La chambre aux echos

POWERS, RICHARD

livre la chambre aux echos
EDITEUR : 10/18
DATE DE PARUTION : 01/10/09
LES NOTES :

à partir de
10,20 €

SYNOPSIS :

Sur une route du Nebraska, Mark Schulter est victime d'un grave accident de voiture. A son réveil, après un profond coma, il reconnaît tous ses proches, sauf Karine, sa soeur aînée. Déboussolée, meurtrie, celle-ci fait alors appel à Gerald Weber, un célèbre neurologue. Le diagnostic est sans appel, Mark est atteint du rarissime syndrome de Capgras : il considère
Karin comme une pâle imitation de sa soeur, une usurpatrice. Tandis que Weber étudie son cas, Mark tente de reconstituer ce qui s'est vraiment passé la fameuse nuit de l'accident, et de démasquer ce témoin anonyme qui lui a sauvé la vie avant de disparaître en laissant un étrange message. Ce qu'il découvrira va bouleverser à jamais sa vie et celle des siens .
4 personnes en parlent

Si la densité de ce roman, son sérieux, sa rigueur, son application, peuvent intimider certains lecteurs, de même que la lenteur du récit, qui prend son temps, c'est aussi ce qui fait la qualité de ce livre, à la fois roman intimiste, précis écologique, polar, thriller psychologique et petit traité de vulgarisation des sciences cognitives. La puissance de ce roman réside en grande part dans cette maîtrise dont Richard Powers fait usage pour nous parler à la fois du vol des grues, d'assemblage neuronal et d'amour (filial, marital ou fraternel). A tout cela, il faut encore ajouter l'humour de Powers, son regard à la fois tendre et piquant sur ses personnages, son art du dialogue et du rythme, et son écriture tantôt rigoureuse, tantôt poétique... Sans oublier, à la toute fin de ce livre magistral, la résolution de l'énigme, qui a à voir avec le libre-arbitre et la (mauvaise) conscience.Dans La Chambre aux échos, Richard Powers explore donc ce qui est peut-être l'une des dernières grandes inconnues scientifiques aujourd'hui : le cerveau humain. Et il le fait dans un roman virtuose qui mêle avec habileté érudition scientifique et destins individuels et qui, en dépit de sa complexité, tient le lecteur en haleine d'un bout à l'autre !

