La legende de nos peres

CHALANDON, SORJ

EDITEUR : GRASSET ET FASQUELLE
DATE DE PARUTION : 26/08/09
LES NOTES :

à partir de
6,49 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Après avoir été journaliste à la Voix du Nord, Marcel Frémaux est devenu biographe familial. « Toute vie mérite d'être racontée », disent ses publicités, et c'est pour cela que ses clients se confient à lui. Il les écoute, met en forme leurs souvenirs, les rédige puis fait imprimer un livre destiné aux amis ou au cercle familial. Un matin, Lupuline Beuzaboc se présente au biographe. Tescelin, le père de Lupuline, ancien cheminot du Nord de la France, était un Résistant, un partisan de l'Armée des ombres. Dédaigneux des hommages, il n'a raconté sa bravoure qu'à sa fille. Alors, pour ses 85 ans, Lupuline veut offrir à son père les mémoires de son combat. Elle veut ramener son passé glorieux en pleine lumière. Le vieil homme est réticent.
Embarrassé. En colère même de tout ce tapage. Et puis il accepte. Marcel Frémaux va s'atteler à cet ouvrage avec passion. Pierre Frémaux, son père, fut un Résistant. Comme le vieux Beuzaboc, un partisan de l'Armée des ombres, silencieux et dédaigneux des hommages. Mais son père n'a jamais rien raconté. Et il est mort, laissant son fils sans empreinte de lui. En écoutant Beuzaboc, c'est son père que le biographe veut entendre. En retraçant sa route, il espère enfin croiser son chemin. Mais rien ne se passe comme il le pensait. Et plus Beuzaboc raconte, plus le doute s'installe. C'est par une poignée de mains, que le biographe et le vieil homme avaient scellé leur pacte de mémoire. Ensemble, ils franchiront les portes de l'enfer.
La vie de Marcel Frémeaux, biographie familial, chancelle lorsqu'il doit rédiger l'histoire d'un ancien membre de la résistance cheminote lilloise, dont l'engagement fait écho à celui de son père. Résistant lui aussi, il a toujours voulu rester dans l'ombre, et entre le père et le fils, parti trop tôt, l'histoire est comme inachevée. On ressort ému et grandi de ce très beau roman, riche, limpide, qui nous parle des hommes, de leur choix, et de ce qui, parfois de manière insoupçonnée, les motive.
Cette œuvre aborde avec beaucoup de justesse les mécanismes de la transmission, de la mémoire, et nous parle, avec sensibilité et pudeur, de l'amour filial. Elle est aussi l'occasion de (re)découvrir l'auteur du magnifique "Une promesse" et de "Mon traître".

marie-sophie (lille)
La vie de Marcel Frémeaux, biographie familial, chancelle lorsqu'il doit rédiger l'histoire d'un ancien membre de la résistance cheminote lilloise, dont l'engagement fait écho à celui de son père. Résistant lui aussi, il a toujours voulu rester dans l'ombre, et entre le père et le fils, parti trop tôt, l'histoire est comme inachevée. On ressort ému et grandi de ce très beau roman, riche, limpide, qui nous parle des hommes, de leur choix, et de ce qui, parfois de manière insoupçonnée, les motive.
Cette œuvre aborde avec beaucoup de justesse les mécanismes de la transmission, de la mémoire, et nous parle, avec sensibilité et pudeur, de l'amour filial. Elle est aussi l'occasion de (re)découvrir l'auteur du magnifique "Une promesse" et de "Mon traître".
Shirley ,
Librairie
(Roubaix)
20 personnes en parlent

