La folie et la mort

BUGUL, KEN

livre la folie et la mort
EDITEUR : PRESENCE AFRICAINE
DATE DE PARUTION : 15/12/00
LES NOTES :

à partir de
19,40 €

SYNOPSIS :

Mom Dioum, l'héroïne, vit dans un pays ubuesque inénarrable, où le Timonier a décidé qu'il fallait tuer tous les fous qui raisonnent et ceux qui ne raisonnent pas. La Folie et la Mort raconte l'histoire d'une jeune fille partie subir un tatouage - cette épreuve d'endurance physique et morale - par expiation ou comme le dit l'héroïne " se tuer pour renaître ". Épreuve d'ailleurs inachevée. C'est alors que commence pour elle la véritable initiation à travers une longue errance, tantôt onirique, tantôt fantastique et le plus souvent réelle qui la conduira aux portes de
la folie et de la mort. Tous les héros - dont les histoires s'entrecroisent - sont tragiques, névrotiques. La Folie et la Mort est une allégorie : c'est l'agonie, plus précisément le destin d'un Continent en proie aux démons de la guerre civile, de la pauvreté, de l'endettement, avec son cortège de malheurs et d'abominations sur fond d'excommunications, de dictatures, de gesticulations idéologiques meurtrières et de grande misère, d'errance, de crise existentielle : l'Afrique. La Folie et la Mort est un récit âpre, véhément, sur fond de violence d'amour, de haine.
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4e roman et révélation d'une stylistique polyphonique au service d'une impitoyable charge politique.Publié en 2000, le quatrième roman de Ken Bugul rompait avec le cycle des trois précédents, à très forte dominante autobiographique, pour affronter, dans toute sa cruauté, la réalité sociale et politique d'une certaine Afrique post-coloniale.Ayant puissamment digéré la forme multiple et le recours à des champs stylistiques extrêmement variés, à l'instar des grands aînés Sonny Labou Tansi ou Ahmadou Kourouma, Ken Bugul peut ainsi nous proposer un récit à trois voix (un narrateur et deux narratrices), naviguant entre le réalisme micro-social (dont on la sait capable depuis ses débuts avec "Le baobab fou"), l'insertion de passages oniriques (où les contes traditionnels astucieusement remaniés prennent une présence et une actualité bien au-delà de leur rôle habituel de parabole), le détournement de discours officiels puisés auprès de divers despotes africains, et enfin la source intacte et caustique d'introspection et de réflexivité apportée par ses personnages principaux, lorsqu'ils se plongent dans les méandres de leurs pensées et de leurs émotions.Au pays du Timonier, où règnent la corruption, la fausse modernité et l'impasse économique qui écrase et déracine les pauvres, pays désormais rythmé par les discours omniprésents à la radio (qui en devient presque un personnage à part entière), une jeune fille, Mom Dioum, revient au village, désespérée, voulant "renaître" après un terrible échec et une non moins terrible révélation, à la ville où le succès de ses études l'avait conduite. Las, ne parvenant pas davantage à se refondre dans la tradition qu'à digérer l'atroce modernité, elle disparaît, et sa meilleure amie, Fatou Ngouye, et son cousin Yoro devront à leur tour affronter la ville, à sa recherche.Sous la formidable couche d'écriture aux voix si poignantes, avec leur rage et leur humour, il s'agit d'un récit de désespoir face à une impasse gigantesque, où les personnages, tout au long de leur tragique et brève destinée, devront peu à peu accepter le choix, le seul choix qui se présente au fond à eux : celui entre la folie et la mort, que la psychose corrompue mise en oeuvre par les cliques au service du Timonier ne fait que confondre de plus en plus.Sous sa grande dureté, un livre d'une brillante légèreté.

Charybde2
28/05/13
 

Format

  • Poids : 0.40 kg

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