L'obeissance

SUREAU, FRANCOIS

livre l'obeissance
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 23/10/08
LES NOTES :

à partir de
5,90 €

SYNOPSIS :

En mars 1918, la Grande Guerre est tout près d'être perdue, sous les coups de l'armée allemande rassemblée pour un dernier assaut. Au même moment, le gouvernement belge demande au gouvernement français de lui prêter la guillotine et le bourreau de Paris pour exécuter à Furnes, en zone d'occupation allemande, un condamné à mort. Voici plus de cinquante ans que la Belgique n'exécute plus ses criminels, mais le roi des Belges a décidé de faire un exemple. La France accepte. Deibler, « l'exécuteur des hautes oeuvres », se met
en route vers Furnes, avec sa machine démontée et rangée dans des caisses, sous la protection d'une petite escorte. Il leur faudra traverser la ligne de front, munis de sauf-conduits délivrés par tous les belligérants. Les États se sont mis d'accord, non pour arrêter la tuerie, mais pour permettre à un bourreau d'exécuter un homme de plus. S'inspirant de faits réels, François Sureau nous présente un récit dramatique sur l'obéissance aux ordres, une méditation sur la conscience de ceux qui y consentent malgré tout.
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’ai lu quelque part (mais forcément dans un lieu très comme il faut) que l’obéissance est un mécanisme de défense contre le sentiment d’insécurité.Ce n’était pas seulement un sentiment que ressentaient ces soldats mandés par le gouvernement français pour accompagner de Paris à Furnes, en Belgique, le bourreau Anatole Deibler et les bois de justice et qu’il y exécute Émile Préfaille pour un meurtre dont l’hétéroclite équipage français se moque comme de l’an quarante. Il faut dire que de l’an quarante, on en est loin, puisque c’est en mars 1918 que le périple va devoir s’opérer. Alors, non, ce n’était pas un sentiment d’insécurité, c’était une insécurité totale et réelle. Mais qui (ou quoi), pour ces hommes, représentait l’insécurité ? L’Allemagne et sa barbarie. La France allait les sauver, c’était évident !Ça bombardait, ça canardait, ça détruisait, ça éventrait… une boucherie obscène, absurde et meurtrière. Bien plus meurtrière que ce condamné Belge (il n’a tué « que » deux personnes », lui). Bien plus meurtrière que ce bourreau qui ne comptabilise « que » trois cent quatre-vingt-quinze mises à mort. Mises à mort dites légitimes, puisqu’elles lui avaient été commandées.Il en est qui ont des dispositions à obéir. C’est le cas de ces hommes, qui n’envisagent pas un seul instant qu’ils pourraient se cabrer au motif de la sauvegarde de leur propre vie. Droit devant, quoi qu’il arrive, pour ne pas désobéir.Un roman de François Sureau, exhumé d’un fait réel. Un roman qui dresse les portraits d’hommes qui ne luttent pas contre le risque de leur propre mort. Parce qu’ils acceptent de s’inféoder, sans se demander un seul instant pourquoi. Leur docilité à l’ordre supérieur, à l’engrenage inéluctable des rouages administratifs, politiques et militaires, est stupéfiante. Aussi stupéfiante qu’aberrante.Le thème de ce texte n’est pas la guerre ; elle sert d’assise à l’auteur pour une magistrale démonstration sur la soumission à l’autorité. Ce pacte qu’un individu peut passer de plein gré avec un autre auquel il a reconnu une valeur et pour lequel il échange sa liberté d’exister et de penser. Un pacte qui l’autorise à tuer, sans remord, puisque ça lui a été demandé. Même pas exigé, puisqu’il est « librement » consentant, pourrait-il affirmer. Un pacte qu’il ne remettra pas en cause, même si sa propre vie est compromise.À l’heure de la montée des intégrismes de tous poils, dans le monde entier, chez nous aussi, à l’heure où la diabolisation de « l’autre différent » bat son plein… comment ne pas tirer de conclusion à la lecture de ce livre ?Ce texte me rappelle le film « I comme Icare », qu’Henri Verneuil avait réalisé en 1979 pour illustrer l’expérience de Milgram, un psychologue américain qui, entre 1960 et 1963, a évalué le degré d’obéissance d’un individu devant une autorité qu’il juge légitime, et a analysé le processus de soumission à l’autorité, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet. Mais dans le roman de François Sureau, les problèmes de conscience ne sont que peu évoqués. Martine Littér'auteurs

litterauteurs
28/12/14

Depuis ma lecture du texte "Le Chemin des morts" de François Sureau, j’étais plus que curieuse de découvrir un autre récit de l’auteur. Je n’ai pas été déçue de mon choix avec ce roman inspiré de faits réels (L’obéissance a d’ailleurs reçu le Prix du roman historique des Rendez-vous de l’Histoire de Blois )Un grand roman à tous points de vues, un roman choral, alternant récits des protagonistes, lettres, notes et courriers interministériels dont le sujet et l’époque sont traités avec brio. La plume, leste, précise, concise, témoigne d’une maîtrise qui m’a soufflée, la finesse et profondeur du propos, l’humanité et la lucidité qui se dégagent des portraits sur le ton sans concession, la violence des scènes de combats – pages au talent narratif impressionnant – et de l’ironie, le sens évident du récit et de la formule qui se plante là comme son décor. Si dense et si fluide à la lecture. Une véritable pièce de bravoure menée tambour battant, captivante, percutante.Sous l’horreur de cette guerre, sous l’absurde de la mobilisation et des enjeux de cette mission de » convoquer un bourreau au milieu d’un champs de bataille « , ce récit est incroyablement vivant pour raconter la mort, la relation à la mort, le non-sens accepté de la mort, de ces morts; tant de morts pour quelle valeur de la vie ? Pour quelles lois de respect de la vie et de la société des hommes ? « Désordre à l’avant mais de l’ordre à l’arrière » ?« Deux cent mille Anglais poussés aux reins par les Boches, les nôtres qui montent. Et nous, moins qu’une escouade à travers ce bordel, avec des civils encore ! Pour un seul branque ! Sait-on ce qu’il a fait ?« Ce roman est à la fois une réflexion sur la guerre ( et sur la responsabilité confrontée à un rôle engagé comme dans Le chemin des morts ) et un tableau de la guerre extrêmement réalistes et perspicaces, sur ceux qui s’y précipitent, sur ceux qui y sont précipités, sur ce qu’ils y deviennent tous, sur tous les paradoxes. Pas de grands mots dans ce grand roman sur la Grande Guerre, ni de grandes convictions si ce n’est celle de la conscience individuelle, c’est le nu et la vérité des hommes, ces bureaucrates, ces gueules cassées. Et un bourreau.

Marilire
29/11/13
 

Format

  • Hauteur : 17.90 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.10 kg

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