L'insomnie des etoiles

DUGAIN, MARC

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 05/04/12
LES NOTES :

à partir de
7,20 €

SYNOPSIS :

Automne 1945, alors que les Alliés se sont entendus pour occuper Berlin et le reste de l'Allemagne, une compagnie de militaires français emmenée par le capitaine Louyre investit le sud du pays. En approchant de la ville où ils doivent prendre leurs quartiers, une ferme isolée attire leur attention. Les soldats y font une double découverte : une adolescente hirsute qui vit là seule, comme une sauvage,
et le corps calciné d'un homme. Incapable de fournir une explication sur les raisons de son abandon et la présence de ce cadavre, la jeune fille est mise aux arrêts. Contre l'avis de sa hiérarchie, le capitaine Louyre va s'acharner à connaître la vérité sur cette affaire, mineure au regard des désastres de la guerre, car il pressent qu'elle lui révélera un secret autrement plus capital.
7 personnes en parlent

Marc Dugain, avec une écriture simple et fluide, va nous entraîner dans l’après guerre en Allemagne. Nous sommes dans un village allemand et des soldats français découvre dans ue ferme isolée une jeune fille qui va vécu seule la guerre et qui a attendu son père parti sur le front russe. Dans cette ferme, ils vont faire une découverte macabre, les ossements brûlés d’un homme. L’un des supérieurs français va vouloir résoudre cette énigme, mais que représente un mort face aux atrocités découvertes sur le territoire allemand après l’amnistie. A travers ce fait divers, Marc Dugain va nous narrer un épisode sordide de l’histoire de la deuxième guerre mondiale. Sur les traces de ces personnages, nous allons découvrir un pan sinistre de cette période. Un livre coup de poing, amis sans aucune démagogie. Un pan de l’histoire récente qu’il convient de ne pas oublier.

catherine
07/05/12
 

1945, en Allemagne. La jeune Maria Richter vit seule dans une ferme isolée après le départ de son père pour la guerre. La maison est pillée, Maria manque d'y laisser la vie quand arrivent les Français dont le capitaine Louyre qui la recueille. Il cherche à savoir qui elle est. En même temps au village où la compagnie réside, une maison de convalescence vidée de ses occupants, l'intrigue beaucoup. Grâce aux lettres de la jeune fille écrites par son père, il va percer le mystère de cette maison de santé et ce qu'il va découvrir va faire froid dans le dos...J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman au titre énigmatique. Il faut attendre le milieu du livre pour qu'il prenne toute son envergure et que le suspense s'empare du lecteur car il ne s'agit pas simplement d'une jeune fille vivant en recluse mais de bien autre chose. J'ai lu la deuxième partie en avalant quasi les pages mais j'étais bien en-dessous de ce que mon imagination avait pu pressentir. La fin du roman glace d'effroi et d'horreur et nous rappelle qu'il ne faut jamais oublier les atrocités de la Seconde Guerre Mondiale et du nazisme qui par leurs théories odieuses ont fait périr des millions d'innocents en raison de leur nationalité ou de leurs différences. Je suis passionnée par les livres sur ce sujet et je pense que celui-ci figure parmi ceux qu'il faut lire et qu'il donne lieu à réflexion ensuite.

