La mort est mon metier

MERLE, ROBERT

livre la mort est mon metier
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 26/04/76
LES NOTES :

à partir de
8,20 €

SYNOPSIS :

« Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s'éclaira... - Le Führer, dit-il d'une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe. Il fit une pause et ajouta : - Vous avez été choisi pour
exécuter cette tâche. Je le regardai. Il dit sèchement : - Vous avez l'air effaré. Pourtant, l'idée d'en finir avec les Juifs n'est pas neuve. - Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu'on ait choisi... »
19 personnes en parlent

On suit tout au long de ce livre la vie de Rudolf Lang, SS devenu responsable du camp d'Auschwitz.Un terrifiant roman qui regarde la machine nazie de l'intérieur.Le lecteur découvre comment fonctionnait ce mécanisme élaboré à merveille, qui à fait d'une partie de l'humanité une espèce de marchandise, de matière première destinée à une quasi industrie cauchemardesque.Tout le roman est à la première personne, mettant ainsi le lecteur directement face aux faits. Cet homme, tout d'abord chef de famille "banal", est pris dans un engrenage qui l'amène à ne penser qu'à sa patrie, et en son nom commettre les pires atrocités.A rapprocher des "Bienveillantes" de Jonathan Littell; tout autant éprouvant, le livre de Robert Merle est moins dense et plus facile d'accès.Un ouvrage qui montre les faits sans toutefois juger ou apporter une morale. Un acte qui permet également d'ancrer l'Histoire dans la mémoire. Maltese

Maltese
01/04/09
 

Rudolf Lang apprend à treize ans que son destin est tout tracé : il entrera dans les ordres pour expier les fautes paternelles. A la mort de son père en 1914, le jeune garçon se libère de cette volonté et oeuvre pour partir au front. Il deviendra finalement soldat en 1916, dès seize ans. Dès lors, sa vie sera intimement liée au sentiment patriotique.Voici un roman-documentaire choc. Même si on estime avoir lu de nombreux ouvrages sur le nazisme, celui-ci offre un éclairage particulier. Robert Merle prend l'exemple de Rudolf Hoess (qui a réellement existé) pour montrer comment les idéaux nazis ont pu s'enkyster chez un individu - mais pas n'importe quel individu - et faire de lui un monstre. Rudolf a été élevé par un père tyrannique, impitoyable, obsédé par la religion et le péché. Croyant échapper à l'emprise paternelle, le jeune homme se "libère" en rejoignant l'armée, où il subit de fait d'autres tyrannies : celle de la hiérarchie, mais aussi celle de l'extrême rigueur qu'il s'impose lui-même. Nous suivons le cheminement de cet homme froid, ce "petit fonctionnaire calme et scrupuleux" (p. 369), capable du meilleur et du pire, qui éprouve plus de plaisir en cirant ses bottes qu'entre les bras d'une femme... le fait que son sens de la discipline occulte tout sentiment, toute faculté de jugement est terrifiant : "Je n'ai pas à m'occuper de ce que je pense. Mon devoir est d'obéir." (p. 363). le sadisme semble étrangement absent de ses actes, ceux-ci sont dictés par un effroyable souci d'ordre et d'obéissance envers un idéal... Ce récit a de quoi bouleverser bien des idées préconçues. Il est évidemment dur, parfois insoutenable, puisque Rudolf Lang fut un rouage important du monstrueux mécanisme d'élimination des Juifs... Canel

Canel
31/01/16
 

La fabrique des monstres L'histoire romancée de l'un des architectes de la Solution Finale. On suit la vie du responsable de nombreux camps de concentration et d'extermination, de son enfance à son procès à la fin de la Guerre. A travers ce roman, Robert Merle tente de comprendre comment une personne somme toute banale peut devenir un monstre insensible. Il nous décrit un lavage de cerveau à l'échelle d'un pays, des horreurs commises au nom du respect, de l'honneur et du devoir...ou comment fabriquer des monstres en masse. Indispensable, d'autant que pour une fois, le point de vue n'est pas celui des victimes mais des bourreaux

beraud@archimed.fr
03/11/15
 

La fabrique des monstres L'histoire romancée de l'un des architectes de la Solution Finale. On suit la vie du responsable de nombreux camps de concentration et d'extermination, de son enfance à son procès à la fin de la Guerre. A travers ce roman, Robert Merle tente de comprendre comment une personne somme toute banale peut devenir un monstre insensible. Il nous décrit un lavage de cerveau à l'échelle d'un pays, des horreurs commises au nom du respect, de l'honneur et du devoir...ou comment fabriquer des monstres en masse. Indispensable, d'autant que pour une fois, le point de vue n'est pas celui des victimes mais des bourreaux

