L'ogre

CHESSEX-J

EDITEUR : GRASSET ET FASQUELLE
DATE DE PARUTION : 02/04/03
LES NOTES :

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7,20 €
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Ebook

SYNOPSIS :

À travers une histoire très concrète, très proche du quotidien, très charnelle, c'est un drame fondamental que traite Jacques Chessex : la mort du père. Mais son roman ne remue pas des idées ; on y sent au contraire passer toutes les rumeurs de la vraie vie. Jean Calmet approche de la quarantaine. Il est professeur de latin au lycée de Lausanne. Nous le découvrons le jour des obsèques de son père, le Dr Calmet, au crématoire de la ville, par un matin de soleil sur le lac. Va-t-il être, par cette mort, libéré ? L'ombre du disparu va-t-elle au contraire le poursuivre, finissant par pénétrer chaque circonstance de chaque jour du froid et du vertige de la destruction oe Le Dr Calmet était un " personnage " : tyran familial, force de la nature, porté sur le vin blanc de Lavaux et les servantes d'auberge, troussant à l'occasion la gamine de 20 ans que son fils, adolescent, poursuivait gauchement de sa tendresse et de son désir sans oser la traiter comme elle l'attendait : en fille. Partout, toujours, Jean Calmet a cru sentir
l'oeil de son père qui le guettait, son énorme appétit de vie qui rendait dérisoires les scrupules et les inappétences de son fils. Et voilà que, le père mort, son pouvoir mystérieusement s'amplifie, s'aggrave, se fait obsédant. Réduit en cendres, et ses cendres enfermées dans une urne de marbre, le père est toujours là, omniprésent, prêt à continuer de dévorer ses survivants comme il a toujours dévorés ses compagnons de vie. Et ce n'est pas, dans ce combat inégal, la vie qui triomphera... La force du roman de Jacques Chessex est d'envelopper son histoire d'un réseau de faits vrais, de paysages, d'impressions fugitives ou cruelles. Les amours de Jean Calmet avec une étudiante des Beaux-Arts, la maladie et la mort d'une de ses élèves et la dernière promenade que font avec elle ses camarades de classe, la rencontre, un soir, au bord du chemin, d'un hérisson qui se hâte vers une haie : autant de pages riches, bouleversantes, qui donnent tous les chauds parfums de la vie à ce roman-méditation sur la mort.
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Jean Calmet a trente-neuf ans, il est professeur de latin en lycée, il n'a jamais cessé de craindre son père tyrannique, un médecin plantureux, respecté de tous, "dévoreur" de femmes et visiblement terrifiant pour sa famille.Quatre parties : la mort du père et sa crémation ; l'amour charnel de Jean Calmet avec Thérèse, une jeune femme de dix-neuf ans ; la révolte étudiante avec le retour de l'image d'un père fouettard en la personne du directeur du lycée ; les difficultés sexuelles de Jean... et omniprésente, la menace, jamais digérée, de ce père "ogresque", porté aux nues par l'entourage.La thématique "ogre" est explorée sous toutes ses facettes : l'oralité, la sexualité (notamment l'attirance pour les très jeunes femmes, et le sexe féminin perçu comme une bouche dévoratrice qui peut de ce fait rendre impuissant), les cris, la punition, le sadisme, le nazisme (avec le "four-ogre" p.227)...Quel ennui j'ai éprouvé à lire ce livre ! Certes la thématique ne manque pas d'intérêt, mais je n'ai pas du tout adhéré au style, n'ai ressenti aucune empathie avec le personnage central... J'avoue ne pas avoir été capable lire les quatre ou cinq dernières pages qui donnent la nausée, je les ai survolées...Quoi qu'il en soit, j'avais découvert Jacques Chessex avec grand plaisir dans "Le Vampire de Ropraz", récit glauque à souhait au style journalistique comme j'aime. J'ai également apprécié "Un Juif pour l'exemple".Pour info : L'Ogre a obtenu le prix Goncourt en 1973... Canel

Canel
31/01/16
 

On ne dévore pas l’Ogre, c’est lui qui vous dévore.Ce fut une lecture difficile que je ne regrette pas.Jacques Chessex fouille sans concession l’âme d’un homme tourmenté, traumatisé, par l’image d’un père jouisseur et tyrannique. Cadet de la famille, il ne parvint jamais à s’imposer, à surmonter ses angoisses maladives et sa terreur, à dépasser la supériorité qu’il attribue à son géniteur. La mort de son père ne le libère pas, au contraire. Le deuil l’entraîne vers la folie, il sombre dans sa névrose morbide malgré quelques tentatives désespérées de se rattacher à la vie, de s’y affirmer, de s’opposer au père enfin, s’en détacher.La souffrance du narrateur est terriblement présente, prenante jusqu’au malaise, paradoxalement renforcée par la poésie des paysages. Mots et maux agressifs et impudiques, sexe et mort, certaines scènes donnent la nausée. Le mal-être de Jean Calmet est éprouvant, oppressant. Le lecteur s’englue dans les méandres d’un esprit torturé s’imaginant poursuivi par l’oeil ironique du pater familias, s’accroche à ses humeurs, aspire l’air par goulée bienfaisante, aspire à l’air, à la lumière. Les pages n’épargnent personne livrant le drame de cet homme misérable, vaincu sans combat, au quotidien dans sa crue et cruelle réalité relevée de références aux figures mythiques dévoratrices et de références bibliques. La fuite de Caïn persécuté par Dionysos.A cet aspect intimiste, brutal et dérangeant du récit s’ajoute le contexte, celui des années 70 qui lui confère une intensité poignante, presque cynique. Ce roman est véritablement inscrit dans son époque, les années de liberté et de contestation. Jean Calmet est de la génération précédente, pas de celle qui tue le père. Enseignant, il se ressource au contact des jeunes dont il reconnait les ardeurs, les espoirs et les motivations. Un rapport ambigü fait de fascination pour cette jeunesse, sa force inconsciente, pour les flux puissants de la vie; une relation empathique, mais aussi une relation charnelle qui le condamne. En décrivant cette jeunesse libérée face à la personnalité dévastée du narrateur, Jacques Chessex joue des psychés et des regards, reflets fragmentés, déformés, multipliés, qui tous annoncent la fin d’un monde.Ce roman a reçu le Prix Goncourt en 1973.

Marilire
30/10/12
 

Format

  • Hauteur : 19.00 cm
  • Largeur : 12.00 cm
  • Poids : 0.18 kg

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