L'etranger

CAMUS, ALBERT

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 07/01/72
LES NOTES :

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5,49 €
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Ebook

SYNOPSIS :

« Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait
détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français... »
28 personnes en parlent

Mersault, le personnage principal de "L'étranger", ne se conforme pas aux normes de la morale sociale, et semble étranger au monde et à lui-même. Il se borne, dans une narration proche de celle du journal intime, à faire l'inventaire des évènements, de ses actes, ses envies et son ennui de manière froide et distante, sans les analyser. Il se contente de retracer son existence médiocre, limitée au déroulement mécanique de gestes quotidiens et à la quête instinctive de sensations élémentaires. Ses actes semblent être dictés par les éléments naturels extérieurs plutôt que par sa volonté propre. C'est ainsi que l'assassinat qu'il commet ne répond pas à un instinct meurtrier mais trouve son mobile dans la chaleur suffocante, le soleil éblouissant et la lumière aveuglante. Pour Mersault les événements semblent s'enchaîner de manière purement hasardeuse en une sorte de fatalité. Il vit dans une sorte de torpeur, une étrange indifférence : au moment d'agir, il note d'ordinaire qu'on peut faire l'un ou l'autre et que «ça lui est égal».Dans la seconde partie du roman, Meursault est emprisonné et contemple sa mort en sursis. Il est alors obligé de réfléchir sur sa vie et son sens et est plus prolixe dans l'expression de ses sentiments et de sa révolte. On perçoit alors assez clairement la répugnance de Camus face à l'injustice et la peine de mort.

Kara
14/01/09
 

 La main qui console et la main qui condamne sont hélas habillées de la même peau. Ceux qui jadis portaient un regard plein de compassion sur Meursault, réclament aujourd'hui sa tête. Pour n'avoir pas pleuré à l'enterrement de sa mère, pour vivre en marge des normes sociétales, Meursault, étranger résidant à Alger et étranger aux yeux de ses contemporains ne connaîtra ni la pitié ni la clémence. Meursault, personnage narrateur semblant déshumanisé, désigné par son unique nom de famille tout au long du roman, n'a pas réussi à trouver des points d'ancrage suffisants pour s'arrimer à l'existence. Et c'est à travers ses tentatives avortées de « vie normale » que l'on devine la fragilité de son équilibre. Meursault rencontre Marie et débute une vie de couple de mascarade. Le mal être perdure insidieusement. C'est d'ailleurs en tentant d'entretenir des relations sociales qu'il ira jusqu'à commettre l'irréparable, poussé par des instincts contre nature et arrivé à un point de non retour. Détaché de la vie et sans attaches véritables, Meursault subit les affres du quotidien sans jamais se plaindre ni broncher. Il souffre la morsure du soleil implacable algérien et supporte une lumière crue qui semblent éclairer ses zones d'ombres tout au long de son parcours. Un tel être avait-il seulement droit au bonheur ? Martyre pour les uns, insensible pour les autres, il est de ces personnages que l'on n'oublie guère. De ceux qui hantent la conscience du lecteur. Qui ne s'est jamais connu un peu Meursault à certains moments ? Spectateur du film de sa vie qui se déroule à son insu , incapable de trouver de quoi nourrir le jour et apaiser la nuit, étranger sur une terre désenchantée et hostile. Tandis que le destin du personnage narrateur se déroule inexorablement au fil des pages, le caractère profondément existentialiste de l’œuvre transparaît. Paru en 1942, l’Étranger demeure une œuvre intemporelle et poignante. Loin des artifices et des fards d'une écriture chargée voire superficielle, Albert Camus livre un roman brut et désarmant de lucidité. Meursault qui a tant de mal à vivre et être comme ses contemporains le souhaiteraient se libère peu à peu de ses entraves jusqu'à n'être plus qu'un symbole de vérité. Banni par certains, plaint par d'autres, sa différence d'abord reconnue puis jugée devient l'instrument de sa libération. Meursault sera t'il pleuré ou détesté...Car chacun le sait : la main qui condamne et la main qui console sont hélas habillées de la même peau. Rebelde

Rebelde
24/03/14
 

Condamné à mort, parce qu'il n'a pas pleuré à l'enterrement de sa mère ? Pas de circonstance attenuante donc, pour cet être qui apparait aux jurés comme inhumain. Au delà du scénario, une reflexion sur le libre arbitre, sur la peine de mort..

brucelit
21/02/09
 

Ce livre constitue un puissant plaidoyer contre la peine de mort et on s'incline face à l'écriture d'Albert Camus. Un incontournable.

