La joie de vivre

ZOLA, EMILE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 19/06/08
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

« Dans l'ironie amère de La Joie de vivre, Émile Zola a fait entrer une prodigieuse somme d'humanité. Parmi ses plus remarquables romans, il en a peu écrit qui aient autant de grandeur que l'histoire de cette simple famille bourgeoise dont les drames ont pour décor superbe
la mer, la mer féroce comme la vie, comme elle impitoyable, comme elle infatigable, et qui ronge lentement un pauvre village de pêcheurs bâti dans un repli de falaise. Et sur le livre entier plane, oiseau noir aux ailes étendues : la mort. » Guy de Maupassant.
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Zola fait partie des auteurs qui m’ont fait aimer la lecture. Je suis loin d’avoir lu tous les Rougon-Macquart mais mon adolescence a été marquée par cet auteur et les déboires de cette famille. Ce douzième volume est l’occasion pour moi de retrouver cet amour de jeunesse, et le plaisir est toujours le même. Pauline Quenu, nièce de Gervaise (L’assommoir) et cousine de Nana, sera l’opposée de cette dernière. Bonne et optimiste, son but sera de rendre heureux les gens autour d’elle. Les Chanteau puiseront peu à peu dans son héritage avec de moins en moins de scrupules et de plus en en plus de haine envers elle, la voyant comme une tentatrice. Refusant d’admettre la réalité Pauline sacrifiera son argent, son amour et son avenir pour le bien-être de tous, au détriment d’un bonheur égoïste. D’abord promise à son cousin Lazare qu’elle aime et qui l’aime, celui-ci en choisira une autre. Tiraillée entre sa jalousie et son amour pour lui, elle le laissera vivre son amour pour l’autre, allant même jusqu’à les marier. Une histoire qui aurait pu être banale si le personnage de Pauline n’était pas aussi fort, si le récit n’avait pas tant de profondeur et de poésie. Lazare est un brin énervant mais constitue l’opposé pessimiste et défaitiste de Pauline. On se demande encore à la fin s’ils étaient malgré tout fait leur pour l’autre. La scène d’accouchement à la fin du livre est particulièrement forte, décrite avec une poésie crue percutante. Un drame humain bouleversant, une misère sociale qui révolte. Sublime.

un flyer
13/02/09

Poursuite du parcours Zola avec la Joie de vivre, espacade normande au sein d'une famille où tous les protagonistes ne sont pas traités sur un pied d'égalité. Au coeur du roman se trouve la relation complexe entre Pauline, recueillie par sa famille éloignée à la mort de ses parents, et Lazare, le fils, être qui entame beaucoup de choses sans jamais les mener à terme. Autour d'eux se met en place un jeu ambigü de la part des parents, préférant à Pauline une autre jeune femme, plus riche. Pauline, délaissée sentimentalement, mais cajolée par la maîtresse de maison, qui compte sur l'héritage qu'elle a reçue pour faire tourner la maison.J'ai eu un peu de mal à entrer dans cette histoire, avec l'impression de ne jamais sortir de cette grande maison normande située au bord de la falaise, le sentiment que Zola n'avançait que peu, tiraillé par la mort des personnages qui s'étalent sur de nombreuses pages. Mais il y a les scènes de bord de mer, la construction de la digue et sa destruction par le tempête, les promenades entre Lazare et Pauline, qui donnent à ce roman à l'ambiance mortifère un éclat de lumière et une respiration bienvenue.

