L'evenement

ERNAUX, ANNIE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 14/03/00
LES NOTES :

à partir de
5,49 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

" Depuis des années, je tourne autour de cet événement de ma vie. Lire dans un roman le récit d'un avortement me plonge dans un saisissement sans images ni pensées, comme si les mots se changeaient instantanément
en sensation violente. De la même façon entendre par hasard La Javanaise, J'ai la mémoire qui flanche, n'importe quelle chanson qui m'a accompagnée durant cette période, me bouleverse. "
7 personnes en parlent

Un petit livre fort et poignant qui relate un avortement clandestin au début des années 60.Pressions du corps médical, hypocrisie sociale, l'auteure nous livre cet "événement"traumatisant, comme un message pour ne pas oublier que le droit des femmes est uncombat et que même lorsque les lois semblent acquises, on se doit de rester vigilant.

Il faut lire ce petit livre pour se rendre compte du regard de la société sur une jeune fille enceinte , et qui, la grossesse n'étant pas désirée, décide de ne pas garder l'enfant. L'histoire se passe en 1963, à Rouen, Annie E était étudiante en Lettres. On y lit le parcours semé d'embuches pour une jeune fille qui veut trouver l'adresse d'une "faiseuse d'anges" et qui subit les considérations glaçantes et moralisatrices du corps médical dans une petite ville de province. Ce témoignage d'Annie Ernaux nous rappelle que le temps n'est pas bien loin où la femme n'était pas maitre de son corps et que les acquis de la loi Veil sont à défendre chèrement!! Il n'y a qu'à voir aux Etats Unis le poids des ligues anti-abortives et également en France toute la difficulté pour les services d'ivg qui n'obtiennent pas les postes ni les crédits suffisants .

dvan
17/02/12
 

Suite à un rendez-vous médical concernant une toute autre chose, Annie Ernaux bascule dans son passé, en 1963 à Rouen, où Mademoiselle poursuivait des études littéraires concentrées. L'événement concerne une grossesse non désirée et la volonté de la jeune Annie d'avorter. On lit le parcours semé d'embûches, de menaces de radiation sur les médecins et thérapeutes qui osent enfreindre la loi d'interdiction (substituant l'IVG à un crime), d'hypocrisie sociale (où beaucoup paraissent opposer à l'IVG mais louent les femmes qui ne souhaitent pas garder l'embryon non voulu). Ce livre intéressant montre à quel point cette liberté acquise lors de la loi Veil votée en janvier 1975 (décidément, le mois de janvier est à l'honneur !) fut une montagne à franchir, qu'il est important de préserver par respect du corps, pour que l'arrivée d'un enfant ne soit plus subie mais choisie, pour que cet enfant s'épanouisse sans souffrir de la frustration parentale. Certaines anecdotes n'en demeurent pas moins percutantes et choquantes : la délivrance, la réaction d'un médecin malmenant et méprisant une patiente qu'il juge ouvrière et s'en voulant ensuite en découvrant qu'elle fait presque partie de sa «caste sociale», la lâcheté de certains soignants et l'accompagnement muet d'autres, la solidarité et la bienveillance d'une amie étudiante (pourtant issue d'un milieu conservateur, catholique farouchement opposé à l'avortement)... un véritable concentré varié de la nature humaine. Annie Ernaux a écrit un livre salutaire pour nous rappeler que la légalisation toujours malmenée et menacée fut rude à obtenir, que ces femmes et soignants, par leurs actes courageux, ont aidé au mieux-être de tous et en particulier à l'émancipation féminine, que le combat de Simone Veil (victime de harcèlements et d'injures ignobles à l'époque du vote de «sa loi») fut une des plus belles avancées politiques (au sens noble du terme), qu'on ne doit pas oublier. Dans le même registre, l'excellent livre de Martin Winckler, Les trois médecins, se réfère également à cette période.