Zadig
24/01/09
 

Tout le monde connaît ce roman, au moins de nom. J'ai eu à le lire pour les cours (1ère L, Français), et me suis donc plongée dans cette lecture assez enthousiaste et curieuse. Au final, je ne dirais pas que j'ai été déçue, mais j'ai moins apprécié que je ne l'espérais.Le narrateur, Meursault, est spécial. OK, disons-le, il est carrément glauque. Très particulier, très blasé et détaché, il a plutôt tout d'un anti-héros. Bien entendu, c'est fait exprès. Mais c'est très déstabilisant, parce qu'on ne sait absolument pas dans quel sens le prendre. Ce protagoniste, censé paraître antipathique, m'a beaucoup plu. J'ai trouvé en lui quelque chose de touchant, de réel. Il en deviendrait presque drôle, tant il semble désabusé. Sa compagne, Marie, est, en apparence, plus normale. Pimpante, joyeuse, elle apporte à cet étonnant couple un peu de dynamisme. Néanmoins, elle est elle aussi assez étrange : Naïve ou conciliante, on ne sait jamais trop. Je souhaite juste parler d'un autre personnage, Raymond. Alors lui... Il est l'homme grossier type, orgueilleux, mauvais. Il m'a vraiment marquée, à cause de sa cruauté et de son hypocrisie. Si tout le monde dans cet ouvrage est à peu près sympathique, lui, il semble avoir pris pour tout le monde, clairement.Le style de Camus est très intéressant. Il regorge de procédés stylistiques ; on sent que chaque mot est mûrement réfléchi avant d'être couché sur le papier. Néanmoins, la lecture n'est pas lourde ou compliquée. Elle reste fluide et accessible, captivante, avec un rythme excellent. Plutôt court, cet ouvrage se déguste et laisse beaucoup à penser. Il n'y a pas énormément d'action, cependant, il est impossible de s'ennuyer, car chaque élément est lourd de sens. Je ne sais pas très bien l'expliquer, mais il y a tant de logique, qu'on se plie immédiatement à l'écriture de Camus. Ce texte est loin d'être singulier, il est au contraire hors du commun, mais à la lecture, il est si bien mis en valeur qu'il en paraît presque "normal", et se rend ainsi étonnement simple.L'intrigue est, selon moi, assez surprenante. Je ne m'attendais pas vraiment à cela. Elle est relativement sombre, la mort est omniprésente. En effet, le ton est donné dès la première phrase, et ce côté légèrement morbide restera jusqu'à la fin. L'histoire est divisée en deux parties, l'avant, et l'après. Personnellement, c'est la première qui a le plus retenu mon attention. Celle-ci aborde de nombreux "problèmes" de société, tels que la violence domestique, le mariage, la vengeance... Rien de bien gai, plutôt beaucoup de sérieux. Normalement. Mais en réalité, dans ce bouquin, tout est traité avec une nonchalance frappante. Rien n'a l'air d'être important ou émouvant, pas plus que le fait de croquer dans une pomme. C'est assez décontenançant, mais ça fonctionne très bien. L'hypocrisie du conformisme social est ainsi explicitée, et dénoncée. A côté de cela, il y a aussi le récit d'une vie. Sa simplicité. On découvre le quotidien de Meursault, là-bas, en Algérie, et