prune42
30/08/15
 

Marc Dugain excelle dans la mise en scène de grandes figures historiques (Hoover et Kennedy dans La Malédiction d'Edgar et Staline dans Une Exécution ordinaire). Avec L'Insomnie des étoiles, nous restons certes dans le cadre de l'Histoire, mais les personnages sont de simples anonymes, des gens comme vous et moi, ce qui rend ce roman d'autant plus terrifiant, mais je reviendrai sur cet aspect un peu plus loin. Car je devine qu'une question vous taraude immédiatement l'esprit : pourquoi ce titre pour le moins étonnant ? Au cours du roman, l'on apprend que le capitaine Louyre, l'un des personnages principaux, est astronome dans la vie civile et l'on peut supposer que si ces étoiles font des insomnies, c'est peut-être parce qu'elles nous observent de là-haut et sont terrifiées par ce qu'elles ont vu… un véritable cauchemar. Oui, un cauchemar, car ce roman nous plonge dans les années sombres du nazisme en ce focalisant non pas sur les grandes manoeuvres militaires ou politiques, mais sur l'attitude de la population d'une petite ville allemande.L'action de ce roman se déroule en 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans le sud de l'Allemagne. Depuis le départ de son père pour le front russe, Marie, adolescente, vit seule dans la ferme familiale, perdue au milieu de la forêt. Sa mère se trouve en maison de repos. Son isolement est d'autant plus fort qu'elle a perdu ses lunettes, la privant de la lecture des lettres que lui envoie son père. Elle survit grâce à de maigres réserves de pommes de terre et d'oignons.C'est dans ce contexte qu'intervient une bande de pillards commandés par deux policiers nazis qui font irruption dans la ferme et la saccagent : Maria ne doit sa survie qu'au comportement trouble d'un des policiers, qui lui laisse un fardeau lourd à porter, au sens propre comme au sens figuré : un membre de la bande est violé puis abattu par ce policier sous les yeux de la jeune fille cachée dans la grange.Quelque temps plus tard, lors d'une patrouille, la troupe française du capitaine Louyre, qui est chargé d'administrer la région, découvre cette ferme isolée et cette jeune fille affamée, hirsute et hagarde… mais aussi une caisse contenant des ossements humains calcinés. Qui est cette jeune fille ? Que s'est-il passé ? Qui est mort ? Le capitaine décide de mener l'enquête malgré les réticences de sa hiérarchie pour qui cette affaire n'est qu'un vulgaire petit fait divers. Logée au sein de la garnison de la ville dont le capitaine est chargé d'assurer l'ordre et la sécurité, Maria se livre peu à peu. Mais, très vite, le capitaine pressent qu'il s'est passé un drame épouvantable dans cette ville très calme en apparence, mais où règne une atmosphère étrange, lourde et poisseuse. Intrigué par la grande maison de repos située sur les hauteurs de la ville, aujourd'hui désaffectée alors que les blessés ne manquent pas, le capitaine interroge le maire puis l'ancien directeur de l'établissement… Le capitaine va alors découvrir que cette maison de repos a été le théâtre d'un massacre organisé à une vaste échelle dont la mère et le père de Maria ont été les victimes directes ou collatérales (selon la terminologie actuelle !).À partir d'un fait divers en apparence anecdotique compte tenu des millions de morts de la Seconde Guerre mondiale, Marc Dugain aborde un volet rarement traité de l'idéologie nazie : l'élimination des handicapés et des malades mentaux. Ce roman est construit en deux parties : la première est centrée autour du personnage de Maria, de sa vie au quotidien à la ferme et de son isolement ; la seconde, parfois un peu trop didactique, évoque les atrocités commises par les nazis au nom de la pureté de la race (eugénisme). L'articulation entre ces deux parties est un peu radicale : on bascule directement et sans transition de l'enquête sur les ossements humains découverts à l'enquête sur la maison de repos. Et le personnage de Maria est un peu éclipsé dans cette seconde partie, ce que j'ai regretté, car il est attachant dès le début du roman. Mais les pages où le directeur de la maison de repos, le docteur Halfinger, révèle sans aucun remords les actes qu'il a commis et exprime ses convictions sont particulièrement fortes et oppressantes, car elles nous mettent face à notre propre violence, notre propre folie et aux extrémités auxquelles elles peuvent nous mener. Marc Dugain nous montre ici l'âme humaine dans toute sa noirceur et sa lâcheté.L'ensemble du roman, souvent en huit clos, baigne dans une atmosphère pesante, fétide et lourde, comme une chape de plomb, une atmosphère retranscrite grâce à l'utilisation d'un style âpre, minéral, sobre, distant, quasi clinique, sans mélodrame ni lyrisme. Heureusement, deux personnages offrent tout au long du roman une bouffée d'air, une note d'humanité et d'espoir, un réconfort et tirent le roman vers un peu de lumière : le capitaine Louyre, intellectuel mélancolique, placide et sans illusion sur la nature humaine, et Maria, adolescente acharnée à survivre quels que soient les sacrifices nécessaires pour cela. Toutefois, les protagonistes sont eux-mêmes imprégnés par cette froideur vis-à-vis du lecteur : ils ne se dévoilent guère et ne sont que peu caractérisés. Cela est compréhensible et nullement gênant pour la plus grande partie du roman, mais j'aurais aimé qu'ils prennent un peu plus de couleurs à la fin, qu'on les sente revivre, prendre du volume, car, petite déception, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages qui sont restés un peu inconsistants.Un roman saisissant, qui prend aux tripes et qui continue d'interpeller le lecteur une fois le livre refermé.

Hypatia
02/02/14
 

Après avoir lu "la chambre des officiers" c'est sans hésiter que j'ai plongé dans la lecture de ce roman de Marc Dugain. Bon point : la période traitée, la fin de la seconde guerre mondiale est abordée sous un angle inédit, pour moi en tous cas. La défaite vue du côté allemand. L'auteur se risque à étudier les rouages d'une idéologie qui pousse un homme à adhérer aux crimes les plus barbares.Malheureusement, une fois le livre refermé, on reste un peu sur sa faim. J'aurais aimé que Marc Dugain pousse jusqu'au bout le côté "roman policier". Il reste à la fin de la lecture de nombreux point d'interrogation.Reste que ce livre se lit d'une traite à conseiller à ceux qui, comme moi, peinent à trouver du temps pour se poser et lire un peu !

margaid
22/07/13
 

Ma fascination pour cette période étant ce qu'elle est, inévitablement quand je suis tombée sur ce livre, j'ai complètement délaissé l'ordre (en réalité aucun ordre établi même si parfois j'aime à le penser...) de lecture de ma PLAL. La lecture est prenante, presque "poétique" à certains passages et pourtant, je referme ce livre un peu déçue (finalement, plus aucune allusion n'est faite à ce cadavre calciné, un peu à la base de l'histoire quand même....?), il m'a manqué un petit quelque chose pour être passionnée. Cela reste une lecture "plaisante" (si je puis la définir ainsi vu l'époque de référence).