Cave
28/01/12
 

Au mois d'octobre 1963, Annie Ernaux, 23 ans, fait ses études à Rouen et tombe enceinte. Ne souhaitant pas garder l'enfant, elle raconte, dans L'événement publié en 2000 chez Gallimard, son parcours du combattant pour se faire avorter. L'événement est un livre choc, à déconseiller aux personnes sensibles, car Annie Ernaux raconte sans détour la scène sanglante et douloureuse de son avortement. À cette époque les avortements sont illégaux, les pratiquants (médecins et infirmiers) et les femmes qui ont avorté sont punis de prison et d'amende. Annie Ernaux part donc à la recherche d'un médecin ou sage-femme qui accepterait de pratiquer cet acte illégal. Elle s'adresse à des amis et des connaissances dont la conduite à son égard change du tout au tout en apprenant sa volonté. Les hommes développent une fascination certaine pour cette jeune femme qui souhaitent avorter, une fille "passée de la catégorie des filles dont on ne sait si elles acceptent de coucher à celle des filles qui, de façon indubitable, ont déjà couché" . Certains, notamment les médecins, cherchent à l'en dissuader. Mais, Annie Ernaux ne souhaite pas garder son enfant et est contrainte à avorter clandestinement.Plus qu'un livre choc sur l'avortement, L'événement est aussi une réflexion d'Annie Ernaux sur son acte d'écriture. L'écrivain a ressenti le besoin d'accoucher de cet événement par écrit, comme elle a accouché d'un fœtus : "Il y a une semaine que j'ai commencé ce récit, sans aucune certitude de le poursuivre. Je voulais seulement vérifier mon désir d'écrire là-dessus. Un désir qui me traversait continuellement à chaque fois que j'étais en train d'écrire le livre auquel je travaille depuis deux ans. Je résistais sans pouvoir m'empêcher d'y penser. M'y abandonner me semblait effrayant. Mais je me disais aussi que je pourrais mourir sans avoir rien fait de cet événement. S'il y avait une faute, c'était celle-là."Enfin, L'événement nous amène aussi à une réflexion sur la condition des femmes à cette époque, mais aussi à la notre. En établissant un parallèle entre son rendez-vous chez le médecin qui lui confirme qu'elle est enceinte (1963) et son rendez-vous chez le médecin qui lui remet les résultats de son dépistage du sida (au moment où elle écrit), elle met l'accent sur le fait que les femmes, notamment celles qui ont une "sexualité libérée", sont passées de la peur d'être enceinte à la peur d'être contaminée.L'événement est un récit autobiographique que j'ai beaucoup aimé et qui me donne envie de continuer ma découverte d'Annie Ernaux, après avoir lu cet été Les Années. http://leschroniquesassidues.blogspot.com/

chroniquesassidues
03/10/11
 

" J'ai fini par mettre en mots ce qui m'apparaît comme une expérience humaine totale, de la vie et de la mort, du temps, de la morale et de l'interdit, de la loi, une expérience vécue d'un bout à l'autre au travers du corps."Annie Ernaux livre ici avec pudeur et réalisme son souvenir d'un avortement dans les années 60, époque où cet acte est encore illégal." Et, comme d'habitude, il était impossible de déterminer si l'avortement était interdit parce que c'était mal, ou si c'était mal parce que c'était interdit."Ce témoignage est important pour l'auteur (déculpabilisation) mais aussi pour nous qui avons aujourd'hui le libre choix de mettre au monde un enfant. Mais, à notre époque, nous sommes confrontés à d'autres marginalisations et Annie Ernaux évoque le parallèle entre les faiseuses d'ange de l'époque et les passeurs actuels de clandestins.C'est aussi l'occasion de dépeindre une époque, une société où le clivage entre les ouvriers et les "haut placés" est très marqué.Même, si de nos jours, une femme ne vit plus de la même façon, l' avortement est toujours un choix difficile.J'aime beaucoup le style d'Annie Ernaux qui se confie et analyse cette décision avec beaucoup d'intelligence et de sensibilité.

jostein
28/08/11
 

Un livre saisissant. J’avoue que j’avais seulement une vague idée des conditions atroces dans lesquelles les femmes enceintes devaient avorter autrefois et de la difficulté de ce que ça représentait. Ce livre crée un sentiment de malaise, pourtant l’auteur ne sombre jamais dans le pathos et ne s’attarde pas à décrire le traumatisme que cet acte a dû représenter ; il est cependant très bien rendu par les mots, j’ignore comment Annie Ernaux réussit à concilier cette dimension profondément intime de l’écriture avec son caractère universel, chose qui m’avait déjà marquée dans certains de ses livres précédents. Malgré son côté profondément dérangeant, la place de ce livre dans l’oeuvre littéraire d’Annie Ernaux se justifie parfaitement. Encore une lecture qui, surtout du fait de la démarche de l’auteur, en vaut la peine.

Artsouilleurs
05/08/11
 

Mais de quel évènement nous parle Annie Ernaux dans ce livre paru en 2000 chez Gallimard. Un fait réel, vécu par l'auteure lorsqu'elle était étudiante : un avortement. Du temps où l'avortement était encore clandestin, où l'on allait voir dans son appartement une faiseuse d'ange, où les médecins avaient honte d'aider les femmes à mettre fin à une grossesse.Ce récit aurait pu tomber dans le pathétique, le larmoyant, le morbide... Mais non, Annie Ernaux utilise des mots simples, justes, sobres, raconte les choses telles qu'elles les a vécues, telles qu'elle se les remémore, telles qu'elle les a oubliées aussi parfois, regardant alors dans son agenda de l'époque ce qu'elle y avait noté.J'ai été profondément émue par le désarroi et la détermination de cette femme à vivre cet évènement qui aurait pu mettre sa vie en danger, parce qu'autrement est impossible. Emue par ce récit d'une femme qui raconte parce qu'elle n'a jamais pu oublié, alors que tant d'autres se taisent. Un très beau livre.

Alexandraaa
03/01/11
 

Format

  • Hauteur : 18.50 cm
  • Largeur : 11.90 cm
  • Poids : 0.13 kg