L'hiver indien

ROUX, FREDERIC

livre l'hiver indien
EDITEUR : GRASSET ET FASQUELLE
DATE DE PARUTION : 09/01/08
LES NOTES :

à partir de
31,90 €

SYNOPSIS :

Au nord-ouest des Etats-Unis, entre le Pacifique et la forêt, une réserve indienne : aujourd'hui oubliés de tous, les Makahs décident de défier l'Amérique blanche en reprenant la
chasse à ta baleine, abandonnée par leurs ancêtres un demi-siècle plus tôt. Ce roman raconte l'aventure de six d'entre eux, pour qui est revenu " le moment d'être indien ".
6 personnes en parlent

A partir de celui là, j'ai commencé à voir une baisse (à mon avis) dans l'intérêt. Le suivant confirmera cette impression.

fzilbermann
13/01/09
 

L'Hiver Indien débute avec le retour à la maison de Stud, un géant indien sorti de prison après avoir pris 3 ans pour coups et blessures. Il retrouve son frère Percy, qui, sans avoir atteind la trentaine, a dû sauter toutes les femmes des environs. Celui-ci, dans un délire alcoolisé, émet le désir de chasser la baleine, comme leurs ancêtres. OK. Pas de problème.Ils recrutent alors Howard, un vétéran de la guerre du Vietnam qui cite des classiques comme Moby Dick, Dostoievski... Son fils, Dale, lui-même vétéran de la guerre du Golf. Greg, un autre géant, parti de la réserve, qui sculpte des arbres à la tronçonneuse pour y graver des icônes d'Elvis. Chris, un nymphomane qui a donné dans le New Age pour trouver ses conquêtes...Ce qu'ils ont en commun ? Un goût sacrément immodéré pour l'alcool, les femmes, le risque. Ils sont indiens, paumés, et libres, mais vont être soutenus par toute leur communauté : si des déchets comme eux peuvent y arriver, alors c'est que tout est possible.Ici, justement, c'est le maître-mot : possible. Rien n'est impossible. La liberté, on l'a d'abord dans le coeur. On s'en fout des autres, ceux qui veulent nous empêcher de réaliser le rêve.J'ai adoré la lecture de ce livre. On est peut-être loin des grands espaces décrits dans L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, ou Légendes d'automne. Non, ici, on est en pleine réalité. La communauté indienne des Makahs décrite ici (située d'ailleurs dans les environs de Forks, et avis aux fans hystériques de Twilight : non, ce ne sont pas des loups-garous) est gangrénée par l'alcoolisme, le chômage, le laissez-aller de ses habitants.Et ce sont ses pires membres qui vont sortir la réserve de son marasme. Malgré leurs arriérés, c'est leur naïveté qui m'a le plus touchée. Ils se comportent comme des enfants qui ne connaissent aucune frontière, aucun obstacle insurmontable.Quand à l'écriture de Frédéric Roux, elle est crue. Il dit les choses telles qu'elles sont. Il appelle une ** une **. Il ne camoufle pas la vérité, ne l'embellie pas du tout, et c'est ce qui fait de ses anti-héros des héros. L'humour valse avec le sinistre de la situation, un "je m'enfoutisme" que j'aprécie particulièrement.Quand à la playlist du livre, l'auteur s'en est chargé. A la fin du bouquin, 3 pages lui sont consacrée, mélangeant country, rock, pop...Un petit extrait :"Ils avaient peut-être l'apparence de leurs ancêtre, mais ils en avaient seulement l'apparence : leurs maisons étaient surchauffées ; ils ne savaient ni ramer ni plonger, il y avait des machines partout autour d'eux pour leur permettre de ne faire aucun effort ; ils n'avaient même pas besoin d'apprendre à lire l'heure, un tas de cadrans électroniques l'affichaient ; ils se goinffraient de mauvaise nourriture. Ils lui ressemblaient : gras et sucrés. Ils ressemblaient à des porcs, ils n'aimaient pas le poisson ; ils n'en mangeaient pas ; ils buvaient de l'alcool ou du Pepsi Cola pour les plus sobres d'entre eux ; ils regardaient la télévision des heures entières et ils riaient lorsque les Indiens se faisaient exterminer en tournant autour des chariots ; ils écoutaient Jimmy Swaggart le dimanche matin et ils croyaient que les infirmes, filmés au ralenti à la fin de son show, étaient vraiment guéris."

