L'oranger

FUENTES, CARLOS

livre l'oranger
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 02/04/97
LES NOTES :

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8,70 €
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Résumé du livre"L'oranger" est un recueil de cinq nouvelles: "Les deux rives"; "Les fils du conquistador", "Les deux Numance"; "Apollon et les putains" et enfin "Les deux Amériques". Ce recueil publié chez Gallimard en 1995 évoque la destinée du Mexique mais aussi celle de l'Espagne. Carlos Fuentès démontre le lien tissé entre les deux pays. L'un annexé, rattaché à la Couronne espagnole et l'autre, terre soumise par son passé à la Rome des César et qui a su prendre sa revanche et affirmer sa force à l'aube du 16ème siècle. L'auteur évoque aussi bien le passé tumultueux de l'Espagne lors des guerres puniques contre Carthage que son glorieux exploit au temps de Charles Quint. Il ressuscite aussi bien les figures de Hernan Cortès que celle de Christophe Colomb. Le fil conducteur permettant aux lecteurs de se retrouver dans ce dédale narratif est l'oranger, l'arbre symbolisant l'adaptation à un lieu nouveau, l'assimilation et le métissage des cultures.Quelques mots sur l'auteurCarlos Fuentes Macías est né au Panama en 1928. Il est de nationalité mexicaine. Comme ses parents étaient des diplomates, il partage son enfance entre Quito, Montevideo, Rio de Janeiro, Washington, Santiago du Chili et Buenos Aires. Il revient vivre sur sa terre mexicaine pour faire des études de droit à l'Université de Mexico. Il a aussi fait ses études au Chili, en Argentine et aux Etats-Unis. Après ses études, il devient un haut fonctionnaire de l'Etat du Mexique et exerce une carrière politique en tant que membre de la délégation mexicaine auprès de l'Organisation internationale du travail. Il est chargé de la presse auprès du ministère des Affaires étrangères. Puis il devient ambassadeur du Mexique en France de 1975 à 1977. Parallèlement à son activité professionnelle, il fonde en 1955, la Revue mexicaine de littérature en collaboration avec Octavio Paz et la maison d'édition Siglo XXI. C'est à la même période qu'il décide d'écrire. Il publiera des nouvelles aussi bien que des romans très remarqués par la communauté des gens de Lettres. Il a enseigné dans des universités prestigieuse comme Princeton, Harvard ou encore Cambridge (en Angleterre). Il est décédé en 2012 suite à une longue maladie.CritiqueLe recueil 'L'oranger" est un hymne à la différence et au dialogue avec l'autre même dans les moments de sièges (Les Deux numance) où l'autre devient celui qu'on force à se soumettre puisqu'il représente l'altérité radicale. En effet, cette réflexion qui tend à comprendre l'autre, l'étranger, le natif dans sa complexité (dans le but de le soumettre ou de tisser des liens amicaux avec lui ) traverse aussi bien Hernan Cortès dans "Les deux rives", ses fils Martin le Premier et Martin le Second ("Les fils du conquistador") que Cornelius Scipion Emilien dans "Les deux Numance". Selon Carlos Fuentès, le soumis n'est soumis que parce que militairement parlant il est dans une position plus fragile. Hernan Cortès parvient à conquérir le Mexique parce qu'il y a une dissension et des rivalités internes entre les monarques mexicains. Cependant, le soumis peut prendre sa revanche et "convertir" culturellement l'autre, le conquérant. Ainsi, Hernan Cortès finit par aimer le Mexique comme sa seconde terre, rejetant l'Espagne et sa Couronne. De même, le célèbre Scipion l'Africain II parvient à conquérir la gloire et le sceptre de Rome grâce à sa "soumission" à son mentor et pourtant esclave, le Grec Polybe de Megalopolis : " VOUS ne savez distinguer l'histoire de la fable. Rome se croit civilisée. Moi, Polybe de Megalopolis, grec de vieille souche, je vous dis de ne pas vous laisser tromper. Rome est une nation imberbe, grossière et barbare, à l'instar des Celtibères. Moins que ces derniers, sans doute, mais sans comparaison possible avec le raffinement des Grecs." Les cinq nouvelles constituent une interrogation incessante sur la relation ambiguë et ambivalente qu'entretiennent les vaincus envers les vainqueurs d'un siège et vise versa. Force est de constater que l'Histoire est écrite ou réécrite par les vainqueurs qui glorifient l'action civilisatrice auprès des populations "non civilisées" bloquées à un stade de "développement intermédiaire". Le vainqueur devient un héros civilisateur au même titre que les dieux ou demi-dieux antiques. Carlos Fuentès change la donne et ouvre la porte à une autre génération d'écrivains qui scrutent le passé et refont le travail du scribe. Ils écrivent l'histoire en mettant à part égale les forces présentes. Ils donnent la parole aux vaincus et brosse le portrait des vainqueurs des années après lorsqu'ils se sont acclimatés aux us et coutumes locales. Son engagement transperce dans le choix de sa structure narrative. D'abord, la nouvelle est courte. Elle saisit seulement l'essentiel et ne retient que l'intensité dramatique (des populations déplacées, le tiraillement de Hernan Cortès, l'heure des bilans post mortem pour Jeronimo de Aguilar ou encore l'acteur de série B venu mourir dans un coït fatal dans les bras de sept prostituées). La poésie provoquée par un dialogue intérieur et par l'échange entre le dominé et le dominant, l'incessant ballet entre les différents pronoms, VOUS, NOUS, ILS, TU, EUX intensifient jusqu'à l'exaspération les relations amour/haine entre les êtres. Le dialogue entre le fils légitime Martin Premier et le fils métisse Martin Second qui est pourtant premier né englobe les frères dans une relation tragique, victimes du poids écrasant de leur père Hernan Cortès.L'oranger, l'arbre qui a donné le titre au recueil traverse tous les récits. Son odeur suave, son goût sucré et acidulé traduit cette étreinte violente, subie et pourtant féconde entre les mondes. En guise de conclusion, suivons le rêve de Christophe Colomb revenu dans le temps présent pour voir le carnage qu'a fait le siècle: " Je serre la clef dans ma main, je caresse les graines, puis je me laisse aller à un vaste songe sur la mer, dans lequel le temps circule comme les courants marins, où tout converge et se rejoint, conquérants d'hier et d'aujourd'hui, reconquête et contre-conquêtes, paradis et envahissement, apogées et décadences, départs et arrivées, apparitions et disparitions, utopies du souvenir et utopies du désir... La constante de cette mouvance est le déplacement douloureux des peuples, l'émigration, la fuite, l'espoir, hier comme aujourd'hui. Que vais-je trouver à mon retour en Europe? Je rouvrirai la porte de ma maison. Je replanterai la graine d'oranger." Victoire

tran
10/08/13
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.16 kg

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