Grande ile des tortues-cochons (la)

LIU, SOLA

livre grande ile des tortues-cochons (la)
EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 02/03/06
LES NOTES :

à partir de
20,30 €

SYNOPSIS :

Originaire de la Grande Ile mythique issue des tortues-cochons, la famille Ji, apparue en 4000 après un cataclysme, est une tribu pourvoyeuse de héros révolutionnaires. A la Chine, elle opposera notamment deux brillants généraux qui, en dépit de leur ferveur durant une guerre civile, seront trahis et assassinés par leurs pairs. La Grande Ile apparaît comme le véritable berceau de la Révolution et à cet égard, l'allusion en filigrane aux purges arbitraires du parti communiste des années 30 ne fait aucun doute. Ainsi, futur et passé se rejoignent ; entre annales et légendes, la fiction se modèle jusqu'à épouser l'Histoire. En chemin se découvrent tour à tour le Village des Femmes, les tortues-cochons, une femme panthère, un missionnaire anglais... Des origines de la tribu jusqu'à l'époque moderne, les personnages se succèdent, meurent, séjournent dans l'au-delà le temps de se refaire un moral ou une santé et de veiller sur les hommes,
réapparaissent enfin, dans une métempsychose méthodique et ironique. Et ce sont les femmes qui campent les personnages forts du roman, de la Reine des Enfers se débarrassant de son époux afin de s'emparer des rênes du pouvoir aux trois malheureuses dont les âmes tenteront d'optimiser leur réincarnation à l'aide d'une psychothérapie, de la panthère réduite aux neuroleptiques à la fantôme amoureuse. Bien des années après le début du récit, la découverte de journaux archivés et de textes commémoratifs qu'un auteur tente de publier, ramène le lecteur aux existences singulières de ces ancêtres, véritables figures d'un imaginaire chinois traditionnel. Le récit s'achève avec la petite-fille de l'un des éminents généraux Ji : elle entreprend de retracer la grande saga de sa famille, désormais fondue dans le monde des mortels. Son livre est récusé tandis que la Grande île, elle disparaît définitivement de la surface de la Terre...
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Nous sommes en l'an 4000 sur la Grande Ile des tortues-cochons, un archipel perdu au large de la Chine. A partir de cet éden isolé des hommes vient prendre place la légende des tortues-cochons, animaux quasi mythologiques qui incarneraient une femme transformée après la noyade de son mari et qui aurait emporté sur son dos ses huit enfants vers les flots. Comme une déesse vénérée sur l'île ces animaux seraient les premières présences vivantes et les protecteurs de la Grande Ile.Une famille illustre vint ensuite à peupler l'île et se l'approprier : ce sont les Tsidehou rebaptisés Ji pour la lignée des descendants à venir. Ces membres sont des éléments rapportés de la Chine, des maillons en fuite vers un paradis terrestre. Un élément déterminant du récit est le pouvoir indéniable des femmes qui sont celles qui kidnappent les hommes et les séquestrent pour pouvoir fonder une famille. Ainsi Ji He le premier homme s'installant sur l'île est un homme qui s'est embarqué dans l'aventure forcé par une femme féline Xisama.C'est donc un futur plein de Préhistoire que ces femmes au plein pouvoir incarnent. Les désirs bestiaux, celui de posséder quelqu'un sont ceux qui prédominent.De ce couple improbable naissent deux fils au goût diamétralement opposés : l'un aime la guerre, l'autre est un propriétaire terrien très attaché à son commerce. Et à ces membres qui peuplent l'île viennent s'ajouter au fur et à mesure des Chinois de souche qui s'exilent pour s'installer. Quatre générations de Ji viennent se côtoyer entre île et continent, viennent réveiller l'Histoire (la Révolution, la poésie, les légendes) et lui proposent une suite.C'est tout un petit monde qui prend place avec de multiples figurants qui s'attachent à la Grande Ile puis s'en éloignent pour mieux revenir. Cela m'a fait penser à une scène de théâtre éclairée (l'action principale exposée au grand jour) où de nombreux acteurs viendraient prendre la lumière comme animés d'un sentiment de retraite paisible puis qui se retireraient dans les coulisses (la Chine voisine, plus animée, carrefour des échanges).Les héros (principaux et secondaires) ne meurent jamais, ils voguent dans un au-delà et réapparaissent pour donner un éclairage nouveau, pour se refaire un moral ou une santé et pour combler les désirs des vivants. Et les femmes une fois de plus tiennent une place de choix car ce sont elles qui dirigent les débats, les repentirs et lamentations. Et c'est enfin une des dernières nées des Ji qui aura l'initiative de retracer la saga, ultime prêtresse de la bravoure familiale.Un roman futuriste me direz-vous? Non c'est un roman qui revient quasiment aux confins des origines dans un fantastique mêlé au manifeste féministe et romantique. C'est un roman qui est dédié au père de l'auteur et qui allie littérature classique et ambitions plus modernes (construction foisonnante, diversité des genres littéraires). Un livre qui m'a touché et qui m'a permis d'imaginer ce que pourrait être un paradis perdu, à l'écart des hommes, dans des temps plus lointains.Un an plus tard, le petit-fils dont rêvait Ji He n'étant toujours pas de ce monde, on fit venir un spécialiste de l'intérieur des terres. Après avoir examiné Xiu'er, il expliqua qu'aucun médicament ne pourrait rien y faire : elle était vierge. (p. 66) "Aux âme bien nées la valeur n'attend pas le nombre des années" (Rabelais)

Melopee
04/06/11
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.20 cm
  • Poids : 0.29 kg
  • Langage original : CHINOIS

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