La joueuse de go

SHAN, SA

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 09/01/03
LES NOTES :

à partir de
3,49 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Depuis 1931, le dernier empereur de Chine règne sans pouvoir sur la Mandchourie occupée par l'armée japonaise. Alors que l'aristocratie tente d'oublier dans de vaines distractions la guerre et ses cruautés, une lycéenne de seize ans joue au go. Place des Mille Vents, ses mains infaillibles manipulent les pions. Mélancolique mais fiévreuse, elle rêve d'un autre destin. " Le bonheur
est un combat d'encerclement. " Sur le damier, elle bat tous ses prétendants. Mais la joueuse ignore encore son adversaire de demain : un officier japonais dur comme le métal, à peine plus âgé qu'elle, dévoué à l'utopie impérialiste. Ils s'affrontent, ils s'aiment, sans un geste, jusqu'au bout, tandis que la Chine vacille sous les coups de l'envahisseur qui tue, pille, torture.
22 personnes en parlent

Mon résumé : Chant de nuit est une jeune lycéenne Mandchoue, adepte du jeu de go qu'elle a appris de son cousin. Alors que les japonais cherchent à s'emparer de la Mandchourie, la jeune fille continue à disputer de longues et féroces parties de go sur la Place des Mille Vents. C'est là qu'elle rencontrera cet homme, ce japonais dont elle ne connait rien que ses mains qui déplacent les pions sur le tablier de jeu. Elle fera en parallèle la découverte de l'amour, des plaisirs de la chair et du coeur, mêlée aux déconvenues de la politique et de la résistance.Mon avis : Le texte porte en lui une musique qui en fait presque de la poésie, et qui porte l'histoire tout en douceur. On suit la jeune femme à travers sa recherche d'elle-même, ses découvertes communes à toute adolescente. Ce livre est très universel bien que l'on soit en 1931 en Chine. Il pourrait se dérouler aujourd'hui dans n'importe quel pays. Certes, la guerre est en arrière plan (et va même se retrouver en tout premier plan à la fin du livre) mais ce qui prime, c'est la rébellion des jeunes, la découverte de l'amour, la ténacité de la jeune femme et sa volonté de s'affirmer en tant qu'individu. Elle refuse de subir le même sort que sa soeur et sa mère face aux hommes. Elle veut avoir le pouvoir de décider et de choisir sa vie. Oui, elle a donné son corps mais ça ne signifie pas qu'elle veut donner sa vie ! Et il y a le go, et là c'est un tout autre univers qui s'ouvre devant nous. les descriptions des parties donnent l'impression de s'immiscer dans un monde fermé, presque interdit aux non-initiés. Chant de Nuit elle-même est une exception puisque les femmes ne sont d'ordinaire pas autorisées à jouer au go. Malgré la complexité de la chose et l'apparente répétition du jeu, il n'y a aucune longueur. L'auteur a su nous faire pénétrer dans ce monde par la petite porte, comme une curiosité à laquelle on peut s'ouvrir.Un seul regret à ce livre : l'histoire d'amour vantée en 4e de couverture, et en quelque sorte objet du roman, m'a parue très insipide et trop peu exploitée.

anna44
22/03/12
 

D'abord déconcertée par la brièveté des chapitres et l'alternance des récits, j'ai vite été conquise par le charme de la plume de Shan Sa, il y a un rythme et une poésie envoûtants dans ses mots. La délicatesse du style laisse dans la tête de belles images. J'ai été passionnée par la vie de la jeune Chinoise, qui vit avec détachement les évènements politiques de cette période troublée, passionnée par sa découverte de l'amour, ses relations avec sa famille, ses amis, ses aspirations à une vie insouciante et également à la maîtrise de son destin. Si dans un premier temps, j'ai moins été attirée par la vie du jeune officier japonais, au fur et à mesure où il révèle sa sensibilité, il m'a émue. Je l'ai trouvé très réceptif aux sentiments des autres, les choses les plus sensibles sont dites par lui. On le sent prisonnier de son identité de militaire qu'il porte comme un fardeau car elle l'oblige à réfréner ses émotions. Ladybug

