La nuit sacree

BEN JELLOUN, TAHAR

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 01/09/87
LES NOTES :

à partir de
6,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Ahmed, la petite fille de L'Enfant de sable qui a été élevée comme un garçon, est désormais une vieille dame. Il lui a fallu attendre ses vingt ans avant que son père, la nuit de sa mort,
ne la libère en la reconnaissant comme femme. Elle a fait depuis le douloureux apprentissage de la vie, bravant l'incompréhension d'une société rigide et le mépris de ses soeurs.
4 personnes en parlent

Ce très beau livre aux allures de conte mêle l'onirisme à la réalité la plus crue. Superbement écrit dans un langage très poétique, le récit semble intemporel, et s'il n'y avait quelques détails évoquant le vingtième siècle, on pourrait aisément imaginer que l'histoire se déroule en des temps reculés. Néanmoins, le texte finement ciselé aborde de nombreuses questions qui trouvent une large résonance dans le contexte actuel. Tahar Ben Jelloun, conteur sans pareil, nous offre ainsi avec ce roman un hymne à la liberté, au respect, à l'égalité, un cri contre l'intolérance ou l'aveuglement religieux. Dans le même temps, La nuit sacrée est une déclaration d'amour envers les mots et leur pouvoir, envers la littérature. L'écriture se fait tour à tour puissante, délicate, sensuelle, et reste toujours très musicale ; on l'imagine sans peine narrée à haute voix par l'un des conteurs évoqués dans le texte, pour le plus grand bonheur des auditeurs.

murasaki
16/04/15
 

Un très bon souvenir de lecture...c'est une sorte de conte mais qui est ancrée dans la réalitéOn attend un garçon et c'est une fille! Qu'importe, elle sera traitée en garçon. C'est perturbant mais beau et émouvant berthe

afbf
17/04/15
 

Sa seule faute était d’être née femme dans une famille où l’on espérait la venue au monde d’un garçon. Dernière d’une fratrie de six filles, son père en la voyant décida de contrer le destin : elle vivrait en homme et se nommerait Ahmed. Son enfance placée sous le signe d’une épouvantable supercherie fut contée dans l’Enfant de sable. Aujourd’hui cet être asexué est devenu adulte. En pleine vingt-septième nuit du ramadan dite « nuit sacrée », ce père qui scella à jamais son destin se meurt. L’homme, sentant sa fin proche, se fait repentant et décide d’affranchir son enfant de cette masculinité contrainte. Une femme naît alors ne demandant qu’à s’ouvrir à la vie. Si l’enfant de sable fut un être chimérique et aride comme le désert, cet être tout neuf est une source vive attendant de jaillir pour être bue. La « nouvelle née » part à la découverte d’elle-même et à la recherche de sa vie abandonnant les vestiges de ce passé de mascarades. Sa chair, qui ne fut jamais aimée, se révèle affamée de caresses. Le destin la conduit à la rencontre d’un frère et de sa sœur respectivement nommée Le Consul et l’Assise ; deux êtres unis bien au-delà du sang. La voilà engagée dans leur maison pour prendre soin du Consul atteint de cécité. L’Assise, elle, a voué son existence à ce frère qu’elle considère un peu comme son enfant. Matrone au physique imposant, elle est à l’image de son corps : démesurée. Tantôt aimante, tantôt haineuse, elle nourrit une rancœur et des douleurs profondes qui ont fait d’elle un être écorché. Personnage qui doit son nom à son « fessier impressionnant », elle est omnisciente, celle qui dans l’ombre voit et sait tout : des secrets du hammam aux complots ourdis dans sa demeure. Crainte et enviée, antagonisme à elle seule, elle est à la fois la main tendue et celle qui détruit. Le lecteur ne peut que se prendre d’affection pour ce trio hors du commun et hors du temps. Peu à peu, une relation étrange se lie entre Le Consul et la narratrice qui se découvre femme. Elle discerne en lui une profonde clairvoyance allant bien au-delà des limites de son handicap. Cependant, au pays de mirages, la noirceur n’est jamais bien loin et tend à raviver les maux qui nous consument de l’intérieur. Aux balbutiements de cette nouvelle vie, l’Enfant de sable se rappelle à ses souvenirs charriant avec lui son lot de tempêtes et de désolation.Une fois de plus, Tahar Ben Jelloun subjugue par sa maîtrise et l’envoûtante musicalité de son récit. Son œuvre possède ainsi la rondeur, la sensualité et la profondeur d’un conte des mille et une nuits. Des protagonistes excessivement humains et entiers promènent un lecteur charmé dans les méandres d’une histoire teintée d’onirisme. L’Assise n’est pas d’ailleurs sans rappeler le personnage inoubliable de La Vieille dans L’Auberge des pauvres. L’écrivain conteur est passé maître dans l’art de brosser des portraits saisissants de femmes abîmées par la vie. Prix Goncourt 1987, La Nuit sacrée est de ces livres qui vous transportent et que l’on n’oublie jamais ; une lecture fascinante, puissante et hypnotique. Rebelde

Rebelde
04/10/13
 

La nuit sacrée, est un conte. Pour en convaincre les lecteurs Tahar Ben Jelloun les entraîne à la rencontre d'un conteur de Marrakech. Puis il retrouve le personnage de son roman précédent L'enfant de Sable, dans lequel une fille refusée par son père a été élevée comme un garçon. Mais la nuit de sa mort, la 27 ème nuit du Ramadan, la nuit sacrée, il reconnaît le mal qu'il a fait à son enfant et lui rend sa personnalité de fille. Après la mort du père, la jeune fille apprend à vivre au féminin, après un premier viol, elle est hébergée par un couple constitué d'une sœur et d'un frère qui est aveugle dont elle devient la maîtresse. Rattrapée par son passé, en la personne de son oncle, qui exerçait sur sa famille une tyrannie dont elle était la victime, elle tue ce dernier et se retrouve en prison. Par ces métaphores c'est toute la condition des femmes dans la société musulmane traditionnelle qui est traitée par l'auteur, la fille inférieure au garçon dans la famille, la fille violée, la haine entre femmes dans la famille patriarcale, les coutumes traditionnelles inventées par les hommes mais non-écrites dans le coran tel que l'excision. C'est d'autant plus fort que le seul personnage qui rend à la femme sa dignité c'est un aveugle, professeur dans une école coranique. C'est un très beau livre, à la fois fort, poétique, sensuel et qui contient, des pages merveilleuses sur le pouvoir des mots.

JoelC17
21/04/13
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.25 kg

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