Le narrateur est biographe familial : il rencontre, sur plusieurs séances, un inconnu qui souhaite voir sa vie rédigée sous forme de livre. Son travail consiste à écouter, transcrire, habiller les propos de son "client", ceci le plus fidèlement possible, avec le maximum de neutralité.A ce titre, la fille de Beuzaboc le contacte pour qu'il écrive sur les années de guerre de cet homme en tant que résistant. Faute d'avoir osé/pu discuter avec son propre père de son passé de partisan, l'écrivain y voit (plus ou moins consciemment) l'occasion de retrouver l'histoire paternelle, indirectement, via le témoignage d'un de ses pairs. Il accepte donc. Mais les attentes très personnelles du biographe vont biaiser les échanges avec le vieil homme dont il doit raconter les souvenirs. "Je partais sur les traces de son père comme si c'était le mien." (p. 169)Voici une histoire d'amour et d'admiration d'une fille pour son père, très belle et émouvante. Le récit m'a semblé de plus en plus fort, de plus en plus brillant au fil de la lecture, à mesure que l'on découvre le parcours de Beuzaboc. Il interpelle sur la place du biographe (ou du journaliste), sur son objectivité - parfois difficile lorsqu'il est lui-même trop impliqué. Ce roman interroge également sur les "légendes" familiales, l'image que l'on veut donner de soi, celle que l'on veut avoir (et garder à tout prix) de ceux que l'on aime. Il évoque de ce fait en creux l'acceptation du silence parental, lorsque le passé est déjà trop lourd à porter pour être dit (Allemands de la 2e génération, enfants des combattants en Algérie, etc.).Un superbe roman. Canel

Canel
03/09/12
 

Mais quelle est donc la "très grande faute" qui poursuit M. Chalandon ?Tel un motif dans le tapis, cher à Henry James off course, les mêmes dess(e)ins poursuivent ses personnages. Et comme il n'y a qu'un pas (de trop ? ) à franchir entre un écrivain et certains narrateurs, et même si c'est le coeur de la fiction de jouer sur ces ambiguités, on ne peut que se questionner dans ce sens, tellement la trahison, la promesse non-tenue, le sens de l'honneur, la parole donnée et les illusions perdues chères à Balzac semblent être le coeur du cyclone personnel de M. Chalandon. Adonc, un ancien journaliste s'est reconverti en écrivain biographe, sorte de ghost writer du pauvre, de nègre du peuple. Il se guérit ainsi, semble-t-il des contraintes, des pressions, des faux-semblants et des mensonges, déjà, de son ancien métier de journaliste. Une femme de sa génération, quadra affirmée, lui propose d'"accoucher", c'est le terme pour les biopics, les mémoires écrites pour les autres, son père ; un taiseux dont les souvenirs de résistant méritent, selon elle, une plus grande reconnaissance, une plus grande visibilité, surtout aux portes de la mort. L'écrivain public s'engouffre alors dans un jeu de miroirs déformants qui va mettre en perspective sa propre histoire, celle de son propre père, lui aussi résistant, et qui lui aussi, avait choisi le silence après la guerre et, grande douleur personnelle, qui ne lui avait jamais tout dit sur ces années sombres là. Alors repentir, regrets, rédemption, il passe outre le vieux bonhomme, hargneux puis complaisant, pour le moins ambigu et manipulateur peut-être, et s'accroche au contrat, plus moral que financier finalement, qu'il passe avec sa fille : écrire la vraie histoire de son père.Mais à trop tirer sur les fils de l'écheveau mémoriel, on peut tirer à les rompre. Qui dit la vérité, que se cache-t-on à croire ou à oublier, et surtout qu'aurions-nous fait nous-mêmes dans un tel contexte ? µEt les secrets, les non-dits connus, est-il temps, moral de tout dire ? Pour qui, pour quoi ? Véritable pageturner, subtil et littéraire à la fois, vous ne lâcherez pas cette enquête pleine de vie, d'intimité, et d'Histoires, la grande et les petites.Chapeau bas M. Chalandon, mais à quand votre vraie confession ? ganeshmira

ganeshmira
14/08/10
 

Ma deuxième lecture de Sorj Chalandon après Une promesse, toujours aussi bouleversante. Cet auteur aime la précision, la vérité, l'économie de moyens : quelques lignes sur les chaussures rouges de Lupuline - « Elle portait des spartiates rouges, à fines brides entrecroisées. » - qui rythment chacune de leurs rencontres suffisent à suggérer un érotisme et un amour naissant. Le travail d'écriture du narrateur est lui aussi décrit méticuleusement : comment il remplit ses carnets en séparant les faits observés (notés page de droite) et l'expression de ses impressions ou émotions (notées page de gauche). On retrouve aussi dans ce roman, bien sûr, l'importance pour cet auteur de la droiture et de la nécessaire fidélité à ses engagements.

