La contrevie

ROTH, PHILIP

livre la contrevie
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 02/09/04
LES NOTES :

à partir de
29,50 €

SYNOPSIS :

Signe de contradiction pour les Juifs, scandale pour les gentils, comment Nathan Zuckerman, l'écrivain sarcastique et lucide, qui est le double de Philip Roth, pourrait-il - malgré son succès - échapper à la vindicte et à l'opprobre des uns commes des autres ? Peut-être bien en imaginant, pour lui-même et ses personnages, une contrevie, une vie alternative à la fois nouvelle, imprévue et bizarrement réversible. Car, dans ce roman-miroir, les figures principales sont en abîme, affrontées deux à deux, correspondantes... Le roman déploie un kaléidoscope de lieux (Newark, New York, Tel-Aviv, Jérusalem, un
village de Judée, Londres, un village du Gloucestershire, sans compter la carlingue d'un avion en vol), traversés de personnages en proie au doute, au questionnement, au désespoir, à l'exaltation ou à la folie. Tous animés du désir de changer la vie, de la changer en la risquant vraiment, le risque majeur étant assumé par les figures jumelles du narrateur et de son frère qui, réellement ou fictivement, affrontent tous deux la mort. La mort, le prix à payer pour en finir avec l'impuissance, la claustration, la contingence ; la mort, façon définitive de démontrer que «la vraie vie est ailleurs».
2 personnes en parlent

Piochée au hasard de l’immensité des textes que je n’ai pas encore lus de Philip Roth, cette contrevie m’a foudroyée. Jamais encore je n’ai lu de construction aussi vertigineuse, écrite d’une manière à la fois si simple et si précise. Nathan Zuckerman est aux commandes, qui commence par relater la mort de son frère (Bâle), puis son échappée en Israël (La Judée), avant de revenir dans Le Gloucestershire en passant par un absurde détournement d’avion (Dans les airs) et de terminer en Terre chrétienne. Tous les personnages sont les mêmes et sont confrontés aux mêmes choses, en les inversant parfois (ainsi, qui meurt de l’opération ? Les deux frères, qui sont toujours alternativement pourtant vivants…), tous deviennent narrateurs ET personnages et ne cessent de dévoiler la part de fiction qui est en même temps leur réalité la plus vraie. C’est impossible à décrire, à peine plus facile à comprendre en le lisant, sauf que nous tenaille l’excitation la plus réjouie devant les mouvements du texte qui jamais ne nous laissent de côté. Jamais encore non plus je n’ai vus exposées – et de manière aussi fouillée – les interrogations et appréciations contraires quant à ce que veut dire être juif, et la façon dont quelqu’un qui ne l’est pas se voit de toute façon accusé de ne pas pouvoir comprendre à un moment ou à un autre (dans le meilleur des cas). Mais c’est loin d’être le seul thème abordé, la profondeur du roman est immense, et les questions nombreuses : qu’est-ce qu’être frère ? Le couple est-il condamné par essence ? La quiétude est-elle primordiale ? Renoncer est-il sage ? J’en passe, notamment une très importante part consacrée à l’écriture, bien sûr (et à la sexualité, évidemment). Le tout avec un humour prégnant et subtil et sans (trop) de provocation. Un roman à relire de toute évidence, et pas qu’une fois. http://cuneipage.wordpress.com

SagnesSy
29/04/15
 

"Le sexe est une revanche sur la mort"Ce roman de Ph Roth met en scène son personnage fétiche, Nathan Zuckerman qui, fasciné par le problème de virilité de son frère, écrit une "contrevie" c'est à dire une multitude de possibilités à partir d'un événement vécu. Cela paraît compliqué, mais en fait au fil des pages on comprend que le romancier puise dans sa famille et les comportements de chacun une source d'inspiration inépuisable. Il se met même en scène: que ferait-il lui, Nathan Zuckerman, romancier amoureux des femmes, s'il lui arrivait de ne plus pouvoir avoir de vie sexuelle? Se pose alors la question essentielle: peut-on vivre normalement en faisant abstraction de cette part inhérente de notre vie? Car le sexe est une revanche sur la mort, ce n'est pas seulement "un échange épidermique". Au delà des convictions religieuses ( se pose encore la question de l'identité juive chère à Roth)l'auteur explique que la sexualité est une part profonde de soi que rien ne peut annihiler. Un chapitre servant de point de départ + quatre chapitres présentant quatre suite plausibles au chapitre un. Roth nous offre des pages savoureuses sur les juifs et leurs positions vis à vis de la religion: fanatique, extérieur, passif, athée, chaque point de vue est présenté, et on imagine bien avec quelle délectation l'auteur a écrit ces pages. Le sexe est le thème majeur de ce livre mais rien de scatologique; juste une approche différente d'un problème délicat. Bref un livre intelligent. vivi

vivicroqueusedelivres
16/02/12
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.43 kg
  • Langage original : ANGLAIS (ETATS-UNIS)
  • Traducteur : JOSEE KAMOUN