on se rend compte à quel point la vie est faite d'illusions, de faux-semblants. Certains passages m'ont fortement marquée, comme par exemple celui sur le vieux Salamanco et son chien. J'ai trouvé qu'il avait une résonance conséquente, comme une poigne de fer qui vous maintient et vous force à ouvrir les yeux. La deuxième partie est bien plus délicate. Elle s'apparente plus à un huis-clos, et se concentre ainsi plus sur l'état d'esprit de Meursault que sur ses actes. La particularité du narrateur est bien de ne jamais accorder de l'importance ou de la considération à quoi que ce soit, de ne jamais exprimer la moindre émotion ou le moindre avis. Seuls ses faits et gestes sont consignés, comme un programme récité. Alors, dans un lieu fermé, avec très peu d'actions, et un homme amorphe, qu'allons-nous avoir à lire ?! Curieusement, il y a tout de même de la matière. C'est toute la magie de ce texte. Il y a toujours quelque chose d'intéressant à lire, quelle que soit la situation. On est ici plus dans une phase de réflexion, de remise en question. Après en avoir pris plein la figure, le lecteur peut songer, prendre du recul. C'est donc une autre forme d'intrigue, pertinente à sa manière.Que dire de la chute ? Elle est, à l'image du reste, déstabilisante. Et pas drôle du tout. Encore une fois, c'est amené avec tant de détachement, de banalité, que c'en est presque effrayant. Tout s'accélère, mais il reste encore quelques détails à régler. Quelques thèmes que Camus n'avait pas encore abordés, et qui, pourtant, ont leur part de responsabilité dans la fausseté de notre société. Le livre s'arrête un peu avant sa véritable fin. C'est curieux de dire cela, mais c'est vrai ! Je pensais qu'on irait encore plus loin, mais non. Finalement, c'est bien comme ça. On ne peut pas dire qu'il s'agit d'une fin ouverte, mais on ne peut pas dire qu'elle est close non plus. C'est un équilibre assez fragile entre les deux, qui offre au lecteur une fin de lecture plus brutale. Ainsi, l'esprit est plus marqué. On ne peut pas oublier ce roman, pour la simple et bonne raison qu'il n'apparaît pas véritablement achevé, et qu'il continue forcément de vous hanter.De toute évidence, le titre reflète parfaitement bien le texte. Simple et direct, il annonce la couleur, et sonne comme une mise en garde. J'ai, en revanche, vraiment du mal avec cette couverture. Edward Hopper est un peintre que je n'apprécie vraiment pas, surtout depuis que je me suis endormie devant le film Shirley. C'est très personnel comme ressenti, mais en plus de ça, j'ai du mal à saisir le lien... Bref, ce n'est pas ma couverture préférée dans toutes celles qui existent pour L'Etranger.Ce roman est donc une belle découverte, un classique que tout le monde devrait lire. Il y a un fond très prenant, une morale flamboyante. Même s'il est particulier, cet ouvrage traite de notre société à tous, nous concerne tous. Certes, j'espérais autre chose, plus de péripéties par exemple, mais ce livre n'en reste pas moins cinglant. A lire, vraiment !

