La-haut vers le nord

BOYDEN, JOSEPH

livre la-haut vers le nord
EDITEUR : ALBIN MICHEL
DATE DE PARUTION : 27/02/08
LES NOTES :

à partir de
20,30 €

SYNOPSIS :

TREIZE NOUVELLES EXCEPTIONNELLES ET SINGULIERES QUI DONNENT TOUTE LA DIMENSION DE L'INCROYABLE TALENT DE JOSEPH BOYDEN. Lâ-haut vers le nord, c'est la région de la Baie James et du nord de l'Ontario où des hommes et des femmes, des Indiens pour la plupart, vivent, aiment, rêvent et meurent. Il y a dans ce livre un mélange fascinant d'émotion, de colère, d'humour, de violence, qui est littéralement transcendé par la puissance de l'écriture et l'authenticité des personnages. Une jeune femme tombe amoureuse d'un loup... Un groupe de rock féminin effectue son grand retour... Un sans-abri se retrouve face à la possibilité d'une ultime et tragique rédemption...
Envers et contre tous, un jeune homme prétend être un ours...Une femme qui rêve d'indépendance doit assumer de mauvais choix... Un gamin de dix ans passionné de catch vole au secours d'un de ses héros...Un vieil homme explique comment il parvient à tenir la mort à distance... Lâ-haut vers le nord est un livre fort dont les personnages dessinent, presque à la manière d'un roman, les pleins et les déliés d'une communauté humaine. Joseph Boyden possède un vrai, un grand talent. Evitant les clichés, la facilité ou le mélodrame, il joue de toute la gamme des émotions et entraîne le lecteur dans un monde qu'il n'est pas prêt d'oublier.
5 personnes en parlent

Les histoires sont très variées, et comme souvent dans ces cas là, il y en a qui plaisent et d’autres pas. Les nouvelles m’ont majoritairement plu, mais certaines sont vraiment longues et sans aucun intérêt, alors que d’autres sont tout simplement passionnantes. Au début je pensais trouver de vieilles légendes indiennes, ce qui m’aurait beaucoup intéressé. Mais j’ai du mal lire le résumé car, ce n’est pas le cas. Il s’agit de « Légendes Modernes » qui nous montrent la différence entre deux mondes totalement différents, celui des Indiens et celui des Blancs. Les nouvelles semblent vouloir nous montrer quel impact (plutôt négatif) a eu l’arrivée des Blancs sur le peuple Indien. Les Blancs ont voulu tout changer, tout faire à leur idée, et bien entendu ça a signé la perte, ou du moins, le déclin de l’autre civilisation. C’est ainsi que les Indiens se retrouvent parqués dans des réserves, ayant perdu une bonne partie de leurs traditions et coutumes, et à apprendre à leur dépens les méfaits de l’alcool et des sucreries.Le livre est composé de quatre parties. Il y a tout de même une petite différence entre les trois premières parties et la dernière. Dans les trois premières on change totalement d’histoire à chaque nouvelle, on change également de personnages et de lieux. Dans la quatrième partie, les quatre récits qui la composent s’attachent tous à la même histoire, mais à chaque fois elle est racontée par une nouvelle personne. C’est peut-être parce que cette forme s’apparente un peu plus à un roman, mais je l’ai beaucoup appréciée. J’ai bien aimé découvrir les différentes opinions des personnages au fil de ma lecture.Pour ce qui est du style de l’auteur, il est assez agréable. En tous cas il n’est pas difficile à suivre, c’est écrit de façon simple, avec des phrases courtes qui facilitent la compréhension du texte. Les lieux et atmosphères sont si bien décrits, qu’en lisant on se croirait presque au milieu d’une réserve, parmi les Indiens. Cependant, s’agissant de nouvelles, il n’y a pas forcément de point final à l’histoire, pas toujours en tous cas, c’est donc plus des instants de vie capturés par écrit.Petits bémols : il y a quelques noms de tribus « inconnus » [pour moi] et il est parfois difficile de les retenir pour faire la différence par la suite entre les différents membres de tribus. Mais ce n’est pas bien grave. Par contre, je dois avouer ne pas avoir compris la première nouvelle. Je l’ai lu et relu, et la fin reste pour moi … un mystère. Si jamais quelqu’un sait m’expliquer ! ^^En résumé c’est un livre agréable à lire. Les nouvelles sont parfois intéressantes, parfois mignonnes voire passionnantes. Mais elles sont aussi de temps en temps longues et ennuyeuses. Je trouve ça dommage car ça casse un peu le rythme de la lecture. Cependant, il est très intéressant pour comprendre le point de vue des Indiens, voir ce qu’ils ont perdu avec l’arrivée des Blancs.Lady K