Ladybug
06/01/12
 

Hymne à l'amour impossible Chant de nuit appartient au cercle très fermé des amateurs de go et défie des inconnus à ce jeu sur la place de Mille vents dans la cité du même nom.Mais la guerre est là, l’armée japonaise a envahi et occupe désormais la Mandchourie où règne le dernier empereur chinois.Elle va rencontrer deux jeunes révolutionnaires chinois : Min et Jing qui vont lui faire découvrir un peu comme le Ying et le Yang les sentiments mêlés en amour : le désir, la jalousie, la peur, l’excitation, l’attente…Shan Sa laisse évoluer ses personnages dans la tourmente, elle les confronte à tous les sentiments humains : l’amour/la violence, la barbarie/l’insignifiance de l’homme tout en adoptant un style très léger voire aérien et empreint d’images poétiques.C’est un hymne à l’amour, impossible, mais également à la souffrance.Prix Goncourt des lycéens 2001

Hymne à l'amour impossible Chant de nuit appartient au cercle très fermé des amateurs de go et défie des inconnus à ce jeu sur la place de Mille vents dans la cité du même nom.Mais la guerre est là, l’armée japonaise a envahi et occupe désormais la Mandchourie où règne le dernier empereur chinois.Elle va rencontrer deux jeunes révolutionnaires chinois : Min et Jing qui vont lui faire découvrir un peu comme le Ying et le Yang les sentiments mêlés en amour : le désir, la jalousie, la peur, l’excitation, l’attente…Shan Sa laisse évoluer ses personnages dans la tourmente, elle les confronte à tous les sentiments humains : l’amour/la violence, la barbarie/l’insignifiance de l’homme tout en adoptant un style très léger voire aérien et empreint d’images poétiques.C’est un hymne à l’amour, impossible, mais également à la souffrance.Prix Goncourt des lycéens 2001

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

L’intérêt de ce roman résidé dans la description de la vie mandchoue sous l’occupation japonaise, de ses us et coutumes concernant la vie des jeunes filles (mariage imposé) et un peu de médecine chinoise.Le point de vue du japonais est intéressant également, car on apprend la façon de fonctionner de l’armée japonaise, ainsi que le monde des geishas.L’histoire d’amour, elle, est plus convenue, même si son originalité fait l’attrait du roman : les protagonistes se courtisent autour d’une partie de jeu de go.L’image que je retiendrai :En refermant ce roman, j’ai une forte envie de me plonger dans les règles de ce jeu mysterieux. Alex-Mot-à-Motshttp://alexmotamots.wordpress.com

AlexMotaMots
29/07/15
 

Une histoire d'amour, une jeune fille qui cherche sa voie, celle de l'émancipation. Des histoires individuelles qui prennent le pas sur la grande histoire, la guerre sino-japonaise et l'occupation de la Mandchourie. Ce n'est pas un grand roman. Dommage, une forme narrative plus aboutie et plus développée aurait pu donner matière à un très beau roman. Déçue parce que je m'attendais à quelque chose d'exceptionnel.

michouk
16/10/14
 

Ce Livre nous plonge dans une Chine oublié, une Chine toujours régie par les coutumes ancestral! Il nous dévoilé certaines facettes du conflit Chinois/japonais, a travers l'histoire d'une jeune chinoise passionnée par le jeu de go. Shan Sa nous fait découvrir la culture du Go, un jeu nécessitant stratégie, finesse d'esprit et rigueur.Ce livre se lit facilement, sans longueur, addictif, c'est un instant de découverte, une bouffée d'air frais. Une trame amoureuse, mais bien loin des clichés et des romans a l'eau de rose. C'est un livre qui se parcoure avec envie, et qui peu s'offrir avec plaisir. Pierre