MaMalleauxLivres
22/01/16
 

Une œuvre incontournable de mon adolescence et dont j'ai beaucoup de mal à parler. Lu trop tôt sûrement mais plus jamais relu depuis comme face à un mur insurmontable. Que dire de Meursault, que dire qui n'a jamais été dit ou crier sur Camus et l'Etranger. On aime, on n'aime pas cette fausse passivité de l'antihéros, ce prisonnier, cet étranger de sa vie, de la vie. Rien ne semble le toucher, ni l'attirer, il le fait parce qu'il faut le faire et puis basta.J'aurais tant à dire, mais non... Pasdel

Pasdel
08/10/15
 

Un roman fascinant, remarquable à bien des égards, que j’avais eu l’occasion d’étudier au lycée, tant du point de vue de sa construction que du style ou du travail sur les sensations. Un roman purement existentialiste par son exceptionnel dépouillement et qui rend compte à l’instar de la Nausée de Sartre, quoique sous un angle différent, du quotidien qui constitue l’essentiel de la réalité humaine contemporaine, d’où provient la conscience du vide et de l’absurde. http://ericdarsan.blogspot.fr

Darsan
03/02/13
 

J'ai terminé ce livre ce matin et je l'ai trouvé très étrange. Il est assez difficile de rentrer dans l'histoire, et j'ai du le lire à petites doses pour le terminer.L'écriture d'Albert Camus est, dans ce roman, très simple et permet de comprendre facilement ce qui y est décrit. Le fait que cet homme assiste à sa vie comme s'il regardait un film m'a déplu, et c'est ce qui fait que l'histoire est plutôt plate à mes yeux.Je n'ai pas franchement aimé mais je n'ai pas détesté non plus.

filou93
18/06/12
 

J'étais assez intriguée à l'idée de lire un livre d'Albert Camus, je ne sais pas exactement pourquoi. J'avais été prévenue que ce roman n'était pas ordinaire et j'ai été spoilé pour la première phrase du roman, du coup je n'ai pas eu de surprise pour ce côté-là. J'ai beaucoup aimé le côté anti-roman avec un personnage dont on ne sait quasiment rien : pas de passé, pas d'émotions approfondies ni d'opinion. Que de l'indifférence et des besoins très naturels comme la fin ou la soif. C'est ça que j'ai trouvé intéressant à travers cette lecture, qui est d'autre part très rapide et malgré une intrigue pas plus originale qu'une autre, j'ai trouvé l'histoire intéressante. Je ne peux donc pas dire avoir aimé ce personnage. Il m'a intriguée, surtout, c'est rare de rencontrer un personnage aussi indifférent à ce que se passe autour de lui. J'ai encore plus aimé le style de l'auteur qui colle très bien avec l'histoire, même si je ne saurais vraiment le décrire. Une belle surprise, et je pense recommencer l'expérience, sûrement avec la peste. Je ne peux donc que vous conseiller ce roman, car il s'agit d'un classique assez court et moins prise de tête que certains, et le côté anti-romans est assez rarement abordé, ce qui rend le sujet vraiment original ! C'est une chronique très courte, mais je n'ai rien d'autre à rajouter : un livre à lire, c'est tout. Ninon !

nilale
06/02/15
 

Relecture, pour la troisième fois, de ce livre-culte A chaque fois je découvre des choses mal vues auparavant. L'absurdité d'un monde où on a condamné à mort un homme, non pas tant parce qu'il en a tué un autre que parce qu'il n'a pas pleuré et est allé voir un film avec Fernandel le jour de la mort de sa mère.A lire et relire encore... Hebelin Hebelín

hebelin
18/01/15
 

Curieux type que ce Meursault. Employé moyen, assez jeune, il ne ressent rien, n’éprouve rien, ne se passionne pour rien, ne se rend compte de rien. Tout glisse sur lui, rien ne l’atteint ; pas même la mort de sa mère qu’il va enterrer sans état d’âme. D’ailleurs, possède t-il une âme, une conscience ? Vit-il ? Mystère !! Aime t-il ? Rien ni personne n’a de sens pour lui. Il est comme télécommandé, déconnecté de la vie et de son environnement.Dans cette histoire, où finalement, il ne se passe pas grand-chose, où tout est sans relief, on pourrait développer une sérieuse antipathie pour Meursault dont l’atonie étonne, agace, révolte parfois. Au contraire, on finit par le prendre en affection, d’une certaine façon. Il y a forcément une faille affective énorme chez cet homme-là pour qu’il soit aussi handicapé des sentiments, et de l’affect.Albert Camus parvient, avec ce style dépouillé, son vocabulaire simple, et son absence de grandiloquence à faire converger le lecteur vers un personnage auquel il donne paradoxalement un certain relief, et qu’il réussit à rendre attachant.

