La femme qui attendait

MAKINE, ANDREI

EDITEUR : POINTS
DATE DE PARUTION : 14/01/05
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

A Mirnoïé, en Russie, tout paraît flotter hors du temps : maisons isolées, à moitié en ruines, peuplées de veuves octogénaires dont les maris sont morts dans les combats contre le nazisme. Nous sommes au milieu des années soixante -dix. Un jeune thésard venu de Leningrad, narrateur de ce récit, y fait la connaissance de Véra, dont le mystère l'intrigue. Il l'a vue un soir d'août retirer un lourd filet de pêche plein d'anguilles dans un lac de forêt, il l'aperçoit aussi de temps en temps quand elle ouvre, pleine d'espoir, sa boîte aux lettres. Mais pourquoi s'est-elle enterrée ici, parmi ces vieilles ? Est-il possible d'attendre le même fiancé pendant trente -ans ? Qui la retient d'aller vivre à Moscou ? Son
coeur, ou bien le regard des autres idéalisé dans une sorte de serment légendaire pour un soldat disparu ? Si Véra se dissipait, si Véra faisait l'amour, c'est un peu comme si toute la macabre construction des valeurs sacrificielles du communisme était réduite à néant. Cette histoire celle d'une femme qui a fait de sa vie une attente infinie est à nouveau un pur joyau. Elle pourrait avoir été écrite par Tolstoï. On dirait, à la lire, que le principal aboutissement du communisme serait l'emprisonnement du Temps : isbas inhabitées, paysages paléolithiques, et derrière toute cette rudesse qui n'attend rien, un incroyable frisson de grâce. Une chose est sûre : Andreï Makine est déjà un écrivain classique.
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Au milieu des années 70, un jeune homme venu de Leningrad s’installe à Mirnoïé, sur les bords de la mer Blanche, afin d'étudier pour sa thèse les coutumes et traditions de ce village. Là, depuis la guerre, le temps semble s’être arrêté. Un jour, le narrateur remarque une belle femme de 40 ans tirer des filets au bord du lac. Encore belle, institutrice dans un village voisin, Véra semble avoir consacré sa vie à l’attente, celle du retour de son fiancé parti au front trente ans auparavant et dont elle n’a jamais reçu aucune nouvelle. Au fur et à mesure que le récit se déroule, qu’un lien intime se tisse entre le narrateur et Véra, un charme particulier opère et se diffuse, et pourtant, ces deux-là ne se disent quasiment rien. J'ai lu ce livre, il y a quelques mois, et toujours me reste cette histoire en tête. Andreï Makine a l'art des belles phrases qui disent l'essentiel, tout simplement. C'est un roman lent, très beau. Excellent, c'est tout ! Yv

Lyvres
25/03/14
 

Véra avait 16 ans quand son amour de jeunesse est parti en 1945 à la guerre. Depuis 30 ans elle l'attend et guette depuis sa fenêtre son retour. Depuis "Véra avait déjà autour d'elle un mouroir de vieilles femmes qu'elle ne pouvait plus abandonner. Non elle n'avait pas choisi d'attendre, elle avait été cruellement happée par une époque, par ce passé de guerre qui s'était refermé sur elle telle une souricière". Dix millions d'hommes morts ou estropiés au cours de cette guerre, c'est dix millions de maris que ces femmes ne trouveront pas. Alors elles sont restées à proximité de cette Baltique, à Mirnoïé, et vivent dans des isbas isolées à moitiés en ruine, perdues dans des villages abandonnés, des villages desservis par des routes aux ornières boueuses."A Mirnoïé, on est peinard, pas de loyer à payer, la moitié des maisons sont inoccupées, on entre, on s'installe, c'est vraiment le communisme !"Un beau roman sur cette fidélité, sur cette âme russe mais aussi un regard empreint d'humour critique sur ce communisme qui emprisonnait les hommes mais aussi les idées et la liberté, sur ces personnes qui n'ont pas évolué pendant toutes ces années noires, malgré les frémissements de liberté. Une belle écriture poétique décrivant ces automnes, ces paysages et ces premiers froids russes. Un beau roman sur cette âme russe. Makine est décidément un grand auteur russe. JPV