pierre62114
29/09/14
 

Je l'ai dévoré en deux fois...ce qui m'a permis de voir monter la tension dramatique de cette tragédie.Comme une histoire écrite à deux mains deux "je" se racontent et se rencontrent.Les personnages n'ont pas de nom c'est le "lieutenant" et "la joueuse de Go" comme pour rendre leur histoire universelle.Une structure en alternance des histoires avec d'un côté une jeune fille de seize ans avec tous ses espoirs futurs et le jeu de Go. De l'autre côté un jeune lieutenant japonnais traditionnel qui croit en son devoir envers son empereur et sa patrie.jusqu'à la moitié du roman on suit leurs parcours bien différents.Ils se rencontrent et une série d'événements dramatiques culminent dans une fin tragique, théâtrale et étonnante.l'un voit s'écrouler ses certitudes et l'autre voit s'effondrer ses convictions.On sent monter la tension et l'intensité dramatique.Le fil conducteur est le jeu de Go en tant que philosophie.J'ai apprécié les notes sur les événements historiques car je suis nulle en géopolitique.Je le recommande fortement Quand je pense que l'auteure est née en 1972 à Pékin et qu'elle est arrivée en 1990 en France et qu'elle a choisi d'écrire en français je suis époustouflée. http://ramettes.canalblog

ramettes
12/12/13
 

Shan Sa ( pseudonyme signifiant bruissement de vent dans la montagne ) voit le jour en 1972 . D'origine Chinoise , elle décidera de renaitre en France comme elle le dit si bien , les évenements de Tian An Men l'ayant poussé à l'éxil en 1990 . C'est La Joueuse de Go , troisieme roman de cette jeune auteure multifacette , qui la révelera véritablement en décrochant le prix goncourt des lycéens en 2001 . Années 1930 , Mandchourie , la guerre sino-japonaise fait rage . A ma droite , une jeune chinoise ( dont on taira le nom , ce dernier , tristement révélateur , n'étant dévoilé qu'à la toute fin ) qui possede l'insouciance et la fraicheur de ses 16 ans . Son univers immédiat se résume à d'innombrables parties de Go qu'elle remporte inlassablement , Place des Mille Vents , sa réputation de redoutable joueuse n'étant plus à établir . A ma gauche , un Lieutenant de l'armée Japonaise froid et distant pétri de rites séculaires , élevé dans le respect des traditions familiales et l'honneur de la mere patrie . De ces deux univers antagonistes , une rencontre improbable , un attachement inconcevable...Sa , au travers de courts chapitres alternés ou visions Chinoise et Japonaise se font écho , développe admirablement ses personnages dans une Mandchourie à feu et à sang . Une incroyable joueuse de Go que la guerre va se charger de faire grandir trop vite . Ses premiers émois amoureux aupres de Min et Jing , deux jeunes révolutionnaires activement recherchés par l'armée Japonaise . Cependant , lorsqu'il y a trouble , la désillusion n'est jamais bien loin . Son amitié avec Huong alors promise , comme de coutume , à un vieil homme riche qu'elle n'a jamais vu . Son indéfectible mais néanmoins réprobateur soutien à une soeur malheureuse , mal mariée et qui ne reve que d'une chose , une maternité qui lui donnerait enfin le sentiment d'exister..Parallelement à cela , un officier Japonais solitaire , parfait exécutant , ne connaissant de l'amour que les prostituées qu'il cotoie afin de ne pas s'attacher . Meme s'il en vient à douter , il ne peut exprimer ni ressentiment patriotique , ni manquement familial dans ses lettres , la censure l'interdisant tout bonnement ! La cause est juste , la famille n'y a plus sa place...Meme si la rencontre survient tardivement , autour d'une table de Go alors que l'officier exécute une mission d'infiltration , elle n'en est pas moins belle . Ces deux destins Shakespearien vont se jauger , s'apprivoiser , se lire sans jamais se parler . Deux papyrus décriptés par le prisme d'attitudes , d'apparences , de gestes aussi révélateurs que fondateurs . La graine est semée entre ces deux naufragés de la vie que tout oppose , que tout réuni...Un récit sobre , haletant porté par une écriture à la poésie métaphorique subtile et touchante . Il y a véritablement du Shakespeare en Shan Sa , c'est dire...La Joueuse de Go ? Go ! Et le premier qui dit dancer aura une tapette...

