La lettre ecarlate

HAWTHORNE, NATHANIEL

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 18/02/77
LES NOTES :

à partir de
6,60 €
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Ebook

SYNOPSIS :

La lettre écarlate, c'est la marque au fer rouge qui désigne la femme adultère dans l'amérique du puritanisme obsessionnel de l'époque coloniale. Trois personnages : hester qui vit avec une dignité admirable sa faute et sa solitude. arthur dimmesdale, le jeune pasteur dont les élans mystiques soulèvent à boston l'enthousiasme des fidèles mais
qui, ensorcelé par hester, ne parvient ni à dominer ni à vivre sa sensualité. chillingworth, le mari, qui pendant des années tourmentera en silence le pasteur jusqu'à la folie et la mort. le premier des grands romans américains, la clef d'une sensibilité nationale toujours partagée entre la tentation du scandale et le démon de la culpabilité.
5 personnes en parlent

L'histoire aurait pu être un trio à trois: un mari absent, une femme prend un amant et tombe enceinte. Cependant, ce n'est de celà dont il s'agit, c'est beaucoup plus complexe car l'auteur focalise son attention sur Hester et sa relation vis à vis du prêtre-amant, vis à vis de la société et vis à vis d'elle-même. Ce livre selon moi est un récit de libération et d'affranchissement d'Hester. Accusée d'adultère et marquée par la lettre écarlate (un A rouge et or, symbole de la luxure, péché grave et prohibé par le sixième commandement), Hester est frappée d'ostracisme par l'ensemble de la communauté. C'est que nous sommes à l'aube du Nouveau Monde. Les pères fondateurs débarquent et s'installent sur la côte Est des Etats -Unis (ou plutôt ce qui va devenir les Etats Unis). Ils reconstruisent une nouvelle Jérusalem aux règles strictes. C'est le commencement du puritanisme. Esther va être en quelque sorte le bouc émissaire, le nouvelle Marie Madeleine, la Grande Prostituée!. Chassée de la communauté, essuyant humiliation et insultes, elle tient le coup et non seulement courageuse, elle revient des années plus tard, alors que la faute est oubliée avec sur la poitrine toujours la même lettre. Pour moi, la grandeur de Hester (nom dérivé de Esther, la grande Esther de la Bible, celle qui libère son peuple de son servage en soumettant par sa patience, sa douceur mais aussi par sa fermeté son mari le grand Xerxès) réside dans cette volonté de fer à arborer l'infâme insigne à la barbe des "sages" de la communauté. Elle montre par là sa fierté et sa révolte contre des lois rigides et mesquines de sa société (curieusement dans le roman, ceux qui l'accablent le plus sont tout de même .... des femmes! pas si bizarre que celà puisque l'auteur les dote d'un très grand pouvoir de mesquinerie, de basesses et de rancune). La société n'a pas réussi à la lapider. D'autant plus que le trésor de cet amour se nomme Pearl, la perle, fruit de la détermination de sa mère et de sa dignité. Signe aussi du trésor caché d'Hester: cet amour défendu et si délicieux parce que c'est défendu et parce que la faute est d'alors d'autant plus grave. Elle porte selon moi l'étendard du refus de la soumission de la femme. Elle revendique sa liberté d'aimer et de jouir de cela quitte ensuite à l'assumer seule car le plus vil des deux est ici le prêtre. N.Hawthorne lance ici une virulente dénonciation contre le pharisianisme et la rigueur calviniste et catholique. Je recommande à tous la lecture de ce classique. Vous pouvez aussi savourer les différentes adaptations de ce texte, à commencer par l'adaptation de 1926. c'est un film muet restauré dans les années 2000. Le film s'appelle "La lettre Rouge" de Victor Sjoström. Il n'est pas disponible dans le commerce. Vous pouvez le trouver dans des bibliothèques de votre ville. C'est de cette façon que j'ai pu avoir accès à cette version. Vous avez aussi celle de Wim Wenders (1973) qui s'intitule "La lettre écarlate". Extraordinaire. La moins intéressante à mon goût est celle de Roland Joffré en 1995 avec Demi Moor et Gary Olman. Même si l'acteur est très doué, il n'empêche que le film manque de consistance: trop surfé, trop focalisé sur l'histoire d'amour à l'eau de rose et pas assez sur la gravité du contexte et sur la restitution des aspects moraux, éthiques et religieux du nouveau monde. Mais c'est un avis personnel. A vous de voir. :)) Victoire

