La lucidité

SARAMAGO, JOSE

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 12/10/06
LES NOTES :

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7,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

La Lucidité est en quelque sorte la suite de L'Aveuglement. L'un comme l'autre se présentent comme une allégorie (on se souvient de ce pays dont tous les habitants sont soudain frappés de cécité et qui, livré au pillage, au crime et à la violence, est sauvé par une femme, la seule ayant gardé la vue) avec, en plus, dans ce roman-ci, une intrigue policière et une tension qui tiennent réellement le lecteur en haleine. Dans La Lucidité, pas de nom de pays, de ville, de personnages, aucun nom propre et cependant ce roman, apparemment abstrait et théorique, est bâti autour d'une intrigue bien concrète pour accuser les formes dévoyées de nos démocraties, se moquer de la corruption du pouvoir, de la stupidité des partis politiques de droite comme de gauche. A la suite d'élections municipales qui font apparaître 83% de votes blancs sans aucune abstention, le gouvernement et tous les partis politiques paniquent et, convaincus qu'il s'agit d'une conspiration organisée, choisissent la répression : espionnage, arrestations, état d'urgence. En réponse, les citoyens couvrent la ville d'autocollants ou est inscrit
« j'ai voté blanc » et organisent des manifestations avec des drapeaux blancs. La pagaille s'installe. Le gouvernement et le parlement décident alors de quitter la ville, de nuit. Lorsque les cortèges se dirigent vers la sortie de la ville, toutes les fenêtres s'allument. Puis la ville est livrée à elle -même et encerclée par l'armée. La population résiste pacifiquement. Les ministères de la Justice, de l'Intérieur et de la Défense décident alors d'envoyer un commissaire de police et deux inspecteurs pour trouver et arrêter les meneurs. Sans résultats : il n'y a pas de suspect. Le pouvoir organise alors un attentat qu'il met sur le compte des organisations subversives. Lorsqu'une lettre anonyme accuse la femme qui, dans L'Aveuglement, avait été la seule à garder la vue, le bouc émissaire est tout trouvé. La presse se déchaîne. Mais le commissaire qui mène l'enquête sur place se rend bien compte que les votes blancs n'ont été que la simple utilisation d'un droit parfaitement démocratique et que tout le reste n'est que manipulation du pouvoir. Sa prise de conscience s'achèvera en tragédie.
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Et si, lors des présidentielles, les électeurs de la capitale votaient majoritairement blanc ?[...]lors des élections présidentielles d’un pays sans nom, qui pourrait être le Portugal, 83% des électeurs de la capitale ont voté blanc. Surprenant, inexplicable, injustifié, intolérable ![...] Les ministres, dénoncés pour leur incompétence, leur opportunisme, leur interchangeabilité et leur soif de pouvoir, ignorent totalement les préoccupations et les revendication des citoyens. Lorsque 83% des électeurs de la capitale, bientôt appelés les « Blanchards », votent blanc aux élections présidentielles, c’est perçu comme un acte de rébellion à l’encontre de la “démocratie” à éradiquer au plus vite. Saramago montre comment la démocratie représentative, sous couvert d’artifices électoraux, se révèle autoritaire pour continuer à faire croire à sa légitimité.[...]La Lucidité de José Saramago incarne tout à fait la littérature politique et engagée en dressant une critique de la démocratie représentative. [...] Saramago montre comment la démocratie représentative, sous couvert d’artifices électoraux, se révèle autoritaire pour continuer à faire croire à sa légitimité.[...]À force d’être déresponsabilisés, nous finissons par croire que l’élection d’une élite est indispensable pour que la démocratie existe. Mais le peuple est capable de vivre en harmonie dans un espace commun, et la vraie démocratie est participative, avec des représentants en dialogue avec des comités de citoyens.L'article entier sur Bibliolingus :http://www.bibliolingus.fr/la-lucidite-jose-saramago-a115214890 Bibliolingus : un livre par semaine, dans Postérités, Pérennes, Éphémères, Oubliettes et Essais ;) http://www.bibliolingus.fr

