La meilleure part des hommes

GARCIA, TRISTAN

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 23/08/08
LES NOTES :

à partir de
18,80 €

SYNOPSIS :

La narratrice, Élisabeth, journaliste à Libération, fait le portrait de trois hommes dont elle a été proche, et à travers eux d'une époque : celle de la fin des années 1980 jusqu'à aujourd'hui, principalement dans le milieu des militants de la cause homosexuelle et le Tout-Paris intellectuel. Au centre du roman, Willie Miller, sorte de Rimbaud post punk qui débarque à Paris en 1989. Semi-clochard, il rencontre Dominique Rossi, ancien gauchiste, un des fondateurs historiques d'Act Up. Tout semble opposer les deux hommes. Dominique est réfléchi, très politisé, issu d'un milieu bourgeois. Willie vient d'une famille de prolétaires juifs, il est désaxé, excessif, un brin
pervers, violent et charmeur. Dominique, plus âgé et plus cultivé, éduque Willie, l'introduit dans le milieu homosexuel parisien, dont le jeune homme va vite devenir la coqueluche. Toujours à vif, Willie a un sens aigu de la médiatisation et du scandale, ses outrances choquent et amusent, il passe à la télévision, milite contre le safe sex... Le troisième homme du roman, Leibovitz, est un intellectuel médiatique qui passera progressivement d'un gauchisme pontifiant à une droite radoteuse. À travers eux, nous assistons à la naissance, joyeuse, et à la fin, malade, d'une période décisive dans l'histoire récente de la sexualité et de la politique en Occident.
5 personnes en parlent

Coup de coeur Une plongée parfois vertigineuse vers les années S.I.D.A. en suivant quelques figures médiathiques très reconnaissables qui ont illustré les contradictions politiques et morales du militantisme anti S.I.D.A.Le style d'écriture journalistique - s'il n'est pas particulièrement agréable - sert très bien le propos du livre.

"Et moi? Et bien je m'appelle Elizabeth Levallois. Je suis l'amie de Willie, la collègue de Doumé, l'amante de Leibo."La narratrice, Elizabeth Levallois entreprend de raconter les histoires de ses deux amis les plus proches: Dominique Rossi, alias Doumé, fondateur de Stand Up, et son amant puis son pire ennemi, William Miller, alias Willie, jeune marginal excentrique, pour qui "se brouiller était une forme d'amour chez lui". Au delà de leurs histoires, c'est l'Histoire des années 80, celle ou est apparue le Sida et le choc provoqué dans la communauté homosexuelle d'une part, et dans la société d'autre part. Ainsi, pour représenter la société bien pensante de l'époque, Elizabeth choisit son amant et ami de Doumé, Leibowitz (Leibo)"Voilà, au bout de cinq ans, c'était rentré dans les mœurs. Le Sida était là, Stand aussi. On mourait, on protestait, on se protégeait, on donnait du fric, on cherchait. 9a faisait partie de la vie, de l'époque, de tout."Or, très vite, un mouvement anti Stand Up fait son apparition, menée tambour battant par Willie, et prônant l'amour libre, non protégé, même si on est séropositif. Désormais, Willie et Doumé, c'est de l'histoire ancienne, "une période de repli" que chacun aimerait tellement oublié qu'ils ont décidé de se détester ou plutôt Willie fait de Doumé la personne à abattre médiatiquement et socialement. Dès lors, tous les coups sont permis, et Elizabeth assiste, impuissante à la montée de leur haine commune."Willie était incapable d'être méchant", pense-t-elle." Il ne croyait pas vraiment à l'existence des autres. Il concevait sa vie comme une expérience et il attendait des autres aucune vérité, aucun jugement. (...) William Miller a semé dans le monde alentour, les pires saloperies, et il n'y avait en lui, en germe que de la bonté."Parallèlement, Leibowitz, philosophe et homme de gauche ayant grandi dans une famille ouvrière, homme médiatique et écrivain devient un politicien de droite. Mais, comme il ne supporte pas cette nouvelle étiquette, il s'évertue à expliquer qu'il est de droite "mais de manière critique, et en contre-pied, contrairement à ceux qui y sont toujours de plein pied."Seulement l'histoire sociétal dépasse les protagonistes et les emmène au delà de leurs désirs ou de leurs peurs, emportant avec elle leur meilleure part...Tristan Gracia nous offre un roman fascinant sur les années 80 en France en racontant la haine entre deux hommes qui se sont jadis aimés. Elizabeth n'est qu'un témoin (omniscient) de ce qui se joue, la seule qui restera (peut-être) entière de tous ces coups-bas et hypocrisies. Dans cette période où on croyait avant tout que le Sida était une affaire politique, le lecteur se rend compte à quel point son apparition a été un séisme dont l'épicentre ne se trouva pas que dans la communauté homosexuelle.Les personnages sont si vraisemblable et cohérents qu'on pourrait croire qu'ils aient vraiment existé. Leur psychologie complexe est taillée au scalpel, et offerte au lecteur. La part fictionnelle de cette œuvre est d'une incroyable richesse et d'une très grande cohérence. D'ailleurs, il écrit en quatrième de couverture:"Ce conte moral n'est pas une autofiction. C'est l'histoire, que je n'ai pas vécue, d'une communauté et d'une génération déchirées par le Sida, dans des quartiers où je n'ai jamais habité. C'est le récit fidèle de la plupart des trahisons possibles de notre existence, le portrait de la pire part des hommes et - en négatif - de la meilleure."Finalement, il nous offre un roman complet sur la forme et sur le fond qu' vivi

