L'idole

JONCOUR, SERGE

EDITEUR : FLAMMARION
DATE DE PARUTION : 01/08/04
LES NOTES :

à partir de
4,49 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Se réveiller un matin, descendre dans la rue et réaliser que tout le monde vous reconnaît. C'est l'expérience étrange que vit Georges Frangin. Chômeur docile, inconnu au bataillon, il découvre qu'il est désormais une star, sans raison. Il essaie de comprendre, interroge les passants, passe pour un snob qui nie sa célébrité. Va-t-il devenir fou ? Lorsqu'on l'annonce dans une émission de télévision il appelle la chaîne. Ne vous inquiétez pas, lui dit-on, tout va bien se passer. On présente un livre de lui ? Inutile de s'en
faire, on veillera plus tard à l'écrire, si nécessaire. La gloire augmente et la pression avec. Un démontage hilarant et subtil de ce système qui a besoin de stars au point d'en fabriquer arbitrairement.Aujourd'hui Frangin est une vedette, demain ce sera peut-être la personne que vous voyez en couverture de ce livre. La célébrité se répand désormais comme par contagion. Entre Woody Allen et Kafka, ce roman est aussi un hommage à La Métamorphose. La notoriété transformerait-elle les humains en cafards grotesques oe
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« Alors voilà, je m’appelle Frangin, Georges Frangin, pendant des années j’ai cherché du travail à plein temps, sans résultat vraiment, en dépit d’aptitudes considérables, y compris dans des domaines qui ne supposent pas trop d’ambition. » (p. 196) Et pourtant, un beau jour, Georges Frangin va découvrir qu’il est célèbre : où qu’il aille, le regard des quidams se pose sur lui, éperdus d’admiration. Sans qu’il puisse en comprendre le sens, il se découvre idole. On l’invite même à la télévision pour présenter son livre de confessions, même s’il ne l’a jamais écrit. Etre une idole, c’est bien, mais comment faire durer cet état autant salutaire qu’éphémère ? Frangin, chômeur célibataire de 46 ans, va s’efforcer de mettre la question au travail…« L’Idole » est un roman fascinant qui pose des questions cruciales : le regard de l’autre, la reconnaissance, le showbiz et sa fabrique de stars, à l’infini, la télévision et l’audimat… et en filigrane, le sens de l’existence. C’est un homme, un pâle et insipide Georges Frangin, qui guide le lecteur dans les méandres de ces questions, un homme qui prend la parole en « je » et se livre en témoin d’un événement qui le dépasse sacrément : l’épiphanie d’une idole, lui-même en l’occurrence :« La vie est longue, je le sais pour l’avoir compris, en tout cas elle nous laisse largement le temps d’être visité et revisité par ces sommes de questions auxquelles on ne s’était pas répondu auparavant, plus ou moins les mêmes pour chacun, une sorte d’épreuve universelle qui fonde l’homme dans sa vraie constante, celle de n’avoir pas tout compris. » (p. 175.)Pour aborder ces questions, le style est des plus simples et des plus drôles, ce qui rend « L’Idole » encore plus attachant et percutant.« D’entrée elle se présenta comme ma nouvelle attachée de presse, comme s’il y en avait eu une avant. Elle m’appelait au sujet de cette prestigieuse émission dans laquelle je devais passer. En fait elle s’inquiétait de savoir si je m’inquiétais, tout en me précisant qu’il n’y avait pas de quoi, ce qui fatalement m’inquiéta. » (p. 129.)Mais sous la dérision, filtre, très vite, une forme de cynisme, car la situation que vit Frangin est résolument kafkaïenne. D’ailleurs, vers la fin, le propos devient plus mélancolique, qu’une retenue de l’écriture et une envolée poétique viennent magnifier.« Je suis seul par refus […] refus de se tenir droit dans le grand carambolage des jours […] j’en aurai liquidé des nuits à colmater mes rêves, des matins à miser sur les plis défaits du soir à venir. » (p. 219-220).Entre dérision et mélancolie, l’absurdité compose ici une toile de fond, sur le cadre mouvant de l’existence et des questions qu’elle vient poser à tout un chacun. Seraphita

Seraphita
29/07/13
 

Format

  • Hauteur : 21.00 cm
  • Largeur : 13.50 cm
  • Poids : 0.28 kg