La moustache

CARRERE, EMMANUEL

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 24/11/87
LES NOTES :

à partir de
6,49 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Un jour, pensant faire sourire votre femme et vos amis, vous rasez la moustache que vous portiez depuis dix ans. Personne ne le remarque ou, pire, chacun feint de ne l'avoir pas remarqué, et c'est vous qui souriez jaune. Tellement jaune que, bientôt, vous ne souriez plus du tout. Vous insistez, on vous assure que vous n'avez jamais eu de moustache. Deviendriez-vous fou ? Voudrait-on vous le
faire croire ? Ou quelque chose, dans l'ordre du monde, se serait-il détraqué à vos dépens ? L'histoire, en tout cas, finit forcément très mal et, d'interprétations impossibles en fuite irraisonnée, ne vous laisse aucune porte de sortie. Ou bien si, une, qu'ouvrent les dernières pages et qu'il est fortement déconseillé d'emprunter pour entrer dans le livre. Vous voici prévenu.
10 personnes en parlent

Depuis toujours, Marc porte une moustache. Un soir, pensant faire sourire sa femme Agnès et ses amis, il décide pourtant de la raser : miroir, ciseaux, rasoirs, les poils son sacrifiés, remisés à la poubelle. Mais quand Marc sort de la salle de bains, sa femme n'a aucune réaction, comme si de rien n'était. Même indifférence le soir chez des amis et le lendemain matin au travail. Et le dépit initial de Marc se mue petit à petit en défiance puis en panique quand femme et amis lui affirment qu'il n'a jamais eu de moustache.Carrère explore l'humanité de son héros, avec finesse et justesse : d'abord, Marc croit à une plaisanterie, puis à une machination, avant de soupçonner sa femme d'être folle, et enfin d'envisager sa propre folie... Et face à ces options aussi inquiétantes les unes que les autres, Marc adopte une stratégie radicale : la fuite en avant, entraînant le lecteur avec lui dans la quatrième dimension."La moustache" est à la fois une métaphore sur la confrontation à la réalité, mais aussi un essai sur le couple et sur le besoin de reconnaissance, sur la façon dont le regard de l'autre, ou pire, son absence, nous affecte jusque dans notre propre faculté d'exister.

Kara
14/01/09
 

Pour voir comment sa femme et ses amis vont réagir, un homme se rase la moustache. A sa grande surprise, personne ne le remarque et son entourage affirme qu'il n'a jamais eu de moustache. Tout le monde est-il en train de lui faire une farce ou est-ce lui qui devient fou ?Comme vous pouvez le voir l'histoire paraît au premier abord simple, un peu bête. Mais bon on tente le coup, on ouvre le livre, sait-on jamais... Et on fait bien de l'ouvrir. Sur ce départ tout simple se greffe une histoire très profonde, une plongée dans la paranoïa. Qui croire ? Où se trouve la vérité ? Que faut-il faire ? La folie est-elle là ? Comment sortir de cette situation ? Au final, c'est très prenant, un poil angoissant et la réflexion est très intéressante.

Artsouilleurs
01/03/09
 

« Que dirais-tu si je me rasais la moustache ? »Au début, une question formulée un peu comme une blague, mais après tout, Marc se dit pourquoi pas ? Lui qui porte la moustache depuis toujours profite que sa femme Agnès soit sortie pour la raser. Quand Agnès revient, elle fait mine de n’avoir rien remarqué ni leurs amis chez lesquels sils dînent le soir même. Marc pense qu’Agnès lui fait une farce et qu’elle a prévenu tout le monde. Mais Agnès nie le canular et l’existence passée de sa prétendue moustache… Marc pense qu’Agnès est devenue folle mais tout semble se retourner contre lui. Est-ce lui qui devient fou ? Quel est le complot qu’Agnès a monté contre lui et pourquoi ? Marc est bien décidé à prouver que ce n’est pas lui qui a perdu la raison. Mais, tout semble s’écrouler : leurs amis n’ont jamais existé, et son père avec qui il discutait encore la semaine passé est décédé l’année dernière. Où est la vérité ?Bingo ! Emmanuel Carrère fait mouche une fois de plus. Enfin pour être exacte, c’était moi la mouche prisonnière de la toile d’araignée. Scotchée par l’histoire, je n’ai pas lâché ce livre ! Car il nous emmène en voyage au cœur de la folie. Les évidences, les convictions n’existent plus, elles sont balayées d’un revers de manche. Tout au long de cette lecture, j’ai essayé de deviné et de trouver des indices. Peine perdue ! Car d’une main de maître et avec son talent de narrateur, il m’a plongé dans le doute total. Désorientée, je ne savais plus où était la vérité et s’il existait. La fin de l’histoire a été le coup de poing fatal qui m’a laissée KO… (Ame sensible s’abstenir)Ce livre s’est révélé extrêmement bien construit sans temps morts. C’est une lecture qui fait perdre tout repère même aux esprits cartésiens, un grand plongeon sans parachute au cœur des incertitudes et de la folie. J’ai adoré ! C’est un coup de cœur … http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
14/04/10
 