90011447
19/09/14
 

Une relectureLa première fois que j’ai lu ce roman, je devais être en première littéraire et cet ouvrage de Robert Merle m’avait énormément marqué. Tellement que, même des années après, je m’en souviens encore très bien. Je crois que c’est un des romans sur la Seconde Guerre mondiale les plus marquants que j’ai pu lire. Une fois refermé, il vous reste dans la tête et il est quasiment impossible de ne pas y penser.Inspiré d'une histoire vraieLa mort est mon métier raconte l’histoire de Rudolph Hess, l’ingénieur de la solution finale pour les Juifs d’Europe. Le roman s’ouvre sur l’enfance de ce dernier avec un père tyrannique. On pourrait presque lui pardonner mais, au fur et à mesure, on ne lui trouve plus aucune excuse. Comment peut-on obéir aveuglément à des ordres aussi terribles ? Robert Merle tente de le rendre plus humain, d’essayer de voir quelles sont les évènements qui ont amené Hess a accepté sans se poser de question d’organiser à un niveau industriel la mort de personnes juives. C’est également là que réside toute la force de ce roman, dans ce décalage. Il essaie de rendre ce monstre plus humain, d’essayer de nous faire comprendre qu’il était un enfant de ce siècle, plongé dans la violence, les privations, l’humiliation de la défaite. C’est aussi tout ce qui fait l’intérêt de ce roman. Cette dimension historique, en plus de psychologique, est véritablement passionnante. En effet, nous balayons une large période historique qui va de la fin de la Première Guerre mondiale à la fin de la Seconde Guerre mondiale avec le début des procès des criminels de guerre. La position de l’auteur, dans cet ouvrage, est des plus captivantes car, premièrement, il n’y a pas de prise de position de la part de ce dernier. Il raconte une histoire sans prendre partie. Ensuite, nous sommes du côté d’un des pires nazis, nous voyons comment la solution finale a été mise en place. Derrière, le lecteur peut sentir un énorme travail de recherches pour coller au plus près à la réalité historique. Finalement, La mort est mon métier est un livre avec une ambiance lourde, terrible et qui marque profondément la lecture, qui le choque peut-être, parfois. Ce n’est clairement pas un roman à mettre entre toutes les mains. A quelques passages, je me suis sentie mal à l’aise par ce livre. Robert Merle m’a sorti de ma zone de confort.Le styleLa plume de l’auteur est tellement belle, malgré le récit qu’il nous livre. Chaque mot semble avoir été choisi avec énormément de soin et de précaution pour rendre le livre encore plus fort et marquant. Il y a également très peu de sentiments qui s’en dégagent et cela permet de mieux coller au personnage principal, Rudolph Lang, le double littéraire de Rudolph Hess, qui ne semble rien ressentir. Cette quasi-absence d’émotions me rend, à chaque fois, mal à l’aise, pas à ma place.ConclusionC’est un roman qui ne laisse vraiment pas le lecteur totalement indifférent. Pour ma part, c’est un livre que j’aime lire et relire. En effet, il est tellement choquant mais également très intéressant. Il y a tout de même quelque chose de captivant qui s’en dégage, malgré tout. Le mal fascine, quelque part. C’est un roman que je recommande, une lecture qui ne laisse pas indemne.

