Oeil le plus bleu (l')

MORRISON, TONI

EDITEUR : CHRISTIAN BOURGOIS
DATE DE PARUTION : 23/09/94
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Chaque nuit, pecola priait pour avoir des yeux bleus. Elle avait onze ans et personne ne l'avait jamais remarquée. mais elle se disait que si elle avait des yeux bleus tout serait différent. elle serait si jolie que ses parents arrêteraient de se battre. que son père ne boirait plus. que son frère ne ferait plus de fugues. si seulement elle était belle. si seulement les gens la regardaient. Quand quelqu'un entra, la regarda enfin, c'était son père et il était saoul elle
faisait la vaisselle. Il la viola sur le sol de la cuisine, partagé entre la haine et la tendresse. Tout aurait pu être différent pourtant, si cholly avait retrouvé son père, si pauline avait eu une maison bien rangée comme elle les aimait, si pecola avait eu les yeux bleus. L'oeil le plus bleu est le premier roman de l'auteur de beloved et jazz, prix nobel 1993. publié aux etats-unis en 1970, il reparaît en france dans une traduction nouvelle de jean guiloineau.
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Non... toutes les choses ne sont pas réglées, et pas seulement au pays de l'oncle Sam.L'esclavage, au delà de l'horreur qu'il a fait vivre aux chairs, imposant la dépossession des corps, à créer un traumatisme extrêmement profond dans les âmes, et cela durant des générations.Il ne suffit pas que cela cesse pour que tout soit réglé.Il en est pour l'esclavage et il en est de même pour le colonialisme.Pour toute forme de société instaurant la suprématie d'une race, d'une ethnie, d'une religion sur d' autres.Déculturer totalement des peuples, imposer l'amnésie de plusieurs cultures, de civilisations, anéantir tout repère. Quelles en furent les conséquences? Quelles en sont également leur survivance ?Comment vivre lorsqu'on se voit imposer comme mètre étalon la race, la culture ou la religion qui vous oppresse, vous possède, vous décervelle ? Comment y survivre ?A ces états de faits, surgissement de multiples syndromes traumatiques et post traumatiques qui s'inscrivent profondément et pour très longtemps dans toute la société.Mais de cette mémoire peu de choses nous parviennent pour finir aujourd'hui.La culture américaine montre en ce 21e siècle un visage multi racial. Mais l'Amérique tellement friande de revivre et de faire revivre au monde entier ses guerres, ne parle étrangement presaue jamais de l'esclavage. du moins très peu d'écho nous parviennent.Un fait acquis, peut être, mais non réglé.Et les derniers événements qui ont eu lieu en cet été 2014 au USA nous le montre bien. Il y a toujours un problème racial aux USA. Comme il existe encore et toujours un problème racial dans tous les pays qui furent colonialistes ou esclavagistes. Il en va des USA comme de l'Europe et dans bien d'autres pays du globe. Afrique, Australie, Asie, aucun continent n'y échappe.Pour comprendre l'échelle du tsunami que provoquèrent ces crimes, car l'esclavage mais également le colonialisme furent des crimes contre l'humanité, il faut des mots comme ceux de Toni Morrison.Pour comprendre ce que le fait d'oppresser, à ce point, un groupe d'hommes sans jamais lui laisser d'échappatoire, aucun moyen de contestation, de rébellion, sans jamais lui permettre de se « décharger » de l'oppression, peut provoquer à l'intérieur du groupe opprimé, il faut que les histoires soient exprimées comme ici avec le talent, la délicatesse, l'honnêteté que montre Toni Morrison. Pour comprendre la survivance des spectres et fantômes qui hantent encore de nos jours les esprits il faut ces mots là.La pression, la tension ne pouvant être émise vers l'extérieure, c'est à l'intérieur que se retourne la décharge. Que ce soit en soi ou à l'encontre des membres du groupe. La couleur même de sa propre peau peut devenir insupportable, comme une tache indélébile que le mauvais sort s'acharne à vous donner. On en vient parfois à se haïr soi même, à mépriser même son propre frère, et même jusqu'à maltraiter ses propres enfants.Des petites filles rêvent de cheveux blonds et de regard bleu, la seule image de princesse qu'une société autorise à vénérer. D'autres brisent les poupées qui leur renvoient la négation de ce qu'elles sont.Il faut le langage de Toni Morrison pour entrer dans l'esprit traumatisé.Lorsque l'enfant noir se regarde à travers le prisme du miroir des blancs sa vision est difforme, déformée. Comment construire et se reconstruire lorsque la réalité vous échappe, vous qui ne pouvez de nul part vous échapper ? Comment retrouver son image, comment apprendre à l'aimer?Pour comprendre un peu mieux ce que l'Amérique ne montre pas, ne dit pas, ce à quoi elle n'a pas totalement fait face, il y a les livres de Toni Morrison. Paroles toujours justes, sans aucun manichéisme, et peines d'une terrible et profonde humaine vérité. Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
31/10/14
 

L'oeil le plus bleu met en scène une jeune fille noire et laide, Pecola qui rêve d'avoir les yeux bleus. Le roman commence avec un étrange prologue, sans lien tangible avec le reste du roman, dans lequel personne ne veut jouer avec une petite fille nommée Jane. On retrouve cette référence à Jane au début de chapitres dans des phrases sans espace entre les mots et sans ponctuation. Le reste de l'histoire est raconté en alternance par Claudia, une autre fille noire et un narrateur omniscient. Claudia vit avec sa soeur Frieda et leur mère recueille la jeune Pecola dont le père semble être une brute. A travers une série de retours en arrière, on comprend que les parents de Pecola ont été incapables de lui manifester de l'amour, ce qui explique son désir d'avoir des yeux bleus, et qu'eux-même ont vécu des expériences traumatisantes dans leurs vies. Cholly, le père, a été humilié par des blancs lors de sa première expérience sexuelle et Pauline, la mère, se sent désormais mieux dans la famille blanche chez qui elle vit et où tout est confortable plutôt qu'avec les siens. Ce qui nous mène à la scène, celle qui a fait qu'on a tenté d'interdire ce roman dans les écoles, la scène de l'inceste. Avant de lire ce roman, je ne savais pas qu'il mettait en scène une jeune fille victime d'inceste, cette scène fut donc d'autant plus terrible que je ne l'attendais pas. C'est assurément un tournant dans le roman et cette scène en fait la force puisqu'il entraîne Pecola dans la folie et que Toni Morrison manie le thème de ma folie avec le talent qu'on lui connaît et qu'elle dévoilera sans doute encore davantage dans Beloved. Mais si j'en comprends la portée et la force, j'ai trouvé que cette scène était très dure à cause non seulement de ce qui est décrit mais de ce que ressent le père juste avant l'acte. Les questions que se posent Claudia et Frieda sur le fait que peut-être ce père a été le seul a aimer cette enfant m'ont profondément gênée. C'est donc un roman très fort et dérangeant. http://vallit.canalblog.com/archives/2012/07/25/24675519.html#comments

cocalight
12/03/13
 

Acheté d'occasionExcellent état

un flyer
13/02/09

Format

  • Hauteur : 20.00 cm
  • Largeur : 12.00 cm
  • Poids : 0.25 kg
  • Langage original : ANGLAIS

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