Yohan59
04/03/15
 

La Joie de Vivre est le roman qui m'a le plus touchée (à date) du cycle des Rougon-Macquart, et j'ai vécu cette lecture en un bouillon d'émotions mêlées.Nous sommes dans une petite ville côtière de la Manche, à côté de Port-en-Bessin (qui a conservé son aspect sauvage, d'ailleurs, à visiter). Chez les Chanteau, on prend en charge Pauline, la fille de la belle Lisa du Ventre de Paris, orpheline à 10 ans. Elle va immédiatement nouer avec son cousin Lazare, de 9 neuf son aîné, une relation forte. Elle va devenir à tous points de vue le support de cette famille, se faisant exploiter dans tous les sens du terme, et le faisant de plus en plus volontairement au fil des années et des drames, dans un esprit de sacrifice total empreint d'une joie tranquille et profonde.En avril 1880, Zola avait déclaré à Fernand Xau : "Je veux faire un roman intime, à peu de personnages, écrit avec une grande simplicité de style et dans lequel j'essaierai d'abandonner la description. Ce sera une sorte de réaction contre mes oeuvres antérieures." Le déroulement de la série des Rougon, comme le mouvement des états d'âme de leur auteur, suit un ordre que l'on pourrait dire "cyclothymique". Il a pour principe le contraste. Zola, d'un roman à l'autre, aime bien changer de matière et de manière. A L'Assommoir a succédé un roman "un peu jeanjean", "un peu popotte", Une Page d'Amour; après le roman de Nana, la dévorante, il écrira celui de Pauline, la consolatrice; après un roman de large satire sociale, peuplé, coloré, écrit "à toute volée", une oeuvre de mesure et d'analyse, faite pour reprendre souffle.On le perd souvent, pourtant, notre souffle, en lisant La Joie de Vivre. D'abord à s'indigner contre Mme Chanteau, dont la mesquinerie provinciale est un poème à elle toute seule; qu'on comprend pourtant, dans son amour de mère pour Lazare. Ce grand fils sensible et émotif, qu'on voit s'emballer et se passionner pour divers projets, avant de les délaisser tout à fait au moindre grain de sable; on suit ses embrasements, ses manies (avant même de savoir qu'elles étaient celles de Zola), son nihilisme mal assimilé, on lui ouvre un coeur de mère, d'amoureuse, il est impossible d'y être indifférent. Pour la première fois Zola nous fait aimer ses personnages, nous les montre avec leurs failles intimes et leurs erreurs et nous permet de les faire nôtres. On aime Pauline, évidemment, la Macquart qui saura dompter ses bouillonnements héréditaires pour, non pas s'oublier, mais s'offrir, dans un vrai contentement. On prend de plein fouet des scènes extraordinaires, les visites des petits miséreux, l'embrasement des sens de Pauline et Lazare (communicatif en diable...), la mort du pauvre Mathieu (Cathulu, tu vas pleurer), et l'accouchement de Louise, pour ne citer qu'elles. (Je crois que cette image de la petite main sortant des cuisses de sa mère m'a traumatisée pour toujours). Mon préféré, donc, sans conteste, et de loin.Dans l'Etude de la Pléiade (ai-je assez dit que les éditions en Pléiade, c'est le nectar des dieux ?), on se régale également avec les coulisses de la petite histoire littéraire, et de l'envers des amitiés d'écrivains. Parce que c'est trop bon, extraits, entre Edmond de Goncourt et Emile Zola :Zola : "Cette nuit, après votre départ, j'ai causé avec Daudet de la similitude de nos deux pages sur la puberté, et Daudet m'a laissé entendre que vous vous imaginiez m'avoir lu votre chapitre, avant que j'écrive le mien. Je vous avoue que cela m'a beaucoup remué et chagriné. De toute ma force, je proteste : vous ne m'avez jamais lu ce chapitre, je l'ignore encore; j'aurais évité tout rapprochement possible, si je l'avais connu. Voilà ce que je désirais vous écrire tout de suite, et j'espère que vous ferez un appel à votre mémoire. Souvenez-vous également, mon ami, que depuis dix-huit années, je vous défends et je vous aime. Affectueusement à vous."Réponse de Goncourt : "Mon cher ami, oui, je suis un peu embêté que vous ayez justement choisi le moment où je faisais une étude de jeune fille et de petite fille pour justement en faire une, et surtout de cela; c'est (que), comme vous travaillez beaucoup plus vite que moi, moi qui ai commencé un an avant vous, je puis passer près du public auprès duquel vous êtes plus en faveur que je ne le suis, je puis passer pour m'être inspiré de vous, je suis un peu embêté, voilà tout. Quant au chapitre de l'apparition des règles, Daudet s'est trompé, je me rappelle parfaitement le hasard, et je n'accuse que le hasard et la similitude. Mais croyez-le bien, ce petit embêtement n'a ni entamé mon amitié, ni diminué ma reconnaissance. - Mes amitiés."Nouvelle lettre de Zola : "Je suis bien heureux, mon ami, que vous vous souveniez, et je veux vous dire encore que le plan de la Joie de Vivre a été arrêté avant celui d'Au Bonheur des Dames. Je l'ai laissé de côté, parce que je voulais mettre dans l'oeuvre beaucoup de moi et des miens, et que, sous le coup présent de la perte de ma mère, je ne me sentais pas le courage de l'écrire. Pour l'amour de Dieu ! ne croyez donc pas que mon livre puisse faire du tort au vôtre. Vous allez voir que mon intention n'est pas du tout d'écrire une étude de jeune fille. Je suis absolument certain qu'il n'y a aucun point commun entre nos deux romans. A mercredi, n'est-ce-pas ? et bien affectueusement à vous."Que la rancune de Goncourt ne fût pas éteinte, ces brèves lignes, dans son Journal, le 27 décembre, au moment où paraissait le chapitre VI du roman, suffisent à le montrer : "C'est curieux, ce manque de pudeur et de coeur chez Zola. Dans La Joie de Vivre il a fait de la copie avec l'agonie de sa mère. Je comprends la narration de ces douleurs intimes dans des mémoires, dans de l'imprimé posthume; mais cela entrant en compte de lignes payées par un journal, non, ça me dépasse."Maupassant, lui, écrivit dans le Gaulois, le 27 avril 1884, un article intitulé La Jeune Fille, lucidement élogieux, mais où perçait son propre fatalisme (j'adore) :"L'histoire de cette jeune fille devient l'histoire de notre race entière, histoire sinistre, palpitante, humble et magnifique, faite de rêves, de souffrances, d'espoirs et de désespoirs, de honte et de grandeur, d'infamie et de désinteressement, de constante misère et de constante illusion. Dans l'ironie amère de La Joie de Vivre, Emile Zola a fait entrer une prodigieuse somme d'humanité. Parmi ses plus remarquables romans, il en a peu écrit qui aient autant de grandeur que l'histoire de cette simple famille bourgeoise dont les drames médiocres et terribles ont pour décor superbe la mer, la mer féroce comme la vie, comme elle impitoyable, comme elle infatigable, et qui ronge lentement un pauvre village de pêcheurs bâti dans un repli de falaise. Et sur le livre entier plane, oiseau noir aux ailes étendues : la mort."J'adore aussi la réponse de Zola aux réserves sur le schopenhauerisme de Lazare : "J'aurais discuté volontiers vos restrictions sur Lazare, si je vous avait tenu là. Jamais de la vie je n'ai voulu en faire un métaphysicien, un parfait disciple de Schopenhauer, car cette espèce n'existe pas en France. Je dis au contraire que Lazare a "mal digéré" la doctrine, qu'il est un produit des idées pessimistes telles qu'elles circulent chez nous. J'ai pris le type le plus commun, pourquoi voulez-vous que je me sois lancé dans l'exception en construisant de toutes pièces le philosophe allemand de votre coeur ?"Ah mon dieu. Je suis amoureuse de Zola. Sylvie Sagnes

SagnesSy
07/07/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.90 cm
  • Poids : 0.23 kg

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