La diagonale du vide

PEJU, PIERRE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 27/08/09
LES NOTES :

à partir de
18,80 €

SYNOPSIS :

Marc Travenne, le narrateur, est un designer à succès. À la suite de la mort brutale de son associé et ami, il décide de " tout arrêter ". Il a l'impression d'être " passé à côté de sa propre histoire ", d'avoir une existence vide de sens. Il se réfugie dans un gîte perdu, en Ardèche où ne passe qu'un sentier de grande randonnée. Un soir, une marcheuse blonde et énigmatique fait son apparition. Elle explique que pour une raison qu'elle ne peut révéler elle a entrepris de traverser la France, à pied, en suivant ce que les géographes appellent " la diagonale du vide ", cette bande de territoire de quelques dizaines de kilomètres de large qui traverse la France du sud-ouest au nord-est et sur laquelle la densité de la population est extrêmement faible, les zones sauvages nombreuses et les agglomérations absentes. Travenne va alors la suivre, la poursuivre, la retrouver, la voir enlevée sous ses yeux. Elle aura le temps de lui faire savoir qu'elle
est officier de l'armée de terre, qu'elle a participé à des missions secrètes en Afghanistan où elle a sans doute été complice de quelque abomination, sous la coupe d'un mystérieux commandant. Une fois cette " femme de guerre " disparue, Travenne met tout en oeuvre pour la retrouver. Il fait appel à Irène, une journaliste avec qui il a eu une liaison, dix-sept ans plus tôt à New York. Grâce à ses contacts, Irène remet Travenne sur la piste de la " femme soldat ". Il se lance alors dans une course vers celle dont il veut absolument percer le mystère et finit par la retrouver dans l'est de la France, dans un lieu effrayant et retiré où Travenne est submergé par tout ce qui lui arrive... Dans La Diagonale du vide, Pierre Péju renoue avec son style particulier qui a fait le succès des ses romans précédents, mêlant à l'action romanesque les réflexions et les méditations de l'auteur sur la vie, la création, l'action, la solitude et la rencontre.
9 personnes en parlent

L'ambiance intrigante et mystérieuse fait de ce roman un assez bon moment de lecture. Il manque cependant, selon nos lecteurs, les surprises nécessaires pour accrocher vraiment.

Après la mort brutale de son associé, Marc Travenne, designer, décide de tout arrêter. A Roissy, il repasse le contrôle de police en sens inverse, abandonne sa valise et quitte la région parisienne, laissant son entreprise aux bons soins de secrétaires qui lui laisseront des messages de plus en plus inquiets.Qui n'a, une fois, rêvé de partir ainsi, sur un coup de tête et sans explication, pour reconstruire autre chose, ailleurs ? Choix de mort, choix de vie, nouveau choix en tout cas, surtout si une voix murmure insidieusement à notre oreille : « montre-moi que tu es encore celui que tu as cru être. »Rouler pendant des kilomètres, s'arrêter dans un gîte de montagne, ne plus écouter les messages et juste respirer l'air pur sur ce plateau ardéchois, écouter philosopher doucement le maître des lieux, telle est la nouvelle vie de Marc. Quand arrive une curieuse femme aux cheveux dorés, randonneuse étrange qui suit la « diagonale du vide », cette ligne droite qui unit les Landes aux Ardennes, selon les géographes, et ne traverse quasiment pas d'endroits fréquentés. Apparemment, elle aurait dû faire ce chemin aux côtés d'un homme (son mari ? Son amant ? Un gourou ? En tout cas un homme qui exerce un pouvoir fort sur elle).Mais la femme reprend la route et Marc se sent seul, frustré. Alors il la suit, tente de la retrouver et finit par avoir une explication. Marion (ou Élisabeth, ou qui encore?) est officier, dans les services secrets et a commis  « une énorme connerie »au cours d'une action en Afghanistan.Recherches, poursuites, surveillance des personnages par les occupants d'un angoissant 4x4 noir, il y a du suspens, de la tendresse aussi. Et à cette histoire tombée du ciel sur le personnage vient s'ajouter la résurgence d'une autre histoire, vieille de dix-sept ans celle-là : Irène, maîtresse d'une nuit, réapparaît, malade, condamnée, accompagnée de son fils de 16 ans, dessinateur passionné (là, franchement, la ficelle est un peu grosse!) et les ex-amants partagent des moments très forts et très doux à la fois.La DGSE et les actions en Afghanistan sont loin...La construction du livre qui unit deux histoires tellement éloignées en apparence est intéressante et retient l'attention jusqu’à la fin. L'écriture est précise, vive, tranchante notamment dans les évocations de visages, de regards, de silhouettes (Irène, le commandant paraplégique).Et puis on peut se regarder soi-même au travers de Marc et se poser la même question : sommes-nous devenus ce que nous croyions être ?

