L'interieur de la nuit

MIANO, LEONORA

livre l'interieur de la nuit
EDITEUR : POCKET
DATE DE PARUTION : 07/09/06
LES NOTES :

à partir de
6,95 €

SYNOPSIS :

De nos jours. Dans un pays imaginaire d'Afrique noire... Après plusieurs années d'études en Europe, la « fille de l'étrangère », Ayané, retourne à Eku, son village natal, au chevet de sa mère. La colère gronde dans cette région entourée de collines au milieu de la brousse, qui évolue hors du temps, selon des traditions ancestrales
: de prétendus patriotes du Nord, furieux et sanguinaires, réussissent à pénétrer au coeur d'Eku et le mettent en quarantaine. Sous couvert d'une idéologie prônant le retour à une Afrique flamboyante et mythologique, les miliciens préparent une longue et horrifiante cérémonie : pour Ayané, la nuit sera longue...
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Ames sensibles s'abstenir, car ce livre révèle la noirceur de l'âme humaine! Dans un pays imaginaire d'Afrique équatoriale, les villageois d'Eku à qui on n'a jamais rien demandé et qui vivent depuis toujours de la même façon, vont devoir commettre un acte terrible s'ils veulent survivre. Pourquoi l'intérieur de la nuit? Parce que leur destin se joue en une nuit, et une fois leur sort scellé, leur âme en peine entre dans une nuit interminable. Superbement écrit, Léonora Miano décrit sans fard une Afrique résignée où la politique sauvage et les mercenaires utilisent les habitants pour arriver à leurs fin, au mépris de toutes les règles d'humanité. Quelques scènes sont fortes et peuvent choquer, mais elles témoignent du jusqu' au boutisme de ces éléctrons libres prêts à tout pour faire régner la terreur. Par le biais de sa protagoniste, rejetée par les siens car "étrangère" et cultivée, l'auteur fait résonner le NON lancinant et implacable. Malgré tout, le choix existe toujours, et parfois la mort n'est elle pas préférable à une vie pleine de remords? Un premier roman abouti et superbe, un grand livre. vivi

vivicroqueusedelivres
15/02/12
 

C’est HORRIBLE, PUISSANT, DERANGEANT, en reprenant les codes des grandes tragédies (unité de lieux, d’action, de temps …etc.) et sans chercher l’autocensure, elle nous entraîne dans une société moderne anthropophage où seul règne la loi du plus fort ou n’est-elle pas plutôt celle du plus fou.Alors soit un homme mon fils !Mais voilà, les personnages sont effacés et à trop vouloir servir son propos, elle le dilue, le noie par des personnages fantômes. Ayané sert de véhicule, mais sa peinture est rouillé, heureusement que le texte est court, elle aurait eu du mal a tenir quelques pages de plus.