TurnThePage
03/11/13
 

D’un chapitre à l’autre, deux voix, une adolescente chinoise et un jeune officier japonais, nous communiquent leur façon de percevoir le monde, un monde de guerre, d’attirance amoureuse et de jeu de go.Ils ont une perception de la vie bien particulière, elle, mûre pour son âge, ne peut s’empêcher de se mêler aux hommes, elle a une façon de vivre et de penser féministe dans sa liberté. Lui, soldat et homme droit, il est digne de la lignée des samouraïs mais sa finesse le pousse à se poser des questions.Les deux vont tomber sous le charme l’un de l’autre, mais dans cette guerre impitoyable, cet amour sera-t-il possible ?Une écriture touchante, mais pas un coup de cœur pour autant.

Metaphore
03/08/13
 

Je fais partie des rares personnes qui n'ont pas du tout aimé ce livre, mais alors pas du tout. J'ai bien compris l'enjeu du roman mais cela ne change rien à l'affaire.L'écriture est très classique (on aime ou pas, moi pas) et surtout très froide, distante. A noter que j'ai eu l'occasion de rencontrer l'auteur (après avoir lu le livre) et que son français était vraiment très approximatif, ce qui laisse à penser que le livre a fait l'objet d'un rewriting, aspect qui me gêne quand je lis ensuite que c'est bien écrit. Peut-être, mais ce n'est pas du fait de Shan Sa...Rien ne m'a accroché dans ce roman et très certainement pas le personnage féminin.Un mauvais moment de lecture.

mycupoftea
06/01/13
 

Ce roman a un vocation historique mais pas seulement. En effet, il s'agit de l'Histoire de la Mandchourie, terre de dispute et de carnage entre l'occupation japonaise et la guerre civile chinoise entre les Communistes commandés par Mao et les Nationalistes menés au combat par le général Chiang Kai Tchek. L'évocation de la guerre civile et les tribulations de Chiang Kai Tchek servent de décor pour Shan Sa. L'auteur creuse son histoire et fait émerger la figure de la joueuse de go à partir de ces événements comme si elle est le pur produit d'une société malade, attentiste (les figures des parents le représentent assez) et en recherche de son avenir.Face à l'Histoire et à la plus grande massacre qui allait se dérouler à Nankin, la jeune fille joue au go, jeu stratégique par excellence mais aussi jeu de guerre. Elle joue inlassablement sur ce plateau de Mille Vents. Comme si en jouant, elle mise aussi son destin et celui de son adversaire. En effet, le roman s'intéresse comme le titre l'indique au destin hors du commun de la jeune Mandchoue alors que la servitude fait courber encore l'échine des femmes de son clan. Il suffit de voir les malheurs de sa soeur, de sa mère et de sa meilleure amie. La joueuse refuse avec dédain qu'on puisse jouer sa vie pour elle. Tour à tour naïve, tout à tour indépendante et cruelle par moment, elle s'impose aux autres (et aux hommes en particulier) comme une figure de proue non seulement dans l'art du go mais aussi dans l'art de survivre et de mourir. Le roman intercale dans sa subtilité deux voix: celle de la joueuse qui joue son destin à pile ou face afin de s'affranchir de sa condition et celle du soldat Japonais. Le récit qu'il fait de sa guerre est un moyen initiatique pour lui de se défaire (lui aussi) de tout le poids d'une tradition guerrière où on vit et meurt pour l'Empereur. "Entre la mort et la lâcheté, choisis sans hésiter la mort!" dit la mère à son fils lorsque celui-ci part en guerre. Le choix du soldat est d'une autre nature qui l'honore à sa façon.Roman d'amour tragique entre une assiégée et son bourreau mais sans jamais tomber dans la vulgarité. Shan Sa nous montre aussi le poids des traditions et des convictions qui actionnent déjà avant que les dés soient lancés la mise en route de la " deus ex machina". L'Histoire finit toujours par balayer les êtres en les révélant à eux -mêmes dans leur déchéance comme dans leur magnificence.Un roman à connaître. Victoire