philit
17/03/10
 

J'aime beaucoup cet écrivain depuis lepetit bonzi......j'ai refermé ce livre et le gardant en main j'ai repassé toute les émotions ressenties pendant sa lecture et finalement je ne sais pas si je déteste ou si je plains ce vieil homme.........Pourquoi vouloir qu'un autre fasse éclater la vérité ? Cette vérité etait-elle nécessaire et pour qui ? certainement pour lui, un véritable besoin, une souffrance "un mal de mort"......Trés beau livre

Franicoli
31/01/10
 

"A l’enterrement de mon père, il y avait neuf personnes et trois drapeaux. "Dans « La légende de nos pères ». On parle de guerre, on parle de héros, on parle de résistance, dans « La légende de nos pères » Sorj Chalandon cherche à mettre en avant, les difficultés qu'ont parfois les parents à transmettre la mémoire familiale à leurs enfants.Marcel Fremaux, ancien journaliste devenu biographe familial est le narrateur. Il vient de perdre son père, vieux soldat de l’ombre dont il ne sait rien (son père ne lui à rien raconté de ses faits d’arme et de ses compagnons). Quand Lupuline lui demande d’écrire une histoire restée dans le cercle familiale , celle de son père, de son héros, Tescelin Beuzaboc l’ancien cheminot et résistant .Il accepte espérant ainsi y retrouver un peu l’histoire secrète de son père, celle de Brumaire.En écoutant Beuzaboc, ce soldat de l’ombre, Marcel veut aller plus loin, il espère plus de détails, il veut le retrouver dans les archives, pour rapporter, pour habiller les mots de cette biographie.Très vite le doute s'installe… les rapports changent.Comme dans Mon Traitre, dès les premiers mots, Sorj Chalandon capte le lecteur, il nous met en situation. Faire des choix, nous poser les bonnes questions. Sommes-nous influencés par l’image de nos parents, par les souvenirs que l’on en garde ? Ce livre très agréable à lire, aux personnages fascinants, auxquels on s’attache tant ils sont sensibles, fut une nouvelle fois un très bon moment de lecture.Peu après avoir refermé ce livre on s’interroge, sur notre enfance, nos souvenirs, nos rendez-vous manqués…"Et puis nous sommes partis."

chris89
27/01/10
 

La vérité est-elle toujours bonne à dire ? La Résistance et l’héroïsme à l’aune des souvenirs d’enfant. L’admiration que voue une fille à son père va l’amener à vouloir lui offrir la plume d’un biographe pour ses 84 ans. De rencontre en rencontre les 2 hommes se toisent, l’atmosphère se fait lourd, la tension est palpable. Qui est réellement ce Beuzaboc ? A-t-il croisé la vie du père du biographe, dit Brumaire ? Sorj Chalandon explore les chemins de la mémoire, la quête de la vérité historique. Dans une langue sobre ce magnifique roman est un véritable plaidoyer du devoir de mémoire et un hommage à son père disparu dans la discrétion. Il nous livre également les hésitations de l’écrivain, son travail d’écriture. J’y ai vu comme un écho à Javier Cercas dans Les Soldats de Salamine.

Iana
10/12/09
 

Un biographe familial, sensé retranscrire les actes de résistance de son client, se met peu à peu à douter de la véracité de ses propos.Les deux hommes se livrent alors à un sublime face à face, semaine après semaine, sous une chaleur caniculaire, dans l'ombre des fenêtres fermées, à peine interrompu par un ventilateur vétuste qui peine à faire son travail. La tension psychologique monte crescendo jusqu’à la chute finale toute en élégance.