Lacazavent
01/05/13
 

Résumé du livreAyané après de longues années d'absence, revient dans sa terre natale pour accompagner sa mère mourante dans sa dernière demeure. Au village Eku, personne ne voir d'un bon oeil son retour et surtout pas la doyenne Ié, sa tante maternelle. Mais plus que cela, le village est encerclé. Plus personne ne peut entre ou sortir du hameau. On dit que les rebelles vont venir. Les villageois attendent, fatalistes. Puis une nuit, les rebelle arrivent et met à feu et à sang le village. Personne ne va s'en sortir indemme de ce traumatisme.Quelques mots sur l'auteurCe livre est le premier roman de Léonora Miano. Originaire du Cameroun, elle est née en 1973. Elle vit en France depuis 1993. Elle est une écrivaine prolifique. Sa thématique est centrée sur une réflexion profonde de l'Afrique, de son tissue socioculturel et politique. Son dernier roman, Ces âmes chagrines vient d'apparaître et a reçu de nombreuses critiques positives.CritiqueCe roman est puissant par sa critique de la société africaine. Mais toute l'histoire ne se résume pas seulement à une cinglante dénonciation des erreurs de gestions de l'Afrique. L'auteur promène sa plume et souligne en gras la condition de la femme africaine avec nuances et complexités. Elle met aussi en exergue le point de vie des "déracinés", des "sans terre" au travers les tribulations de Ayané, l'étrangère. Trois axes émergent: le politique, le poids des traditions et le non enraciné. Du point de vue géopolitique, les rebelles veulent laver toute souillure liée à l'Afrique et à son histoire passée à savoir la colonisation. Selon les dires du chef des rebelles, l'Afrique a été pervertie par la présence européenne. Mais cette perversion n'est pas due seulement à la soumission politique et sociale des africains aux puissances étrangères. Elle est aussi et surtout morale. Elle en constitue une faute. Elle fait perdre à l'Afrique sa magnificence. C'est pourquoi, ceci se traduit par une double action violente et barbare faite aux gens d'Eku. Elle est violente par le récit d'une mythification de l'Afrique dans laquelle le chef rebelle s'évertue à donner une filiation et une généalogie prouvant qu'il appartient à une lignée d'encêtres et de dieux justes et intègres. De plus cette filiation atteste selon lui une ramification complexe qui relie tous les membres d'une communauté entre eux. Ce long récit qui doit normalement être raconté par le griot est ici un élément qui va légitimer l'action du chef des rebelles, ses frères et sa milice. De ce fait, elle est vidée de toute substance sacrée. Elle ne relie pas. Elle est la pomme de la discorde aboutissant à un acte dénaturé. En effet, elle va entraîner une demande de sacrifice pour sceller "l'alliance" entre les villageois et consolider la communauté. L'enfant mâle Eyia est sacrifié et sa viande est offerte selon un rituel établi. Tout le monde est obligé de manger la chair de l'enfant et ingérant ainsi sa pureté qui régénère l'âme. Telle est le but du rebelle pour soumettre ses victimes. Comme l'adage le souligne "Qui ne dit mot, consent" De ce fait, en mangeant la chair humaine, le cannibalisme n'est plus un tabou moralement répressif mais se fait acte. Comme tout le monde y participe, tout le monde est coupable. Acte perverti car non conforme aux sacrifices lors de la création. En effet, selon la cosmogonie des Dogons (pour ne prendre que celle ci), le cannibalisme est une nécessité pour créer le monde. Il sert à comprendre et à apprendre des anciens des rituels pour toujours maintenir l'harmonie et l'équilibre. L'auteur dénonce cette violence faite aux africains par des africains. Elle dénonce aussi le fatalisme qui est un vecteur de soumission et d'incitation au sadisme. Deuxième axe: la condition des femmes. En effet, le livre s'intéresse aussi aux coutumes ancestrales qui asservissent les femmes. Cependant la figure de la matriarche Ié se détache. Courageuse, froide mais intelligente, elle est la figure de la cohésion du groupe. Elle est l'ordre, la morale, le devoir et la gardienne des traditions que Ayané rejette. Elle est la face dure et revêche d'un medaillon qui envoie la jeune et immature Ayané sur les roses. Face à cette facade diurne, Ayané trouve du réconfort et conseil auprès de la tante de sa mère Wengisané. Ce que Ié refuse d' enseigner à Ayané, Wengisané le lui donne en acceptant d'entreprendre son éducation et lui ouvre les yeux sur l'imperfection et la légèreté de son système de pensée qui ne prend pas en compte les contradictions de l'Afrique et de son mode de pensée. Troisième axe: Ayané elle même. Refusant de prendre Afrique en héritage comme une partie d'elle mêmme, Ayané erre. Elle est sans terre car ne sachant pas où est sa place. Elle est déracinée car elle n'a jamais fait l'effort de comprendre et de poser la bonne question. Son individualisme poussé à l'extrême lui fait perdre le sens pratique du savoir vivre: elle revient sur la terre de sa mère sans un présent, sans un mot aimable pour celles qui ont pris soin de sa génitrice lorsqu'elle même était loin. Ainsi, pourrais-je dire que pour moi c'est un livre qui m'a permis de mieux comprendre aussi mes manquements et mes erreurs. Issue moi même d'un monde qui est quelque peu similaire quant aux fonctionnements des us et coutumes d'Eku, je ne peux qu'être touchée par ce livre. La suite ou plutôt les suites vont surement enchanter mon besoin de comprendre l'autre. Bonne lecture à tous. :) Victoire

tran
03/05/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.13 kg

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