tran
29/04/12
 

Quand on demandait à Italo Calvino ce qu'était pour lui un classique de la littérature, il répondait (entre autre) : "Les classiques sont des livres qui exercent une influence particulière aussi bien en s'imposant comme inoubliables qu'en se dissimulant dans les replis de la mémoire par assimilation à l'inconscient collectif ou individuel." Il disait également qu' "Un classique est un livre qui n'a jamais fini de dire ce qu'il a à dire." "La lettre écarlate", dont je viens de terminer la lecture, entre sans doute dans le champ de cette dernière phrase. Publié en 1850 aux Etats-Unis, il est considéré comme le premier grand roman du continent américain et, malgré un style et une thématique un peu vieillottes, il parvient, 150 ans plus tard à nous émouvoir et à faire résonance.L'histoire, au premier regard, peut sembler banale : une femme, son mari, son amant. Trio de vaudeville ? Pas du tout! Car, ici, se greffe un élément sacrément perturbateur, le puritanisme intégriste de toute une communauté de la Nouvelle Angleterre du 17 ème siècle. Au début du livre la femme, Hesther,, dont le mari est porté plus ou moins disparu, est jugée pour un grave péché de chair qui a donné naissance à un enfant. Conduite sur un échafaud à être observée pendant des heures par une population fanatisée par des prêches, elle sera ensuite libérée mais condamnée à porter une lettre écarlate sur sa poitrine le restant de sa vie, le A d'Adultère. Elle vivra à la périphérie de la ville, seule avec sa fille, gardant secret le nom du père...qui n'est autre que le pasteur de la communauté. Rongé par le remords et le mensonge, ce dernier, hébergera un vieux médecin qui n'est autre que le mari de l'héroïne, réapparu pour exercer une vengeance aussi subtile que diffuse.Personnages de tragédie, ce trio va se révéler être le porteur de plusieurs messages toujours contemporains. J'évacue tout de suite le raccourci historique de la lettre écarlate et de l'étoile jaune imposée par les nazis, mais on y pense fatalement. Mais là où le symbole de judéité ne menait qu'à un destin funeste, le A rouge est finalement présenté ici comme un symbole de libération, libération de dogmes ineptes et débiles mais libération féminine également.Eloignée de cette communauté austère, Esther se créera un monde intérieur intense. Hawthorne décrit très bien ce cheminement : "Hesther Prynne, forte du courage qui faisait partie de sa nature et qu'avait renforcé sa longue solitude, ...avançait sans règle ni commandement, dans un désert moral aussi vaste et aussi sombre que la forêt vierge... Depuis des années, elle considérait de ce point de vue spécial les institutions humaines et tout ce que les prêtres et les législations humaines avaient établi, exerçant sa critique sans plus de respect que l'Indien n'en ressentait à l'égard du rabat du prêtre... Le sort qu'on lui avait imposé, l'avait libérée. La lettre écarlate était un passeport pour des régions où les autres femmes n'osaient s'aventurer.... Il semble bien que les sept années d'ostracisme et d'humiliation l'aient préparée à la révolte." J'ai pensé bien entendu à toutes ces populations actuelles (surtout féminines) réduites à un état fantômatique pour les femmes et fanatique pour les hommes, avec des préceptes d'un autre âge. Et quand l'auteur écrit un peu plus loin: " Elle défit les brides du bonnet qui enserrait sa chevelure, et ses belles tresses épaisses tombèrent sur ses épaules du charme et de la douceur à ses traits. ", j'y ai pensé encore plus fort !La suite sur le blog

pilyen
16/12/12
 

Ce livre gagne à être connu lorsqu’on prend la peine de le replacer dans son contexte.Il est en effet, un cri de révolte contre la société puritaine américaine vers 1642, qui dénonce, juge, ne respecte pas les libertés individuelles, fait preuve de violence etc…Il peut-être intéressant de savoir que l’auteur, Nathaniel Hathorne a changé son nom de famille en Hawthorne, car ses ancêtres faisaient partie de cette population et qu’il en avait honte. Lorsqu’on sait cela, on peut comprendre qu’il ait écrit ce livre, et que celui-ci insiste plus sur les relations entre les personnes, les communautés que sur la relation amoureuse elle-même.L’écriture, « à l’ancienne », très classique, utilisant entre autres, le subjonctif imparfait, m’a déroutée au prime abord, je la trouvais « lourde », pénible à la lecture, pas du tout « accrocheuse ». J’ai donc laissé le livre, lisant deux ou trois pages par jour jusqu’au moment où, je ne saurai pas dire pourquoi, à peu près à la moitié du livre, je me suis réellement intéressée au contenu et l’écriture ne m’a plus pesé, me plaisant même. J’étais « dedans », dans le contexte … Je me dis que le fait d’avoir, entre les deux, réalisé quelques recherches sur l’auteur, m’a aidée à cerner le pourquoi ce roman et ainsi à mieux l’apprécier.J’ai aimé la fraîcheur apportée par Pearl lorsqu’elle apparaît, espiègle, langue bien pendue, sautillante, touche de brillance et de couleur au milieu de tout ce sombre, assumant la lettre portée par sa mère (elle essaie même d’en faire une pour elle, pour être pareille…)Hesther, porte sa lettre comme un étendard, couleur, là aussi au milieu de toute la noirceur. Elle ne se cache pas, bien au contraire Elle irait presque jusqu’à provoquer, dire « Et alors ? Je vous dérange ? »Car c’est bien de ça qu’il s’agit « elle dérange », elle tait le nom du père, elle assume (elle a cousu une lettre superbe, comme un objet d’art) et les puritains s’en étoufferaient presque.J’aurais aimé que soit creusé le pourquoi d’une telle bravoure, d’une telle volonté chez elle.« Ce signe m’a enseigné, m’enseigne tous les jours, m’enseigne en cet instant même une leçon qui pourra rendre mon enfant plus sage bien que ne pouvant être d’aucun profit pour moi. »Les hommes de ce roman ? Pas un pour racheter l’autre …. Hypocrites, mièvres, fuyants ….Eux n’assument rien …Globalement, une lecture surprenante, insolite car pas du tout dans mes habitudes (mais un bon vieux classique ne fait jamais de mal au contraire …) mais à laquelle il manquera, pour moi, un petit quelque chose, pour être captivante …PS : Le prologue a bien failli me faire fuir …