Avalon
17/04/14
 

Difficile de dire que l'on a aimé un tel livre car il ne raconte pas une histoire mais est l'Histoire , dans tout ce qu'elle a eu de plus tragique..." La Mort est mon metier " retrace l'itinéraire d'un jeune allemand , Rudolph Lang (plus connu sous le tristement celebre patronyme de Hoess ) , de son enfance à son proces final à Varsovie pour crime contre l'humanité .Si l'auteur avoue avoir quelque peu brodé concernant la description de ses rapports familiaux eminemment perturbants etant enfant , il a veritablement effectué un reel travail de journaliste concernant la mise en place de ces camps de rééducation voués à devenir , par la suite , des camps d'extermination .Lang n'aime pas son pere mais le subit , le craint . Il est élevé dans une croyance catholique extreme le destinant tout naturellement à rentrer dans les ordres . Sa mere ainsi que ses deux soeurs sont des éléments phantomatiques de ce récit n'ayant absolument aucune consistance , si ce n'est celle de vénérer cet époux et pere . Un malentendu le conduira tout naturellement a changer de voie et sera précurseur de ce long cheminement dans l'horreur la plus absolue !Deuxieme partie beaucoup plus interessante car entierement basée sur des faits réels . L'on y voit cet allemand , dévoué corps et ame à la cause nazie , gravir un à un les échelons des SS pour finir commandant du camp d'Auschwitz-Birkenau . Ce qui est frappant chez cet homme , c'est l'absence totale d'empathie ! C'est un etre totalement déshumanisé qui n'aura de cesse de satisfaire ses supérieurs lui demandant d'aller toujours plus loin dans l'indicible ! A noter cette abscence d'empathie , tout autant pour les victimes que pour sa femme Elsie et leurs trois enfants . Une seule chose compte , bien faire le travail qui lui est confié ! L'echec n'est pas envisageable ! Parlons de ses prérogatives : appelé à diriger un camp initialement prévu pour rééduquer les déviants et les opposants au régime , il s'averera rapidement que suite à l'accession d'Hitler au pouvoir supreme , ces camps seront desormais destinés à l'éradication pure et simple de la race Juive ! Et c'est là que ce fonctionnaire besogneux donnera la pleine mesure de son " talent " en participant plus qu'activement au développement de nouvelles techniques visant a tuer et faire disparaitre le plus de Juifs possible . Je dis Juif , lui parle d'unités...Ces etres humains n'ont pas de véritable consistance à ses yeux , ils sont immateriels et ne sont appréhendés que dans leur globalité ! Ils ne sont qu'un chiffre de morts à atteindre à une date donnée ! Effrayant...Il sera , notamment , celui qui préconisera l'emploi du gaz ( le Cyclon B ) alors que les émanations de pots d'échappement faisaient originalement office de grande faucheuse . Plus rapide donc possibilité de décimer à plus grande échelle ! Le chiffre , toujours le chiffre ! Ce type , ce bourreau devrais-je dire meme si ce dernier ne se verra jamais comme tel mais juste comme un simple éxécutant , choque par son absence totale de remords ! Pas d'états d'ame , il est juste là pour effectuer un boulot du mieux possible et il s'y emploiera , hélas , avec la réussite que l'on sait ! J'avais des ordres , je les ai éxécuté ! Point ! Il est à ce point embrigadé qu'à un moment donné , lorsque sa femme lui demandera ce qu'il ferait s'il recevait l'ordre d'éliminer ses propres enfants , il répondra tout naturellement par l'affirmative ! Effrayant !Le slogan de l'Allemagne Nazie : Deutchland uber alles ! L'Allemagne avant tout ! Lang en sera un pur produit ! Rien n'est au-dessus du Fuhrer, pas meme sa propre famille..Effrayant !Livre dérangeant s'il en est focalisé sur l'un des rouages les plus connus de la machine nazie et son ascension légitimée par une créativité sans bornes en matiere de crime de masse !J'invite les révisionnistes et les provocateurs en mal de publicité à redécouvrir les nombreux témoignages tels que :- Nuit et brouillard- De Nuremberg à Nuremberg- Les dossiers secrets du Nazisme...afin de réaliser définitivement que cette période n'était sans doute pas qu'un point de détail de l'histoire...Merci à Robert Merle pour ce témoignage glaçant mais nécéssaire .