JPV11
12/10/13
 

Sous décor rustre des pays de l’est où le livre se déroule, un petit village Mirnoïé, où une femme attend depuis trente ans un soldat parti au combat.Une promesse que le jeune narrateur, du haut de ses vingt-six ans, a du mal à comprendre. Il va la rencontrer et être séduit par ce qu’elle représente.Makine nous décrit la fascination de son héros pour l’attente de cette femme. Qu’est ce qui fait qu’elle n’a pas tourné la page, refait sa vie, quitté ce village emplie de vieilles attendant la mort ?C’est un livre lent, où la blancheur et la dureté du climat est décrit avec beaucoup de beauté. Il nous relate aussi le constat des changements politiques après guerre.La perdition est le point commun de tous les personnages. Du parti, au sentiment amoureux, en passant par une recherche de liberté à l’occidentale, Makine explique les tenants et les aboutissants de ce qu’un choix peut provoquer dans une vie.

Metaphore
25/05/13
 

C’est un livre dont le rythme s’accorde parfaitement au titre et dont le déroulement peut sembler par moment un peu trop lent. Cela dit, le style de Makine est enchanteur, en particulier quand il s’attache aux détails : le mouvement de la barque sur l’eau, un coin de forêt, etc. La plume de Makine est toute en subtilité pour décrire les observations du narrateur. La seule chose qui m’ait gênée, c’est sa façon d’approcher le sujet. Il nous balade et semble très souvent parler de tout autre chose que du sujet du livre, cette femme qui attend. En revanche, il distille merveilleusement l’atmosphère du village où ne restent qu’une poignée de gens, tels des survivants des soubresauts d’un pays ravagé. Il nous livre des pages magnifiques sur la nature et l’âme russe qui ont un accent d’intemporalité troublant.

mycupoftea
18/01/13

Début des années 70, l’Union Soviétique de Brejnev. Le narrateur de ce roman, dont nous ne connaîtrons pas le nom, jeune et orgueilleux écrivain qui joue à l’intellectuel dissident désabusé, part pour une région du Nord, officiellement en reportage sur le folklore, officieusement dans le but d’écrire une satire antisoviétique. Dans ces villages désolés dans lesquels ne vivent plus que de vieilles femmes veuves de guerre qui meurent abandonnées, il ne découvre pas la population de caricature et de propagande qu’il attendait – espérait presque – mais un peuple humble et tragique. Il croise Véra, cette femme, la quarantaine passée, devenue presque une légende. Et un mystère.Le jeune homme est fasciné, troublé, perdu dans l’atmosphère intemporelle et douloureusement mélancolique de cette région, par cette personnalité qui se voue à lutter contre l’oubli – fidèle à un soldat, à cette génération de mères qui a perdu ses hommes à cause de la guerre -, par cette abstinence de coeur et de corps. Fasciné à en être obsédé, au point de la guetter, de fouiller sa vie, sa maison, son intimité. Mettre à nu cette femme. Et donner du sens à cette existence. L’écrivain théorise, l’homme fantasme, cherche des interprétations, des formules, un sentiment spirituel, une re-connaissance prosaïque.C’est une confrontation plus qu’une rencontre, deux mondes, deux pulsations qui ne battent pas sur le même temps. Pourtant, cette femme n’est pas secrète mais simple et discrète. Mais que peut-il saisir d’elle, cet homme trop jeune ? Il imagine des causes historiques, des conséquences populaires. Est-elle une icône, une victime ? Il tente d’en peindre, maladroit, les contours et le coeur, d’en appréhender une image sèche et nette, échouant à l’isoler, à l’enfermer dans une figure, à l’étreindre.Et toujours la Russie, ses paysages et ses hivers, une Russie autobiographique que raconte Andreï Makine, interrogeant l’écrivain sur la tentation de l’écriture, ses motivations, ses limites et ses ombres.

Marilire
28/10/12
 

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.24 kg

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