tran
27/12/12
 

« Comment cette histoire a-t-elle débuté ? J'habitais le Japon, elle la Mandchourie. Par un matin de neige, notre division s'est embarquée pour le continent. Depuis le pont, on apercevait une mer brumeuse hantée par la clapotis des vagues. De cette immobilité grise ont jailli les chemins de fer, les forêts, les fleuves, les villes. Les sentiers tortueux du destin m'ont conduit place des Mille Vents, où l'adolescente m'attendait. »Troisième roman de cette auteure chinoise... en français ! Shan Sa , dont le pseudonyme signifie « bruissement du vent » est arrivée en France en 1990 et a connu le succès auprès du public grâce à ce roman.Voici la joute amoureuse annoncée de deux personnages diamétralement opposés.L'histoire se déroule dans une Chine frappée d'instabilité politique dans les années 1930 ; à cela s'ajoute une guerre contre le Japon qui tente de conquérir de nouveaux territoires. Une jeune chinoise de seize ans – dont le nom ne nous est révélé qu'à la fin -, solitaire, « étrangère » aux autres par son caractère et ses centres d'intérêt, est passionnée par le jeu de go. Il s'agit d'un jeu de stratégie d'origine chinoise qui oppose pierres noires et pierres blanches qui représentent chacune un soldat. La jeune fille se rend chaque jour place des Mille Vents pour y disputer une partie avec les passants sur un goban public. Orgueilleuse et indépendante, elle refuse la voie toute tracée des jeunes filles de son époque qui consiste à épouser l'homme choisi par les parents, voie incarnée par son ami Huong. D'autre part, sa sœur Perle de Lune qui, elle, s'est mariée par amour, subit les outrages d'un mari infidèle. C'est donc avec une certaine cruauté qu'elle repousse la demande en mariage de son cousin Lu : elle devient elle-même l'enjeu d'une partie de go tout en sachant pertinemment qu'elle va gagner la partie. Plutôt que de s'engager dans un mariage malheureux, elle préfère nouer une relation essentiellement charnelle avec un jeune homme rencontré par hasard, Min.Parallèlement, le narrateur donne la parole à un soldat japonais envoyé en Mandchourie pour lutter contre les terroristes, c'est-à-dire les Chinois qui refusent l'occupation japonaise. Il est pénétré de l'idée que la guerre qu'il mène est juste et empli de l'idéal japonais, à savoir choisir la mort plutôt que le déshonneur. Peu à peu, des souvenirs affluent, et le jeune homme nous révèle des bribes de son passé : la naissance de sa vocation militaire, son amour pour une geisha... Et peu à peu, ses certitudes vont être ébranlées... « Il possède la noblesse des hommes qui préfèrent les méandres de l'esprit à la barbarie de la vie. »Un jour enfin, ils vont se croiser (cela nous est révélé dans le résumé de la quatrième de couverture) et le jeu de go devient la rencontre de deux civilisations antagonistes symbolisées par les pierres noires et les pierres blanches.Cette histoire, qui évoque, d'après la 4° de couverture, une bluette sans conséquence prend toute son ampleur dans la deuxième partie du roman, en sombrant dans la gravité. C'est justement l'irruption de la violence, de la guerre, du désespoir, qui donne au récit sa majesté et entraîne les personnages jusqu'au point de non-retour. Et c'est ce qui m'a plu.J'ai apprécié la dimension métaphysique que prend le jeu, à la fois exutoire et bouée de sauvetage dans la vie de la jeune fille : p. 46 « Le jeu de go me propulse vers un univers de mouvement. Les figures sans cesse renouvelées me font oublier la platitude du quotidien. » Le jeu devient le révélateur des deux adversaires, de leur personnalité, leurs aspirations profondes, leur mode de vie. Le go n'est pas un simple jeu, c'est une vision de la vie, une métaphysique, un moyen de connaître les autres et de les percer à jour. Le dépaysement : le lieu, le charme poétique des noms (place des Mille Vents, Perle de Lune) permettent à la magie d'opérer. Comme dans tous les romans asiatiques ou d'inspiration asiatique que j'ai lus, j'ai retrouvé la poésie du quotidien : des mots simples et évocateurs, des images faisant appel à la nature et aux sens... Une écriture subtile et frugale en somme. Les chapitres sont très courts (trois pages maximum) et reproduisent le mécanisme d'une partie de go en donnant la parole tantôt à l'un, tantôt à l'autre des adversaires dans une concision qui donne au roman toute sa puissance. Un roman que je conseille donc.^^Quelques extraits :p. 56 « Pour lui montrer la magie de cette pièce ancienne, une des seules à avoir échappé au bombardement, j'éteins les lampes et allume les bougies. Des rouleaux de calligraphie et de peinture surgissent de l'obscurité pour se mêler lentement aux fresques colorées des quatre murs. Une étagère remplie de livres impose sa majesté. Sur ma table laquée, des oiseaux peints s'ébattent dans le feuillage. Deux pots de pions de go trônent sur le haut d'une armoire sculptée et veillent sur mes nuits. »p. 143-144 « Le go oppose les êtres autour d'un damier mais leur donne dans la vie une confiance réciproque. »p. 50 « La civilisation chinoise, plusieurs fois millénaire, a nourri un nombre infini de philosophes, de penseurs, de poètes. Mais nul d'entre eux n'a compris l'énergie irremplaçable de la mort.Seule notre civilisation, plus modeste, est allée à la rencontre de l'essentiel : agir, c'est mourir ; mourir, c'est agir. »p. 168 « Le go reflète l'âme. »p. 247 « La vie est un château de mensonge démantelé par le temps. »