mimipinson
17/01/15
 

Video annulée pour cause de droit d'auteur, ça commence bien! ensuite en tapant l'Etranger, je suis tombée sur des livres n'ayant rien à voir avec ce que je cherchais; ça a marché en ajoutant Camus! Bon, je l'ai lu en Pléiade (et je préfère la liseuse au papier bible!!) . C'est Meursault contre-enquête qui m'a incitée à cette relecture...et je m'aperçois de l'infidélité de ma mémoire. C'est une très belle langue et j'ai redécouvert l'histoire qui rend le livre de Kamel Daoud si nécessaire. Une bonne heure de lecture (et des heures de rumination!) berthe

afbf
07/12/14
 

Un homme, l'ombre de lui même. Seul au milieu de tous, seul, perdu en lui même. Etranger, pour qui, pourquoi? Il est vous, il est moi. Haï, aimé, Meursault intrigue, dérange, déroute. Sous un soleil de plomb accablant, juge impartial, un homme s'interroge.Une lecture marquante, gravée a jamais dans la mémoire.

walkerreader
04/08/14
 

Comme son titre l'indique, ce livre est l'histoire d'un homme étranger au monde. Si étranger, en fait, qu'il en est pour ainsi dire absent. Certes, il accomplit tous les gestes de la vie quotidienne, mais sans jamais se préoccuper de leur donner une véritable signification. Homme sans qualités, sans caractère, sans profondeur, Meursault est le prototype de l'Homo Absurdus. Il mène tel un robot une existence dénuée d'enjeu et de finalité, une existence purement organique, réduite à ses fonctions primaires: manger, dormir, copuler. Jusqu'au jour où, sans vraiment savoir pourquoi, il tue un homme. Commence alors son procès, qui le confronte à sa propre vacuité et le somme de s'en expliquer.Ce qui fait la force de ce roman, c'est bien sûr qu'il traite d'une des questions essentielles de la philosophie: la vie a-t-elle un sens? Mais le plus intéressant, c'est peut-être la manière dont il la traite. En effet, non seulement Camus traduit admirablement l'absence au monde de son narrateur en usant d'une langue blanche et neutre qui tue dans l'oeuf toute émotion, et ce dès la première page du livre où Meursault rapporte la mort de sa mère avec toute la froideur d'un procès-verbal. Mais de surcroît son récit a la forme d'un diptyque dont les deux volets se répondent comme deux miroirs parfaitement symétriques. La seconde partie de "L'étranger" reprend en effet un par un les événements relatés dans la première et les relit à la lumière de la morale commune qui prend ici l'aspect comminatoire d'une cour d'assises.Par moments, ce livre m'évoque un peu "Erostrate" de Sartre. J'y entends aussi des échos du "Procès" de Kafka. Il m'arrive même, parfois, d'apercevoir derrière la silhouette de Meursault celle, furtive, du Lafcadio de Gide. Mais l'oeuvre de Camus possède sa propre cohérence et, contrairement à ce que d'aucuns prétendent, n'est en rien nihiliste. C'est en fait un constat doublé d'une mise en garde. La vie, en soi, n'a pas de sens, nous dit Camus, c'est donc à nous qu'il revient de lui en donner un, faute de quoi, nous aussi, nous deviendrons des Meursault, des étrangers au monde.Message finalement très humaniste qui fait à la fois la grandeur de ce livre et celle de son auteur.

MariePattz
14/05/14
 

Super édition de l’Étranger d'Albert Camus! Les illustrations en noir et blanc de José Munoz offre à ce classique de la littérature française encore plus de force. Un très beau livre qui permet de redécouvrir ce roman.

Etudiante
16/02/14
 

Une vraie (re)découverte pour moi! j'avais certainement lu L'étranger au lycée mais je n'en avais vraiment aucun souvenir. Avec 20 ans de recul, j'apprécie d'autant plus ce texte, simple et fort. Meursault, étranger à lui-même, se laisse vivre et se regarde mourir jusqu'aux portes de sa conscience. Enfin, il réagit mais c'est déjà trop tard

viwa
13/01/14
 

Ecriture distante tout comme le personnage qui ne suit pas les événements mais qui ne fait que les subir sans jamais chercher à se défendre et à devenir lui-même. Cemella

Cemella
22/12/13
 

Son écriture est simple comme un Camus, l'histoire est plaisante même si j'ai eu du mal à le commencer.. Plus on avance, on tient et finalement on apprécie... Mandy.