Un homme erre dans Hong-Kong. Il passe ses journées à faire des allers-retours sur le même ferry, contemplant les gens et la mer de Chine, tentant de remettre ses idées en place, tentant peut-être de se souvenir, de se convaincre aussi que ce qu'il vit est "un mirage ténu, inconsistant, porté et dissipé aussitôt par l'air tiède, par une lassitude qui ne venait plus buter sur rien."Pourquoi Hong-Kong? lui-même ne le sait pas. Toujours est-il qu'elle s'est trouvée être la destination finale d'une fuite en avant pour rompre les liens avec une existence où il ne trouvait plus d'ancrage. Sur le ferry, il se sent hors d'atteinte, absent du regard de l'autre et de son jugement. Il est enfin en accord avec lui-même:"Le monde, pour l'instant, se résumait à ce roulis léger, au miroitement de l'eau sombre, au grincement des câbles d'acier, au cliquetis des grilles qui s'ouvraient pour le débarquement des uns, l'embarquement des autres, à ce va-et-vient immuable et réglé auquel il se laissait aller, hors d'atteinte, dans la tiédeur du soir."Pourtant, il y a une semaine encore, il avait une vie parisienne bien réglée avec son épouse Agnès. Seulement, il a fallu qu'un soir lui vienne l'idée de raser sa moustache pour que tout se dérègle. Dès lors, quelque chose s'est détraqué. Cet infime événement a pris l'allure d'un gigantesque canular pas drôle du tout lorsque son entourage, et son épouse en premier, s'est évertué à ne pas remarquer qu'il ne portait plus de moustache! Lui qui la portait depuis plus de dix ans, pensait faire son petit effet aux yeux des autres, mais rien, aucune réaction:"L'absence de réaction d'Agnès, ou plutôt la rapidité de sa réaction, trahissait l'étonnante complicité qui les liait, un esprit de surenchère, d'improvisation blagueuse dont, au lieu de faire la tête, il convenait plutôt de féliciter."Or, comme on dit, il arrive un moment où la blague a assez duré. Sauf qu'Agnès n'en démord pas, prend peur même face aux propos incohérents de son mari. Qui est fou? lui ou elle?"Penser qu'elle est folle, se répétait-il, ne pas lui en vouloir, l'aimer ainsi, l'aider à s'en tirer."Agnès est sûrement malade, puisque sur sa carte d'identité il porte la moustache et qu'une passante dans la rue le lui a bien certifié; seulement, la mésaventure prend de l'ampleur: après la moustache, son épouse lui soutient qu'il n'y a eu aucun voyage à Java, que son père est décédé depuis un an, et que leurs amis Serge et véronique n'ont jamais existé. Le mouvement s'accélère et notre citadin perd pied:"Il se savait pourtant sain d'esprit, mais la plupart des fous entretiennent la même conviction, rien ne les en ferait démordre, et il n'ignorait pas qu'aux yeux de la société une mésaventure comme la sienne ne pouvait signifier que la démence."Sa vie ressemble désormais à un mauvais épisode de la Quatrième dimension. Ne lui reste plus qu'à fuir, s'échapper de ce non-sens. Fuir pour ne pas devenir fou. Et s'il se faisait pousser la moustache, peut-être tout redeviendrait comme avant?Emmanuel Carrère s'amuse à brouiller les pistes. En narrateur omniscient, il insinue le doute chez le lecteur. Autant, il décrit les pensées de son personnage, autant on ne sait rien des sentiments intérieurs de l'épouse, nous contentant de captures externes d'émotions.Au fil des pages, on bascule imperceptiblement dans le genre fantastique. Le récit prend une tournure inquiétante: il devient une fuite en avant inexorable dans laquelle le personnage principal tente en vain de s'accrocher aux bords glissants. Se pose alors la question de la folie. Est-elle un glissement ou un effacement pur et simple de ce qu'on a vécu ou de ce qu'on a cru avoir vécu?La moustache est aussi un roman sur le couple et le regard que porte l'autre. Carrère décrit une Agnès joviale, bien dans vie, mais qui porte aussi en elle, un petit côté retors dont elle aime user et parfoisabuser, sans ciller, en vous regardant dans les yeux:"Elle remarquait toujours des petits détails bizarres, pas forcément drôles en soi mais qu'elle savait mettre en valeur dans les récits qu'elle en faisait."Oserait-elle porter un jeu douteux à son paroxysme pour connaître les limites mentales de son mari? Ou bien, son époux, connaissant cet aspect de sa personnalité, est-il entré à ses dépens dans ce jeu malsain?L'auteur ne ferme pas les pistes même s'il prévient, en quatrième de couverture:"L'histoire en tout cas, finit forcément très mal et, d'interprétations impossibles en fuite irraisonnée, ne vous laisse aucune porte de sortie."La Moustache est donc un roman labyrinthique qui vous ramènera toujours, avec une narration claire et limpide, au point de départ. vivi