Bibliotheque78
05/05/15
 

Après Retour à Killybegs et Le Quatrième Mur, La Légende de la nos pères est le troisième roman de Sorj Chalandon que je lis. Le sujet y est plus classique, puisque le thème abordé est celui de la Résistance, alors que les romans précédemment cités étaient plus originaux par leurs sujets, la guerre civile en Irlande et la guerre du Liban. Toutefois, le niveau narratif et stylistique est toujours le même : excellent. On retrouve des personnages taciturnes et burinés par la vie, un rythme évoluant entre sécheresse syntaxique et métaphores sublimes, bref, ce que j’avais déjà adoré dans les autres livres de Chalandon. Le principal rebondissement est particulièrement intéressant, c’est pourquoi je laisserai les autres lecteurs le découvrir par eux-mêmes. En tout cas, Chalandon nous livre un récit passionnant sur le besoin de nos sociétés contemporaines de « moissonner les mémoires » des Résistants mais aussi, tout simplement, de nos parents. Un petit bijou !

Shirayukihime
29/08/14
 

Coup de coeur Petit chef d'oeuvre bien mené ! (Marie Magdeleine)

Dès les premières lignes, j'ai été prise à la gorge par l'écriture de Sorj Chalandon. Dans le roman, un biographe professionnel conte, à la demande expresse de sa fille, Lupuline, les souvenirs d'un ancien résistant, Beuzaboc : belle mise en abyme où le narrateur déclare : "Depuis toujours je recherche les mots. Je les veux au plus près, au plus pur, au plus nu." (p. 57) C'est sans doute la propre recherche de Sorj Chalandon qui, dès les premières pages, plante le décor d'une histoire de mémoire et d'émotion.Alors que le père du narrateur, Brumaire (un ancien résistant effacé), est enterré sous la pluie qu'il aimait tant, le face à face entre le biographe et Beuzaboc se déroulera dans la canicule d'août 2003, un cadre qui marque de manière originale les différences entre les deux hommes. Cette figure du père habite le roman : Beuzaboc, le vieil homme rétif à se livrer et le père que le fils n'a pas réussi à écouter et qu'il aimerait retrouver et honorer à travers Beuzaboc. Le père héros, le père passeur de mémoire, et les mots, les mots "au plus près", les mots qui taisent, qui cachent, les mots qui trahissent."Je me sentais très seul. Je pensais à cet homme, à ces hommes, à ce papier tendu par un abbé quelques instants avant la mort. Je voyais leurs dos voûtés, les cheveux brouillons de nuit, leurs joues salies de barbe, leurs chemises ouvertes, leurs pantalons retenus par rien. Je voyais leurs rides au milieu du front, leurs bouches un peu ouvertes, leurs doigts tenant mal le crayon. Je voyais la lumière qui hésitait au seuil de la cellule. Je voyais ces hommes assembler leurs pauvres mots. Je relisais leurs phrases sans plainte, sans douleur, sans le moindre remords offert à leurs bourreaux. Je me demandais comment ces mots avaient pu survivre à ces hommes, continuer leur chemin de mots, revenir plus tard sous nos plumes, dans nos lettres, sur nos lèvres en paix. Je me demandais comment nous avions pu après eux encore écrire "adieux", "amitié" ou "chagrin". Je me demandais ce que seraient devenus nos mots sans les leurs." (p. 128-129)Il est question de mémoire, de transmission, d'authenticité aussi (le journaliste qu'est Chalandon affleure sous le désir de vérification du narrateur) dans ce roman qui devient un huis-clos étouffant dans la chaleur lilloise, où le rouge des chaussures de Lupuline vient éclairer la grisaille des souvenirs.Je l'avais déjà bien senti en vrai dans les interviews lues ou entendues de lui, mais il me semble plus... authentique, si je puis me permettre ce sentiment, de découvrir la profonde humanité de Sorj Chalandon à travers ses écrits. Dont, heureusement, il me reste tout ou presque à explorer... Anne

Anne7500
09/11/13
 

Une très belle histoire d'amour filial qui a ému les lecteurs. Les secrets de famille se dévoilent progressivement, à la manière d'une enquête policière. La mémoire collective et individuelle sont au cœur de ce roman très juste et subtile.