hebelin
27/08/13
 

Marc Travenne, designer, décide de ne pas prendre l'avion qui l'emmenait pour un énième voyage d'affaire. Il préfère se réfugier dans un gîte perdu quelque part en Ardèche. Dans cet endroit isolé, il fera la rencontre d' une femme très particulière qui lui racontera sa vie. Une vie faite d'obéissance et de violence extrême. Elle est allée, là-bas, en Afghanistan et elle a vu des horreurs. Elle a peut-être même participé à ces horreurs. Elle se livrera et expliquera la diagonale du vide. Cette étroite bande de territoire qui partage la France des Landes aux Ardennes et sur laquelle la densité de population est faible et les zones sauvages nombreuses.Travenne va suivre et poursuivre cette aventurière qui, avant d’être enlevée sous ses yeux, a le temps de lui livrer une part de son secret. De rencontres en révélations, Travenne va voir sa vie basculer, découvrant que la diagonale des solitudes traverse aussi l’Afghanistan ou New York. Il nous narre la connaissance d'Irène qui vivait à New York et nous raconte son 11 septembre. Entre la guerre en Afghanistan et l'effondrement du World Trade Center, cela fait déjà beaucoup pour un seul homme mais il faut y rajouter un enfant caché, un village d'enfance où eurent lieu de nombreux suicides et une mère qui perd la tête.Car notre enfance n’est jamais de l’histoire ancienne. L’enfant que nous avons été, même si nous ne tenons pas à le revoir, même si nous ne l’avons pas convoqué, est soudain là. Il hante notre présent qui se trouble et s’obscurcit. Il a l’éclat légèrement tremblant des revenants.Enfance pas morte, même si mon adolescence s’est couchée dessus pour l’étouffer. Même si ma maturité, lourde et large, s’est couchée sur mon adolescence. Même si toutes les figures, personnages et visages que j’ai utilisés au cours de ma vie se sont tassés les uns sur les autres, en strates successives, au fil des époques et des saisons, au gré des replis, des élans, des échecs ou des chances.J’ai souvent songé à une sorte de sonde, tube étroit et résistant qu’il suffirait d’enfoncer verticalement à travers ces couches superposées de ma vie, un peu comme font les glaciologues qui prélèvent des échantillons dans les profondeurs de la banquise en pratiquant ce qui’ls appellent un “carottage”, puis en analysant les gaz contenus dans les bulles figées dans la glace. Sur le long cylindre de mon existence congelée, on pourrait alors identifier différents moments. On ne découvrirait pas des bulles, mais des mots énigmatiques. Des cris, des sonorités, des impressions, des croyances, des traces. Myriades de significations orphelines en suspension dans la gélatine du temps. Voici un roman à l'allure d'une intrigue policière.Mais le héros Marc Travenne n'a rien du détective, on se laisse happer par les confidences où il ne cesse de remettre en question son rythme de vie et de se laisser porter par les péripéties de son destin. Beaucoup de thèmes s'entrecroisent: réflexion sur le temps qui passe, réflexion sur le sens de la vie et l'enquête. Un roman qui s'ouvre sur un sentiment de quiétude, nous emporte sur la route et se clot de manière sereine. Un beau roman que je vous invite à lire tant par la beauté du style que pour la réflexion qu'il suscite.J'ai retrouvé la belle plume de Pierre Péju, découverte avec La Petite chartreuse.

Mirontaine
12/04/12
 

La diagonale du vide, selon les géographes, est une diagonale théorique entre la Meuse et les Landes où la densité de la population ne dépasse pas trente habitants au kilomètre carré. Mais c'est aussi un formidable parcours de randonnée. Le narrateur est un homme qui, un jour, veut tout plaquer: "jamais je n'avais eu à ce point le sentiment d'être passé à côté de ma propre histoire". Il se rend donc dans un lieu géographiquement isolé qui borde justement la diagonale du vide. Là un soir, il rencontre une autre randonneuse, Marion, aussi belle qu'énigmatique. Dans le même temps,une femme qu'il a aimé jadis, cherche à tout prix à le joindre... Il ne faut pas lire ce roman si vous avez soif d'actions et de péripéties, bien au contraire. On peut dire que cet opus est le roman de la lenteur, de la réflexion sur soi, sur le sens réel de l'existence. Le lecteur plonge ainsi dans une "large bande de solitude et d'abandon où les sensations (sont) atténuées et les événements absents." Le peu d'actions se trouve dans le récit chaotique et difficile de Marion sur l'origine de sa grande souffrance. Ce livre est la rencontre des gens qui souffrent, qui se rencontrent mais restent isolés dans leur souffrance. Irène attend d'être malade pour enfin parler à Travenne....Même son fils Luc semble être entré sans s'en rendre compte dans la solitude. Bien écrit, parfois métaphysique, ce roman reflète les angoisses des gens actifs qui un jour font une pause et regardent derrière eux...et là, ils ne voient que des ruines, des regrets ou des remords. Un beau roman donc, mais un rien pessimiste! vivi

