La litterature en peril

TODOROV, TZVETAN

livre la litterature en peril
EDITEUR : FLAMMARION
DATE DE PARUTION : 18/12/06
LES NOTES :

à partir de
12,00 €

SYNOPSIS :

Pour Todorov, la littérature est le meilleur moyen de connaître le monde humain et elle peut apprendre à mieux vivre. Selon lui, en France, une conception étriquée de la littérature s'est imposée ces dernières
années. Evoquant quelques auteurs-clés, Todorov révèle les sources anciennes de l'image de la littérature, du temps des Lumières, chez les romantiques ou dans les avant-gardes du XXe siècle.
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Voilà en quelques mots l'objet de cet essai. Tzvetan Todorov, sans blâmer les professeurs de lettres pour autant, lesquels ne font qu'appliquer le programme et les instructions officielles, se désole de l'état de l'enseignement en France, où l'on arme les élèves d'outils critiques pour analyser une oeuvre, mais où l'on n'essaie pas de leur faire aimer la littérature en tant que telle, la littérature pour elle-même, pour ce qu'elle offre au lecteur, ce qu'elle lui fait partager à travers sa vision du monde et ses personnages. Partant de là, rien de plus évident de constater que les oeuvres contemporaines, écrites par toute une génération ayant connu cet enseignement, illustrent une conception soit formaliste, soit nihiliste, soit solipsiste, telle que "l'autofiction". Après avoir esquissé brièvement son parcours autobiographique et ses travaux universitaires, Tzvetan Todorov explique pourquoi le formalisme qu'il a prôné pendant longtemps, avec Gérard Genette et Roland Barthes, ne peut faire l'objet d'un enseignement dans le secondaire, sous peine de faire fuir de futurs lecteurs. Il y a du vrai, effectivement, dans ce qu'il dit, et c'est effectivement la raison pour laquelle je n'ai pas choisi cette carrière mais une autre dans l'espoir de donner le goût de lire à toute une génération qui, une fois le bac en poche, n'aura sur sa route quasiment plus de prescripteurs de lecture capables d'éveiller ce plaisir.

CarnetsdeSeL
04/10/11
 

Hubert Nyssen, Carnets, 26.01.07 :« Peut-être cela relève-t-il également de la coïncidence et de ses complicités... Hier, j'écrivais ici quelques réflexions sur trois catégories littéraires et leurs conséquences éditoriales : l'art pour l'art, l'engagement et le jouir-du-sens cher à Lacan. Et cette nuit, réveillé par une colère du mistral, plutôt que tergiverser avec l'insomnie, j'ai ouvert La littérature en péril de Tzvetan Todorov et j'en ai lu d'un trait les quatre-vingt-dix pages dont le sens tient dans une phrase que l'éditeur (Flammarion) a eu raison de mettre en quatrième de couverture : “Le lecteur, lui, cherche dans les œuvres de quoi donner sens à son existence. Et c'est lui qui a raison.” Mais il est d'autres phrases qu'on a envie de retenir... “À l'école, on n'apprend pas de quoi parlent les œuvres mais de quoi parlent leurs critiques.” Ou encore : “On fait preuve d'un certain manque d'humilité en enseignant nos propres théories autour des œuvres plutôt que les œuvres elles-mêmes.” Je repasse maintenant à travers le livre, et je vois que, cette nuit, j'ai porté au crayon des petits signes dans la marge de maints passages. Car ce livre, qui retourne leurs propres armes contre les déconstructionnistes, est l'un de ceux qu'après lecture tout enseignant devrait garder à portée de la main. Mais aussi le lecteur ordinaire qui s'en servira comme remontant quand on lui cassera le moral en l'accusant de n'être pas dans le vent. “Être dans le vent ? Vocation de feuille morte”, disait Gustave Thibon. » Historien et essayiste, Tzvetan Todorov nous livre ici, de façon très synthétique et parfaitement facile à suivre, ses réflexions sur les façons d’appréhender la littérature au fil des siècles, et agite la sonnette d’alarme quant au traitement qui lui est réservé dans nos collèges et lycées. Avant tout lecteur amoureux, ces trop courtes 90 pages sont un baume et un plaisir pour nous, lecteurs ordinaires, mais passionnés.Par exemple :Dès le 18° siècle, Kant dans la Critique de la faculté de juger, influencera toute la réflexion contemporaine sur l’art, en maintenant toujours cette double perspective : le beau est désintéressé, en même temps il est un symbole de la moralité. Le beau ne peut être établi objectivement, puisqu’il provient d’un jugement de goût et réside donc dans la subjectivité des lecteurs ou des spectateurs ; mais il peut être reconnu à l’harmonie des éléments de l’œuvre et faire l’objet d’un consensus.Ou encore :Désormais, un abîme se creuse entre littérature de masse, production populaire en prise directe avec la vie quotidienne de ses lecteurs ; et littérature d’élite, lue par les professionnels – critiques, professeurs, écrivains – qui ne s’intéressent qu’aux seules prouesses techniques de ses créateurs. D’un côté le succès commercial, de l’autre les qualités purement artistiques. Tout se passe comme si l’incompatibilité des deux allait de soi, au point que l’accueil favorable réservé à un livre par un grand nombre de lecteurs devient le signe de sa défaillance sur le plan de l’art et provoque le mépris ou le silence de la critique.Je pourrais en recopier ainsi des pages et des pages, c’est évidemment consolant et porteur d’espoir, de voir des mots se poser sur le mépris ambiant d’un certain milieu, et agréer ce qu’on pense déjà soi-même si fort et si souvent.Et il n’est guère étonnant d’en lire l’éloge d’Hubert Nyssen, tant on peut trouver dans ses propres essais et carnets, les mêmes encouragements.J’avoue être assez dépassée par l’interprétation de cet essai que je lis dans Télérama, mais bon…90 p.Le lecteur ordinaire, qui continue de chercher dans les œuvres qu’il lit de quoi donner sens à sa vie, a raison contre les professeurs, critiques et écrivains qui lui disent que la littérature ne parle que d’elle-même, ou qu’elle n’enseigne que le désespoir. Qu’on se le dise ! :) Sylvie Sagnes

SagnesSy
03/07/12
 

Format

  • Hauteur : 20.00 cm
  • Largeur : 13.00 cm
  • Poids : 0.12 kg

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