Après avoir été journaliste à la Voix du Nord, Marcel Frémaux est devenu biographe familial. 'Toute vie mérite d'être racontée', disent ses publicités, et c'est pour cela que ses clients se confient à lui. Il a perdu son père ancien résistant et à l'issue de son enterrement où seules étaient présents "Neuf personnes et 3 drapeaux", il est contacté par une femme, présente à l'enterrement, qui souhaite lui commander l'écriture d'un livre retraçant les exploits de son père lui aussi ancien résistant.Le vieil homme est réticent, refuse ce projet, et finit par accepter de raconter sa vie.Mais Marcel Frémaux, faute d'avoir pu discuter avec son père décédé, va en vrai journaliste, essayer de comprendre l'histoire paternelle en interrogeant, un peu comme un flic parfois, ce vieil homme qui aurait pu croiser son père . Pour comprendre, et retracer au mieux ce passé de résistant, il va vérifier les exploits de ce ancien résistant.... et alors.... !!!Un livre sur l'amour et l'admiration pour le père, sur les relations entre deux pères et leurs enfants respectifs. L'un, le narrateur, a eu une relation difficile avec son père avec lequel il a eu beaucoup de peine à communiquer, un père uniquement "présent, on en saura finalement assez peu sur son père, l'autre, la jeune femme, au contraire à qui son père a raconté par le détail sa vie de résistant, père qu'elle admire du fait de son passé.Un livre sur le travail d'investigation des auteurs, du journaliste, la vérification des informations, la confrontation du mensonge et de la réalité.Un livre sur les "légendes" familiales, l'image que l'on veut donner de soi à ses enfants en temps que père, le silence parental, les non-dits...J'avais aimé "Retour à Killybegs" et "Mon traître". Je n'ai pas été déçu par ce livre de Sorj Chalandon, journaliste à Libé puis au Canard Enchaîné. Est-ce une partie de son histoire familiale, de ses interrogations, est-ce une leçon sur l'éthique professionnelle qu'il assume qu'il a voulu nous faire partager?Un beau roman. JPV

JPV11
30/08/13
 

Dans ce roman, l’auteur interroge sur le devoir de mémoire, sur ceux de l’écrivain, sur l’étrange relation de l’Histoire et de la fiction, ses enjeux et ses pouvoirs. Les personnages, l’humanité des récits, ces fils de vie tissés avec pudeur, singulièrement présents, laissent une trace sur le chemin de lecture. Sorj Chalandon, c’est l’art du nu le plus pur, la quête de l’écriture, de cette résolution même d’écrire.Résistance pour la Légende de nos pères, Irlande pour Mon traître, romans de la transmission, de l’héritage; histoires d’hommes, de mémoire et de choix. De guerre, sujet qui n’a pourtant pas mes faveurs. Ce sont les mots, leur force, leur musique, leur vérité, ce talent à saisir l’instant, sa fragilité et sa densité, qui me troublent et me ravissent; comme une évidence qui me frappe.Brillant, prenant, émouvant.

Marilire
16/05/13
 

La légende de nos pères c'est la confrontation de deux personnages, de deux générations, mais aussi deux témoignages sur la Résistance: l'une vécue et l'autre "apprise".C'est aussi l'histoire des relations entre deux pères et leurs enfants respectifs. Relation difficile pour le narrateur qui n'a connu que la "présence" de son père alors qu'il aurait voulu communiquer avec lui, échanger ses souvenirs. Relation de père prodigue pour l'autre.La légende de nos pères c'est aussi la recherche de cet être idéal, ce héros que l'on voudrait être,mais que nous ne sommes pas. Les mensonges qu'on invente et qui finissent par vous dévorer.La légende de nos pères, c'est la quête de la guérison, de la vérité, L'affrontement salutaire de deux hommes en proie à leurs doutes, à leurs souffrances.C'est aussi un auteur, un style épuré où chaque mot est utilisé pour lui même sans rajout, sans fioriture. C'est surtout un roman qui vous prend. C'est mon premier Chalandon mais ce ne sera pas le dernier, je vais bientôt m'attaquer à "Mon traître" La légende de nos pères,c'est l'histoire d'un ancien journaliste de la Voix du Nord reconvertit en biographe de famille. Marcel Frémaux est le fils de Brumaire,un ancien résistant, mort sans s'être confié à son fils. Un jour Lupuline Beuzaboc vient le voir pour écrire la biographie de son père Tescelin,ancien cheminot et résistant. Tescelin accepte le cadeau de sa fille et entre les deux hommes va naître un affrontement. Frémaux voit dans cet homme son père, alors que le vieil homme voit dans son interlocuteur un exutoire à sa souffrance, à sa vie de mensonges. Des doutes,des trahisons vont se tisser tout au long de ses séances et au final chacun cherchera la quête de soi.