TurnThePage
10/11/13
 

L’histoire, c’est celle de Rudolf Lang, un allemand qui va avoir la tâche de trouver à Auschwitz une solution pour le « problème juif ».Rudolf Lang n’est malheureusement pas un personnage 100% fictif. Dans la réalité, il s’appelait Rudolf Höss, c’était un officier de la SS, et il avait la charge du camp d’Auschwitz. Robert Merle retranscrit donc dans ce livre le témoignage d’un de ces hommes responsables des barbaries perpétrées sur les opposants politiques, handicapés, mais essentiellement sur les juifs.Ce livre revêt un caractère unique, dans le sens où il est, au moment de sa parution, le seul témoignage que l’on ait d’un bourreau de ces camps. En effet, les témoignages des personnes ayant vécu l’enfer avaient été recueillis. Mais pas l’inverse.A ce titre, l’auteur a effectué un véritable travail de fourmi, afin de retranscrire au plus proche l’histoire qu’est celle de Rudolf Höss. Il s’est entre autre servi des notes prises par le psychologue Gilbert, lors du procès de Nuremberg. L’histoire est racontée à la première personne, par Rudolf Lang lui-même.Ce qui m’a frappée à la lecture de ce livre, c’est la progression vers la déshumanisation de cet homme qui en ressort. La première partie du livre nous parle de l’enfance et l’adolescence de Rudolf Höss. Bien sûr, on comprend que la discipline de fer imposée par son père a contribué à faire de lui l’homme qu’il est devenu.Ça n’excuse rien, mais ça permet d’expliquer en partie.Ensuite, nous voyons cet homme se faire une place au sein du régime nazi. Et ce, essentiellement grâce à sa volonté d’obéir aux ordres. Car pour Rudolf Lang,il est impossible de ne pas obéir… aussi barbares que soient les ordres donnés. Alors, quand Himmler le désigne pour construire un camp d’extermination à Auschwitz, il accepte.Toutes cette partie de l’histoire est terrifiante. Parce que c’est l’Histoire, bien sûr. Pour ses atrocités commises. Mais surtout par la narration complètement déshumanisée. Lorsqu’il parle des juifs, il ne parle pas d’être humains, mais d’unité. Quand il réfléchit à comment se débarrasser des cadavres trop encombrants, il me fait comme s’il cherchait comment empiler ses boîtes de conserves dans un placard pour gagner de la place. Lorsqu’il visite Treblinka pour avoir une idée et améliorer son propre camp, c’est une visite de chantier. Ce sont dans ces faits que réside toute l’atrocité de ce livre. Rudolf Lang est ce qu’on pourrait appeler un pur produit du Nazisme. Une idéologie antisémitisme ancrée depuis son enfance, une obéissance sans concession… Je ne vais pas m’attarder plus longtemps sur le sujet. C’est le genre de lecture dont on ne peut ressortir indifférent.