vivicroqueusedelivres
29/11/14
 

Vous voulez être déboussolé, alors lisez La moustache. Une moustache qui existe quelques pages avant de mourir dans le rasage de Marc. Mais personne ne se rend compte de sa disparition, d’abord surprenant, puis croyant à une blague, le héros essaye de comprendre la réaction de ses proches qui ne s’aperçoivent de rien. Mais en fin de compte, cette moustache a-t-elle existé ? Qui est le fou de cette histoire ?Dans ce livre nous plongeons dans la tête d’un psychotique, où réalité et fantasme ne font qu’un, nous suivons, sa logique, son délire. Nous fuyons à l’autre bout du monde. Mais il est bien connu que dans la fuite, on n’abandonne pas les problématiques qui nous touchent !De Paris à Hong Kong, vous êtes embarqué dans la psyché de cet homme qui tombe dans la maladie, une pensée emmêlée, une histoire sans fin, insensée. Jusqu’où la folie peut mener ?

Metaphore
25/05/13
 

J'ai lu ce livre dans des circonstances particulières et il m'a passionnée, je m'en souviens très bien alors que je l'ai lu en 2006; l'adaptation m'a un peu déçue mais c'est souvent le cas. la fin du livre m'a épouvantée... berthe

afbf
13/11/12
 

Que se passe-t-il dans la vie de ce jeune architecte jusqu’ici si tranquille? Juste pour taquiner sa femme et guetter sa réaction, il se rase la moustache: rien, aucun commentaire. Ses amis Serge et Véronique, ses collègues, Jérôme et Samira ne disent rien non plus jusqu’au moment où, excédé, il demande de cesser ce jeu de la cécité, à son avis une blague montée par Agnès sa femme mais non, tout le monde lui serine la même chose: il n’a jamais eu de moustache!Un moment, il pense que c’est Agnès qui a un problème, une amnésie, Dieu sait quoi et il pense l’envoyer chez un psy. Puis devant les “ preuves ” qu’on lui oppose (les amis sont de sont invention, comme le voyage à Java et les photos où on le voit moustachu, son père qu’il croit en vie alors qu’il est mort), finalement il va aller voir un psychiatre, c’est décidé. Mais lui reviennent des bribes de film, Les Diaboliques par exemple: et si c’était un coup monté par sa femme et Jérôme, son amant forcément, pour le faire passer pour fou?Un vertige s’empare du narrateur, du lecteur aussi! Hebelin