LeCottagedeMyrtille
25/08/12
 

On sait que la Chine, en 1931 (date à laquelle se passe le livre) comme aujourd'hui, est une dictature. A des degrés qui ne sont pas comparables, effectivement, mais toujours est-il que c'est le cas. A cette date-là, ce n'est pas la guerre que nous avons dans le livre, mais plutôt ce que l'on pourrait appeler la "révolte des jeunes". La découverte de la sensualité, de la sexualité, et aussi du rapport garçon / fille. Dans un style à la fois poétique et crue, l'auteure écrit sans tabous. Clementh

Clementh
22/08/12
 

Difficile de ne pas être touchée par ce japonais et cette chinoise, par leurs deux parcours initiatiques. Tandis que lui découvre220px_Shan_Sa_internet_3 qu'il n'éprouve aucun plaisir dans l'art de l'espionnage et de la guerre, elle passe de l'innocence à l'âge adulte. Les deux personnages sont aussi attachants l'un que l'autre même si j'ai une nette préférence pour le japonais, peut-être tout simplement grâce à Christian Gonon qui lui prête si bien sa voix. Valérie Karsenti joue la jeune chinoise. Et cette partie de go dans laquelle s'affrontent la chinoise et le japonais symbolise très bien le conflit qui oppose les deux pays. C'est une période très intéressante de l'histoire chinoise, on sent bien que la Chine entre peu à peu dans l'ère moderne. Ce roman fut l'objet d'une bagarre juridique entre Grasset, le premier éditeur de Shan Sa et Albin Michel qui paya l'amende réclamée par Grasset. Shan Sa est née à Pékin mais a décidé de venir vivre en France après les massacres de Tien An Men.Sorti en 2009. environ 4h d'écoute puisque Gallimard audio n'enregistre que des versions abrégées de ces romans et c'est bien dommage car j'ai parfois eu l'impression qu'il me manquait quelques lignes.