LAPESTE
28/05/13
 

Dans une Allemagne sous occupation française, une jeune fille, (jeune femme?) est retrouvée vivant seule dans une fermée isolée, survivant de pommes de terre et d'oignons. Dans une caisse, les restes calcinés d'un homme.Le capitaine Louyre, intrigué par cette découverte, ainsi que par l'hôpital, vide, va mener sa propre enquête. Quoi que mener son enquête ne soit pas vraiment ce qu'il fait, puisqu'il comprend assez vite ce qu'il s'est passé. Mais il veut entendre la confession du docteur Halfinger, ancien directeur.D'une prose très sobre, presque clinique, qui ne s'encombre pas d'envolées lyriques ou de fioritures inutiles, Marc Dugain, dont j'avais adoré La malédiction d'Edgar, propose une réflexion sur l'horreur brute et sans limite. Si les nazis et autres fascistes en avaient après les Juifs et les homosexuels, ils en avaient également après les malades mentaux, handicapés etc. Tout ceux qui affaiblissaient la "race aryenne pure" devaient être isolés, et empêchés de se reproduire. Dans cette ville de la campagne allemande, silencieuse, hébétée par la défaite, Louyre sait que le pire de ce que peut imaginer l'homme est arrivé. Il obtient d'Halfinger que celui-ci lui décrive en détail ce qui s'est passé, et notamment le traitement réservé aux schizophrènes et autres malades mentaux. Sous la forme notamment de mort par faveur. Une jolie formule pour parler d'euthanasie et d'eugénisme.Si le début m'a semblé un brin longuet, plus le récit avance plus le lecteur se trouve implacablement aspiré dans un récit terrifiant. Le récit final se lit d'une traite, avec une sorte de fascination morbide pour toute l'horreur du programme mis en place par les nazis.Le personnage de Louyre, militaire parce qu'il le faut bien, astronome dans le civil, est plus préoccupé par l'humain, par la philosophie, le mal. Son personnage examine le monde sans illusions, avec un certain cynisme, mais pas sans émotions.J'ai quand même trouvé que le point de départ de l'intrigue, le fait que Louyre trouve intriguant un meurtre et la fermeture d'un hôpital alors que l'un n'a rien à voir avec l'autre, même de loin, était un peu léger. Mais c'est tout.Cette lecture ne fut pas un coup de coeur comme La malédiction d'Edgar, mais je l'ai beaucoup appréciée.

Choupchoup
08/04/13
 

Tombée amoureuse (livresquement parlant j'entends) de Marc Dugain après avoir lu "Avenue des Géants", lire ce roman s'est imposé à moi qui suis friande de lectures concernant la seconde guerre mondiale. Sauf que malheureusement cette lecture, bien qu'intéressante, fut quelque peu décevante.Ce roman est bien écrit, il se lit facilement et finalement les 226 pages sont rapidement lues. Cette lecture est intéressante car elle nous offre une autre vision de la seconde guerre mondiale qui a aussi fait des victimes parmi la population allemande ; les vilains soldats allemands n'étaient-ils pas aussi de bons pères de famille qui n'avaient qu'un seul tort : être allemands. Maria, jeune fille de 15 ans, survit tant bien que mal dans la ferme familiale abandonnée où elle se retrouve seule après le départ de son père pour le front. Elle aussi est une victime de cette horrible guerre et à bien des égards dont je peux rien dire de plus sous peine d'ôter tout mystère à cette lecture. L'arrivée d'une équipe de militaires sous le commandement du capitaine Louyre va changer sa vie et l'enquête menée par ce dernier pour découvrir ce qui s'est passé dans ce petit village va nous en apprendre, encore, sur la folie du nazisme et les horreurs commises par ce régime.Si cet aspect du roman m'a beaucoup plu, j'ai quand même trouvé que le rythme était trop long et parfois ennuyeux. Par ailleurs, je n'ai pas bien compris le lien entre la découverte de Maria et du corps calciné et le reste du roman avec cette envie de Louyre de découvrir ce qui s'est passé dans ce petit village pour que la maison de repos se retrouve fermée. Et ce côté un peu fouillis et peu cohérent du roman m'a un peu gênée.Globalement, c'est un roman qui m'a plu pour son côté instructif et si je n'ai pas retrouvé dans cette lecture le plaisir que j'avais éprouvé à lire Avenue des Géants, je n'en tiendrai pas rigueur à l'auteur (pour l'instant) et compte bien poursuivre ma découverte de ses oeuvres.Bref, c'est un roman à lire pour avoir une autre vision des horreurs de la seconde guerre mondiale mais loin d'être indispensable. Tigrou4145

Tigrou4145
20/01/13
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.16 kg