LadyK
15/12/10
 

Est, l'aube naissante, jaune immaculé, saison du printemps de tous les possibles. L'illumination d'un peuple tapi dans des réserves, chassés entre un passé prestigieux et un présent laborieux. Dans cet est canadien, les Ojibwés de Moose factory ont le cœur lourd de peine. Vivre, survivre quand on a perdu ses racines, sa langue. « Les mots qu’il m’apprenait n’étaient pas ma langue, mais c’était quand même de l’indien : ça valait mieux que rien.” Exister dans un monde en marche où l'on est exclu, revendiquer quand on a plus de voix, plus d'esprit. Elles s'appellent Née avec une dent, Jenny two Bears ou encore Mary ; elles sont veuves ou célibataires qu' importent, elles ont ancré dans leur veine la peine des chamanes, la complainte des esprits qui bat en elles. Des voix qui s'élèvent se révoltent au travers de la musique, passive ou violente qu'importe. Surtout exister, crier, exsuder cette détresse, cette némésis, sortir de cette léthargie.Sud, le passé, rouge comme le sang, la colère des hommes. Saison des chasses, des transformations. C'est le cercle des guerriers aujourd'hui erratiques, vaincus par la folie, la drogue, l'alcool. C'est le vent violent qui s'emparent des êtres, Dink, l'orphelin, devenu un bearwalker marchant sur les ruines d'un peuple usé, devenu une minorité sans avenir, terne comme la vie monotone et insipide de l'ancienne junky Sylvina. « La seule chose que Sylvina sache avec certitude, c’est qu’un jour elle deviendra sa vieille mère, qu’elle verra le monde à travers des yeux mouillés. Cette certitude lui fait peur. Il y a forcément autre chose que cela dans le monde du pilote, autre chose que cette petite vie étriquée à Moose Factory, cette vie qui s’enfuit sous ses yeux.” Un monde en lambeau, aseptisé au modernisme bétonné suintant de haine et de sectarisme où les anciens se perdent dans des labyrinthes éthérés et mortifères, ne laissant poindre que les rêves en guise de vie. « Alors, il avait descendu Bay sous la plainte creuse de la voie express, traversé les rails et rejoint la couronne de son rocher, assez loin de la cohue du centre pour rêver, un temps, qu’il était enfin rentré chez lui, dans les bois. Très bientôt, il reprendrait sa route. La vie n’avait pas toujours été la même ; mais ses souvenirs de la réserve s’effaçaient aussi vite que le soleil. »Ouest, le noir automnal, le temps de la réflexion, du combat. C'est le temps présent, la course contre le temps et ses ravages, celui de la digestion des appâts sucrés qui ont assouvi un peuple sauvageon, réduit une nation à coup de ciseaux dans les crinières de la liberté. Autant de menottes, autant de barrages construits sur les rivières invisibles du peuple Cree, qu'il faut à présent éradiquer. Que ce soit sur le ring comme la vision du jeune Kumamuk, ou par la force contre les bulldozer d'Abitibi.Nord, le futur, l'approche du soir éternel mais aussi de la renaissance du retour, celui des tambours qui s'élèvent à nouveau pour célébrer les morts. Le voile opaque se lève enfin pour Johnny cul-de-jatte, pour Crow, sous l’œil apaisé du vieux et de Gitchi-manitou. C'est l'appel d'un nouvel esprit, la voix d'une nouvelle auto-suffisance et du refus de l'assistance, c'est l'allégresse du vainqueur au Bingo, ces casinos tombés lentement dans la tutelle des indiens.Joseph Boyden, l'écrivain aux multi-racines réinvente sa famille pour le plaisir des lecteurs. Une immersion dans les réserves canadiennes aux côtés de personnages attachants, brûlés par les maux de l'assimilation. Des histoires fictives mais qui pourraient être vraies tant elles sonnent justes, ciselant à la plume les plaies purulentes d'être en perdition. Ça sent la misère, la moisissure, la décomposition d'être nourris à l'alcool, la drogue et le désespoir mais derrière cette crasse apparente se terre une longue réflexion, la croissance des bourgeons annonciateurs d'un nouveau printemps. Des nouvelles disparates comme souvent dans ce genre de recueil mais certaines sont de véritables pépites. Pasdel

