La part de l'autre (nouvelle edition) (edition 2006)

SCHMITT ERIC-EMMANUE

EDITEUR : ALBIN MICHEL
DATE DE PARUTION : 07/12/05
LES NOTES :

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8,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

" 8 octobre 1908 : adolf hitler est recalé. que se serait-il passé si l'école des beaux-arts de vienne en avait décidé autrement ? que serait-il arrivé si, cette minute-lâ, le jury avait accepté et non refusé adolf hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste ? cette minute-lâ aurait changé le cours d'une vie, celle
du jeune, timide et passionné adolf hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde. " cette édition est suivie du journal qui a accompagné l'écriture de la part de l'autre. eric-emmanuel schmitt y exprime son trouble, son anxiété, ses doutes au moment de faire revivre la figure la plus sombre de l'histoire contemporaine.
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EE Schmitt retrace le destin parallèle de deux « versions » d'Adolf Hitler, la version originale qui nous permet de découvrir la genèse du monstre, et la version imaginaire, celle qu'Hitler aurait pu devenir s'il n'avait pas subi un échec aux Beaux-Arts et s'était décidé à se faire soigner. Version originale : on fait la connaissance d'Hitler au moment où il est recalé aux Beaux Arts de Vienne. Il est pour ainsi dire seul au monde. Son père, violent et insipide, est mort depuis quelques années ; il a récemment perdu sa mère, qui croyait fermement en ses qualités artistiques et de laquelle il tient cet acharnement pour la peinture. Ne lui reste qu'une tante qui achète sa tranquillité à coups de billets et sa sœur Paula, « cette gamine insolente et moche pour laquelle il ne ressentait que de l'indifférence ». Avec cet échec retentissant commence un long parcours de déni et de mensonges. Hitler, au lieu d'accepter l'échec et de rebondir, se convainc de l'erreur du jury qui l'a sous-estimé et n'a su déceler la grandeur et le génie présents en lui. Il raconte à qui veut l'entendre qu'il est étudiant à l'Académie des Beaux Arts et vit d'expédients. C'est paradoxalement un jeune homme à la fois timoré et bouffi d'orgueil qui refuse de nouer des relations avec les autres et vit dans l' austérité. Étranger à toute émotion, à tout sentiment humain, on ne lui connaît ni amitié, ni amour. Il ne réussira à éprouver de l'affection que pour les animaux. Et puis survient la première guerre mondiale dans laquelle Hitler peut s'épanouir et se sentir comme un élu parce qu'il survit au milieu des assauts. La guerre lui permet d'être nourri et logé et le conforte dans l'idée qu'il est voué à un destin d'exception en même temps qu'elle le libère des contingences matérielles. C'est donc au début un personnage simplement antipathique quand il n'est pas pitoyable mais qui met très vite mal à l'aise avec son sentiment de supériorité et son inhumanité. Version imaginaire : on suit en parallèle le parcours d'Adolf H. qui, lui, a été accepté aux Beaux Arts et qui fait en même temps que ses études un apprentissage sentimental. Il fait une analyse pour remédier à son problème avec les femmes et mène ensuite une vie tout à fait normale, permettant au monde d'échapper à la guerre.Je n'ai pas apprécié le sujet et pour moi cette lecture a été difficile. Je reconnais cependant que ce livre est pour moi du « grand » E-E Schmitt par son style et sa construction, et il conduit à réfléchir. Ce qui fait frissonner, c'est de découvrir le nombre incommensurable de victimes qui aurait été épargné si Hitler avait suivi un tout autre parcours. Selon l'auteur, on aurait échappé à un conflit mondial. Il est absolument terrifiant de penser qu'un seul homme au pouvoir peut provoquer un tel cataclysme. Et pourtant, ce qui m'a étonnée au début du roman, c'est de découvrir un Hitler choqué par les idées antisémites qui se propageaient à l'époque. Il ne semble devenir antisémite lui-même qu'en 1918, au lendemain de la défaite allemande, parce que cela lui apparaît comme une explication de cet échec inadmissible à ses yeux. Il aurait donc pris appui sur cette idéologie pour se faire entendre et accéder au pouvoir, avec les conséquences funestes que l'on sait. Je ressors donc perplexe de cette lecture : d'un côté, on assiste à la biographie prédestinée d'un monstre, de l'autre, à un petit roman d'amour banal, au héros quelconque, voire sympathique. Impossible pour moi d'entrer vraiment dans ce double univers et d'y prendre plaisir mais si j'ai retrouvé ce qui pour moi fait le charme de l'écriture de l'auteur, le style limpide à la fois cousu de poésie et de franc-parler.

LeCottagedeMyrtille
02/05/12
 

A lire ce livre, on en aurait presque de la compassion pour Hitler après son échec à l'entrée à l'école des Beaux Arts de Vienne.Plus on progresse dans le livre, plus celui-ci nous envoute et nous amène à nous interroger sur l'existence du destin. Et si un des évènement de notre vie, si insignifiant qu'il puisse paraître, puisse la chambouler et lui faire prendre une autre voie. JB

julienbondue
15/04/11
 

Hitler est-il si indéfendable ? Et si l'homme qu'il est devenu existait en chacun de nous ? C'est finalement, la théorie de cet écrivain philosophe. Et aussi étrange et déstabilisant que puisse être cette uchronique, on ne peut en ressortir indemne.Déstabilisante, elle l'est déjà de part sa narration. En commençant La part de l'autre, je pensais n'avoir à faire qu'au Hitler de fiction. Mais non : on découvre en parallèle celui qui est devenu le tyran que nous connaissons tous, et celui qu'aurait pu devenir ce jeune étudiant se présentant à l'école des beaux-arts de Vienne. Il faut donc au départ bien situer qui est qui et qui va devenir qui. Une petite subtilité, cependant, utilisée par l'auteur : le "gentil" sera appelé par son prénom et le "méchant" par son nom, brut, sans "monsieur" devant, sans aucun prénom, sans aucun titre militaire. Juste "Hitler".Ce roman est aussi très déstabilisant car il est extrêmement documenté. On est à la limite de la biographie du fürher. Eric-Emmanuel Schmitt semble s'être beaucoup renseigné pour coller au plus près de la personnalité et des événements marquant de la vie d'Hitler. Parallèlement, il réinvente l'Histoire du vingtième siècle, partant du postulat que le règne d'Hitler, s'il n'a pas complètement changé le cours de l'Histoire, a quand même entraîné d'énormes modifications (seconde guerre mondiale, création de l'Etat d'Israël...). Dans l'uchronie, une guerre éclate, mais pas dans le même cadre, ni avec les mêmes conséquences. De même, la communauté juive rêve d'un Etat israélien, mais rien n'aboutit... Cependant, n'allez pas croire qu'EES réinvente totalement l'Histoire ! Non, il éclate bien une guerre dans les années quarante et le communisme "menace" l'occident !

MissAlfie
28/02/11
 

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