La betise s'ameliore

CANNONE-B

EDITEUR : STOCK
DATE DE PARUTION : 19/09/07
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SYNOPSIS :

Nous avons tous constaté que bien des gens dont nous respectons l'intelligence s'en servent... bêtement. Camus ne disait-il pas qu'il y a deux sortes d'intelligences, l'intelligence intelligente et l'intelligence bête ? Cette dernière produit une pensée uniformisée dont nous voyons les traces partout. Mais il n'est pas si facile de décrire ce phénomène de conformisme dans sa version actuelle. Il ne s'agit donc pas dans cet essai d'incriminer une nouvelle fois la sottise dans sa large existence mais l'opinion des gens éclairés, ceux qui, ayant le temps et les moyens de s'informer et de se cultiver, sont pourtant victimes du préjugé et du lieu commun, qu'ils contribuent à distiller dans l'opinion contemporaine. Paresse, réduction, relativisme, recours à des idées intelligentes mais périmées... : il faut comprendre les mécanismes de cette butée de l'esprit qui fait qu'une
pensée sophistiquée et en apparence libre s'applique parfois mécaniquement. En 36 brefs chapitres, La bêtise s'améliore aborde l'amour, la politique, l'économie, l'art, la morale, l'école, la langue, le désir, le bonheur... Cet essai, dont un modèle pourrait être Le Neveu de Rameau de Diderot, met en scène le dialogue de trois personnages : Gulliver, l'homme en colère qui est le moteur de cette réflexion, son ami le narrateur, indulgent et curieux, et Clara, la fiancée du narrateur, qui tire plutôt la réflexion vers la philosophie morale. Il n'y a pas de remède au conformisme, il s'agit juste de se montrer toujours vigilant et La bêtise s'améliore veut y contribuer en étant un appel à la responsabilité intellectuelle. D'abord éloge de la liberté d'esprit, il aimerait nous mettre en garde contre la pétrification de la pensée qui nous menace à tout moment.
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C'est un essai sous forme de dialogue : deux collègues "photocopistes", aidés par l'amoureuse du plus rondouillard des deux, entreprennent d'ébaucher les grandes lignes de la bêtise des gens intelligents. Cultivés, informés, libres (pourrait-on croire) d'exercer leur intelligence à tout moment et sur tout sujet, et subissant pourtant l'influence de la doxa. (Charge au lecteur de mener plus loin sa réflexion.)C'est passionnant de bout en bout, malin, rigolo, et évidemment loin d'être bête.Sont ainsi passés en revue, expliqués et démontés, dans le cadre du conformisme, nid de bêtise intelligente, les mécanismes du réflexe, de la pensée-mode, de la paresse, du bon sentiment, de la réduction (simplification), des notions comme le relativisme, la crainte de la censure, la pétition, le réactionnaire, j'en passe.Une sorte d'opposition instinct grégaire / respect de ses valeurs intimes, qui est d'autant plus amusante que les personnages cèdent régulièrement à l'une ou l'autre des facilités qu'offre la bêtise.Exemple :"Ca m'a rappelé cette étonnante formule contemporaine, en vogue il y a encore peu : quelque part. "Il souffre quelque part." "Il a tort quelque part." Difficile de quantifier la durée de vie de ces expressions à la mode. Deux ou trois ans généralement, je crois, ensuite elles vivotent. Difficile aussi d'expliquer leur apparition. Quand j'étais très jeune, je les ai découvertes avec au niveau de et à la limite. Pourquoi le niveau et la limite ? Mystère. Une des dernières en date : mettre en exergue, incorrectement dotée du sens de mettre en relief. Pourquoi cette gloire de l'exergue ? Allez savoir. Ce qui est certain, c'est la fonction de béquille de ces expressions qui s'imposent parce que le manque de ressources du locuteur leur permet de monopoliser son imagination verbale. Le parleur est souvent comme un nageur en difficulté : l'expression à la mode, c'est l'aubaine d'une bouée surgissant dans le combat contre la noyade. Mais elle signale aussi la satisfaction de parler la langue commune. Comme l'exergue est joli, comme il a bonne mine, comme il est savant : hier encore, ma bonne dame, je ne le connaissais pas, et pourtant je l'utilise, mais oui, moi aussi, je parle comme vous ! Et encore ludique, charismatique, toujours légèrement à faux, mais si savants, si savants. Et à l'inverse, l'enthousiasme pour le flou de quelque part. Qu'on comprend d'ailleurs : un siècle pour intégrer les apports de la psychanalyse, mais à présent nul n'ignore qu'il se passe des choses par en dessous (ma bonne dame). Quelque part : façon de ne rien dire, de ne pas désigner le lieu, l'origine, de ne pas prendre le risque de l'interprétation, tout en se donnant l'air profond.J'ai dit à Gulliver mon irritation devant ces expressions à la mode qui inscrivent dans la langue la passion moutonnière. Ca l'a fait rire. Il trouve que je suis le brave type, le type gentil, pas malfaisant et plutôt bienveillant : "Alors quand tu es forcé de critiquer tes contemporains, j'imagine ce que ça te coûte et ça me fait rire." Je lui ai dit : "Quelque part tu as raison."ou encore :"Mais revenons plutôt à tes bobos et à tes idiots.- Drôle de paire !- Expressive. Les premiers, j'en suis d'accord, sont des hyperadaptés. Ils sont parfaitement aux normes de l'époque qui exige, comme toujours, un vernis culturel et, comme récemment, une façade libertaire. Les idiots ne sont-ils pas précisément le contraire ? Mal équipés pour la société, pour survivre, hiérarchisant à faux, intéressés par les papillons bleus - inadaptés. Mais libres parfois, avec éventuellement des intuitions fulgurantes et une pensée hétérodoxe.- Tu veux me dire que les idiots sont tout sauf bêtes ?- Ils seraient même à l'opposé, il me semble : idiotès signifie simple, particulier, unique - l'inverse de conformiste. Ce sont des briseurs de vases Ming, comme le prince Mychkine chez Dostoïevski, l'exact contraire d'esprits faits au moule. Et, pour rester dans la vaisselle, des qui mettent les pieds dans le plat, qui ne reconnaissent pas les fourchettes à poisson et qui ne connaissent pas les conventions, qui n'ont pas vu les dernières expos ni lu les derniers livres, en somme : qui n'ont pas la culture partagée.- La culture partagée ?- Tu sais bien : il ne faut pas avoir lu tous les livres, heureusement - on ne pourrait de toute façon pas. Mais il faut, pour briller, savoir quels livres doivent être lus, quelle bibliothèque est partagée dans le monde où l'on traîne. Et peu importe d'ailleurs qu'on les ait lus ou pas : il faut savoir qu'ils se trouvent dans la bibliothèque mondaine et opiner du chef quand on les évoque devant vous. Les idiots, eux, lisent d'autres livres.A une époque de ma vie, plus jeune, j'aurais pensé qu'elle parlait de moi. Mais je suis devenu modeste. Je ne suis pas idiot." http://cuneipage.wordpress.com