Nelcie
24/10/12
 

Biographie romancée de Rudolf Hoess, commandant du camp d’extermination d’Auschwitz, La mort est mon métier est indéniablement un chef d’œuvre et devrait être lu par tous. C’est avec un incroyable talent que Robert Merle retrace la personnalité et la psychologie d’un des acteurs majeurs de la Shoah. Il s’est appuyé pour cela sur des compte-rendus effectués par les psychologues ayant interrogé Hoess et sur ses propres Mémoires tout en gardant une certaine distance afin de ne pas tomber dans le piège de la subjectivité inhérente à ce que sont des Mémoires.On suit ainsi la vie et le parcours de Rudolf Lang, de son enfance à sa condamnation aux procès de Nuremberg. Elevé par un père par trop dévôt dans la crainte, Rudolf se réfugie dans le contrôle et la maîtrise de tout ce qui l’entoure : horaires, habitudes, comptage du nombre de ses pas. On sent donc dès son plus jeune âge une certaine forme de pathologie mentale indéniablement causée par celle de son père. Cette volonté d’ordre et de maîtrise, il la retrouve au sein de l’armée puis des corps francs et enfin au sein du parti nazi.Rudolf est une machine, il obéit aveuglement. Ses uniques valeurs sont : sa patrie l’Allemagne et son honneur qui dépend, comme le veut le slogan des SS, de sa fidélité à son chef. J’ai perçu Rudolf comme quelqu’un de complètement dénué de sentiment, quelqu’un qui ne se pose jamais de questions, il obéit aux ordres qu’on lui donne, point barre. Que les ordres soient immoraux ne le concerne pas, il n’est pas responsable, il ne fait qu’obéir.J’ai d’ailleurs été très amusée par le passage relatant l’entrevue entre Rudolf et Himmler au cours de laquelle Himmler lui confie le commandement du camp d’Auschwitz ainsi que la charge de mettre au point un système efficace d’élimination en masse d’êtres humains.A la question de Rudolf « Pourquoi moi ? », Himmler lui répond qu’il a été choisi pour « ses rares qualités de conscience ». Et le plus drôle c’est que là où j’ai vu un aveu foudroyant d’Himmler sur le fait qu’il a pensé à Hoess en tant que personne assez dénuée de conscience pour ne pas rechigner à la tâche, Hoess, lui, pense tout au contraire qu’il a été choisi pour ses qualités exceptionnelles ! J’avais vu récemment un film très intéressant dans lequel est relatée une expérience tout aussi intéressante sur la capacité de l’être humain à obéir aux ordres. Cet extrait que je vous mets ici est basé sur le travail du psychologue américain Stanley Milgram.L'expérience de Milgram est une expérience de psychologie réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram. Cette expérience cherchait à évaluer le degré d'obéissance d'un individu devant une autorité qu'il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l'autorité, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet. Les résultats font froid dans le dos ! Un autre document essentiel sur ce thème est l’ouvrage de Christopher Browning Des hommes ordinaires dont voici le résumé :A l'aube du 13 juillet 1942, les hommes du 101ème bataillon de police de réserve allemande entrent dans le village polonais de Josefow. Arrivés en Pologne quelques jours auparavant, la plupart d'entre eux sont des pères de famille trop âgés pour être envoyés au front. Dans le civil, ils étaient ouvriers, vendeurs, artisans, employés de bureau. Au soir de ce 13 juillet, ils se sont emparés des 1800 juifs de Jossefow, ont désigné 300 hommes comme "juifs de labeur", et ont abattu à bout portant, au fusil, 1500 femmes, enfants et vieillards. Ils étaient devenus adultes avant l'arrivée d'Hilter au pouvoir et n'avaient jamais été des nazis militants ni des racistes fanatiques. Pourtant en seize mois, ces hommes vont assassiner directement, d'une balle dans la tête, 38000 juifs, et en déporter 4500 autres vers les chambres à gaz de Treblinka-un total de 83000 victimes pour un bataillon de moins 500 hommes. L'auteur a utilisé les témoignages de 210 anciens de ce bataillon.Ce livre est dans ma PAL, je ne manquerai pas de le lire prochainement et de vous en faire un compte-rendu sur ce blog. Ce roman de Robert Merle n’est pas seulement essentiel pour apercevoir la psychologie d’un des maillons essentiels de la machine nazie, il permet également de saisir dans sa globalité toute la logistique et tout le cheminement opéré pour parvenir à l’obtention d’un système efficace d’extermination. On voit ainsi quels problèmes se sont posés à Hoess et on entre dans des détails sordides tels que comment tuer beaucoup en moins de temps possible, comment éviter que les juifs condamnés aux douches ne se doutent de ce qui les attend et ne se révoltent etc…Tout ceci est d’un machiavélisme odieux, c’est à ne pas en croire ses yeux. C’est dire le talent et le travail qu’il a fallu à Robert Merle pour retranscrire de façon si réaliste la psychologie de ces personnages. Le style est fluide. Ce roman se lit d’une traite, en fait on ne le lit pas, on le dévore. J'en recommande donc chaudement la lecture ! Bref, La mort est mon métier de Robert Merle est un roman incontournable à lire absolument.Je remercie infiniment Kactusss d’avoir proposé cette LC et de m’avoir ainsi permis de découvrir cet ouvrage majeur.

Aaliz
12/09/12
 

Ce livre est une torture psychologie. Ce qui ne m'a pas empêché de l'apprécier, loin de là, peut-être suis-je trop fragile sur certains sujets, mais toujours est-il que voir la machine nazie à l'intérieur, surtout depuis le responsable du camp d'Auschwitz. Un être abominable nous est décrit, il nous fait frissonner, et l'on suit comment il évolue face aux actes que les Juifs subissent. Horrible, mais à lire. Clementh

Clementh
22/08/12
 

Incroyable capacité de Robert Merle à entrer dans la tête de celui qui a mis en place "la solution finale" pendant la deuxième guerre mondiale. Avec une efficacité parfaite, il déroule la progression psychologique, à la fois incomprehensible et parfaitement logique, d'un être abominable. Sylvie Sagnes

SagnesSy
05/07/12
 

La Mort est mon métier constitue une sorte de Bienveillantes de Jonathan Litell pour les nuls. Bien avant la sortie du livre évènement, Robert Marle a su passer du côté des bourreaux pour mieux rendre la réalité.