Emmab666
24/01/16
 

L'histoire se déroule a Neah Bay au Etats-Unis dans une réserve indienne où les Makahs se laissent mourir d'inaction et d'alcool. Jusqu'au jour où Stud, sortant de prison, et son frêre Percy décident de constituer un équipage pour chasser la baleine grise a la manière de leurs ancêtres( barque et harpon). Ils doivent faire face ,dans un premier temps, aux réticences de leur propre ethnie mais aussi, dans un second temps, aux écologistes extrémistes qui considèrent qu'il vaut mieux protéger les baleines que des indiens.J'ai eu du mal a rentrer dans cette histoire de Pieds nickelés indiens car j'ai trouvé que la constitution du bateau prenait beaucoup de temps et n'apportait pas grand chose a l'histoire. Quand on rentre dans les préparatifs et les bâtons mis dans les roue de ce projet c'est beaucoup plus intéressant et beaucoup plus spirituel. L'auteur nous décrit avec un grand talent les conditions de vie des indiens dans leur réserve et il nous fait partager leurs joie (un peu) et leurs peines(beaucoup). Le constat est désespérant et l'auteur nous le dit avec beaucoup de finesse et de cynisme. Ce qui m'a gêné c'est de deviner tout de suite comment allait se terminer cette histoire.Un plaisir de lecture mitigé pour une note de 6/10. http://desgoutsetdeslivres.over-blog.com/

Zembla
01/12/13
 

Au nord-ouest des Etats-Unis, dans une réserve indienne, un groupe d'Indiens décide de relancer la pêche à la baleine comme le faisaient leurs ancêtres dans le but de se sentir pleinement Indien.L'hiver indien raconte cette histoire en deux parties. La première relate la naissance du projet et la recherche des membres de l'équipe. cela permet une description d'une nation indienne désagrégée, bouffée par l'alcoolisme, l'obésité et la délinquance. Les Indiens qui ne s'intègrent pas au monde actuel restent toujours à la marge.La seconde partie est l'essai de la mise en place du projet qui voit naitre l'opposition des écologistes. Au-delà de la protection de la baleine, il y a toujours un relant de racisme. Cette partie est moins réussie que la première et est parasitée par des personnages secondaires que j'ai eu du mal à trouver pertinents.L' hiver indien est l'essai pour des indiens de retrouver une sorte d'identité dans un monde qui les ignore. Mais ce retour à leurs racines leur est refusé.

Chiwi
31/12/12
 

L'hiver indien A travers ce roman, vous allez découvrir la triste réalité des réserves indiennes aux Etats-Unis et plus précisément celle de Neah Bay. C’est en effet la décrépitude, l’alcoolisme et l’ennui qui nous y attendent. Mais c’est sans compter sur la volonté d’un petit groupe qui décide de reprendre la chasse à la baleine. Et quel groupe ! Stud, l’instigateur est un ex-taulard, son frère Percy, voleur et don Juan à ses heures, Howard, vétéran du Vietnam, alcoolique et poète, son fils Dale, métis et né d’une « pute Viêt », « l’ogre » Greg aux mœurs plus que douteuses et Chris, charlatan et obsédé sexuel. Malgré tous leurs défauts, on se prend d’affection pour ces têtes brûlées. Est-ce parce qu’ils représentent une certaine contre culture de la normalité ? Est-ce parce qu’on se rend compte que leur culture à été détruite et qu’ils sont à la recherche d’une identité ? Est-ce qu’une baleine est plus importante que l’identité d’un groupe ? A vous de vous faire votre avis…