Pasdel
14/09/15
 

Une jeune fille amoureuse d’un loup. Une femme qui annonce les numéros du bingo, perchée sur son estrade. Un garçon qui prétend se transformer en ours. Un autre, SDF, assistant impuissant à un meurtre. Un groupe punk féminin se reformant le temps d’un concert. Une troupe de catcheurs… et bien plus encore dans ce recueil de nouvelles mettant en scène des indiens du nord de l’Ontario.La plupart des histoires se déroulent au cœur de la réserve où le gouvernement les parque depuis tant d’années. Toutes les problématiques de cette communauté à l’abandon sont abordées avec une rare finesse : pauvreté, violence, alcoolisme, toxicomanie, luttes environnementales perdues d’avance, disparition des traditions séculaires, tentatives d’évangélisation menées par des hommes d’église sans illusion, rêves d’ailleurs chimériques, etc. Le tableau dressé est sombre, désespéré même, tant aucune possibilité d'avenir ne semble poindre à l’horizon. Et pourtant on ressent à chaque page toute l’affection et la tendresse que Boyden porte aux descendants de ses ancêtres Cree. L’état des lieux est catastrophique mais jamais misérabiliste. Aussi lucide que sensible, le propos fait mouche car il se teinte d’une vraie force d’évocation, parfois poétique.Chaque personnage croisé au fil des nouvelles est attachant en diable malgré ses défauts, ses difficultés et son parcours chaotique. J’ai aussi adoré cette capacité (rare) consistant à changer de ton et de niveau de langue en fonction des narrateurs (avec une mention spéciale pour la verve de l’ivrogne Joe Cheechoo dans le texte intitulé « Joe Cul-de-Jatte contre la Robe Noire »). Un superbe recueil et une écriture magnifique. Je découvre Joseph Boyden avec ce titre et je crois que c’est une belle histoire qui commence entre lui et moi.

jerome60
24/10/14
 

Dans ce recueil, il est question d’identité, d’appartenance à un territoire, de différence, de croyance, de rêves et de déceptions. Certes, ces nouvelles sont dépaysantes et nombreux sont les lecteurs qui devraient y trouver leur compte, mais alors, pour moi, quel ennui ! J’ai mis beaucoup de temps à lire ce recueil de 13 nouvelles alors que je l’avais pourtant abordé avec un grand enthousiasme. En effet, si ce titre m’était complètement inconnu, ce n’était pas le cas de l’auteur, Joseph Boyden : sans l’avoir lu, j’avais parcouru un grand nombre de billets positifs concernant une de ses œuvres, Le chemin des âmes. Mon enthousiasme est retombé comme un soufflé dès la première nouvelle. Ce qu’il y a de bien avec les nouvelles, c’est qu’on a toujours espoir que la suivante sera meilleure. Mais quand l’espoir s’envole à son tour… Bon, je suis sans doute un peu dure mais, à ma décharge, je crois que je suis complètement passé à côté de l’œuvre ! On se perd très facilement au milieu de ces 13 textes. Peut-être que les quatre dernières nouvelles auraient trouvé grâce à mes yeux si je les avais lues en premier : elles proposent en effet la même histoire, mais envisagée selon des points de vue différents, procédé que je trouve intéressant. Mais franchement, au moment où je les ai lues, je n’avais qu’une hâte : en finir ! Je ne m’étendrai pas davantage et j’en suis navrée, mais je préfère que vous lisiez des avis plus positifs sur un recueil qui semble globalement remporter l’adhésion des lecteurs.

Calypso85
29/12/11

Joseph Boyden est connu pour le "Chemin des âmes", beaucoup moins je pense pour ce recueil de nouvelles "Là haut vers le nord". Et pourtant, quelle belle lecture... Boyden nous livre ici 13 nouvelles comme 13 voix qui s'élèvent pour faire resurgir un passé que l'on pense meilleur. "Les Blancs ont apporté bien des choses aux Indiens. Les fusils, les moteurs hors-bord. La télévision. Le café. Le Kentucky Fried Chicken. Le hockey sur glace. Les jeans extra-larges, les casquettes de base-ball. Le rock’n roll, la cocaïne. Mais il y a un présent dont on ne parle jamais», A travers ces récits de vie au quotidien, on découvre le mal-être de ces hommes et de ces femmes qui peinent à trouver leur place dans la société. Déracinés de leur us et coutumes, ils peinent à savoir qui ils sont et compensent souvent leur souffrance dans le jeu, l'alcool, le vandalisme, la drogue... tandis que d'autres se battent pour conserver le reste de leurs traditions et s'intégrer parmi les Blancs. Boyden arrive donc avec brio à mélanger traditions, légendes (hommes capables de se changer en animaux, rythmes des tambours, chants,...) et préoccupations actuelles, pour sonder ce qui fait l'identité de chaque être. Point de clichés, juste un panel de sentiments aussi touchants que bouleversants. J'ai vraiment adoré !

MarieFleur
28/06/11
 

Format

  • Poids : 0.40 kg
  • Langage original : ANGLAIS (CANADA)
  • Traducteur : HUGUES LEROY

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