Mandy05
27/09/12
 

Le narrateur, cet « étranger », Meursault de son nom, a perdu sa mère. On l’apprend dès la première ligne ; ce qui plombe un peu l’ambiance, il faut bien l’avouer. Mais le plus surprenant est l’absence totale de réaction de Meursault. Il ne réagit pas. Comme si tout cela lui était égal ? Ou bien est-il tout simplement sous le choc, ce dit-on... C’est sans compter sur la suite ! Cette même suite qui va nous apprendre la noirceur de ce personnage. Mais est-il si noir ? Ou est-ce juste un cœur de pierre vissé dans un corps d’homme ? Je dois l’avouer, je n’ai pas compris le geste de Meurseult, ce geste qui va le condamner à mort. Il a fait preuve d’un tel sang-froid en tenant cette arme que c’est à se demander s’il est humain ! Il est finalement comme spectateur de sa propre vie. Etrange. Très étrange comme sensation, d’être dans la tête d’un homme étranger à lui-même, et donc étranger à nous-mêmes, nous lecteurs. Comme si tout lui était égal. En bref : L’histoire peu commune d’un cœur froid et « aveugle » aux sentiments humains. Un roman assez philosophique au fond et qui à force de contre-exemple, nous en apprend un peu plus sur la nature humaine.

SEcriture
18/09/12
 

Voici vraiment un livre à multi-facettes duquel chaque relecture découvre une autre partie.Alors quand on le lit pour la première fois, comme moi, et que c'est en plus un premier contact avec Camus, on est d'abord soufflés par la fluidité de l'écriture, aucun mot inconnu, aucune tournure stylistique, des faits, des descriptions. Ensuite on s'attache à l'histoire, on relit plusieurs fois certains passages pour essayer de bien comprendre la progression. Arrivés à la chute, on s'interroge, au départ sur le coup de colère _ d'ailleurs je ne suis toujours pas sûre de l'avoir compris, autant j'ai pu me mettre en empathie avec toutes les pensées décrites de Meursault, autant son éclat final me laisse encore perplexe _, dans un 2° temps sur la portée de ce qui nous est raconté, on tente de classifier L'étranger dans un genre... Et on échoue ! Camus lui-même disait qu'il y avait 10 façons au moins de résumer d'une phrase ce roman, selon ce qu'on met en exergue, et volontairement l'ambiguïté est maintenue tout au long du récit.A chaud j'en retiens le soleil, les sensations d'une Algérie éclatante de lumière et de chaleur, un homme inadapté pris dans une sorte d'engrenage. Sylvie Sagnes

SagnesSy
23/07/12
 

Je devais le lire pour le bac, je l'ai pas fait, j'en ai parlé à ma grand mère, elle me l'a offert, je l'ai lu. Au début, j'ai trop cru que Meursault était un autiste.En fait, en résumé : C'est un type qui ressent rien qui bute quelqu'un à cause du soleil, qu'en a rien à foutre et qui s'fait accuser de tous les meurtres du monde limite.C'était bien, pas génial, mais bien. Meursault me faisait trop pitié. J'avais envie de lui faire un câlin parce que personne n'était de son côté, et que lui, il est traité comme de la guimauve, comme s'il existait pas. J'ai adoré le moment ou la meuf qui l'iame lui fait "tu m'aimes" et lui "non" alors qu'il l'a embrassé et tout, cinq minutes avant.Bref, ce livre mérite d'être lu quand même, et pis ça se lit vachement vite.

yuukichanbaka
31/10/11
 

Je viens de relire ce livre...Comme quoi, il arrive qu'on relise des livres...Près de trente ans après la première approche, le ressenti est globalement le même mais l'analyse est plus avancée.."L'étanger", le titre résume beaucoup de choses.Le personnage principal subit mais n'agit pas. Il est étranger aux sentiments, rien ne l'habite, rien ne l'intéresse vraiment (la réponse faite à Marie qui demande "est ce que tu m'aimes?" est remarquable). Il est étranger aux autres, ne s'intéresse pas aux éventuelles promotions à son travail et trouve les relations de voisinage parfois pesantes. Il est étranger à lui-même, peu importe ce qu'il lui arrive, ce qu'il vit...On dirait un être sans âme. Ce livre est excellent pour avois su retranscrire tout cela sans nous lasser, et même au contraire, en nous intéressant.