Pasdel
06/02/13
 

Un livre que je recommande chaudement – Il y a quelques mois, je découvrais l’auteur français, Sorj Chalandon avec son magnifique et très touchant roman, Mon traître. Depuis, j’ai très envie de continuer à découvrir sa bibliographie et notamment ses ouvrages parlant de l’Irlande. Je tenais donc à remercier Nelfe d’avoir choisi ce titre pour notre troc. Ce roman aborde le thème de la Résistance, de la lutte collective pour une cause (la libération de l’Irlande comme celle de la France), la mémoire des Anciens et son respect. La légende de nos pères a aussi su remuer en moi des sentiments de tristesse, de mélancolie…Un coup de cœur absolu – Une nouvelle fois, je suis transportée par la plume de Sorj Chalandon. En seulement quelques mots ou avec des phrases très concises, il parvient à faire passer tellement de sentiments et d’émotions. Il réussit le tour de force que nous, lecteurs, puissions également ressentir ce que le narrateur percevait. Dans ce roman, il y a un grand tourbillon d’impressions qui m’ont totalement happée.L’histoire est touchante mais aussi troublante. En effet, à travers le vieil homme, le narrateur essaie de retrouver le souvenir de son père résistant qui est décédé et qui n’a pas eu le temps et l’occasion de raconter son expérience à son fils. Nous pouvons sentir que ce fait travaille celui qui raconte l’histoire. Troublante également car je me demandais pourquoi ce vieil homme qui semblait si respectable a eu besoin de s’inventer une telle vie.Ensuite, j’ai apprécié la légère romance platonique entre le narrateur et le personnage de Lupuline. Outre le fait qu’elle a un prénom particulier, j’ai aimé toutes les références à ses chaussures, continuellement rouge. Quasiment à chacune de leurs rencontres, une petite phrase se glisse sur ces dernières. C’est tout en suggestion, en finesse.Conclusion – Pour ma deuxième lecture découverte de l’auteur, je dois dire que je suis loin d’être déçue. C’est un véritable coup de cœur et je vous encourage à lire les ouvrages de Sorj Chalandon. Chacun des romans que j’ai lus fut une pépite, un petit bijou.

Avalon
12/12/12
 

S'il est question de Résistance, dans ce texte de 2005, c'est plutôt à la manière d'une porte qui se ferme sur un période qui devient Histoire. Le narrateur, fils d'un résistant, n'a jamais évoqué avec son père cette période de sa vie, lui qui pourtant raconte l'histoire des autres, de par sa curieuse profession de négre-biographe. Cependant, embauché par une femme qui veut lui faire écrire les souvenirs de son père, lui aussi résistant, le narrateur est renvoyé à sa histoire. Mais rapidement, il en vient à douter : ces souvenirs sont-ils authentiques ? Le vieil homme n'est-il pas un imposteur ? Et si oui, doit-il participer à la mascarade ? Un très beau livre sur le pardon et le rapport au père.