SPOUTNIK60
29/04/12
 

Un roman pertinent qui permet de rentrer dans la tête d'un nazi. Nous pouvons observer l'évolution du personnage, et peut être le "comprendre" (dans la mesure du possible). Ce livre ne critique en aucun cas et fait preuve d'une objectivité sans faille; cela le rend passionnant. Un bon roman historique et psychologique.

joethecat
12/04/12
 

La mort est mon métier est un livre très difficile. Rudolf n'est pas vraiment un être mauvais. Aucun de ses actes n'est fait par méchanceté, tout est question d'obéir aux ordres, et d'être efficace. Aucune morale n'entre en jeu.Je me suis surprise à poser le livre de temps en temps, j'étais bien trop affectée par son contenu. Certaines scènes sont insoutenables. La froideur de Rudolf est effrayante et extrêmement bien restrancrite. L'extermination ne lui provoque aucun plaisir, seul les chiffres comptent. L'auteur parvient à nous faire accepter, sans pour autant le comprendre, ce personnage. Sa pensée devient la notre" Comment peut-il faire pour améliorer son rendement ?". Effrayant.La fin est magistrale et vous laisse le souffle coupé.Je vous recommande ce livre, mais âme sensible s'abstenir.Quant au choix du titre, il est parfait. Aucune autre phrase n'aurait pu expliquer si justement la psychologie de ce jeune homme monstrueux.

LecturesHumaines
15/06/11
 

Très clairement, je suis incapable de parler longuement de cet œuvre. Complètement traumatisée par ma lecture, j’ai pas réussi à desserrer les dents depuis que j’ai fini le livre.J’ai pourtant l’habitude de lire des ouvrages sur la seconde guerre mondiale, mais là…Une lecture très éprouvante, qui m’a rendue physiquement malade. Nausées et mal de crâne depuis hier soir. Je me retrouvais à lancer mon livre loin de moi, de toutes mes forces, pour m’enfuir ; et finalement je le reprenais quelques instants plus tard, incapable de m’en détacher. Je ne peux plus supporter de le toucher, ou même d’en voir la couverture.Incapable d’en dire plus, c’est quand même un livre que je vous recommande, parce qu’on n’a pas le droit d’oublier.Pour finir, deux citations, qui résument tout l’esprit du livre :« Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Etat. Bref en homme de devoir, et c’est en cela justement qu’il est monstrueux. » extrait de la préface de Robert Merle, 1972« Il n’y avait plus personne pour me dire ce qu’il fallait faire, je m’ennuyais. » extrait des pensées de Rudolf Lang.

un flyer
13/05/11

Un livre dur et passionnant car il décortique la personnalité du boucher d'Auchswitz, celui qui mit au point le fameux cyklon B pour plus d'efficacité. on remonte les racines du mal avec l'enfance de Rudolf, enfant certainement traumatisé, mais est-ce une excuse pour commetre l'inexcusable. Une lecture éprouvante mais au combien instructive! bravo. Cat