Kara
28/07/10
 

Nebraska, 2002, un accident de voiture, la nuit. Mark se retrouve aux urgences, encore conscient pour quelques temps. Sa soeur, Karin, arrive ventre à terre, il la reconnait, tente de lui parler, mais tombe dans le coma. Lorsqu'il en sort finalement, c'est atteint du syndrome de Capgras : il est incapable de reconnaître les gens qui lui sont affectivement les plus proches. Son cerveau établit des explications insensées à ce qu'il prend pour des substitutions, des copies. Il vit dans un délire paranoïaque insupportable pour tout le monde, à commencer par lui-même. Karin bouleverse sa vie pour rester à ses côtés, elle qui s'était enfuie loin de son bled natal, et demande l'aide d'un très médiatique neurocogniticien, Gerald Weber. Contre toute attente, il accepte de venir rencontrer Mark, alléché par ce Capgras consécutif à un traumatisme, alors qu'on le croyait d'origine psychiatrique. Chronique d'un peu plus d'une année, à la recherche de ce qui s'est vraiment passé la nuit de l'accident, en quête aussi et surtout d'une façon acceptable de vivre, de continuer sa route, pour tout le monde...Ce roman est multiple et déconcertant à plus d'un titre : on peut le voir comme un thriller scientifique (et de bonne facture : je suis tombée des nues à l'épilogue !), une ode à la nature et aux grues particulièrement, un écheveau de liens familiaux, la dissection d'un couple de longue date, une étude sociologique des petits bleds américains, l'exposition des secousses du 11 Septembre (à la façon d'un battement d'aile de papillon), et la liste n'est pas exhaustive."Qu'est-ce que tu voudras faire quand tu seras grand ?" avait-elle demandé un jour par mégarde. Sur les traits de Mark se lisait l'excitation : "Hypnotiseur de poulets." C'est difficile de discerner le gamin qui attirait tous les animaux dans cet être perturbé et colérique qu'on accompagne pendant des pages et des pages. Pourtant il affleure en permanence, et ce n'est pas le moins attachant des personnages. D'ailleurs, c'est simple, on les aime tous, ils sont fascinants.J'ai trouvé la plume de Richard Powers absolument enchanteresse, la traduction la sert à merveille. Par exemple, ses descriptions de personnages sont uniques :"Il descendit dans le hall où l'attendait la seule proche parente de la victime. La petite trentaine, pantalon de coton havane et chemisier rose : la tenue passe-muraille, comme l'appelait Sylvie. Le costume sombre de Weber - son habituelle livrée de voyageur - épouvanta la jeune femme qui lui lança un regard d'excuse avant même de lui avoir dit bonjour. Ses cheveux très lisses, couleur cuivre (son seul trait distinctif), lui arrivaient au milieu du dos. Cette cascade spectaculaire éclipsait un visage, qu'avec un brin d'indulgence on aurait pu dire reposé. Sans apprêt et de belle constitution, cette jeune femme du Midwest s'engageait déjà sur le chemin de la solennité. Robuste, elle avait peut-être couru le cent dix mètres haies avec son équipe universitaire. Quand Weber posa les yeux sur elle, elle remit de l'ordre dans sa tenue, inconsciemment. Mais quand elle se leva et vint à sa rencontre; main tendue, le sourire courageux qu'elle lui adressa du coin de la bouche méritait toutes les assistances."Le personnage de Weber, dans son entier, m'a troublée et subjuguée. Lui qui détient une telle connaissance, qui dit oeuvrer au moment précis où l'espèce humaine fait enfin ses premiers pas vers la solution fondamentale de l'existence consciente : comment le cerveau édifie-t-il l'esprit, et comment l'esprit édifie tout le reste ? Existe-t-il un libre arbitre ? En quoi le moi consiste, et où résident les corrélats neurologiques de la conscience ? "retombe" à un niveau beaucoup plus primitif, en quelque sorte, se perd un peu, se noie, c'est, encore une fois, touchant. J'ai aimé son avis sur la psychopharmacologie : "ça passe ou ça casse. Difficile à doser, des effets secondaires en pagaille, simple masque posé sur le symptôme et, une fois commencé le traitement, pas facile de diminuer les prises".J'ai aimé les petits exemples de cas disséminés ici ou là : " Quelques années plus tôt, à Parme, l'équipe de Giacomo Rizzolatti avait effectué des tests sur les motoneurones dans le cortex prémoteur d'un macaque. Chaque fois que le singe bougeait le bras, ces neurones étaient stimulés. Puis un jour, entre deux mesures, les motoneurones du primate reliés aux muscles de son bras se mirent à s'emballer, alors même que l'animal restait parfaitement immobile. Après plusieurs expériences, on parvint à cette conclusion ahurissante : les motoneurones du macaque entraient en action dès que l'une des personnes présentes dans le laboratoire remuait le bras. Les neurones qui servaient à déclencher ce même mouvement s'activaient du seul fait que le singe voyait un autre être vivant exécuter ce geste, et , par sympathie, ils levaient un bras imaginaire dans un espace symbolique.Une partie du cerveau dédiée à des fonctions motrices se trouvait cannibalisée, mise au service de représentations imaginaires. Au moins la science avait-elle établi les bases neurologiques de l'empathie : une cartographie à l'intérieur du cerveau pour cartographier d'autres cerveaux cartographes." Et c'est quand ses propres neurones singeurs cessent de réagir aux gestes de sa femme qu'il réalise que quelque chose a changé...Il y a encore plusieurs choses que je pourrais évoquer, que j'ai notées au passage (tel son avis sur les commentateurs amazon, ouach), et je pourrais aussi aligner les adjectifs élogieux pour tenter de rendre compte de l'indicible bonheur de lecture qu'on éprouve entre les pages de Richard Powers, mais finalement, vraiment, sincèrement, je vous invite à lire ce roman qui compte parmi ceux qui resteront pour les générations futures, j'en suis persuadée. Sylvie Sagnes

SagnesSy
04/07/12
 

La quatrième de couverture est accrocheuse, la situation de départ est originale: un homme ne reconnaît plus sa soeur après un accident de voiture et est persuadé qu'il s'agit d'une autre, cependant, le gros hic de ce roman ce sont les longueurs et plus souvent les digressions médicales qui pourront faire baisser les bras aux plus courageux. Certes, on sent que l'auteur s'est bien documenté pour monter son thriller et rendre crédible l'ensemble, mais petit à petit, même les personnages perdent pied à force de vouloir comprendre ce qui est arrivé à Mark, et surtout comment son cerveau fonctionne désormais. A force de volonté "pédagogique", le récit y perd en rythme et en vraisemblance. Le pseudo parallélisme avec la migration ancestrale des grues ne sauve pas cette perte de rythme, bien au contraire. Toutefois, ce roman mérite ses trois étoiles car il est intéressant à bien des égards: personnages attachants, intrigue qui tient en haleine, qualité du style en parfaite adéquation avec le caractère des personnages et le paysage du Nebraska... Je retiendrai deux adjectifs pour ce livre: intéressant et compliqué. vivi

vivicroqueusedelivres
12/02/12
 

Intéressant, mais un peu trop accès sur le côté médical pour moi.

gium
02/12/09
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.36 kg
  • Langage original : ANGLAIS (ETATS-UNIS)
  • Traducteur : JEAN-YVES PELLEGRIN

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