L'immoraliste

GIDE, ANDRE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 17/10/72
LES NOTES :

à partir de
5,90 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

« Un matin, j'eus une curieuse rélévation sur moi-même : Moktir, le seul des protégés de ma femme qui ne m'irritât point, était seul avec moi dans ma chambre. Je me tenais debout auprès du feu, les deux coudes sur la cheminée, devant un livre, et je paraissais absorbé, mais pouvais voir se refléter dans la glace les mouvements de l'enfant à qui je tournais
le dos. Une curiosité que je ne m'expliquais pas bien me faisait surveiller ses gestes. Moktir ne se savait pas observé et me croyait plongé dans la lecture. Je le vis s'approcher sans bruit d'une table où Marceline avait posé, près d'un ouvrage, une paire de petits ciseaux, s'en emparer furtivement, et d'un coup les engouffrer dans son burnous. »
4 personnes en parlent

Ce récit est celui d'un homme, Michel, qui se confie à un groupe d'amis, un soir, face au désert. Il leur raconte son union avec Marceline, leur voyage en Tunisie d'où il échappe de peu à la mort, tombant fortement malade, et sa convalescence qui va le voir s'ouvrir à la vie, quitter cette peau qui était la sienne, fruit d'une éducation puritaine.Gide nous donne à lire l'histoire d'une renaissance, de la découverte par un homme qu'il existe une vie autre, qui jusqu'à ce qu'il s'en rende compte lui était refusée. Michel va faire fi des tabous et s'attachera à vivre pleinement le temps présent.Le récit forme une boucle, Michel racontant sa vie jusqu'à l'instant de la narration.André Gide souligne le poids des traditions, des conditions de vie engoncées dans le puritanisme, placées sous le regard de la société qui se veut bien-pensante. Au contact des jeunes tunisiens, de la nature..., il va se trouver une autre existence, et s'éloigner de sa femme qui reste figée dans son ancienne condition.Un texte très fort, qui marque le lecteur, et ne prend aucunement partie pour une situation ou un protagoniste en particulier. Maltese

Maltese
01/09/09
 

Trois amis d'enfance, Denis, Daniel et le narrateur, accourent à l'appel d'un des leurs, Michel. Le livre commence par une lettre que le narrateur envoie à son frère, lui demandant d'aider Michel et y joignant le récit de celui-ci. 1ère partie.1. Michel remercie ses amis d'être venus jusqu'à Sibi, il veut leurs raconter sa vie : ayant perdu sa mère à quinze ans, il trouve réconfort dans les études, aidé par son père historien qui l'associe au fur et à mesure a ses travaux. Il mène une vie simple et n'apprend qu'après son mariage, à vingt cinq ans, qu'il est riche et en mauvaise santé. Marceline, qu'il a épousé sans amour et dans le seul but d'adoucir la fin de son père, se découvre peu à peu a lui lors de leur voyage de noce à Tunis. La-bas, il ressent une étrange fatigue et prend froid pendant le trajet : il se met à tousser, cracher du sang et est sujet à de nombreux vertiges. Le médecin diagnostique une tuberculose, Michel est condamné mais Marceline se jure qu'il guérira.2. Grâce à ses soins, Michel est sauvé, il décide alors de profiter pleinement de la vie. Marceline ramène Blanchir, un enfant arabe qui distraie Michel durant sa convalescence. Celui-ci fait une rechute mais décide de lutter contre la maladie : il prend des résolutions pour son hygiène de vie.3. Des troubles nerveux s'ajoutent à la maladie : il est très sensible au chaud et au froid mais va un peu mieux. Il redécouvre ses sens et ses émotions.4. Il recommence à sortir et, dans un verger, fait la connaissance d'autres enfants, dont Lassif, un petit joueur de flute. Leur chambre devient le refuge de beaucoup d'enfants, les uns pour travailler avec Marceline, les autres pour jouer avec Michel. Celui-ci rechute, leurs petits protégés sont sa seule distraction mais ceux de Marceline l'agace car ils sont trop faibles et sages. Il en surprend un, Moktir, en train de voler des ciseaux ; il ne dit rien et en fait son préféré.5. Michel se lasse des enfants et prend conscience d'avoir délaissé Marceline.6. Moins absorbée par le mal, sa vie redevient consciente. Il se sent renaître et a changé : la fixité du passé ne l'intéresse plus car il a prit conscience du présent. Il prend la mort en horreur, il méprise l'histoire et ce qui lui semblait important auparavant ne l'est plus. Il cherche à découvrir l'être authentique en lui, caché sous un amas de connaissances inutiles. La santé revient.7. Il a une façon provisoire d'agir en attendant que son nouvel être soit complétement formé, il cache son changement à Marceline et trouve du plaisir à cette dissimulation.8. Michel se bat contre un ivrogne qui avait mit sa femme en danger, c'est ainsi qu'il découvre son amour pour elle : ils passent leur première nuit d'amour.9. Il se rend compte que cette vie errante et désœuvrée ne peut pas durer indéfiniment, mais ses travaux d'histoire lui semblent vains et ne le passionne plus. 2ème partie.1. Tous deux se rendent dans une ferme en Normandie, ils y coulent un bonheur tranquille ; Marceline est enceinte. Boccace, le vieux gardien de la maison, exaspère Michel et lui présente son fils Charles agé de dix sept ans. Ils deviennent amis, et Charles le conseille sur la gestion de son exploitation. A l'automne, le couple rentre à Paris.2. Michel retrouve la vie mondaine mais là aussi il joue un rôle ; il s'ennuie car il se sent différent et prend conscience de sa valeur propre. Il donne des cours au Collège de France, y revoit son ami Ménalque qui le questionne sur le sens de son silence lors du vol de Moktir. Ménalque pense que c'est parce que Michèl n'a pas le sens de la propriété. Ils se revoient et discutent beaucoup, mais Ménalque le gène car ses paroles mettent sa pensée à nu. Il lui promet tout de même de passer la nuit de la veille de son départ avec lui, et s'y rend malgré son inquiétude pour Marceline, tombée malade. A son retour, alors qu'il commence à douter de son bonheur, il retrouve Marceline au plus mal : elle a perdu l'enfant, et une embolie la met en danger de mort.3. Ils retournent en Normandie, Michel y revoit Charles mais le trouve changé. Butte lui parle des femriers et d'Alcide, l'autre fils de Boccace, qui est braconnier. Michel devient son ami et se joint à lui chaques soirs pour braconner dans ses propres bois. Mais quand Michel découvre qu'Alcide ramène les collets à son père, il se sent trompé ; Charles lui reproche son double jeu. 3ème partie.Michel emmène Marceline, qui est tuberculeuse, en Suisse car il a le sentiment de l'avoir délaissée. Mais il s'y ennuie et ne tient pas en place, tous ces voyages épuisant son épouse : " ce qu'elle appelait bonheur, je l'appelais repos". Ils retournent à Tunis, Michel retrouve Moktir qui sort de prison ; tous trois repartent à l'aventure. Lors d'une de ses fréquentes sorties nocturnes, Michel trompe sa femme ; il la retrouve, à son retour, vomissant du sang. Elle succombera le lendemain.