cfons
27/07/10
 

Ce n’est pas un livre de plage, ni un livre de détente, c’est un livre dur, qui fait mal car il nous rappelle l’ignominie de la Shoa, qui livre qu’il fait parti du devoir de mémoire.Robert Merle nous raconte l’histoire de Rudolf Lang (en réalité Rudolf Hoess) commandant du camp d’Auschwitz. Extrait de la préface du livre écrite par Robert Merle signé du 27 avril 1972Il y a bien des façons de tourner le dos à la vérité. On peut se refugier dans le racisme et dire : les hommes qui ont fait cela étaient des Allemands. On peut aussi en appeler à la métaphysique et s’écrier avec horreur, comme un prêtre que j’ai connu : « Mais c’est le démon ! Mais c’est le Mal !... ».Je préfère penser, quant à moi, que tout devient possible dans une société dont les actes ne sont plus contrôlés par l’opinion populaire. Dès lors, le meurtre peut bien lui apparaitre comme la solution la plus rapide à ses problèmes.Ce qui est affreux et nous donne de l’espèce humaine une opinion désolée, c’est que, pour mener à bien ses desseins, une société de ce type trouve invariablement les instruments zélés de ses crimes.C’est un de ces hommes que j’ai voulu décrire dans La Mort est mon Métier. Qu’on ne s’y trompe pas : Rudolf Lang n’était pas un sadique. Le sadisme a fleuri dans les camps de la mort, mais à l’échelon subalterne. Plus haut, il fallait un équipement psychique très différent.Il y eu sous le nazisme des centaines, des milliers, de Rudolf Lang, moraux à l’intérieur de l’immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs « mérites » portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Etat. Bref, en homme de devoir : et c’est en cela justement qu’il est monstrueux. Robert Merle retrace dans la première partie du livre l’enfance de Rudolf Lang en se basant sur les résumés des entretiens du psychologue américain Gilbert qui l’interrogea au moment du procès de Nuremberg. Lang à eu une enfance très dure. Son père le destinait à devenir prêtre. Nous apprenons que ce père dur, froid, insensible a commis une faute envers sa femme à Paris (cocufiage ? rencontre de prostituées ?) et que depuis cette faute il s’est mit en tête de prendre sur lui l’ensemble des fautes de la famille ainsi que de faire don de son fils à l’église. On sent également une très forte frustration de ne pas être devenu officier comme les autres hommes de la famille.Il va formater Rudolf à obéir, sans réflexion, juste obéir. Cet extrait glaçant nous prouve cette vision théorique des choses, sans humanité, sans réflexion, sans interrogation sur ce qu’on lui demande mais uniquement un but : réussir, obéir, accomplir son devoir. « Je passai la semaine qui suivit dans une angoisse terrifiante : le rendement de Treblinka était de 500 unités par 24 heures, celui d’Auschwitz devait être, selon le programme, de 3000 unités ; dans quatre semaines à peine, je devais remettre au Reichsführer un plan d’ensemble sur la question, et je n’avais pas une idée.J’avais beau tourner et retourner le problème sous toutes ses faces, je n’arrivais même pas à entrevoir sa solution. J’avais vingt fois par jour la gorge douloureusement serrée par la certitude de l’échec, et je me répétais avec terreur que j’allais lamentablement échouer, dès l’abord, dans l’accomplissement du devoir. Je voyais bien, en effet, que je devais obtenir un rendement six fois plus élevé qu’à Treblinka, mais je ne voyais absolument aucun moyen de l’obtenir. Il était facile de construire six fois plus de salles qu’à Treblinka, mais cela n’aurait servi à rien : il eut fallu avoir aussi six fois plus de camions, et là-dessus, je ne me faisais aucune illusion. Si Schmolde, en dépit de toutes ses demandes, n’avait pas reçu de dotation supplémentaire, il allait de soi que je n’en recevrais pas non plus. Je m’enfermais dans mon bureau, je passais des après-midi à essayer de me concentrer, je n’y parvenais pas, l’envie irrésistible me venait de me lever, de sortir de ce bureau dont les quatre murs m’étouffaient ; je me forçais à me rassoir, mon esprit était un blanc total, et j’éprouvais un profond sentiment de honte et d’impuissance à la pensée que j’étais inférieur à la tâche que le Reichsführer m’avait confiée. » Lang est en fait un automate au service du parti, il prend un épouse car un homme du parti se doit d’en avoir une, il obéit, il ne comprend pas que certains membres du parti craquent, se rendent compte de l’ignominie de la situation, pour lui se sont des traitres, des lâches. Il se cache derrière sa façade de bon partisan pour accepter de mettre en place la « solution finale ». C’est devenu un industriel de l’extermination, il gère les victimes de la Shoa comme d’autre gère des stocks de tomates sur le marché. « Je compris aussi qu’il fallait mettre les chambres à gaz en relation avec la gare, et construire une voie ferrée qui amènerait les transports devant leur porte, tant pour éviter les pertes de temps que pour cacher le contenu des trains à la population civile d’Auschwitz.Ainsi, peu à peu, l’idée prenait corps dans mon esprit, avec une précision grisante, d’une gigantesque installation industrielle, directement desservie par le rail, et dont les superstructures, s’élevant sur d’immense salles souterraines, comprendraient des cantines pour le personnel, des cuisines, des dortoirs, des beutekammer (chambre de butin), ainsi que des salles de dissection et d’études pour les savant nationaux-socialistes. » Capturé le 11 mars 1946 par la police militaire britannique, il témoigne pendant les procès de Nuremberg contre Ernst Kaltenbrunner, Oswald Pohl et la firme IG Farben. Il est transféré aux autorités polonaises le 25 mai 1946. Il est jugé par le Tribunal Suprème de Pologne du 1er au 29 mars 47. Condamné à mort le 2 avril 1947, son exécution par pendaison a lieu le 16 avril près du crématorium du camp d'Auschwitz 1 et de la maison qu'il a occupée avec sa famille durant toutes les années pendant lesquelles il a dirigé le camp. Cet homme, pendant son interrogatoire, ne se croyait en aucun cas coupable et répétait constamment que c'était un ordre et qu'il avait obéi. Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie. Montesquieuhttp://mespetitesidees.mabulle.com