Mariei
09/08/12
 

Marcel Frémaux est biographe familial : il brode un recueil des souvenirs de chaque client, un doux roman, une transmission écrite, un héritage littéraire. A l'aube des 84 ans de son père, Lupuline Beuzaboc le contacte pour que Tescelin Ghesquière alias Beuzaboc lui narre sa vie de résistant français. Marcel se souvient de ce couple père-fille lors de l'enterrement de son propre père, Pierre Frémaux, également grand résistant lillois connu sous le nom de Brumaire. Beuzaboc, vieil homme acariâtre, cède à Lupuline et accepte les nombreux entretiens nécessaires à la constitution de sa dernière œuvre : l'histoire militaire de sa vie ! D'entretiens en entretiens, les anecdotes se succèdent. Tel un journaliste écrivain (un clone fictif de Sorj Chalandon), Marcel recoupe les informations, cherche à les valider avec la presse locale de l'époque, afin de consolider l'ossature de l'ouvrage. L'ébauche du roman tarde à s'installer, contrairement au doute et à la canicule (nous sommes à l'été 2003).Je vais débuter par l'explication de ma note basse : j'ai aimé l'histoire qui possède des qualités indéniables (rappel des méthodes d'investigations journalistiques, relation émouvante entre Beuzaboc et Lupuline, magnifique hommage aux résistants français - ceux qui sont restés dans l'ombre et le sacrifice pour le bien-être et la liberté de tous) mais je regrette l'absence totale d'émotion si présente pourtant dans Retour à Killybegs. J'aurais aimé être sensible aux anecdotes du père du héros, bien présent malgré sa mort physique que je considère comme le troisième personnage masculin central de l'histoire, dont on fête le vingtième anniversaire mortuaire. J'ai lu ce livre, sans pincement au cœur, malgré les thèmes si importants qu'il dégage : la droiture et l'honnêteté vis-à-vis de soi-même, la protection d'un mythe de l'enfance, les liens parentaux, le souci de la liberté (la très belle anecdote du monument aux morts lillois rappelle notre liberté durement acquise), la transmission et le roman familial, la recherche du père, la résistance et l'hommage aux otages (principales victimes de représailles). L'ultime scène entre Lupuline et Beuzaboc demeure la plus belle. Ce livre riche méritait un autre traitement, plus lyrique à mon sens : il est resté sur un plan journalistique et c'est bien dommage ... sauf pour la ville de Lille magnifiquement décrite !

Cave
05/05/12
 

C'est une histoire de combattant, une histoire touchante dénonçant à sa manière les velléités de mémoire de plus en plus incontrôlé de nos jours. J'ai trouvé ce roman vraiment intéressant, l' intrigue est fort simple mais d'une efficacité redoutable. L'écriture est limpide et fluide, c' est un roman facile, rapide, très agréable à lire et surtout facile à partager. '' La légende de nos pères'' se place dans la lignée des précédents écrits de Sorj Chalandon ni mieux ni moins bien. Ce fut pour moi une très bonne lecture de retrouvailles avec cette plume qui m'a conquise avec son roman « Un traitre » et qui jusqu'à présent ne m'a jamais déçu. J'y ai retrouvé une certaine délicatesse, quelques passages touchant, des phrases et des propos empreint de justesse.C'est un livre que je conseillerais à tous les lecteurs qu'ont apprécié ses précédents textes et à tous ceux qui veulent découvrir un formidable écrivain encore trop méconnu...

Lacazavent
21/10/11
 

J'avais raté ce livre de Sorj Chalandon lors de sa sortie, il ya deux ans et, fort heureusement, cet oubli est maintenant réparé.Ce livre est un bonheur d'écriture, tout en suggestion et en touches légères et subtiles à l'opposé des gros sabots de certains vendeurs de best-sellers (ils se reconnaitront!).J'aime ce questionnnement permanent, cette découverte de la vérité sans retournement de situation grossier ou trop habile. Il suffit de quelques remarques pour que l'on comprenne les interrogations de l'auteur et son malaise face à ce vieillard un peu trop taiseux, sa tendresse pour Lupuline et ses chaussures rouges qui ne montrent rien et disent tout...Précipitez-vous!

pwall59
20/09/11
 

ÉCRITURE ET DEVOIR DE MÉMOIRELa légende de nos pères. Le titre me guidait vers un roman sur la seconde guerre mondiale, les héros résistants, etc. Mais très vite je me suis rendu compte que La légende de nos pères travaillait plus sur le processus de glorification et de mensonges après la guerre...

constance93
22/04/11
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 13.00 cm
  • Poids : 0.26 kg

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