Lybertaire
30/03/15
 

Quelques mots sur l'auteurJosé de Souza Saramago est né en 1922 dans une famille pauvre du Ribatejo, à Azinhaga au Portugal. Très tôt, il a dû abandonner le lycée pour raison financière et suivre une formation de serrurier. Cependant, autodidacte, il exerce divers métiers pour vivre (dessinateur industriel, correcteur, chargé de la fabrication chez un éditeur). Il travaille aussi pendant douze ans dans diverses maisons d'édition, puis dans des journaux. Sur le plan politique, il est très engagé, ses romans en portent la marque comme "La lucidité" ou "Aveuglement". José Saramago a été partie prenante de la révolution des œillets, en 1974. Parallèlement à ses activités professionnelles et politique, José Saramago écrit énormément mais c'est avec "Le Dieu manchot" qu'il a connu le succès. En 1992, le gouvernement portugais l’accuse de « porter atteinte au patrimoine religieux des Portugais » et censure l’Évangile selon Jésus-Christ parce qu’il heurtait la sensibilité catholique. Il a reçu le Prix Nobel de littérature en 1998. Il est décédé en 2010 à Lanzarote.CritiqueDans la capitale d'une nation inconnus, la population doit voter. Les citoyens vont bien sûr accomplir leur devoir civique. Cependant, contre toute attente, les citoyens ont décidé de voter blanc à 83%. C'est pour le gouvernement une gifle magistrale. Il décide donc de punir ces hommes et femmes qui ont pris trop à la lettre "l'exercice de la Démocratie". Le ton est donné :" Il semblait vraiment que la majeure partie des habitants de la capitale était décidée à changer de vie, de goût et de style. Leur grande méprise, comme on commencera à mieux s'en rendre compte à partir de maintenant, avait été de voter blanc. Ils avaient voulu un grand nettoyage, eh bien ils allaient l'avoir." La chasse aux sorcières commence et ainsi débute un bras de fer entre le gouvernement et la population jusqu'à ce qu'une lettre anonyme arrive sur le bureau d'un Ministre accusant une femme qui quelques années auparavant a été la seule à ne pas succomber à une épidémie de cécité (voir son roman "Aveuglement") ...Le roman de José Saramago est magistral dans sa dénonciation des abus du pouvoir politique menant peu à peu à la mort de la Démocratie sans que cela offense qui que ce soit. Les coups bas, les alliances politiques opportunistes ont vicié l'idéal démocratique. Les politiques ne servent plus la population qui les a élus mais deviennent de simples carriéristes. José Saramago va plus loin. Par manque de lucidité, les politiques n'ont pas vu dans le vote blanc, un mouvement spontané des citoyens criant leur rejet d'une politique politicienne. En fin de compte, les votants ne font qu'exercer leur liberté d'expression que leur confère la Démocratie. "La lucidité" démontre la fragilité de la Démocratie. Celle-ci ne survit pas à l'ambition dévorante des gouvernants pour asseoir leur pouvoir et savourer leur prestige. Le dénouement tragique prend les accents d'une allégorie. L'exécution finale est un message fort envoyé aux lecteurs. La colombe de la Paix est donc tuée et par ce geste, la Tyrannie fait irruption dans la capitale. "La lucidité" concerne ici les citoyens de cette capitale. Mais José Saramago semble par cette fable suggérer aux lecteurs d'être vigilants et de toujours garder sa lucidité pour sauvegarder ce qu'il y a de plus précieux pour un citoyen: la Démocratie. Les citoyens ou peuple d'une nation peuvent la perdre non de façon éloquente mais par des voies détournées et souvent peu perceptibles. Une lecture à méditer surtout avec le paysage politique actuel en France, en Europe et ailleurs bien sûr ... Victoire

tran
12/08/13
 

Les romans de Saramago se méritent mais quel bonheur à chaque fois ! Ce livre-ci est une sorte de "spin-off" de L'aveuglement (qu'il vaut donc mieux avoir lu auparavant) avec une tonalité politique en supplément.Les amateurs apprécieront de retrouver la verve pleine d'humour du Nobel et son engagement auprès de l'individu et contre l'Etat. Contrairement à L'aveuglement où l'auteur nous avait montré combien les Hommes peuvent révéler leurs pires bassesses dans des situations de crise, il met ici en avant les valeurs collectives, la solidarité entre individus qui, au fond, n'auraient pas besoin de gouvernement pour leur dire ce qu'il faut faire ou pas. Ce livre nous ramène, plus que ses autres oeuvres, aux convictions politiques de l'auteur. Connaître Saramago s'avère donc un plus pour saisir ses intentions et apprécier à sa juste valeur cet ouvrage qui oscille entre réflexion et dérision, espoir et dénonciation. Cependant, ce livre peut être une excellente introduction à l'univers de cet écrivain (avec la réserve énoncée au début), d'autant plus qu'il traite d'un sujet qui nous concerne tous : les élections et le pouvoir des citoyens... y compris (voire surtout) par le vote blanc.

mycupoftea
13/11/12
 

Format

  • Hauteur : 22.00 cm
  • Largeur : 14.50 cm
  • Poids : 0.72 kg
  • Langage original : PORTUGAIS
  • Traducteur : GENEVIEVE LEIBRICH