La maison d'aprevent ; recits pour noel et autres

DICKENS, CHARLES

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 16/10/79
LES NOTES :

à partir de
50,50 €

SYNOPSIS :

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Parfois, une rencontre est nimbée de magie, et l'évidence s'impose : Dickens m'accompagnera désormais jusqu'à la fin de ma vie (et quelle joie que ces milliers de lignes à ma disposition).Ce n'est pourtant pas la première fois que je le lis, mais sans doute le temps n'était-il pas venu. C'est dans Duma Key de Stephen King qu'il est fait allusion à un personnage de Bleak House, et une envie irrépréssible m'a prise de le lire (ce qui prouve que l'envie peut surgir du plus inattendu). Pour m'entourer du maximum de plaisir, j'ai décidé de le lire dans La Pléiade, traduit et annoté par Sylvère Monod. Au stade de lecture où je suis arrivée (chapitre XXXV), je me dit qu'il me sera vraiment difficile d'en faire un billet, tant j'ai la sensation de ne pas être à la hauteur de tout ce qu'on pourrait (et devrait ?) dire à propos de ce roman.Mais rien ne m'obligeant à faire ce dont je n'ai pas envie, je choisis l'option de deviser au fil de ma lecture, sur différents points soulevant mon intérêt. Et j'ai aujourd'hui envie de parler de quelques détails de la traduction.Le titre, d'abord, est longuement disséqué dans la préface. Il faut savoir que "bleak" est porteur de quatre sens distincts : 1. pâle, maladif 2. nu, exposé, battu des vents 3. froid, glacial 4. sans joie, lugubre. Certaines traductions ont choisi l'option de garder le titre original, lésant ainsi le lecteur français. Après de longues recherches, c'est La maison d'âpre-Vent (A majuscule avec accent circonflexe, ce que je ne sais pas faire sur mon clavier) qui sera validé par la bibliothèque de La Pléiade.Toute la préface est déjà passionnante, parce qu'elle dissèque les points délicats d'une traduction, dans le seul but que le lecteur francophone reçoive le même choc devant la traduction que l'anglais devant le texte. Mission impossible, s'il en est !Ainsi par exemple, Hortense, la servante française (d'Avignon ou de Marseille, nous dit Dickens) de Lady Dedlock s'exprime-t-elle dans un anglais hérissé de gallicismes, c'est-à-dire de transpositions littérales d'expressions idiomatiques françaises (ou que Dickens imagine être telles); il est impossible d'en donner une idée exacte en français. Sylvère Monod s'éverture donc à trouver autre chose un léger surcroît de raideur, de discrètes singularités d'un autre ordre et, à deux ou trois reprises, en désespoir de cause, une annotation.Un autre exemple qui a provoqué mes gloussements, est le passage déclinant les "ullité" et 'oussif". Je reproduis le premier dans son intégralité, avec son annotation :"Nous avons ensuite Lord Bullité, qui jouit d'une réputation considérable dans son parti, qui a été au pouvoir et qui déclare à Sir Leicester Dedlock après dîner, avec beaucoup de gravité, qu'il ne voit vraiment pas où l'on va à l'époque acutelle. Un débat n'est plus ce qu'un débat était autrefois; la Chambre n'est plus ce que la Chambre était autrefois; même un Cabinet n'est plus ce qu'il était jadis. A supposer que le gouvernement actuel soit renversé, il découvre avec stupeur que la Couronne, pour former un nouveau ministère, serait limitée à un choix entre Lord Cullité et Sir Thomas Dullité (à supposer qu'il soit impossible au duc de Fullité de marcher avec Gullité, comme il y a tout lieu de le supposer par suite de la rupture résultant de l'histoire de Hullité). Alors, en donnant à Jullité l'Intérieur et le poste de chef de la majorité à la Chambre des Communes, l'Echiquier à Kullité, les Colonies à Lullité et les Affaires Etrangères à Mullité, que fera-t-on de Nullité ? On ne peut lui offrir la présidence du Conseil privé : elle est réservée pour Pullité. On ne peut pas le mettre aux Eaux et Forêts, qui suffiront à peine pour Quillité. Que s'ensuit-il ? Que le pays est naufragé, perdu et démoli (ce qui devient manifeste au regard patriotique de Sir Leicester Dedlock), parce qu'on ne peut pas caser Nullité ! "" La série alphabétique Boodle, Coodle, etc., aurait un aspect de la farce si elle n'avait une intention symbolique et satirique. Elle a pour objet d'aboutir à Noodle (qui signifie "Nouille", mais le soucis de l'euphonie et la crainte d'accidents de parcours ont fait préférer "Nullité")."Je trouve qu'il y a là un humour fou du traducteur ;o)Mais d'une manière générale il y a également beaucoup d'humour chez Charles Dickens... A suivre... Sylvie Sagnes

SagnesSy
06/07/12
 

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 12.00 cm
  • Poids : 0.66 kg

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