer dans ma bibliothèque… et je ne regrette pas. Malgré tout, je suis sceptique, déstabilisée, un peu paumée… ai-je aimé ou non cette lecture ? Ce qui est sûr, c’est que j’ai apprécié le thème qui me parle beaucoup. Elizabeth Hand part sur une idée simple : les muses (ou plutôt LA muse) des préraphaélites (notamment Dante Gabriel Rossetti et Edward Burne-Jones) n’étaient pas humaines mais plutôt issues du petit peuple. Quelle séduisante hypothèse ! Et même… quelle évidence ! Je suis complètement sous le charme et même fascinée par ces femmes peintes souvent baptisées « enchanteresses » (on n’est pas très loin de l’idée d’ensorceleuses) par les spécialistes de l’histoire de l’art anglais du XIXe siècle et je ne comprends pas comment je n’ai pas pu faire le rapprochement avec le monde merveilleux des fées. Pas les petites fées des dessins animés avec des paillettes, non ; plutôt des sortes de nymphes aussi séduisantes que dangereuses, ces créatures mystérieuses du folklore anglo-saxon… Voilà la base d’un roman qui ne pouvait que me convaincre. Et si en plus on y ajoute une excursion dans l’Angleterre du XIXe siècle pendant laquelle on fait la rencontre de la charismatique et très irlandaise Lady « Speranza » Wilde (l’imposante Maman d’Oscar) et pendant laquelle on met les pieds du côté des étranges asiles d’aliénés, voilà un texte qui ne pouvait qu’approcher la perfection… Eh bien, j’ai tout de même des réserves. Le fond est séduisant, je n’en démords pas. Pour moi il y avait tous les bons éléments pour faire de cette histoire un roman captivant et extraordinaire. Malheureusement, malgré les regains de suspense et de curiosité au fil de la lecture, je garde une impression de longueur diffuse et de déception car j’ai le sentiment de ne pas être allée au bout des choses. Bien sûr, c’est le propre du fantastique (dans sa définition première), de ne faire qu’effleurer le monde réel et donc de nous laisser dans le flou… mais j’aurais tellement aimé que l’aspect merveilleux de cette muse et de son incidence sur les peintres anglais du XIXe siècle soit plus développé que j’en ressors fatalement déçue. L’Ensorceleuse n’a été pour moi qu’une mise en bouche, qu’une proposition de théorie séduisante que je rêve de voir développer dans un roman encore plus intense, encore plus percutant. Elizabeth Hand nous propose de suivre deux points de vue différents (en gros), à savoir une première intrigue se déroulant à la fin du XIXe siècle en Angleterre à travers les aventures d’un jeune peintre de la mouvance préraphaélite (Radborne) et une deuxième intrigue prenant place à notre époque, elle aussi en Angleterre mais prenant Daniel Rowlands - un journaliste - pour héros. On se doute évidemment que les deux intrigues sont liées, malgré le siècle qui les sépare et on comprend très vite que leur destin va se jouer autour d’une figure féminine mystérieuse baptisée Larkin Meade à la fin du XXe siècle. Très sincèrement, ce sont les chapitres se déroulant au XIXe siècle, au début dans les ruelles londoniennes puis très vite dans un asile perdu sur les cotes sauvages du Pays de Galles, qui m’ont le plus charmée. Je tournais les pages avidement, pressée de découvrir la véritable identité de la fameuse muse et surtout, son incidence sur le jeune peintre amené là par la convoitise d’un médecin spécialiste des artistes déchus (Learmont). Très vite on se doute que cette magnifique femme aux traits étranges - cf les portraits de Dante Gabriel Rossetti - n’est pas vraiment humaine mais l’auteure ne nous le confirme jamais vraiment. C’est séduisant de rester dans le flou car il est plus évident de croire en un élément fantastique discret et pas vraiment avéré qu’en