Cassiopea
31/10/11
 

Je n’ai pas lu avec délectation ce livre, et n’en porterai certainement pas un grand souvenir. Voilà qui est dit. Je l’ai lu avec modération, pour ne point m’en lasser trop vite, aidée en cela par un nombre de pages tout juste acceptable pour une lecture aux puissants relents d’austérité, et d’aridité.Le sujet n’est pas dénué d’intérêt, c’est pour cette raison que j’ai souhaité le lire, et tenté autant que faire ce peut, le terminer. Mission accomplie, donc.Il y a fort longtemps, en Nouvelle Angleterre, dans la ville de Boston, une communauté puritaine à souhait s’amuse à jouer au redresseur de tors, et condamne Hester coupable d’adultère, la vilaine, à porter un A de couleur rouge sur son vêtement afin de graver sur elle , à jamais la honte non seulement d’avoir fauté, mais encore ne n’avoir pas dénoncé l’imprudent qui s’est laisser aller au pêcher de chair…..Et oui, que voulez vous, la chair est faible….Entre en scène le cocu, qui entre nous, vu comme il est décrit « vieillard difforme aux traits si laids », et de surcroit absent un certain temps, ne pouvait pas espérer que sa jeune épouse restât sage bien longtemps.J’ai bien aimé le personnage d’Hester, drapée dans sa dignité, imperméable aux médisances et discours de bonne morale. Elle a fauté, un enfant est né de cet amour là, Perle, enfant malicieuse et capricieuse, et puisque la société l’a condamnée, et bien, elle assume, se tient droite, et attend le moment où son amant et elles pourront s’enfuir…..Seulement c’est sans compter sur le remord de l’amant qui lui s’enroule dans la culpabilité, aidé en cela par le cocu drapé dans son désir de vengeance…..Ah ces hommes….C’est surtout le style qui m’a agacée. Il est aussi austère que cette communauté de puritain. Il est aussi lourd que la morale chrétienne encore en vigueur en ces temps là. J’ai trouvé que cette écriture avait un caractère altier.D’autre part, je n’ai guerre apprécié cette distance imposée par l’auteur dans une narration, lourde elle aussi. Ce dernier, raconte une histoire, sans y mettre de vie ni de lien particulier auquel le lecteur puisse se raccrocher. Nous restons de fait étrangers à cette histoire, sans pouvoir à un moment ou à un autre s’identifier, se positionner. C’est dommage. http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
18/09/11
 

Bah. Je devais étudier ce livre pour mon option, et en toute honnêteté, je me suis ennuyée. Une longue introduction fastidieuse, sur lequel j'ai peiné, et une succession de chapitres où globalement il ne se passe rien, sauf à la fin. Le genre de livre dont l'intrigue se résume à cinq lignes mais que l'auteur met deux cents pages à développer. Beaucoup de blabla pour rien, dirais-je. Hawthorne, on aime ou on n'aime pas. Après avoir lu plusieurs de ses nouvelles, toutes tournées plus au moins vers le thème du péché et du "mal", je crois que malheureusement, je fais partie des gens qui n'aiment pas. Les attentes que j'avais en commençant ce livre n'ont pas été comblées : je m'attendais à découvrir l'amont de l'adultère. Le récit d'une histoire d'amour impossible entre une jeune femme dont le mari est resté sur le vieux continent et d'un pasteur. Eh bien non. Juste le récit de la honte quotidienne d'Hester, de ses travaux d'aiguille, de l'enfance de Pearl, l'enfant né du péché, une gamine plutôt désagréable. Il ne se passe quelque chose qu'à la fin. Et encore, si on peut appeler ça quelque chose. Quel ennui !

wellreadkid
07/08/10

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.20 kg

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