La femme de trente ans

BALZAC, HONORE DE

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 04/06/91
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SYNOPSIS :

« Le mariage ne vous réussit point. » Tout est là. L'histoire de cette jeune femme qui a épousé étourdiment son bellâtre très fort sur l'équitation est l'histoire implacable des déceptions de la vie conjugale, des déceptions de l'intimité conjugale. En dépit du décor, tout est brutal. C'est une confession de jeune mariée. Tout est admirable : la nullité du mari soutenu en secret, le dévouement pour garder les apparences sans les compensations de l'amour, et, au
fond de tout cela, l'égoïsme de l'homme, une existence vide à perpétuité entrevue avec désespoir. La répugnance pour l'intimité conjugale est le secret de toute cette vie. La douairière ne s'y méprend pas. « Le mariage ne vous réussit point. » C'est l'histoire d'un mauvais départ. A partir de ce livre, Balzac est devenu le peintre des femmes, non pas seulement le peintre de la femme de trente ans, mais l'écrivain qui sait dire ce qu'elles n'osent pas s'avouer.
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"En France, nul homme, fût-il médiocre, ne consent à passer pour simplement spirituel."Honoré de Balzac, La Comédie Humaine, Etude de moeurs, Scènes de la vie privée21. La Femme de trente ans (1828-1844)"Dans sa version définitive, La Femme de trente ans est formée d'une suite de nouvelles publiées entre 1831 et 1834 dans diverses revues et dans diverses éditions des Scènes de la vie privée. Toutes ces nouvelles, il est vrai, visent à évoquer la destinée de femmes déçues par le mariage, résistant à la tentation puis durement punies pour avoir aimé en dehors des liens conjugaux." (Introduction de Bernard Gagnebin et René Guise). Plusieurs petites nouvelles, donc, donc une particulièrement ridicule, toute en emphase et dialogues auxquels on ne peut croire. Mais les trois premières sont merveilleuses, dépeignant avec une sensibilité admirable les sentiments, et celle qui donne son titre au recueil (vendu comme un roman à l'époque) a valu à Balzac de nombreuses et prisées louanges, vantant la finesse de ses portraits.A noter que Balzac, dans une préface attribuée à son éditeur, s'insurge contre l'accueil très mitigé de ce recueil, en disant, en gros "si vous ne comprenez pas c'est que vous êtes trop con" (en le disant ainsi : "Mais pourquoi tenterait-il (l'auteur) d'expliquer par la logique ce qui doit être compris par le sentiment ? D'ailleurs, toute justification serait fausse ou inutile pour ceux qui ne saisissent pas l'intérêt caché"). Il est pourtant vrai que l'assemblage laisse de nombreuses incohérences.Mais aussi, quelle beauté ! Quelle pénétration de l'âme ! Pour le plaisir, quelques extraits, si vrais."La marquise souffrait véritablement pour la première et pour la seule fois de sa vie peut-être. En effet, ne serait-ce pas une erreur de croire que les sentiments se reproduisent ? Une fois éclos, n'existent-ils pas toujours au fond du coeur ? Ils s'y apaisent et s'y réveillent au gré des accidents de la vie; mais ils y restent, et leur séjour modifie nécessairement l'âme.""Un homme aimé, jeune et généreux, de qui elle n'avait jamais exaucé les désirs afin d'obéir aux lois du monde, était mort pour lui sauver ce que la société nomme l'honneur d'une femme. A qui pouvait-elle dire : Je souffre ! Ses larmes auraient offensé son mari cause première de la catastrophe. Les lois, les moeurs proscrivaient ses plaintes; une amie en eût joui, un homme en eût spéculé. Non, cette pauvre affligée ne pouvait pleurer à son aise que dans un désert, y dévorer sa souffrance ou être dévorée par elle, mourir ou tuer quelque chose en elle, sa conscience peut-être. Depuis quelques jours, elle restait les yeux attachés sur un horizon plat où, comme dans sa vie à venir, il n'y avait rien à chercher, rien à espérer, où tout se voyait d'un seul coup d'oeil, et où elle rencontrait les images de la froide désolation qui lui déchirait incessamment le coeur. Les matinées de brouillard, un ciel d'une clarté faible, des nuées courant près de la terre sous un dais grisâtre convenaient aux phases de sa maladie morale. Son coeur ne se serrait pas, n'était pas plus ou moins flétri; non, sa nature fraîche et fleurie se pétrifiait par la lente action d'une douleur intolérable parce qu'elle était sans but. Elle souffrait par elle et pour elle. Souffrir ainsi, n'est-ce pas mettre le pied dans l'égoïsme ? Aussi d'horribles pensées lui traversaient-elles la conscience en la lui blessant. Elle s'interrogeait avec bonne foi et se trouvait double. Il y avait en elle une femme qui raisonnait et une femme qui sentait, une femme qui souffrait et une femme qui ne voulait plus souffrir.""Mais la raison est toujours mesquine auprès du sentiment; l'une est naturellement bornée, comme tout ce qui est positif, et l'autre est infini. Raisonner là où il faut sentir est le propre des âmes sans portée.""Or, il est impossible à une femme, à une épouse, à une mère, de se préserver contre l'amour d'un jeune homme; la seule chose qui soit en sa puissance est de ne pas continuer à le voir au moment où elle devine ce secret du coeur qu'une femme devine toujours. Mais ce parti semble trop décisif pour qu'une femme puisse le prendre à un âge où le mariage pèse, ennuie et lasse, où l'affection conjugale est plus que tiède, si déjà même son mari ne l'a pas abandonnée. Laides, les femmes sont flattées par un amour qui les fait belles; jeunes et charmantes, la séduction doit être à la hauteur de leurs séductions, elle est immense; vertueuses, un sentiment terrestrement sublime les porte à trouver je ne sais quelle absolution dans la grandeur même des sacrifices qu'elles font à leur amant et de la gloire dans cette lutte difficile. Tout est piège. Aussi nulle leçon n'est-elle trop forte pour de si fortes tentations. (Attention les yeux maintenant !...) La réclusion ordonnée autrefois à la femme en Grèce, en Orient, et qui devient de mode en Angleterre, est la seule sauvegarde de la morale domestique; mais, sous l'empire de ce système, les agréments du monde périssent : ni la société, ni la politesse, ni l'élégance des moeurs ne sont alors possibles. Les nations devront choisir." (Cette dernière phrase me fait hurler de rire.)Ceci termine le deuxième tome de la Pléiade. Sylvie Sagnes

SagnesSy
08/07/12
 

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