SagnesSy
28/10/15
 

Un essai sous forme de conversation à trois voix : tout commence lorsque Gulliver, le meilleur ami du narrateur, s'interroge sur l'idée de bêtise, celle, en particulier, des gens intelligents. " Cultivés, informés, libres (pourrait-on croire) d'exercer leur intelligence à tout moment et sur tout sujet, et subissant pourtant l'influence de la doxa. Oh,une doxa raffinée, pas simplement l'opinion du grand nombre, non : l'opinion de ce relativement petit groupe - les gens intelligents - qui domine la pensée contemporaine."Le narrateur rapporte cette première réflexion au milieu de constatations diverses, "le monde, toujours généreux, vient nourrir la réflexion chaque jour" (p. 184). Gulliver, esprit libre et critique, est en quête d'accord intellectuel, mais se trouve souvent irrité par les remarques stéréotypées de ses interlocuteurs. Il souligne le paradoxe du monde contemporain, chacun se réclame de la contestation, la subversion est devenue norme officielle, une marque de conformisme. Toute personne qui conteste cette norme est systématiquement qualifiée de réactionnaire ou accusé de censure. C'est ainsi que la bêtise s'adapte, se renouvelle, s'améliore, comme en témoignent les modes successives d'expressions toutes faites, floues, qui ne veulent rien dire. Le langage s'éloigne progressivement du réel. La réflexion se poursuite au fil des rencontres entre les deux amis : la bêtise est la plupart du temps l'expression de réflexes conditionnés, elle résulte d'une paresse de l'esprit. Les mécanismes de la bêtise sont la pensée-mode, la paresse, le réflexe, le bon sentiment. La bêtise s'appuie également sur une "force empruntée", "une culture partagée" ou une réduction des idées.Les deux personnages sollicitent l'avis de Clara, la fiancée du narrateur, et d'autres personnages de rencontre, une amie psychologue, un inconnu dans un bar. Ils élaborent le concept de "pensée par omission" :" Ce serait la forme de pensée de celui que son absence à soi, résultant d'une personnalité insuffisamment consistante, incite à tomber dans tous les panneaux de la pensée dominante" (p. 80)" C'est un fait du temps, je crois, que nous avons souligné en parlant du conformisme : la récupération très rapide, par le système, des idées qui lui sont a priori les plus antagonistes." (p. 84)Cette réflexion savante et vivante se fonde à la fois sur l'étude de la société et la psychologie individuelle, mais aussi sur d'autres textes. Essais et romans viennent étoffer la "conversation", Flaubert, Montaigne, Proust, Muray, Pascal ou Musil sont évoqués avec justesse. Pascal répondra ainsi à une question posée par Montaigne :" D'où vient qu'un boiteux ne nous irrite pas et un esprit boiteux nous irrite ? A cause qu'un boiteux reconnait que nous allons droit et qu'un esprit boiteux dit que c'est nous qui boitons. Sans cela nous aurions pitié et non colère." (p. 100)L'auteur s'intéresse également au milieu de l'art contemporain, devenu la manifestation d'une soumission et d'une servitude volontaire à une pensée dominante. Un livre captivant sur l'esprit critique et la liberté d'esprit."La liberté d'esprit, ce n'est pas d'être pour ou contre tel livre dont on parle, mais de lire autre chose si on ne croit pas à celui-là." (p. 153)

sovane
15/11/11
 

Format

  • Hauteur : 20.00 cm
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