La femme qui attendait

MAKINE, ANDREI

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 02/01/04
LES NOTES :

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6,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Véra est l'un de ces êtres que Dostoïevski appelait «héros de l'extrême frontière». Engagés à corps perdu dans leur quête spirituelle ou amoureuse, ils se débattent à la limite de la folie mais aussi de la vérité souveraine. Celle, charnelle et cosmique, qui exprime le dense mystère de leur vie, si humble d'apparence. La folie de
Véra est d'attendre l'homme qu'elle aime, de refuser l'oubli, d'arracher à la solitude les âmes abandonnées par ceux qui préfèrent oublier. Mais surtout de garder l'espérance. Malgré tout. De la rencontre avec cette héroïne de «l'extrême frontière», nous sortirons transfigurés, illuminés par l'intensité de son amour, de sa foi.
4 personnes en parlent

Au milieu des années 70, un jeune homme venu de Leningrad s’installe à Mirnoïé, sur les bords de la mer Blanche, afin d'étudier pour sa thèse les coutumes et traditions de ce village. Là, depuis la guerre, le temps semble s’être arrêté. Un jour, le narrateur remarque une belle femme de 40 ans tirer des filets au bord du lac. Encore belle, institutrice dans un village voisin, Véra semble avoir consacré sa vie à l’attente, celle du retour de son fiancé parti au front trente ans auparavant et dont elle n’a jamais reçu aucune nouvelle. Au fur et à mesure que le récit se déroule, qu’un lien intime se tisse entre le narrateur et Véra, un charme particulier opère et se diffuse, et pourtant, ces deux-là ne se disent quasiment rien. J'ai lu ce livre, il y a quelques mois, et toujours me reste cette histoire en tête. Andreï Makine a l'art des belles phrases qui disent l'essentiel, tout simplement. C'est un roman lent, très beau. Excellent, c'est tout ! Yv

Lyvres
25/03/14
 

Véra avait 16 ans quand son amour de jeunesse est parti en 1945 à la guerre. Depuis 30 ans elle l'attend et guette depuis sa fenêtre son retour. Depuis "Véra avait déjà autour d'elle un mouroir de vieilles femmes qu'elle ne pouvait plus abandonner. Non elle n'avait pas choisi d'attendre, elle avait été cruellement happée par une époque, par ce passé de guerre qui s'était refermé sur elle telle une souricière". Dix millions d'hommes morts ou estropiés au cours de cette guerre, c'est dix millions de maris que ces femmes ne trouveront pas. Alors elles sont restées à proximité de cette Baltique, à Mirnoïé, et vivent dans des isbas isolées à moitiés en ruine, perdues dans des villages abandonnés, des villages desservis par des routes aux ornières boueuses."A Mirnoïé, on est peinard, pas de loyer à payer, la moitié des maisons sont inoccupées, on entre, on s'installe, c'est vraiment le communisme !"Un beau roman sur cette fidélité, sur cette âme russe mais aussi un regard empreint d'humour critique sur ce communisme qui emprisonnait les hommes mais aussi les idées et la liberté, sur ces personnes qui n'ont pas évolué pendant toutes ces années noires, malgré les frémissements de liberté. Une belle écriture poétique décrivant ces automnes, ces paysages et ces premiers froids russes. Un beau roman sur cette âme russe. Makine est décidément un grand auteur russe. JPV

JPV11
12/10/13
 

Sous décor rustre des pays de l’est où le livre se déroule, un petit village Mirnoïé, où une femme attend depuis trente ans un soldat parti au combat.Une promesse que le jeune narrateur, du haut de ses vingt-six ans, a du mal à comprendre. Il va la rencontrer et être séduit par ce qu’elle représente.Makine nous décrit la fascination de son héros pour l’attente de cette femme. Qu’est ce qui fait qu’elle n’a pas tourné la page, refait sa vie, quitté ce village emplie de vieilles attendant la mort ?C’est un livre lent, où la blancheur et la dureté du climat est décrit avec beaucoup de beauté. Il nous relate aussi le constat des changements politiques après guerre.La perdition est le point commun de tous les personnages. Du parti, au sentiment amoureux, en passant par une recherche de liberté à l’occidentale, Makine explique les tenants et les aboutissants de ce qu’un choix peut provoquer dans une vie.

Metaphore
25/05/13
 

Début des années 70, l’Union Soviétique de Brejnev. Le narrateur de ce roman, dont nous ne connaîtrons pas le nom, jeune et orgueilleux écrivain qui joue à l’intellectuel dissident désabusé, part pour une région du Nord, officiellement en reportage sur le folklore, officieusement dans le but d’écrire une satire antisoviétique. Dans ces villages désolés dans lesquels ne vivent plus que de vieilles femmes veuves de guerre qui meurent abandonnées, il ne découvre pas la population de caricature et de propagande qu’il attendait – espérait presque – mais un peuple humble et tragique. Il croise Véra, cette femme, la quarantaine passée, devenue presque une légende. Et un mystère.Le jeune homme est fasciné, troublé, perdu dans l’atmosphère intemporelle et douloureusement mélancolique de cette région, par cette personnalité qui se voue à lutter contre l’oubli – fidèle à un soldat, à cette génération de mères qui a perdu ses hommes à cause de la guerre -, par cette abstinence de coeur et de corps. Fasciné à en être obsédé, au point de la guetter, de fouiller sa vie, sa maison, son intimité. Mettre à nu cette femme. Et donner du sens à cette existence. L’écrivain théorise, l’homme fantasme, cherche des interprétations, des formules, un sentiment spirituel, une re-connaissance prosaïque.C’est une confrontation plus qu’une rencontre, deux mondes, deux pulsations qui ne battent pas sur le même temps. Pourtant, cette femme n’est pas secrète mais simple et discrète. Mais que peut-il saisir d’elle, cet homme trop jeune ? Il imagine des causes historiques, des conséquences populaires. Est-elle une icône, une victime ? Il tente d’en peindre, maladroit, les contours et le coeur, d’en appréhender une image sèche et nette, échouant à l’isoler, à l’enfermer dans une figure, à l’étreindre.Et toujours la Russie, ses paysages et ses hivers, une Russie autobiographique que raconte Andreï Makine, interrogeant l’écrivain sur la tentation de l’écriture, ses motivations, ses limites et ses ombres.

Marilire
28/10/12
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.27 kg