l’apparition d’une fée Clochette de 10 centimètres de haut avec ses ailes et ses chaussons à pompons.En même temps, trop rester dans les scènes obscures, à la limite de l’hallucinatoire, c’est un peu lassant. Et je trouve que c’est d’autant plus le cas dans l’intrigue qui se déroule à notre époque et qui m’a, de ce fait, beaucoup moins séduite. Et pourtant, c’est bien dans ce groupe de chapitres que l’on apprend le plus à connaître la fameuse Larkin Meade et c’est en suivant la passion destructrice de Daniel Rowlands, jusqu’au Pays de Galles, qu’on rassemble petit à petit les pièces du puzzle.Malgré tout, je comprends parfaitement que beaucoup de lecteurs peinent à trouver leurs marques face à cette histoire à l’intrigue générale très obscure. Finalement, on court après des réponses, on est fascinés par la muse qu’on apprend à connaître, on est ensorcelés par cette aventure… mais en même temps, concrètement, il ne se passe pas grand-chose et quelques passages se révèlent longuets.Je suis sceptique. Je suis fébrile. D’un côté, j’ai adoré (mais vraiment) le thème, je tournais les pages comme en état de manque, complètement subjuguée par ce qu’Elizabeth Hand me proposait et j’en redemande… De l’autre, je suis un peu déçue par la forme du texte (je me retourne sur ma lecture et je me rends compte que beaucoup de pages ont été tournées pour au final, pas grand-chose) et je suis un peu déçue par le traitement des idées, parce que j’en aurais voulu plus. J’aurais voulu plus de temps au XIXe siècle auprès de Burne-Jones, Rossetti et la muse (et même auprès de Lady Wilde qui rassemblait le folklore irlandais pour en faire un recueil de contes), j’aurais voulu plus de merveilleux, par petites touches, à Londres ou au milieu de la campagne galloise, j’aurais voulu apprendre à connaître cette femme à la beauté étrange et saisissante pas tout à fait humaine, tellement insaisissable… Le constat est sans appel, cette lecture m’a retourné l’esprit. Je suis incapable de dire si j’ai aimé ou non. Finalement, pour faire un mauvais jeu de mot, L’Ensorceleuse est une découverte ensorcelante : un livre dont on tourne les pages avec autant d’avidité que de désintérêt. On veut en savoir plus et en même temps, on ne peut s’empêcher de se dire qu’il ne se passe pas beaucoup de choses, c’est toujours à la juste limite de l’ennuyeux car quand on commence à décrocher, paf, un paragraphe nous replonge complètement dans le mystère et la curiosité est à nouveau piquée. Il est évident que L’Ensorceleuse n’est pas une lecture facile et que si vous n’avez jamais vu un tableau préraphaélite de votre vie (avec une petite connaissance de l’idéologie cachée derrière), vous passerez très certainement à côté de ce que le livre peut apporter. Je ne crois pas qu’un parfait novice en matière de peinture anglaise du XIXe siècle (ou même d’atmosphère liée à cette période particulière) appréciera cette histoire obscure… mais pourquoi pas !En à peine deux ou trois mois, c’est la troisième fois que je suis propulsée au Pays de Galles (Morwenna et ses fées dans les mines abandonnées, le film Pride et ses mineurs en grève au milieu de nulle part et maintenant L’Ensorceleuse) alors que je n’y avais jamais - mais vraiment jamais ! - mis les pieds avant (métaphoriquement évidemment)… de là à me faire comprendre qu’il faudrait peut-être que j’aille faire un tour du côté des mines galloises abandonnées, il n’y a qu’un pas ! Quelqu’un pour m’accompagner en août 2015 ?

DameMeli
16/02/15
 

Format

  • Hauteur : 23.00 cm
  • Largeur : 15.00 cm
  • Poids : 0.50 kg
  • Langage original : ANGLAIS (ETATS-UNIS)
  • Traducteur : BRIGITTE MARIOT

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