vivicroqueusedelivres
17/02/12
 

C’est quasiment sur un coup de tête, une décision aussi brutale qu’inattendue, que Marc Travenne en plein aéroport et sur le point d’embarquer pour l’Extrême Orient, décide de tout laisser tomber, sa société en pleine expansion, « Travenne & Wolf », son métier de designer, sa vie en somme.Mais le déclic, le véritable déclic est ailleurs, dans le départ prématuré et violent de Wolf, son meilleur ami et associé. Alors il part, prend sa voiture et roule, parcourt des centaines de kilomètres pour s’arrêter finalement dans un coin retiré, perdu, quelque part en Ardèche. D’Ardèche en Afghanistan, en passant par New York, les paysages se dessinent, omniprésents, importants, vecteurs de poésie, de vérités et d’insondables cruautés.Très bien écrit notamment les passages concernant l’Afghanistan, mais je trouve la fin un peu trop prévisible notamment tout ce qui entoure le personnage d’Irène, ancienne maîtresse de Travenne qui revient des années après atteinte d’un cancer foudroyant et lui annonçant sa soudaine paternité. Une annonce repoussée jusqu’aux dernières pages et qui pourtant était plus que sous-entendu. Pour aller jusqu’au bout, on pourrait même dire que toute cette partie n’est pas vraiment nécessaire et qu’elle s’imbrique plutôt mal avec le reste du récit.

Nesss
11/09/11
 

Est-ce qu'on peut rompre avec sa vie antérieure et tenter de renouer avec son "vrai moi" ? C'est l'expérience que tente Marc Travenne, brillant designer que la mort de son associé laisse en plein désarroi.Parti faire une retraite dans un gîte isolé, en Ardèche, Travenne rencontre une mystérieuse et attirante marcheuse qui va l'entraîner dans une histoire d'espionnage, alors que parallèlement, une femme sortie de son passé lui révèle un pan inédit de sa vie.On s'attend à un livre plutôt contemplatif (la retraite en Ardèche), on découvre au fil des pages un roman empli d'intrigues, et qui nous mène de New-York à l'Afghanistan, en passant par un restaurant parisien chic, "au coeur du pouvoir", ou un mystérieux centre de repos pour agents secrets . C'est dire que cela se lit très bien ; mais je ne suis pas très convaincue par l'écriture du roman qui se laisse, à mon avis, trop souvent aller à des facilités et clichés que je ne m'attendais pas à trouver sous la plume de Pierre Péju ( à moins que l'auteur ne se livre ici à un exercice de style , avec la contrainte d'écrire un "bon roman de l'été ?)

piflechien
09/06/11
 

Ce roman est assez étrange parce qu'il part d'une retraite d'un homme d'affaires, fatigué du rythme de son travail et surtout ébranlé par la mort subite de son seul ami et nous entraîne sur des péripéties militaires en Afghanistan. Le lecteur ne s'attend pas à un tel écart entre l'état mental initial de Marc Travenne et l'endroit où il va nous emmener.Conscient du vide de sa vie comme sur cette diagonale (chemin de randonnée) où il rencontre une jeune militaire, il va en quelque sorte se lancer dans la vie et le malheur des autres. Tout d'abord, il recherche cette jeune femme énigmatique puis il va renouer avec une ancienne amie atteinte d'un cancer incurable.On s'éloigne alors en Afghanistan et on plonge dans les horreurs de la guerre et de l'armée.Toutes les impressions qui me venaient à la lecture de ce livre étaient de suite confirmées par le narrateur. Il avoue se noyer dans le malheur des autres, s'étonner d'histoires aussi rocambolesques, avoir compris le lien avec Luc, le fils de son ex-amie et reconnaît le cumul abusif d'évènements étranges qui croisent sa route. Le lecteur aussi, reste en marge de cette histoire qui arrive bizarrement dans la vie de Travenne.Mais l'écriture est sublime, les histoires nous embarquent très loin (souvent trop loin) et l'émotion est présente, surtout avec le jeune Luc. Par contre, les malheurs de la jeune militaire m'ont peu touchés ce qui correspond aux remarques de l'auteur sur la guerre et l'armée.

jostein
21/09/10
 

Prenant et surprenantC'est la rencontre improbable entre un homme d'affaire qui décide de tout arrêter et une randoneuse étrange. Un roman qui bascule très vite et dont on ne peut pas se détacher.Iphigenie

L'avis des lecteurs de l'Heure des livres de la Bibliothèque de la Madeleine à Evreux :Ce roman a été lu il y a plusieurs mois ; il en reste le souvenir d'une lecture fort agréable. Dans un aéroport, un homme s'apprête à partir pour une destination lointaine. Au dernier moment, il renonce et part en Ardèche. C’est l’occasion de réfléchir, de faire un bilan,Il rencontre une randonneuse dont l’objectif est de suivre "la diagonale du vide", itinéraire pour le moins mystérieux. Il l'accompagne pendant un moment. Cette rencontre le laisse perplexe. Il part à la recherche de cette randonneuse et apprend qu'elle a été kidnappée.Coup de coeur ! Roman surprenant et étonnant. L’Heure des livres adhère en bloc !Christine / L'Heure des livres de la bibliothèque de la Madeleine à Evreux Le réseau des bibliothèques d'Evreux

MTEvreux
17/04/10

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.30 kg

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