L'interdite

MOKEDDEM, MALIKA

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 21/06/95
LES NOTES :

à partir de
4,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Malika Mokeddem L'Interdite Parce qu'une lettre d'un homme qu'elle a jadis aimé, Yacine, est postée de son village natal d'Aïn Nekhla, Sultana revient en Algérie où elle a grandi. Elle a choisi l'exil pour échapper à la condition faite aux femmes de là-bas. Elle est devenue médecin en France, à Montpellier. Yacine vient de mourir. Il était également médecin et elle décide de le remplacer quelque temps au dispensaire. Elle rencontre bientôt Vincent qui, lui, porte le métissage dans sa chair. On lui a greffé le rein d'une Algérienne. Entre Vincent et Sultana naît une histoire d'amour
qui vaudra à la jeune femme haine et menaces. Elle devra, une nouvelle fois, céder la place... C'est de sa vie et de son expérience que Malika Mokeddem a tiré ce roman d'une société déchirée entre préjugés et progrès, religion et fanatisme. Roman d'engagement et de témoignage, donc ; mais roman d'abord, d'une écriture authentique, frémissante de passion. En refermant L'Interdite, on pense irrésistiblement à cette phrase du poète algérien Kateb Yacine : « Quand une femme écrit, elle vaut son pesant de poudre. » Une explosion de colère... Michèle Amzallag, Jeune Afrique.
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Se contenter d'être, exister, quand on est que vide et absence. Partir, revenir, se mouvoir comme le sable brûlant des ergs, être une femme, être libre quand on est algérienne, être d'ici quand on réside ailleurs, être un vent chaud quand son cœur transi son âme. Vivre quand votre retour accompagne vos rêves au cimetière, aimer alors que la mort vous ôte l'être chéri « pour le mettre dans un trou de pourriture et après, toi, tu as un trou dans ta vie ». Sultana ne sait plus. Exilée, la mort de Yacine lui offre l'espoir d'un retour, d'un refleurissement dans un village qui l'avait abominée. Elle la paria devenue médecin fuit la vie, se musse dans sa tête pour affronter ses peurs, sa mémoire, s'érigeant forteresse face aux doctes imbéciles qui régissent son village.Se contenter d'être, exister, quand la maladie vous a rendu différent. Partir sur les traces d'une greffe, rencontrer l'indicible, sentir la vie d'une donneuse par(-dedans) son pays. Devenir, comprendre, vivre, les questions envahissent le greffon de Vincent. Lui l'occidental, le juif, recèle en son rein un autre métissé. Chair d'exil, corps d'accueil, les races, les différences n'existent plus dans son organisme.Se contenter d'être, exister alors que « la vie, ici, ne supporte pas la gaieté, surtout chez une femme ». Dalila le côtoie au quotidien, seule sur les dunes elle attend Yacine, recluse dans ses rêves, dans l'ombre de sa soeur Samia parti étudier à Lafrance. La fillette ne veut pas connaître l'isolement féminin dans cette caste masculine, elle songe d'espace, de peut-être, « rien n'est ni un espace, ni un rêve. Rien est un mot du néant. Il enlève tout, même l'espace ». Percher sur le sémaphore de sa liberté, elle se rebelle en pensée, se forge dans l'éducation loin du conformisme ambiant.Dalila, Sultana, Vincent vont se heurter dans une Algérie en pleine mutation.Malika Mokeddem nous livre un roman chorale sur sa vie, son pays. Des êtres en exil, un pays confronter à la montée de l'islamisme, aux ruines d'un héritage ancestral et à la volonté de modernisme qui souffle. Un regard sur la condition féminine. « Je ne voudrais pas être une femme ici. Je ne voudrais pas devoir porter en permanence le poids de ces regards, leurs violences multiples, attisées par la frustration ». Ronger entre suspicion et soumission difficile de trouver sa place pour Dalila et Sultana. Ni algérienne, ni française, un problème que connaît l'auteure, elle qui déserta son pays pour la France et Montpellier. Des questions multiples sur l'exil, l'identité, le racisme, le fanatisme, s'éveillent au rythme des chœurs, aux chants du muezzin. Des êtres de rupture dans un pays mouvant, le roumi que l'on plume ou le blasphémateur qu'on allume, la femme qu'on fustige, qu'on inflige. Un roman sur l'Algérie. « Tu as des silences suffisants, des silences de nantie. Des silences pleins de livres, de films, de pensées intelligentes, d'opulence, d'égoïsme... Nous, nos rêves affamés nous creusent. Nous nous serrons au pied des murs et nous adonnons à l'invective, seulement pour résister dans une Algérie en carême, en proie à tous les démons derrière sa barbe qui grouille de morpions ». Pasdel

Pasdel
25/01/16
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.12 kg

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