« C'est ainsi, même chez les perdants, il y en a qui perdent davantage que les autres »Si vous avez déjà traversé les États-Unis, vous avez probablement passé devant une réserve indienne. Comme moi, un sentiment étrange vous a certainement envahit. Un bout de territoire réservés au natifs du pays, une minorité avec sa propre culture ainsi que ses propres lois. Des kilomètres trainant les fantômes du passés, celui d'un pays qui a démarré son histoire par un génocide.Frédéric Roux nous emmène dans la réserve des Makas, tribu oubliée de tous et même de ceux qui la composent. Stud sort de prison et retrouve son frère cadet Percy qui vivait en suspens depuis son incarcération. L'aîné a changé. Il décide de suivre la trace de ces ancêtres en chassant la baleine.« - Avant nous... les vieux, ils faisaient quoi ? - Se saoulaient la gueule, se tapaient dessus et à la fin, ils se pendaient ou alors ils se flanquaient une balle dans la tête ou alors on les retrouvait crevés là où ils avaient crevé. T'as oublié comment ça se passait ?- J'ai pas oublié, j'oublie rien. Je parle pas de nos parents, je parle des parents des parents de nos parents...- La même chose, qu'est-ce que tu veux fabriquer ici ?- Réfléchis ! Avant toute cette merde, on faisait quoi ? »Comme nous le montre l'Histoire, il est inutile de se salir soi-même les mains, les moyens pour annihiler sont aussi ingénieux que variés. Fournir des couvertures infectées d'une maladie de Blancs, introduire l'alcool dans un sang qui ne le supporte pas, délimiter des frontières en mélangeant des tribus qui ne peuvent vivre ensemble, blanchir par l'habillement, les coutumes et la religion afin de supprimer tous repères. Le général Custer doit être plus que satisfait. Même vivants, les indiens semblent morts.« Les Indiens sont obèses... jamais il y avait eu d'obèses chez les Indiens, maintenant, c'est chez nous qu'il y en a le plus, on est bouffés par le diabète. Pourquoi ? Parce qu'on se gave de saloperies... on pêche plus, on chasse plus, on a juste à payer à la caisse du supermarché pour s'empiffrer de merde. »La plume est incisive et carrosive. Le thème central est la quête de son identité, celle de soi mais surtout celle d'une culture, de générations perdues à force de porter le poids du passé. La chasse à la baleine devient alors magnifiquement métaphorique. Chasser pour être et savoir être, nourrir sa tribu en lui donnant une place, tuer le monstre du passé, assumer sa minorité avant de se faire engloutir à jamais.« S'ils voulaient réussir, il leur fallait réussir dans les domaines réservés aux Blancs où même les Noirs sans parler des Jaunes, réussissaient mieux qu'ils ne le faisaient. Il y avait des champions noirs, des stars de cinéma noires, des journalistes, des avocats, des dentistes noirs, des musiciens noirs, des Noirs riches, des Noirs célèbres, une culture noire. Les Noirs jouaient au golf, il roulaient en Mercedes et ils trouvaient le moyen de se plaindre. »Une lecture qui ouvre au monde et qui nous oblige à regarder plus loin que ce que notre petit cœur tout mou d'amoureux des baleines ne permet.« La baleine, il faut la tuer humainement. L'homme blanc veut pas que la baleine souffre, la douleur de l'Indien, il s'assoit dessus, mais pas sur celle de la baleine. »« Et pourquoi c'est une espèce protégée ? Je vais vous l'expliquer... nos ancêtres on chassé la baleine depuis la nuit des temps lorsqu'elles passaient devant nos côtes pour se reproduire en Basse-Californie.... Lorsqu'ils se sont rendu compte de ça, les Blancs les ont attendues en bas pour les massacrer comme des nouveau-nés dans une maternité... et ils les ont massacrées ! Comme ils ont massacré le bison, comme ils massacrent tout ce qu'ils touchent. A tel point que les Makahs ont arrêté de chasser. Pour que les Blancs arrêtent, il a fallu des lois. Les Blancs ont besoins de lois... sans lois, ils ne savent pas se tenir. Ils peuvent pas se dire... y a plus assez de baleines, on arrête les frais ! Il faut un juge pour leur répéter ce que la nature leur a déjà dit. »Un bémol pourtant ; la longueur. Autant j'ai beaucoup aimé la première partie, autant la seconde m'a ennuyée et je le regrette ! La chasse vient bien trop tard à mon goût ce qui enlève au ton le mordant que j'ai apprécié. 200 pages de moins aurait permis à cette lecture de gagner en puissance ce qui ne devrait pas vous empêcher de la découvrir malgré la très étrange couverture.

Theoma
01/12/09
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.55 kg