hebelin
27/10/12
 

Un homme (il me semble qu’on ne sait jamais son nom) décide de se couper la moustache, et d’en faire la surprise à Agnès, sa femme. Malheureusement, sa surprise tombe à l’eau : Agnès ne remarque pas que la moustache a disparu. Alors qu’il croit que sa femme lui fait une blague, il réalise qu’il y a vraiment un problème lorsque ses amis et collègues ne lui font aucune remarque. Il va alors tout mettre en œuvre pour se persuader qu’il n’est pas fou…Emmanuel Carrère, dans ce roman, nous plonge aux limites de la folie : à aucun moment, le lecteur n’est capable de dire qui d’Agnès ou de l’homme à la moustache a raison. Les arguments de l’un et de l’autre se succèdent, s’appuyant sur photos, témoignages d’amis et poils de moustache retrouvés dans la poubelle. Le flou est d’autant plus présent qu’Agnès a des précédents de mythomanie, ce qui n’aide pas l’homme à découvrir la vérité.Cette question omniprésente de la vérité empêche de réfléchir, l’ancien moustachu étant obnubilé par la disparition passée inaperçue de sa moustache. Il est pris dans un tourbillon de pensées, échafaude des scénarii invraisemblables pour donner une explication rationnelle à ce qu’il prend pour un complot. (ce qui lieu à quelques pages d’une très belle intensité)La deuxième partie de l’ouvrage n’apporte pas non plus de réponses. Alors que l’homme fuit à Hong-Kong pour échapper à ses proches, il vit de manière fantomatique dans cet univers inconnu, jusqu’à ce que sa femme le retrouve de manière totalement inattendue : elle n’a en effet aucun moyen de le contacter, et son arrivée constitue une nouvelle source d’interrogations. La fin du roman est très difficile, et je pense que ce sont les pages les plus terribles que j’ai lues depuis longtemps.Une belle lecture, qui met dans un trouble qu’il est assez difficile de faire disparaître.

Yohan59
16/10/12
 

Ce livre est décidément trop bizarre et me rappelle beaucoup toutes les théories du doute : sommes-nous un cerveau dans un bocal. Un type se coupe la moustache et sa vie bascule totalement. Tout ça à cause d’une moustache, une simple moustache ! Si par moment certains passages m’ont ennuyé (début assez long à démarrer et un héros assez horripilant) je sors de ce livre les poils des bras dressés et effrayés. Je me demande si tout ce que je vis, je le vis vraiment. La fin m’a choqué, mais semblait logique car c’est une longue décente bizarre en enfer qui se produit sous nos yeux. Est-il fou? Sa femme est-elle folle? Le monde entier est-il détraqué? Où est le vrai et le faux? Un conseil, ne vous rasez pas la moustache pour faire une blague à votre femme…

lasurvolte
02/09/12
 

C’est avec ce livre que j’ai découvert Emmanuel Carrère. Je ne m’attendais vraiment pas à ça en commençant ma lecture, j’espérais, j’attendais, un renversement de situation, un retour à la « normale ». Puis au bout de quelques chapitres, j’ai fini par me faire à l’idée, que l’auteur était allé jusqu’ au bout de cette histoire improbable, qui tient presque du délire. Ce roman est encore plus étrange que La Classe De Neige, si, si, c’est possible. Puis en lisant La Classe De Neige, je savais alors, plus ou moins, à quoi m’attendre. Là encore la fin est inévitable, et apparait presque comme une libération (au passage, vaut mieux avoir l’estomac bien accroché, et pourtant en général j’aime bien les descriptions assez « gore »), il n’y a juste aucune autre issue possible, j’ai envie de dire c’était soit le héros, soit tous les autres personnages.J’ai été scotchée par ce livre, mais j’ai du mal à dire si j’ai aimé ou pas, bien sûr je l’ai lu pratiquement d’une traite, fascinée par l’histoire, mais c’était tellement bizarre, que je suis encore indécise, des années après.Au final, un bon livre, dans le sens où il est très bien écrit, très prenant et aussi très différent de ce qu’on a l’habitude de lire (enfin pour ma part), mais ce n’est cependant pas mon préféré de cet auteur.

un flyer
10/05/11

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.12 kg

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