Delph83
15/06/10
 

Il faut attend savoir que ce livre traire la vie du directeur d'Auschwitz, et attention je parle bien de sa vie, et pas uniquement de la période de son existence durant laquelle il a dirigé le camp de concentration.Ce choix de narrer la vie dans sa globalité de ce personnage est intéressante car elle permet de mieux comprendre ce qui a pu amené un homme à en arriver là. Attention, le propos n'est pas d'excuser quoi que ce soit concernant les atrocités qui ont pu être faite, mais simplement de porter un regard coté "tortionnaire". Certaine scène sont relativement choquante et ont provoqué chez moi un haut le cœur du à la saisissante froideur du point de vue en décalage complet avec l'atrocité des actes, et c'est aussi de part ce contraste que ce récit tire sa force.Personnellement, sur un thème similaire, j'ai préféré "Les Bienveillantes", œuvre plus lourde sur tout pointe de vue, mais ce roman est bien plus abordable que celui de Jonathan Littell. Livre que je recommanderais donc pour peu que le thème vous intéresse, cependant si vous être prêt à vous investir vraiment dans un livra je vous dirigerez plus vers les Bienveillantes.

Lyrz
14/06/10
 

Cette biographie romancée raconte la vie de Rudolph Höss (Rudolph Lang dans le livre) ou comment on devient un commandant nazi du camp de concentration d’Auschwitz. Le parcours de cet homme dont le dévouement sans bornes qu’il porte au Führer est tout simplement effrayant. L’ingéniosité dont fait preuve Rudolph Höss pour mettre au point les chambres à gaz et les techniques qu’il développe pour éliminer le maximum d’ "unités" font froid dans le dos. Et pourtant, le danger de ce récit réside bien dans le risque d’empathie que l’on peut ressentir pour le héros de l’histoire : Rudolph Lang compense le fiasco de sa vie familiale en s’investissant plus que de mesure dans une carrière militaire qu’il dédie au national-socialisme... Alcapone13

Alcapone
15/04/10
 

Auschwitz, no man's land dédié à la mort industrielle et à la bestialité humaine. Qui dirigeait cette horreur de l'histoire? Rudolf Lang, officier SS. Était-il un homme sans pitié, sans remords, ou juste un pion qui ne faisait qu'obéir aux ordres?A travers ce roman, Robert Merle nous raconte de manière romancée la vie de Rudolf Höss, commandant du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Le questionnement de départ de ce livre est : comment un homme peut exécuter des ordres menant à l'extermination de millions de gens?Il décrit alors le long processus, à partir de l'enfance, qui mènera cet homme au statut de tueur de masses.Ce livre, poignant, nous montre qu'avec une certaine éducation, un certain vécu et une hiérarchie imposante, un homme peut être transformé en machine à tuer, sans pour autant être un monstre sadique, et que dans d'autres circonstance, cet homme aurait pu etre comme vous et moi.

16max
12/03/10
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.19 kg

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