La malediction du lamantin

KONATE-M

EDITEUR : FAYARD
DATE DE PARUTION : 27/05/09
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

A la saison sèche, au coeur du fleuve niger, une ethnie réputée pour sa connaissance des mystères du monde aquatique, les bozos, s'installe sur l'îlot de kokrini. un jour, contre toute attente, le fleuve entre en furie et un orage d'une violence inouïe frappe le campement. On découvre au petit matin deux corps sans vie. dépêchés sur les lieux comme la loi l'exige, le commissaire habib et son fidèle sosso doivent affronter la foule des villageois et bientôt le pays entier : en dépit des preuves, tout le monde croit à une mort surnaturelle. c'est le lamantin, le dieu du fleuve niger, qui s'est vengé. Jamais enquête n'aura
semblé aussi difficile. les anciens, sa femme et même le directeur général de la police pressent habib de suspendre ses investigations. enfant du continent noir formé à l'école des blancs, le commissaire vit un cas de conscience... Considéré comme le meilleur représentant de la littérature de son pays, le malien moussa konaté poursuit son exploration de l'afrique contemporaine aux côtés de son commissaire fétiche. après l'empreinte du renard situé en pays dogon (fayard noir, 2005) et l'assassin du banconi (série noire, 2002), il dévoile un continent écartelé entre modernité et respect de la tradition.
4 personnes en parlent

Après L'empreinte du renard, livre dans lequel les deux policiers enquêtaient dans la communauté Dogon, les voici donc confrontés cette fois-ci à la tribu Bozo, à ses fortes croyances ancestrales, mâtinées d'Islam, puisqu'elle est en majorité musulmane. Le meurtre, puisque c'est bien de cela dont il s'agit, est déroutant, très empreint de certains rites bozos. Habib et Sosso vont avoir du mal à enquêter sereinement tellement l'influence des communautés est forte dans ce pays.Fidèle à son précédent polar, Moussa Konaté nous plonge directement au coeur du Mali : on y apprend énormément de choses sur ce pays, sur les éthnies qui le composent, sur la difficulté de bien vivre ensemble en acceptant les pratiques et croyances des autres. La difficulté aussi pour un commissaire local, formé à l'école des blancs de se faire respecter totalement. Oh, certes, le commissaire Habib est connu honorablement et son travail est salué, dès lors qu'il ne gène pas les combines et arrangements locaux, ni même les us et coutumes du coin.L'intrigue est crédible et tient la route, mais encore une fois, comme dans le roman précedent, le contexte est formidablement plus intéressant ; Le Mali et les peuples qui le composent donnent une densité au roman, aux personnages. C'est loin, très loin des polars européens ou américains, et c'est tant mieux. Une vraie bouffée d'air orageux, chaud et humide. Un peu de poussière des pistes en plus. Yv

Lyvres
24/03/14
 

Alors qu'il enquête sur le meurtre du chef Bozo et de sa femme, le commissaire Habib va subir de fortes pressions de la part des anciens du village pour qu'il cesse ses investigations. En effet, ceux-ci pensent que la mort d'Iliou Kouata ainsi qu'une série de calamités qui s'abattent tour à tour sur eux sont la volonté de Maa, une divinité marine. Le chef l'aurait en effet offensé en choisissant pour 2ème épouse Nassoumba, membre d'une famille maudite pour avoir rompu un pacte qui les liait à Maa. Il conviendrait donc de laisser la vengeance s'accomplir sans chercher à percer les secrets des Bozos. L'intrigue permet à l'auteur de dresser un portrait de la société bozo avec ses particularités et ses contradictions, ainsi c'est très naturellement que l'imam et le devin, l'islam et l'animisme se côtoient. Le très rationnel commissaire va être confronté au choc des cultures : le poids de la tradition face à la modernité. Or, les devins, griots et autres représentants des croyances ancestrales représentent un pouvoir parallèle à l'autorité de l'état et ont notamment les moyens d'entraver le cours de la justice. L'enquête s'annonce donc très difficile.S'il est certain que ce roman ne me laissera pas un souvenir impérissable, il offre néanmoins une lecture aisée et distrayante, un moment d'évasion chez les Bozos, peuple que je ne connaissais pas. L'écriture m'a cependant semblé maladroite parfois, se souciant trop de pédagogie (livre écrit pour un lecteur occidental), touchant au mélo dans les scènes finales !

fabula
08/06/12
 

Kokri, un village de pêcheurs Bozos, proche de Bamako, la nuit. Kouata, le chef du village hémiplégique, son épouse Nassoumba, le vieux thérapeute traditionnel Zarka et Mandjou le griot sont présents à une cérémonie : le devin Kalapo a interrogé le sable à trois reprises et le peuple Bozo doit demander pardon à Maa, le dieu Lamantin du fleuve Djoliba (fleuve Niger) pour ses erreurs. Mais Maa a refusé leurs offrandes : « [...] les eaux du fleuve furent violemment agitées par des vagues énormes qui rejetèrent le coq, puis ses plumes, puis les noix de cola sur la berge. » (page 16). Apété, témoin caché de la scène, est apostrophé par « un géant d'un noir foncé, taillé comme un haltérophile [...], et armé d'un énorme gourdin » (page 17) qui l'oblige à parcourir Kokri et Bamako en annonçant leur mort aux habitants.Bamako, le lendemain. Le commissaire Habib Kéita est mécontent car sa précédente enquête, menée en pays Dogon (voilà, je le savais que j'aurais dû les lire dans l'ordre !) est close, le dossier est classé et les coupables courent toujours... C'est en compagnie de son jeune collaborateur, l'inspecteur Sosso Traoré, que le commissaire Habib surprend Apété annoncer la fin du monde. Plus tard, Zarka (qui était un ami de son défunt père) lui rend visite à la brigade criminelle et lui annonce aussi la fin du monde. Puis un violent orage, inhabituel en février, secoue le pays : « Si ce n'était pas l'annonce de la fin du monde, ça y ressemblait étrangement. » (page 29).Le surlendemain, Habib et Sosso sont appelés à Kokrini car les corps de Kouata et de Nassoumba ont été découverts. Mais à cause des superstitions des Bozos qui se fichent des preuves et des empreintes, les policiers doivent laisser agir l'imam Lassine et le devin Kalapo avant de voir les corps... « Maintenant, les autorités vont faire leur travail. C'est la loi qui le veut. Ils nous ramèneront les corps sans tarder. » (page 33). « Dans quel monde vivons-nous ? s'étonna Habib une fois assis dans la voiture, à côté de Sosso. C'est à en devenir fou. » (page 34).Le principal suspect est Sodjè, le fils que le chef Kouta a eu avec sa première épouse aujourd'hui décédée.Comme ils s'en doutaient depuis le début, Habib et Sosso reçoivent des pressions afin d'arrêter l'enquête : [...] Catherine de La culture se partage

Catherine2
28/05/11
 

Grâce à ce policier, on rentre un peu dans la mentalité africaine avec un enquête menée le commissaire Habib, formé chez les Blancs. Superstition contre rationalité. Sympa, facile à lire. Surtout des faits dans ce récit où les personnages manquent de profondeur psychologique. Impression d'une littérature africaine soft, pour Européen...

Zhayah
03/08/09
 

Format

  • Hauteur : 21.50 cm
  • Largeur : 13.50 cm
  • Poids : 0.28 kg