Cassiopea
08/10/11
 

J'en avais pas lu depuis la fac de lettres. C'était l'Exil et le Royaume. J'avais pas mal aimé, mais sans plus. Par contre, en terminale, j'avais eu droit à La Chute, et là j'avais beaucoup aimé. Vraiment.Là, autant le dire tout de suite, on est plus du côté de La Chute que de L'Exil. C'est peut-être parce que c'est également un roman. C'est même fort possible, mais j'aime bien aussi les nouvelles. Soit!Que nous raconte Camus? Il nous raconte l'histoire d'un homme, un Pied noir, vivant en Algérie à l'époque où elle était française, et qui se retrouve condamné à mort, presque accidentellement. Presque accidentellement, parce que c'est la sensation qu'on en a en lisant ce bouquin. Le narrateur est ce Pied noir et il nous raconte avec une froideur terrifiante son histoire. C'est cette froideur qui fait de lui un étranger, et c'est cette froideur qui le condamne à mort. On ne le condamne pas parce qu'il a tué un arabe. On ne le condamne clairement pas pour ce qu'il a fait ou pas, mais pour sa froideur, incompréhensible. Cet homme est un étranger. Il est Français, jugé par un tribunal français, mais c'est un étranger. Il a bel et bien commis un meurtre, et il nous l'explique très bien dans sa narration; mais le véritable coupable n'est autre que ce satané soleil. Toute une thématique pour Camus, le soleil algérien... C'est à la fois une bénédiction et une malédiction. Une bénédiction parce qu'il est agréable de se baigner, il est agréable de voir le ciel bleu, il est agréable de voir les femmes partiellement dénudées... Une malédiction parce qu'il frappe fort et qu'il fait mal, une malédiction parce qu'il exerce une influence terrible sur les esprits, une malédiction parce que si Meursault (le narrateur) avait été jugé à 20h plutôt qu'à 17h, il aurait peut-être écopé d'une peine réduite, une malédiction parce que si le soleil n'avait pas tapé aussi fort sur son front, il n'aurait pas été aveuglé et affaibli et il n'aurait peut-être pas ouvert le feu, face à cet homme qui ne lui avait rien fait... Meursault est un étranger parce que lorsqu'il explique cela au tribunal, le public rit à gorges déployées... Comment peut-on comprendre ça? A-t-on jamais vu ce genre de chose? Un meurtre dont le responsable serait le soleil... http://marcanciel.over-blog.fr

marcanciel
09/09/11
 

Je ne pensais pas du tout lire (relire ?) ce livre quand une de mes amies l'a prêté à mon fils pour le lycée, du coup je me suis dit que c'était l'occasion de le lire et éventuellement de combler une lacune. Et c'est chose faite. Le livre commence par l'annonce du décès de la mère du narrateur, le style est direct, les phrases sont courtes. On enchaîne sur son retour à sa vie de célibataire à Alger sans qu'il soit très préoccupé par l'évènement qui vient d'arriver. Dès le début le narrateur a toujours l'air un peu extérieur à ce qui lui arrive un peu comme un observateur, comme un étranger. Ceci est encore plus flagrant quand des évènements graves surviennent et que sa vie est en jeu. J'ai apprécié cette lecture mais je ne pense pas que mon fils soit du même avis que le mien (il m'a dit 'Bof !'), je me demande même s'il a vraiment lu le livre dans son intégralité ..... Sandrine(SD49)

SD49
17/03/11
 

Le grand classqiue etudié au college, lycée. Et un livre poignant, bien ecrit qui nous captive. Quelle est donc ce mysterieux personnage principal? Une personnalité insaissisable qui nous captive.Le roman commence par une celebres phrases " Aujour'dhui Maman est morte" Une phrase froide, denuée de sentiments a l'image du roman.