sovane
16/04/15
 

L'histoire est celle de Michel. Historien, il n'a vécu que pour le savoir et la culture, niant son corps et l'activité physique. A la mort de son père, il épouse Marcelline. C'est un mariage pour répondre aux dernières volontés de son père et non un mariage d'amour. Lors d'un voyage en Tunisie, Michel tombe malade : la tuberculose. Pour se soigner, il prend soin de lui, de son corps, prend son temps et jouit de la vie. Son existence est bouleversée par cette épreuve, puisqu'il laisse peu à peu de côté tous ses savoirs pour s'occuper de lui, au point d'en oublier totalement sa femme.Le personnage de Michel est le centre du roman. C'est un être qu'on imagine faible au début du roman, un rat de bibliothèque qui ne parvient pas à penser autrement que par les livres qu'il lit. Son évolution est dépeinte de façon très précise. Ce sont d'abord en Tunisie de jeunes garçons qui lui donnent goût à la vie. Il s'amuse de les voir jouer, venir prendre de ses nouvelles. Puis, en Normandie, dans sa maison de campagne, il se prend d'amitié pour le fils du gardien. Mais toutes ces personnes, qu'il retrouvera plus tard, le décevront. Il n'accepte pas que les autres vieillissent, il donne l'impression de vouloir conserver les choses en l'état pour continuer d'en jouir, sans aucune considération pour eux.C'est certainement cet aspect là de Michel qui donne son titre au roman. Il devient de plus en plus égoïste, ne prend aucun soin des autres et se moque totalement de la maladie de sa femme, mal en point après une fausse couche. Néanmoins, il est indéniable que ce roman a vieilli, plus que les autres œuvres de Gide dont j'ai parlé au début. On retrouve des thèmes fréquents chez Gide (l'homosexualité, notamment), mais je n'y pas retrouvé le mystère des autres romans. C'est ici un examen presque clinique d'une pathologie mentale que nous offre Gide, avec la froideur qui y correspond. Froideur accentuée par le fait que l'histoire de Michel est racontée a posteriori, dans une lettre. Ce n'est pas pour autant un mauvais roman, mais je trouve que ce n'est pas le meilleur pour débuter avec cet auteur. J'ai également pu lire que l'ouvrage répond à La porte étroite, autre roman de Gide, qu'il a écrit en même temps. Je sais donc ce qu'il me reste à faire.

Yohan59
13/09/12
 

"Bien poser un problème n'est pas le supposer d'avance résolu". C'est ce que nous rappelle Gide dans sa préface de L'immoraliste. Michel s'éveille à la vie après avoir survécu à la maladie. Les bases même de son existence sont à jamais bouleversées. L'écriture de Gide est évidemment belle et fluide. Elle nous livre toute la sensualité, la pulsion de vie qui emportent Michel. Il réapprend à Être, et rejette qui il était. Cette pulsion, ce déferlement, cette quête accélérera la disparition de son épouse Marcelline et l’égarera. Il demandera à trois de ses amis de le secourir. C'est par cet appel que commence le récit.Il n'y a pas de moral a trouver. Pas de jugement à poser. "Au demeurant, je n'ai cherché de rien prouver, mais de bien peindre et d'éclairer bien ma peinture." Ainsi s'achève la préface de Gide.J'ai contemplé le tableau de Gide et je n'ai pu m'empêcher de penser que le titre nous interrogeait. Michel rejette sa morale première. Sa renaissance en est la justification. Mais il devient peut être immoral lorsqu'il ne s'accomplit pas entièrement , lorsqu'il n'achève pas sa mutation et qu'il ne répond pas à l'appel de sa nouvelle morale : l' instinct. Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
13/07/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.12 kg