La cliente

ASSOULINE, PIERRE

livre la cliente
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 05/04/00
LES NOTES :

à partir de
6,50 €

SYNOPSIS :

En poursuivant des recherches sur la vie d'un écrivain, un biographe découvre par hasard des milliers de lettres de dénonciation. Ecrites sous l'occupation, elles sont en principe inconsultables. l'une d'entre elles concerne l'un de ses propres amis, un commerçant dont la famille a été déportée. Qui a fait cela et pour obéir à quel instinct ? le nom du délateur figure dans les dossiers. son nom, mais pas ses motivations. le coupable est quelqu'un
de proche, très proche... révéler son identité, ce serait porter le fer dans la plaie quand tant d'autres voudraient au contraire éteindre les cendres. Ce serait aussi dévoiler un secret mal enfoui au risque de réveiller de vieux démons. On peut tout dire, mais peut-on tout entendre ? méditation sur la banalité du mal, ce récit est celui d'un obsessionnel que la volonté de comprendre a failli faire basculer de l'autre côté du miroir.
4 personnes en parlent

Alors qu’il se documente pour établir la biographie d’un écrivain, le narrateur tombe sur le nom d’une famille qu’il connaît très bien : les Fechner, fourreurs à Paris XV°, ont été dénoncés pendant l’occupation et seul Monsieur Henry est revenu de déportation. Pris peu à peu dans une spirale infernale, notre rat de bibliothèque n’aura de cesse d’identifier la délatrice, et de la pousser dans ses retranchements, pris par la nécessité absolue de comprendre le sens de son acte. C’est évidemment un très bon roman, qui sous couvert de quête de la vérité soulève un pan du voile sur les mentalités françaises durant cette période peu glorieuse. C’est aussi comme toujours avec Pierre Assouline très bien écrit, et parsemé de petits éclats de culture et d’humour. Mais je ne peux oublier la très bonne adaptation pour la télé de Pierre Boutron en 2004, avec la merveilleuse Micheline Presle et Francis Huster. Ce dernier m’a moins convaincue, mais bizarrement à la lecture du roman ça me semble une évidence, nul autre que lui ne pouvait mieux rendre palpable la fascination qui s’empare du biographe et son avidité à persécuter sa cible. Encore une fois je me rends compte que je ne suis pas capable de faire les deux, il me faut définitivement choisir entre regarder un film ou lire le roman dont il s’inspire : je le saurai une fois pour toute. Sylvie Sagnes

SagnesSy
07/09/12
 

Le narrateur, biographe, s'intéresse à la vie d'un romancier ayant vécu pendant la seconde guerre mondiale. Pour ses recherches, il consulte minutieusement les archives de l'Occupation, et y apprend, à sa grande surprise, que des membres juifs de sa propre belle-famille ont été dénoncés. Certains des acteurs de ce drame étant toujours en vie, il cherche à en savoir plus auprès d'eux...Encore un excellent ouvrage qui ouvre les yeux sur une période de notre Histoire souvent abordée ou interprétée de manière manichéenne, ne montrant qu'un côté, celui du bourreau ou de la victime. La réalité est beaucoup plus complexe, les notions de Bien et de Mal sont bouleversées. Au-delà des cas de vengeance purs, d'intérêt vénal, il s'agit bien souvent de sauver sa peau, tout simplement, dans une situation de chaos dont on ignore les lendemains. Autant dire qu'il est impossible de juger ces actes plusieurs décennies plus tard.Je laisse la place à Pierre Assouline qui l'exprime si bien en quelques phrases, ainsi que dans l'ensemble de cette histoire douloureuse : "Plus je m'enfonçais dans le maquis des archives, plus je m'apercevais que les années noires avaient été grises. Elles n'étaient qu'ambiguïté et compromis. Elles avaient la couleur du flou. L'engagement net et entier, de quelque bord qu'il fût, était l'exception et non la règle. La lecture de centaines de lettres de dénonciation m'avait ahuri. Non par la violence de la haine ordinaire mais justement par sa sérénité, du moins jusqu'au printemps 1942. On s'expliquait, on argumentait. Ils sont trop ceci, ils sont trop cela, on devrait donc les mettre ailleurs, le plus loin possible de chez nous. Ce furent des années de grand débarras. On a beaucoup jeté. Mais je fus encore plus accablé en forant davantage dans ce gisement de rancoeur. C'était le mari trompé qui trahissait sa femme au coeur innombrable, la maîtresse délaissée son amant trop volage, l'ami floué son associé duplice, le père de la fiancée son futur gendre indésirable. Cela s'est passé entre Français. Des chrétiens ont fait ça à des Juifs. Mais des Juifs se sont également fait ça entre eux. A l'instant de sauver leur peau, certains étaient capables de tout." (p. 59-60) Canel

Canel
07/06/12
 

Pierre Assouline est journaliste et historien. Souvent, dans ses livres, il combine l’écriture à l’Histoire, s’intéressant surtout à la période de l’Occupation allemande en France entre 1940 et 1944. C’est sur cette recherche d’un passé trouble qu’il bâtit ce récit, véritable devoir de mémoire, qui part d’une lettre de dénonciation pour remonter jusqu’au délateur et ainsi mieux comprendre le pourquoi d’un tel acte. Sa quête réveillera ainsi de nombreux souvenirs et s’interrogera sur la nature humaine. Paru bien avant Lutétia, La cliente me paraît être moins puissant « en contenu » car la traque du narrateur est parfois poussée à ses limites et apparaît donc fort peu probable. Néanmoins cela reste du « Pierre Assouline » ; ce qui est indéniablement un gage de qualité.

SophieC
11/01/11
 

"La cliente" nous parle d'un homme, le narrateur, biographe de son état, qui pour les besoins d'un travail en cours, recherche des documents sur un auteur. Et plongé dans les Archives, cet homme découvre des dossiers se rapportant à la sombre période de l'Occupation avec des milliers de lettres de dénonciation, et parmi elles, une missive qui dénonce une famille de sa connaissance.Aussitôt le narrateur décide de mener sa propre enquête, de retrouver l'auteur de la lettre anonyme, de connaître le destin de cette famille juive dénoncée (puis déportée), et de comprendre, de connaître les mobiles de cette société en déroute dans les années 40. L'homme tombe dans une spirale infernale : de chercheur, il devient enquêteur, inquisiteur obsessionnel, vengeur masqué avant l'effet de boomerang. Cette histoire écrite par Pierre Assouline, lui-même biographe et romancier, est rondement menée. Plus qu'un roman, "La cliente" est une enquête presque policière, car l'enquêteur s'investit d'une mission d'investigation pernicieuse. Le crime dans ce livre est la délation, la dénonciation anonyme, phénomène hélas courant et abject au yeux du héros. Pour comprendre le fin mot de ce terrible dossier, il ira au-delà des limites de son travail et de toute moralité. Condamner avant de juger, sera-ce son crime à lui ?"La cliente" de Pierre Assouline est à mettre entre toutes les mains. Ce livre met en lumière un pan honteux de l'Histoire: le comportement de la société pendant l'Occupation allemande, de l'administration aux gens ordinaires. "On peut tout dire, mais peut-on tout entendre? Méditation sur la banalité du mal, ce récit est celui d'un obsessionnel que la volonté de comprendre a failli faire basculer de l'autre côté du miroir." Un livre inscrit pour la Mémoire.

Clarabel
23/02/09
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.12 kg

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