Mayuha
14/11/10
 

Premier livre d'Albert Camus, j'ai été surprise par la teneur de ses mots et l'histoire plutôt étrange qu'il nous offre. L'étranger est en effet un homme en marge de la société qui ne ment jamais, mais qui exerce une drôle d'indifférence face à ce qui l'entoure. La première partie se consacre aux évènements qui surviennent après l'enterrement de sa mère. À la suite d'une bagarre sur la plage contre des arabes dans lequel son ami est blessé, il commet un crime grave qui lui vaut un long séjour en prison. La deuxième partie, tant qu'à elle, aborde son procès devant le jury où il est tenu coupable et condamné à la guillotine, un choix absurde que je n'approuve absolument pas, en dépit de son acte. Ceci dit, le personnage de Meursault est à mes yeux insaisissable. Je le trouve terne, insensible et indifférent à l'égard d'autrui, ce qui le distingue des gens normaux. Cependant, c'est ce côté de sa personnalité qui donne tout le sens au roman. J'étais incapable de le détester, car j'avais toujours une pointe de compassion envers lui et qui ne se ternissait jamais au fil des pages. Par contre, ses agissements me semblaient irréels étant donné qu'il est rare de voir une personne agir sans aucun brin de sentiment ou même de vie. Et à savoir pourquoi il a fait un tel acte, pour moi cela demeure un mystère puisque je ne trouve aucune faille en lui pour y déceler un indice, une rancoeur ou même une culpabilité. Or, il est étonnant de lire qu'il a quelques amis, dont Raymond et Marie, et que ceux-ci le côtoient sans même s'inquiéter de cette indifférence. En outre, le titre décrit bien ce que nous pensons de Meursault. Un étranger. Un étranger dont la fin de sa vie nous est comptée par une plume malicieuse, celle d'Albert Camus. Une histoire sans feux d'artifices, mais qui décèle quelque chose qui nous accroche à l'histoire. Un petit classique qui m'a permis de passer un bon moment et qui, je l'espère, vous fera le même effet que moi. Mes mots, un jour, s'envoleront hors de ma plume etvoyageront au gré de mes oeuvres...

Shana6
10/11/10
 

Une découverte tardive pour ma part puisque j'ai dû attendre l'age de 30 ans pour enfin tourner les pages de L'étranger et je dois avouer qu'il m'est plutôt agréable de rattraper le temps perdu.Sous le couvert d'une histoire simple voire presque banale, comment ne pas déceler la critique acerbe d'une société qui se permet de juger les gens à travers le prisme de la bienséance et de la norme. L'étranger, ou comment un homme qui appréhende la vie en dehors de toute considération morale et de toute émotion se retrouve à ne plus maitriser le fil de son existence et va bien malgré lui se conduire à sa perte.

moinsun
28/02/10
 

Confession à la première personne d’un être qui semble en dehors du monde, “L’étranger” est un livre qui nous place à distance respectueuse de son personnage principal. Je l’avais déjà lu il y a quelques années, mais il me laisse toujours aussi perplexe. Difficile de s’attacher à ce personnage si unique, si difficile à cerner. Son intériorité ne nous est pas donnée, il vit au présent, n’a aucune épaisseur psychologique ; il ne ressent pas d’émotions, seulement des sensations. Cela rend le livre troublant, et je serais bien en peine d’en faire une critique édifiante. Surtout qu’il est intéressant de voir d’une part ce que l’auteur cherche à nous amener à penser et d’autre part, de juger le héros objectivement pour les faits dont il est accusé. Il ressort du décalage qui naît entre les deux lectures une impression de malaise. Mais c’est aussi ce qui fait l’intérêt de l’oeuvre, vu que très peu d’éléments nous sont donnés, chacun peut se faire sa propre idée sur Meursault.Un résumé ainsi qu'un extrait de ce livre sont disponibles sur mon site.

Artsouilleurs
12/06/09
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.12 kg

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