Demence du sage (la)

HA JIN

livre demence du sage (la)
EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 01/01/45
LES NOTES :

à partir de
22,30 €

SYNOPSIS :

La démence du sage se déroule au printemps 1989 à Shanning, dans le sud de la Chine. L'avenir du narrateur et principal protagoniste Jian Wan semble assuré : il prépare son admission pour un doctorat à l'université de Pékin, sous la houlette du professeur Yang, dont il est l'élève assidu et le futur gendre. Lorsque le professeur est hospitalisé à la suite d'une attaque, l'étudiant est assigné à son chevet par la secrétaire du Parti. Lâ, entre des phases de sommeil agité et de veille, Yang évoque pêle mêle la Bible, la Genèse, une société où les hommes seraient égaux, Dante et la Divine Comédie, mais aussi des épisodes érotiques et une cellule où il aurait été enfermé. D'abord consterné devant cet homme qu'il croit devenu fou, Jiang, se met à écouter ses "divagations" d'une autre oreille. Entre les slogans de la Révolution culturelle scandés dans son sommeil et ses gémissements contre les travaux inhumains endurés trois ans dans un camp de redressement, les discours désordonnés sur sa vie privée - une liaison contrariée avec une étudiante - et ses propos lorsqu'il est éveillé, Jian reconstitue le puzzle de sa vie faite d'humiliations, de trahisons, en raison de son choix (contre-révolutionnaire) de la poésie et de ses traductions de Goethe. Ebranlé par les conseils de Yang, bouleversé de le voir mourir plein de haine, Jian renonce à sa carrière universitaire et part avec une poignée d'étudiants à Pékin où il assiste au massacre de la foule par l'armée sur la place Tienanmen. Rentré à Shanning, recherché par la police, il part précipitamment vers Hong Kong. Nous le perdons de vue au moment où il brûle sa carte
d'étudiant et entre chez le barbier pour se faire couper les cheveux et se rendre méconnaissable. Si La longue attente se déroulait sur deux decennies, l'intrigue de La démence du sage tient en 6 semaines (du 19 avril au 6 juin 1989) riches en évènements. En concentrant la politique des 30 dernières années de la Chine dans l'explosion du passé refoulé du professeur Yang, Ha Jin parvient, de façon magistrale, à tout nous raconter en raccourci, avec des retours en arrière, en choisissant des évènements précis, en évitant le sentimentalisme du récit confidentiel ou l'aveu d'une vie brisée d'un maître à son élève. C'est par des éclats, sur une maîtresse, une épouse, des collègues que Jian apprend que, sous l'apparente sérénité du professeur de poésie, se trouve un être révolté qu'on a contraint au silence. Sa maladie et sa mort sont un révélateur pour le jeune homme, une sorte de rédemption, et l'éloignent d'une vie tracée dans le cadre du régime. Par touches discrètes, Ha Jin nous brosse un tableau accablant du post maoïsme : déliquescence des services publics, impéritie et passivité des médecins, médiocrité des enseignants, de l'appareil du Parti, les carrières se dessinant en fonction de la soumission. Si la Longue attente avait déjà été une révélation, ce troisième roman confirme la maîtrise de l'auteur dans son sujet, dans son récit. Les pages sur les journées les plus sanglantes des évènements de la place Tienanmen, sont une lecture neuve pour nous. Ce n'est plus un reportage mais un drame vécu, et c'est superbe. Ha Jin est vraiment un auteur qui tient les promesses contenues dans son précédent livre.
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Un professeur érudit et respecté de ces étudiants et collègues subit une attaque. Il perd alors "la tête" et oscille entre des moments de lucidité et de folie. Mais est-ce de la folie ou comme Hamlet, il se sert de cette arme pour déverser sa bile contre le régime et ses sbires? Assisté à sa "déchéance", son étudiant vacille entre perplexité et doute concernant son propre avenir jusqu'à compromettre sa future carrière et devenir un paria... Pendant ce temps, le professeur parle, crie, hurle et fustige son monde. Dans la descente dans les profondeurs de son être paradoxal, le lecteur saisit ses affres et ses malheurs dans une Chine qui comprime les êtres et leurs désirs au nom d'une grandeur hypothétique des lendemains qui chantent.Ce roman compte parmi les premiers de Ha Jin. Il est intéressant mais il n'est pas un roman encore accompli car il y a trop de longueurs et de bavardages. Les personnages n'ont pas encore d'épaisseur psychologique comme il le faudrait. Le professeur Yang par exemple a une personnalité assez floue si bien que la simulation de sa folie ne permet aux lecteurs de savoir réellement ses motivations. Le jeune Jian est un jeune homme encore trop fade pour supporter le rôle de protagoniste d'une intrigue politique. Quant à sa jeune fiancée, elle a une psychologie assez intéressante car elle préfigure déjà la Chine de l'économie de marché deux décennies plus tard. Sur ce personnage là, Ha Jin a réussi sa prouesse littéraire.L'ensemble est intéressant tout de même car le roman met en exergue une Chine encore sous l'ère de la dictature prolétarienne sans ouverture encore vers l'économie de marché. La phrase prophétique "Enrichissez-vous" n'est pas encore prononcée. Ha Jin offre aux lecteurs un voyage au coeur des provinces chinoises où les disparités entre les fonctionnaires des villes qui commencent à s'enrichir et les paysans qui croupissent dans la misère et le dénuement. La dénonciation se fait à un triple niveau: économique, social et politique. En effet, nous sommes en 1989, et les étudiants las de la raideur du régime, descendent dans la rue pour secouer son joug. L'auteur décrit longuement cette page de l'histoire en accentuant la tragédie dans les rues de Pékin et de la place Tian'anmen.Ha Jin met en exergue les années de répression qui aboutissent à la mort de la vie intellectuelle puisque les professeurs de facultés deviennent des bureaucrates méprisés, médiocres et âpres au gain. L'art lui-aussi s'étiole pour faire place à la réalisation de portraits et de motifs niais dont le but ne doit en aucun cas être offensant pour le régime. La Chine dans "La démence du sage" est vue sous son jour le moins favorable " La Chine est le paradis des idiots, toujours bien traités parce qu'ils ne provoquaient aucune jalousie, ne représentaient aucune menace et ne causaient aucun ennemi aux autorités - bref des citoyens modèles." Cette réflexion est très pertinente lorsqu'on l'applique au personnage de la secrétaire Peng. Elle l'est encore plus lorsqu'on voit dans le livre comment sont mâtés les étudiants révoltés de la place Tian'anmen et de Pékin personnifiés ici par Jian.Publié en 2002, soit 13 ans après le drame de Tian'anmen, les réflexions de l'auteur sont quelque peu révolues dans le sens où la Chine est devenue la deuxième puissance mondiale. Cependant, il n'en reste pas moins une dictature puisque la liberté d'expression est encore muselée et les intellectuels contestataires emprisonnés. De plus la disparité des classes est toujours présents. 4% seulement de la population vit dans l'opulence et le luxe. Le reste de la population connaît encore des jours difficile même si on observe l'émergence d'une classe moyenne. Cette inégalité liée à la spéculation immobilière et au boom économique inquiètent le régime qui se veut être plus équitable dans le partage des richesses. Espérons que cette inquiétude produise des réformes des vrais lendemains qui chantent.... Victoire

tran
30/12/12
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.10 cm
  • Poids : 0.33 kg
  • Langage original : ANGLAIS (ETATS-UNIS)
  • Traducteur : MIMI PERRIN

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