La fille tatouee

OATES, JOYCE CAROL

livre la fille tatouee
EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 01/10/08
LES NOTES :

à partir de
7,10 €

SYNOPSIS :

joshua seigl, la quarantaine, écrivain estimé, riche et séduisant, se voit contraint, à cause d'une mystérieuse maladie, d'engager une assistante. lorsqu'il rencontre par hasard alma busch, une jeune femme pauvre et illettrée, recouverte d'intrigants tatouages, seigl ne peut résister à l'envie de jouer les pygmalion. convaincu de lui offrir la chance de sa vie, il lui propose le poste. malheureusement
pour lui, alma busch n'est pas la créature vulnérable qu'il croit... la fille tatouée est un huis clos érotique qui réunit deux visages de l'amérique: l'élite cultivée, européenne, urbaine, et les exclus du système, analphabètes, sans ressources ni perspectives. variation magistrale sur le thème du maître et du serviteur, ce roman est sans doute le plus controversé de joyce carol oates.
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Lui est atteint d'une maladie neurologique dégénérescente, et a besoin d'un assistant à demeure. Lorsqu'il la croise, travaillant chez un libraire, peinant sur les livres à sortir d'une caisse, il a une sorte d'attirance immédiate pour cette femme si loin de son monde, si "brut de décoffrage".Alma, arrivée dans la ville huppée de Carmal Heights affamée et perdue, est tombée sous la coupe de Dmitri, souteneur à ses heures, qui n'hésite pas à s'en servir comme de la viande à vendre au plus offrant. Originaire d'une région minière très pauvre, où l'anti-sémitisme est la norme, Alma vibre rapidement de haine pour Joshua, le "Juif", et pour se faire "aimer" de Dmitri, elle n'hésite pas à voler chez son employeur, pour prouver qu'elle "vaut quelque chose", pour que Dmitri la "voie".Rapidement, les rapports entre Joshua et Alma vont se compliquer, et quelque part s'équilibrer: il a besoin d'elle, elle se nourrit de la haine. La spirale tragique s'enclenche, mais ne mènera pas à la fin attendue.Evidemment, ce roman pourrait se lire comme une simple "fable terrible" sur l'anti-sémitisme. Mais La fille tatouée est bien plus que cela. Oates propose ici une variation sur l'âme humaine ("alma" en espagnol), sur les relations humaines dans toute leur complexité. Et démontre, au final, que quel que soit notre milieu, nous avons tous un besoin viscéral d'être aimés. Alma, m'a parfois fait penser à une bête (Il sentait chez Alma Busch une volonté implacable, aveugle, tâtonnante, plus puissante que la sienne. Ses yeux lui semblaient littéralement aveugles, les yeux d'une créature sous-marine, nourrie par les ténèbres. p.327), ses réactions sont animales, instinctives. En somme, Joshua/Alma, c'est un peu l'acquis face à l'inné. Il tente de lui parler de l'Holocauste, dont Alma a entendu (et est donc persuadée) que cela n'a jamais existé, mais devant la défiance de son assistante (les films sont faux, les photos [de l'Holocauste] peuvent être fausses aussi Mr Seigl!), Joshua est déstabilisé. Alma, par ses réactions, son comportement, sa sensualité un peu bestiale, l'excite et l'agite. Alma de son côté oscille entre la haine et la compassion, entre la défiance et l'envie d'être aimée par cet homme intelligent.Au-delà de la simple (si l'on peut dire) dialectique du maître et de l'esclave, Oates montre et dissèque les rapports dominants/dominés, hommes/femmes (et les violences faites aux femmes), les différences de classes et les incompréhensions/haines tragiques qui en découlent, la difficulté d'être Juif (les attentes de perpétuation de la Mémoire, le devoir envers les morts et les vivants, la lutte contre le négationnisme etc). L'uteure évoque aussi les questionnements sur la littérature, le rapport à la vérité du roman et la réalité des faits avérés historiquement. Oates nous parle également (ce qu'elle avait déjà fait dans Les Chutes) d'une Amérique industrielle et ouvrière à l'abandon, une nature ravagée et des habitants malades du capitalisme sauvage.Il y a tellement de choses à dire sur ce roman fort et dérangeant! Je finirai sur le style Oates, toujours aussi précis, taillé au scalpel, collant parfaitement à ses personnages. Ce n'est pas facile à lire, dans le sens où l'ambiance est oppressante, certaines scènes pas piquées des vers, mais c'est véritablement un roman à lire.

Choupchoup
08/04/13
 

C’est quand la jeune Alma Busch fait irruption dans la vie bien réglée de Joshua Seigl que tout commence à se dégrader. Ce quadragénaire riche et séduisant est un écrivain estimé, mais la maladie mystérieuse qui le frappe lui fait prendre conscience qu’il n’en n’est pas pour autant aimé des gens qui l’entourent. En tout cas pas de Alma qu’il engage sur un coup de tête comme assistante pour trier ses papiers. Elle est illettrée (et donc parfaitement incapable de travailler correctement pour lui), pauvre et mystérieuse. Elle dégage une aura malsaine qui attire et repousse tout à la fois Joshua, tout comme les tatouages qu’il a aperçu sur elle. Il joue les Pygmalion et pense être son sauveur, mais ne réussit pas à son grand dam à percer la coque de mystère qui entoure la jeune femme. Les deux personnages vont se tourner autour au fil des pages, comme le feraient les animaux : se renifler, se jauger, se sentir. Ils sont à l’opposé l’une de l’autre, mais indéniablement liés. Alma se révèle haineuse, profondément antisémite, et certaine de sa supériorité sur cet homme que pourtant la vie place au dessus d’elle dans l’échelle de la société. Plus l’écrivain la respecte, plus elle le hait, le méprise et lui veut du mal : elle cristallise sur lui toutes les rancœurs de sa triste vie : enfance malheureuse et battue, prostitution, violences… Mais elle s’attache malgré tout à l’homme lorsqu’il est alité à l’hôpital et totalement dépendant (hors d’état de nuire ?). On sent que cette relation ne pourra tourner qu’à la catastrophe, et pourtant parfois, au détour d’une page, on se dit que si, peut-être, ces deux-là pourraient s’entendre, se comprendre, même si s’aimer semble par trop impossible. On n’échappe pas ainsi au malheur qui plane, et comme dans une tragédie grecque, on voit s’approcher la fin inéluctable, le dénouement qui ne pourra survenir que par la mort de l’un des deux. C’est un roman difficile à lire, tant par la violence qui s’en dégage, physique (extrêmement bien décrite par l’auteur) et mentale que par sa construction impitoyable. Joyce Carol Oates est un grand auteur, qui sait si bien brosser des personnages aussi complexes, riches, et ambivalents. A lire, mais pas gai ! Liliba

liliba
29/02/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.21 kg
  • Langage original : ANGLAIS (ETATS-UNIS)

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