cocalight
16/02/12
 

Les protagonistes sont une lycéenne chinoise de 16 ans et un soldat japonais ; l’intrigue se déroule en Mandchourie –Nord est de la chine, territoire placé en face du japon de l’autre côté de la mer du Japon alors que les japonais envahissent la Mandchourie (années 30). L’héroïne, qui est imbattable à ce jeu de go (jeu chinois de stratégie comme les échecs où chaque pierre correspond à un soldat), a aussi beaucoup de succès auprès de ses camarades masculins, va-t-elle également remporter la victoire aussi en amour puisqu’une idylle va se nouer avec le soldat japonais ?Très bien écrit, transcrit bien l’atmosphère asiatique. Alternance des chapitres récit à la 1ère personneMe sert à la bibliothèque pour faire une transition de la littérature sentimentale vers la littérature générale

milar83
28/01/12
 

Bien vite je me suis laissée conquérir par cette histoire. On suit alternativement le destin de ses deux personnages, la façon dont ils ont vécu les instants en communs. Ce texte respire la douleur et la souffrance et c'est une écriture sans fausse note qui fait avancer impitoyablement cette histoire.Je n'ai pu m'empêcher d'être déçu par la fin qui même si elle était prévisible m'a surprise.Une bonne lecture agréable ...

Lacazavent
21/10/11
 

Pour ma première participation à un Book Club sur Livraddict, j’ai rejoint les membres pour la lecture d’un titre de la littérature asiatique, prévue le 5 mai. Après un petit « vote », les membres ont choisi de lire et de discuter de La Joueuse de Go de Shan Sa. Pour tout vous avouer, ce choix m’arrangeait bien, car ce titre dormait dans ma PAL depuis 2003 au moins, c’était donc l’occasion de le lire une bonne fois pour toute ! En fait, j’avais déjà lu ce petit roman, lors de sa sortie chez France Loisirs, en 2002 ; mais j’avais alors été très déçue par ma découverte. Lorsque j’ai à nouveau ouvert l’ouvrage, il y a quelques jours, je n’attendais pas grand-chose, ne gardant que très peu de souvenirs de ma précédente lecture. C’est sur une note mitigée que je repose ce livre, du côté des livres lus cette fois (et je ne compte pas l’ouvrir à nouveau de si tôt !) ; et je me rends compte qu’il rejoint - de ce côté-là de ma bibliothèque - un autre titre de Shan Sa, lu il y a quelques années maintenant Alexandre et Alestria (dont je ne garde aucun souvenir non plus, si ce n’est peut-être une impression de douceur et de poésie…)… Il me reste encore un ou deux titres de l'auteure dans ma PAL, mais je pense attendre un peu avant de me lancer ; de toute façon, je n'ai pas le temps pour le moment !

DameMeli
16/10/10
 

Un joli livre qui se lit (trop) vite. Très poétique.

Nala
05/11/09
 

Charme et élégance Dans l'écriture de Shan Sa, on retrouve la finesse et la légéreté de la calligraphie chinoise. Les descriptions et les émotions sont tracées avec une plume délicieusement précise. La juxtaposition des récits de la jeune chinoise et l'officier japonais est très prenante, elle incite à avancer pour connaître le dénouement.

Traité de Go existentialiste. Se lit vite et bien.

Jeff
10/07/09
 

Un grand bonheur de lecture sur la Place des Mille Vents.

lucky44
23/03/09
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.17 kg

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