vivicroqueusedelivres
08/03/14
 

Quatre personnages se partagent ce roman : Dominique, militant homosexuel de la première heure, Leibowitz, intellectuel habité par le refus de la pensée unique, William, ovni inclassable et mégalo, et Liz, la narratrice, qui nous plonge dans les histoires d'amour et de haine de ces trois hommes.Cela faisait longtemps que je n'avais pas été aussi "prise" par une lecture. L'intérêt principal de ce roman à mon sens, c'est de réussir à nous faire croire que ces trois hommes-là ont vraiment existé, que Liz n'est qu'un artifice littéraire pour nous relater leur vie. J'ai vraiment eu l'impression de plonger dans les années 80, puis 90, puis 2000, de participer aux débats qui ont agité la scène médiatique de l'époque. JK

thetys258
17/04/11
 

"Paris, les années Sida" indiquait le bandeau rouge qui caractérise généralement les prix littéraires... ou les sorties médiatiques... Médiatique, c'est le qualificatif qui me vient à l'esprit quand je repense à ce roman, à ce "conte moral" ainsi que l'auteur le définit lui même. Partout, dans toutes les librairies où je suis allée, il y était. Dans toutes les revues spécialisées ou presque, on en a parlé. Une nomination assurée pour le prix de Flore. Et tout ça pour le premier roman d'un jeune enseignant en philosophie de Toulouse, Tristan Garcia.Pourtant, contrairement à ce que j'avais lu dans la presse, La meilleure part des hommes ne retrace pas QUE l'arrivée du sida dans la communauté homosexuelle parisienne dans les années 1980. Tout d'abord parce que le livre, même s'il évoque cette période là, passe dessus aussi rapidement et aussi longuement qu'il abordera les années 1990 avant d'arriver au troisième millénaire. Ensuite, parce qu'il n'y a pas que le sida dans la communauté homosexuelle qui est abordé, mais l'ensemble des problématiques de cette communauté qui, en effet, fait beaucoup plus parler d'elle depuis une bonne vingtaine d'années et est de moins en moins stigmatisée. Enfin, parce qu'il n'y a pas que le sida dont on fait état, mais de tout ce qui caractérise les relations humaines, la vie, l'amour, la mort, la haine.Le lecteur, qu'il adhère ou non au propos, est interpellé par la narratrice, ce qui nous met non plus en position de consommateur uniquement, mais qui nous invite à réfléchir. Le style littéraire, plutôt familier, direct, semble rendre abordable des réflexions un brin philosophique... que je ne vous détaillerai pas, ne les ayant finalement pas toutes perçues ! Oui, car il y a là un décalage que j'ai trouvé énorme entre le style plutôt facile d'accès, et les idées qui sont parfois développées et qui, à plusieurs moments, m'ont renvoyés à L'élégance du hérisson et à cette nouvelle manie d'intellectualiser toute chose.En revanche, j'ai beaucoup apprécié la vision que Tristan Garcia propose de la communauté gay. Pour la connaître un peu, je pense que plusieurs choses sont vraies, notamment le besoin de défendre des idéaux communs, de se créer une culture commune, pour se retrouver et se reconnaître dans une société qui n'a pas toujours été très ouverte. De même, mais cela peut s'appliquer à toute la société, aux homos comme aux hétéros, je pense que pour nous, jeune génération, qui a toujours vécu avec le Sida, qui est née après ses premiers ravages et qui a toujours connu les traitements qui existent aujourd'hui, la conscientisation, la prise de risque sont différentes par rapport à ces jeunes des années 70 qui sont presque tous morts aujourd'hui pour avoir pris des risques car ils ne connaissaient tout simplement pas les conséquences... Miss Alfie, croqueuse de livres

MissAlfie
22/02/11
 

Un livre qui nous plonge dans les années SIDA, et le Paris gay qui en cherchant a s'émanciper va quelque peu se renfermer sur lui même.la narratrice nous raconte l'histoire de dominique et Willi. Le chemin de ces deux hommes vont se séparer.Willi, ancien clochard, va prendre la tête d'une population gay, dans Paris et surtout le Marais, qui aura comme idée que le SIDA appartient au homo. Des orgies sont organisées afin de rendre le plus de jeunes gays séropositif.De l'autre coté, son ancien petit ami, Dominique Rossi se bat, auprès de politiques et en montant différentes associations, pour sensibilisé la communauté a ce qui sera un des plus grand fléau du XXeme siècle.Un livre prenant, des personnage aux caractères marqué dans une époque difficile, malgré la ,triste, reconnaissance qu'elle a apporté à la population Homosexuelle

gaut
12/08/10
 

Format

  • Hauteur : 20.40 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.32 kg

Mes garanties furet.com

5% sur tous les livres, Paiement Sécurisé, Réservation gratuite, Satisfait ou remboursé, Débit carte bancaire à l'expédition